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Full text of "Bulletins"

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BULLETINS 

DE U 

SOCIÉTÉ DUNOISE 



y"' 



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CIIATEAUDUN, IHPRIHEIllE HENRI l.ECESNE. 



DioilizBchyGOCX^IC 



BULLETINS 



SOCIÉTÉ DUNOISE 

ARCHÉOLOGIE, HISTOIRE, SCIENCES ET ARTS 



TOME I" (1861-1869) 



CHATEAUDUN 
UBRAIRIES POUIUIBR-VAVDECRAINE ET LAUREM-TUFFE 



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?A.SO./ 



1-Brvard Collège Library 

Ko-s fiS 1B07 

Appropriation for Fiench Il-st. rr 



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PROCÉS-VERBADX 

SOCIÉTÉ DUNOISE 



PREMIÈRE ANNÉE 



CHATEAUDUN 

AUG. LECESNE, RUE D'ANGOCLÉHE , SI 



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SOCIÉTÉ DUNOISE 



PROCES-VERBAUX 



FONDATION DE LA SOCIÉTÉ 



Depnis longtemps plusieurs personnes voyaient avec peine la dispersion et 
la destruction des objets anciens qui se trouvent en grand nombre dans l'ar- 
roDdissement de ChUteaudun, Quelques rares spécimens avaient été sauvés 
et déposés à la bibliothèque de Châteaudun où ils étaient conservés sans ordre 
et sans profit pour le public à cause de leur petit nombre, à cause aussi de 
l'exiguité da local dont cet établissement dispose. 

L'oi^anisation d'un Musée répondait à un désir public, mais il ne pouvait 
Cire fondé que par une Société particulière dont les membres seraient appelés 
à constituer un fonds social par des cotisations annuelles et à signaler les 
découvertes faites sur les différents points de l'arrondissement. 

Cette idée émise par un honorable fonctionnaire de Châteaudun fut 
accueillie avec faveur par le regrettable M. Grindelle, maire de Châteaudun, 
qui promit à la future Société un concours que la mort senle l'a empêché de 
rendre efficace. L'administration municipale de Châteauduc s'est généreu- 
sement elTorcée de tenir la promesse de son chef et mérite à ce litre toute la 
reconnaissance de la Société naissante. 

Dès le 15 septembre 1864 quelques adhésions purent être recueillies; le 



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Dombre des adhérants augmenlaDt de jour en joar, il devint possible de cods- 

tiioer réguliëremeot la Société qui était provisoiremeot administrée par un 

bureau composé de -: 

MM. DE Belfort, sous-préfét, Président. 

Grindelle, maire de Châteandon, ) ... n , -^ , 

„ ^ „' ,.,,'., i Vice-Présidenls. 

Rave du Perret, président du tribunal, ) 

Ballet, inspecteur desconlributionsindirectes, 1 „ , . 
, ,„ ., ! becrelsires. 

Lecesse (Henri), ' 

Brossier-Géray, Trésorier. 

Le 29 novembre 18C4, une assemblée générale des membres de la Société 

fut convoquée à ChftieauduD et prit les résolutions mentionnées dans le 

procès-verbal rapporté ci-dessous. 



PROCÈS-VERBAL 

DE LA SÉANCE GÉNÉRALE DU 39 >OVEHBRE li6i. 



La séancs est ouverte à midi dans la salle des délibérations da conseil mu- 
nicipal, mise il la disposition de la Société par H. le Maire de Châteaudun. 

Siègent au bureau : MM. de BeUort, sous-préfet; Rayé du Perret, président 
du tribunal ; Lemay, adjoint, faisant fonctions de maire de Cbâteaudun ; Ballet, 
inspecteur des contributions indirectes ; Lecesne (Henri) et Brossier-Géray. 

Parmi les adhérents t la Société projetée, sont présents : 

MM. Poulain de Bossay ; Boret ; Barbé ; Lucas (Edgar) ; Lucas (Alexis) ; 
Moisaol ; Desbans ; de Berly ; Lecesne (Aug.) ; Humery ; Gouin ; Groisy ; Per- 
ronne ; Lanauze ; Berger, maître de pension ; Denian ; le marquis de Prunelé; 
PabbéSilly; Harel; de Tarragon (Raoul); Meunier; Raimbert, médecin; 
Danlonx du Mesnil ; Jumeau ; Biard ; Sence. 

M. de Belfort prend la parole pour expliquer le but de la Société. Il dit que 
le sol du pays dunois renferme en très grand nombre des vestiges des temps 
anciens ; beaucoup de médailles ; des objets mobiliers de toutes sortes ; des 
armes; des bijoux se rattachant il l'histoire encore peu connue de la Gaule, 
il Toccupation romaine, à Pépoque mérovingienne et aux temps bien moins 
reculés où les champs de la Beauce devinrent le théâtre de nos guerres 
intestines. Que tous ces débris pouvant aider k l'étude de l'histoire locale sont 
généralement détruits; que ceux qui échappent à l'incurie ou à l'ignorance 



D,oilizB<:byGOO<^le 



5 

sont enlevés au pays par des élrangers et que son allentton a dA s'arrêter 
d'aolant plus sur ces actes regrettables que depuis quelque temps il a été fait 
dans rarroudissement des découvertes importantes, notamment à Godon- 
ville, à la Touche, à Lutz, dont presque tout le fruit a été perdu. Il cilc entre 
autres une cave gallo-romaioe, pourvue d'une foule de poteries qui a dis- 
paru sous les coups d'un ouvrier, parce qu'ayant trouvé plusieurs vases 
remplis de médailles romaines, il avait cru de son intérôt de faire disparaître 
les irî^ces de sa découverte. 

M. de Belfort cite encore d'autres traits de cette nature et conclut en disant 
qu'il est temps de remédier à un tel état de choses en constituant une Société 
dont la mission spéciale serait d'exercer une surveillance soutenue sur tontes 
les découvertes dont il s'agit, aûn de parvenir, ù l'aide do cotisations person- 
nelles et dans la mesure du possible, à acquérir tout ce qui pourrait offrir 
quelque intérêt au point de vue de la science et de l'art. Il a ajouté que la 
Société étant constituée, dans cette intention, an ctief-lieu d'arrondissement, 
toutes les personnes éclairées, sachant désormais à qui s'adresser, se feraient 
un plaisir de signaler, en temps utile, les découvertes qui seraient faites et 
de concourir à la conservation des objets trouvés. 

M. Poulain de Bossay ayant interrompu M. de Belfort pour le prier de dire 
à l'assemblée s'il devait entrer dans les vues de la Société projetée de se 
poser en rivale de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, B. de Belfort s'est 
empressé de répondre qu'il se garderait bien de conseiller une semblable 
attitude à la Société nouvelle ; qu'il fallait, au contraire, afin de ne pas man- 
quer le but qu'on désirait atteindre, que la Société Danoise se considérât en 
quelque sorte comme une annexe de celte Société archéologique; que du 
reste il avait déjà personnellement fait part de cette intention à l'honorable 
M. de Sainl'Laumer, président de la Société archéologique d'Eurc-et-Loir et 
qu'il en avait reçu, avec des paroles d'encouragement, la promesse d'un 
concours actif. 

L'assemblée qui avait prêté une attention sympathique à l'interrogation a 
accueilli la réponse avec une satisfaction unanime. 

Après nne discussion à laquelle MM. Harel, Moisant et de Belfort prennent 
part, il demeure arrêté que la Société devra borner son action à recueillir 
tout ce qui présenterait de l'intérêt au point de vue de l'histoire, des sciences 
et de l'art, pour en former un Musée dans lequel les jeunes gens désireux 
de s'instruire pourraient trouver des sujets d'études, et les étrangers une 
distraction aussi agréable qu'utile. 

L'assemblée s'occupe ensuite de faire un règlement qui, après avoir été 
discuté, est déiiniiivcmcnt adopté dans la forme suivante. 



DigilizBcbyGOCX^IC 



RÈGLEMENT. 



ART. i". — Une Sociétâ est créée à Châteaudan sous le nom de Soàété 
Dunoite, dans le but de recueillir les antiquités locales et tous objets ou docu- 
meuts d'art pu de science, pour la rormalion d'un Musée. 

Art. 2. — Le siège de la Société est fixé à Châteaudun, provisoirement 
dans une des salles de la mairie. 

ART. 3. — La Société se compose de membres titulaires, de membres 
honoraires et de membres correspondants. 

Art. i, — La cotisation annuelle est de cinq Trancs. Elle court du premier 
janvier. Les membres titnlairtis y sont seuls assujélis. 

Art. 5. — Le nombre des membres est illimité. 

Art. 6. — Sont de droit présidents honoraires : M. le Préfet d'Eure-et- 
Loir ; }i«' l'Évéque de Chartres ; M. lo Sous-Préfet et M. le Maire de Châteaudun. 

Art. 7. — Pour âtreadmismembretitulaireoucorrespondantjlecandidat 
doit être présenté par deux sociétaires et reçu par les membres du bureau à 
la majorité des voix et au scrutin secret. 

Art. 8. — Tout membre titulaire cessera de faire partie de la Société par 
une démission écrite adressée au président. Tont sociétairB qui aura refusé 
le paiement de sa cotisation pendant plus d'un an, pourra Cire déclaré démis- 
sionnaire par le bureau. 

Art. 9. — Les membres titulaires et honoraires seuls ont voix aux délibé- 
rations. 

Art. 10. — Les délibérations de la Société sont prises à la majorité des 
membres présents, sans que ce nomiire puisse être inférieur au dixième des 
membres titulaires. 

Dans le cas où le nombre des membres présents serait inférieur au dixième 
des membres titulaires, il y aurait lieu à une seconde convocation après la- 
quelle les délibérations seraient' valables, quel que soit le nombre des mem- 
bres présents. 

Art. 11. — La Société est administrée par un bureau composé d'un pré- 
sident, de deux vice-présidents, de deux secrétaires, d'un trésorier, d'un con- 
servateur et de deux membres. 

Art. 12. — Les membres du bureau sont nommés pour trois ans par l'as- 
semblée générale et renouvelés chaque année par tiers.4.es membres sortants 
sont désignés pour la première fois par le sort. Ils sont toujours rééligibles. 



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Art. i3. — Le président est nomma par l'assemblée ginérale, au tcrulln 
secrtt. 

L'assemblée géoérile nomme de même les membres da bureau. 

Le bureau choisit dans sod sein les vice-présidenis, lei secrétaires, le con- 
servateur et le trésorier. 

Art. U. — Aocooe dépense, aucun échange ne peuTent être faits qu'en 
vertu d'une délibération du bureau. 

Les décisions du bureau sont prises h la majorité et en présence de cinq 
membres au moins. 

Art. 15. — Le trésorier reçoit les cotisations, acquitte les dépenses sur 
UD mandat délivré par on des secrétaires et visé par le président. Il soumet 
chaque année ses comptes à l'approbation de l'assemblée générale. 

Art 16. — Le bureau se réunit JkChdteaudun, le premier mardi de chaque 
mois. 

L'assemblée générale se réunit chaque année dans la seconde quinzaine du 
mois de janvier. 

Art. 17. ~ Toute discussion sur les matières politiques ou religieuses est 
interdite. 

Art. 18. — En cas de cessation de la Société, le Musée deviendra propriété 
de la ville de Chdleauduo, et les fonds restant en caisse, toutes dépenses ac- 
quittées, seront versés au bureau da bienraisance. 

Art. 19. — ^ Tout changement au règlement ne pourra être fait que sur la 
proposition de dix membres et ne deviendra définitif qu'après approbation de 
l'assemblée générale et de l'autorité compétente. 

Art. 20. — Le présent règlement, discuté et adopté par l'assemblée gé- 
nérale, sera soumis i l'approbation de H. le Préfet d'Eore-et-Loir. 



ÉLECTION DU BUREAU. 

Il est ensuite procédé au scrutin secret à la nomination du président et des 
membres du bureau. 

Pour la nomination du président, les voix au nombre de trente-deux se ré- 
partissent de la manière suivante : 

U. DE Belfort 30 voix. 

M. Rayé du Perret 1 — 

M. Poulain de Bossay .... 1 — 
H. SB Belfort ayant obtenu la majorité est proclamé président de la Société. 



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Pour réieciion du bureau, les voix au nombre trente et une se répartissent 
de la manière suivante : 

H. Brossier-Gémv 2d voix. 

M. Ballet SS- 
II. POULAm DE BOSSAY .... 22 — 

H. Rayé du Perret 18 — 

M. Lbceswe { Henri } 18 — 

H. DE Tarragon ( LéoDce ) . . . 16 — 
Six membres seulement ayant réani la majorité des vcix, il est procédé à 
DQ second tour de scrutin dont les votes se répartissent ainsi : 

M. Desbans 22 voix. 

M. Barbé 12 — 

Le bureau étant définitivement nommé, le président propose à l'assemblée, 
comme témoignage de bonne confraternité, de nommer membre honoraire 
de la Société H. de Saint-Lauuer, président de la Société archéologique 
d'Ënre-et-Loir. Cette proposition est adoptée à l'unanimité. 
Vordre du jour étant épuisé, le président lève la séance. 



ARRÊTÉ AUTORISANT LA SOCIÉTÉ DUNOiSE. 

Nous, Préfet d'Eure-et-Loir, ofiicier de l'ordre impérial de la Légion 
d'honneur ; 

Vu les statuts de la Société archéologique récemment formée à Chiteaudun 
sous le titre de Société Dunoise ; 
Vu la demande tendant à obtenir notre autorisation poar cette Société ; 
Vu le décret du 25 mars 1852, qui déclare applicables aux rdunions publi- 
ques, de quelque nature qu'elles soient, les articles 201, 292 et 294 du Code 
pénal, ainsi que tes articles 1, 2 et 3 delà loi du 10 avril 1834 sur les 
associations ; 

Arrêtons : 
Art. 1«'. — L'associatiou archéologique formée à Châteaudun, sous le litre 
de Société Dunoise, est autorisée. 

Art. 2. ~ Ampliation du présent arrêté sera transmise à M. le Sous- 
Préfet de Châteaudun qui est chargé d'en assurer l'exécution. 

Chartres, le 21 décembre 1864. 
Pour le Préfet empêché : 

Le conseiller secrétaire général déligué 
Barbier. 



DioilizBchyGOCX^IC 



Vice-Présidents. 



DELIBERATIONS DU BUREAU. 

Séance du W novembre 1864. 
Le bureau est organisé de la manière suivante : 

MM. DE Celfobt Président. 

Raté du Perret . . . 
pouui» de bossay . . 

Ballet ) 

Leceshe (Henri) j Secrétaires. 

Besbass Consetïalear. 

Brossier-Géraï Trésorier. 

Séance du 7 décembre 1864. 

Admission de vingl-six nouveaux membres. 

Séance du 3 janvier 1865. 

Admission de dix noaveanx igembres. — Il est procédé au tirage au sort 
pour fixer l'ordre de sortie des membres du bureau conformément à l'article 
12 du règlement. 

Membres sortants en 1865 : MM. Raïé du Perret, Lecesne (Henri) et 
de Belfort. 

Membres sortants en 1866 : MU. Barbé, Ballet et Besbans. 

Membres sortants en 1867 : MM. Poulain de Bossay, de Tarr&gon et 
Brossier-Céraï. 

Séance du 7 février 1865. 
Admission d'un nouveau metobrc. 

Séance du 4 avril 1865. 
AdtDission de U nouveaux membres. 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

DU U FÉVRIER 1863. 

L'assemblée est composée de vingt-trois membres présents, chifTre supérieur 
au dixième des sociétaires dont le nombre s'élève h cent soixante-quatre. 

L'assemblée rote des remerciements aux personnes qui ont fait des dons à 
la Société et qui sont au nombre de 37. 



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Le président fait coonaltrc à rassemblée la constitution déflnilive du bu- 
reau et Tordre de sortie de ses membres qui resteront en fonclioDS jusqu'à la 
r^anioD générale annuelle prévue par les statuts. 

Le président donne lecture des comptes du trésorier peDdantPaauée 1864, 
qui se résument de la manière suivante : 

Recettes 700 fr. » 

Dépenses 55i fr. 30 

Reste en caisse .... 145 fr. 70 
Ce compte est adopté. 

Le président soumet à l'assemblée te projet de budget suivaDl, pour 
l'année 1865. 

RECETTES. 

1" Reste à recouvrer snrl'année 1864 70 fr. » c. 

2" Reste en caisse de Tannée 1804 145 70 

3" Cotisations de Tannée 1865 pour 180 membres. . . 900 » 

Total des recettes .... 1,115 fr. 70 c. 

DÉPENSES. 

l» Frais de bureau 50 fr. » c. 

2" Frais de garde et d'entretien du musée 40 > 

3° Entretien de la collection ornilhologtque 50 > 

4» Achat de mobilier 200 » 

5» Achat de livres 100 > 

&> Achat d'objets de collection G35 70 

7» Dépenses imprévues 50 » 

Tolâl des dépenses. . . . 1,115 fr. 70 c. 
Ce projet est approuvé. 

Sur la demande du bureau, Tassemblée décide qu'il sera publié chaque 
année un bulletin qui sera adressé à chacun des sociétaires et conliendra les 
principales décisions de l'assemblée et du bureau ; la liste des sociétaires ; 
celle des donateurs ; et les travaux des membres de la Société que le bureau 
jugerait utile de faire imprimer. 

Sur la proposition de son président, Tassemblée nomme membres hono- 
raires de la Société : 

1° M. le duc DE Luïne;;, dont le nom se trouve naturellement sur les lèvres 
de tous lorsqu'il s'agit d'une œuvre utile au pays dnnois, et que Tassemblée 
prie d'accepter ce témoignage de reconnaissance. 

t" H. Doucher de Perthes, président de la Société d'émulation d'Abbé- 
viUe ; 
3« H. Prou, ancien président du tribunal de Cliâtcaudun. 



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H 

4° H. DupuY, ingénieur des ponts et chaussées ot da chemin de fer de 
Paris à Orléans. 

Sur la proposition d'an de ses membres, l'assemblée vote des remer- 
ciements au bureau pour la bonne impulsion qu'il donne à la Société 
naissante. 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 



MEMBRES HONORAIRES. 
MM. 
Le Comte de Charnailles, Préfet d'Eure-et-Loir. 
Regnault, Évéque de Chartres. 

Boucher de Perthes, Président de la Société d'émulation d'Abbevillc. 
Dupuv, Ingénieur des Ponts et Cliaussées. 
Le Duc de LitïneSj membre de l'instilut. 
Prou, Président du tribunal de Tonnerre (Yonne). 
De Saimt-Laumer, Président de la Société archéologique d'Eure-<t-Loir. 

MEMBRES TITULAIRES. 

UH. 

All.ird-Vauhartel, propriétaire à Châteanduii. 

Le Comte d'Ambruk, propriétaire à Tonchebredier. 

Anthoine, docteur-médecin à Châteaudun, conseiller municipal. 

Ballet, inspecteur des contributions indirectes. 

Barbé, avocat, membre du Conseil général d'Eure-et-Loir. 

De Berly, percepteur à Marboué. 

Berger, maiLre de pension à Châteaudun. 

Berger, vétérinaire à Châteaudun. 

BçRGEROn, docteur-médecin à Brou. 

Besseteaux, propriétaire à Oi^ères. 

BiARD, ancien notaire h Châteaudun. 

Boret, caissier de la Caisse d'Épargne de Chûleaudnn. 

Boucher, ancien greffier à Châteaudun. 

Boulay, banquier ù Châteaudun, conseiller municipal. 

BouLAY, ancien horloger â Châteaudun. 

Boussenot, maire de Saint-Denis-les-Ponts. 

BoYER, percepteur û Châleaudan. 

L'abbé Brière, vicaire de Bonueval. 



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MM. 

Brossirr-Géray, propriétaire à Saint-Denis-les-Ponls. 

BussON, propriélaire à Châteandun. 

Cadot (M"» venïe), propriétaire aux Gûts. 

Caillé, propriétaire à Dampierre-soos-Brou. 

Cazes, conservateur des hypothèque». 

Chàuarande, propriétaire à Bron. 

Charrier, régisseur à MoDtigDy-le-GanoeloD. 

Chasles, percepteur à Moutboissier. 

Chasles, percepteur h Orgères. 

Chevallier, maire d'AUuyes. 

Clëmekt-Jomier, conducteur des Ponts et Chaussées. 

L'abbé CocHiN, curé de Cloyes. 

Cosse, docleDr-médecin à Cloyes. 

CouDRAï, avoué à Châteaudun. 

Crighon de Montigmy, maître des requêtes au Conseil d'Etat. 

Dagron, directeur de l'asile des aliénés de Donneval. 

L'abbé Dallier, curé de Châteaudun. 

Danloux du Mesnil, procureur impérial â Châteaudun. 

David de Thiais, metnbre du Conseil général, à Uoverre. 

Delanoue, juge d'Instruction à Châteaudun, 

Delfau ne Belfort, sous-préfet de Châteaudun. 

Deniau, conseiller municipal à Châteaudun. 

Deebans, pharmacien, conseiller municipal à Châteaudun. 

DiMiER DE LA Bruketière, maire d'Arrou. 

DoRSEUAiNE, chef de bureau de ta Sous-Préfecture. 

Dreux-Linget, maire de Cormainville. 

DAeo, cultivateur â Cormainville. 

DucHANOY, propriétaire à Châteaudun. 

DUFAVR, baron de Pibrâc, propriétaire â Romilly. 

DuMANOiR, propriétaire h Châteaudun. 

Durand, receveur d'enregistrement à Orgères. 

De l'Écluse, chef du service télégraphique â Châteaudun. 

Fabre, receveur d'enregistrement â Bonneval. 

Faucheuse, commissairo-priseur â Châteandun. 

Comte de Faybt, propriétaire â Moléans. 

FoRTEAU, notaire, maire d'Orgèrcs. 

FoucHER, maire de Bouville. 

Gaudiche, conseiller municipal à Châteaudun. 

GÉRAv, capitaine des pompiers de Châteaudun, conseiller municipal. 

Glaume, négociant à Châteaudun. 

GoRTEAU, juge à Châteaudun. 



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13 
UH. 

GosHE, maire de Flacey. 

GouiN, enlrepreoeur de travaux publics à ChdteaaduQ. 

Goujon de Beauvivier, horloger à Chaieandan. 

GnoiSY, receveur des hospices de Chaieaudan. 

GUENÉE (Achille), propriétaire k Cbâteandnn. 

GuÉRiHEAU DE BoisviLLETTE (EdiQond), anciCQ oflicier dVtal-major. 

GuÉRiMEAU DE Boisv]LL£TTE (Ludovlc), propriétaire à Dony. 

GvËRiNEAU DE Lahérie, propriétaire à Romilly. 

GuiUAUHiH, maire de SaiDt-Hanr. 

GuiLLOTin, avoué & ChâleauduD. 

GuTARD, conseiller municipal, banquier à ChAleaudun. 

GuïOT, percepteur h Brou. 

Hanqubt, propriétaire à Sainl-Pellerin. 

Harel, subsiitat dn procureur impérial. 

HËNAULT, maire de Sanmeray. 

Henry, receveur manicipat de Châteaodau. 

Hubert, maire de Mézières-aa-Perche. 

HuHERT, propriétaire & Châteandun, conseiller municipal. 

ICARD, jQge de paix de Brou. 

IsAHBERT, maire de Bonneval. 

IsAHBERT, farinier à Saint-Denis-les-Ponts. 

ISAUDERT, greOier de paix à Cloyes. 

JoLLY-NivERs, maire de Brou. 

JoNQiiET, farinier t Cloyes. 

JuHEAU, ancien notaire à Bonneval. 

Lanauze, receveur d'enregistrement à Châleaudun. 

Lebœuf-Hartin, négociant ii Châteandun, conseiller municipal. 

LÉBRETON, général de division, député au Corps législatif. 

Lecesme, adjoint au maire de Châteaudun. 

Lecesne (Henri), imprimeur i Châleaudnn. 

Lecoute (Ernest) propriétaire à Saint-Christophe. 

Lecoutë, auditeur au Conseil d'Etat. 

Madame Lecomte, propriétaire b. Saint-Chrislophe. 

Legrand, banquier à Châteandun. 

Legrand, employé à Châteaurenault. 

Lelong, juge de paix de Cloyes. 

Lelong, notaire à Arrou. 

Lehaire, propriétaire à ChSteaudun. 

Lehay, adjoint au maire de Châteandun. 

Leroy, percepteur à Terminiers. 

Lescarbault, docteur-médecin à Oi^ères, 



D,oilizB<:byGOO<^le 



u 

MM. 
Leveau, gref&er du tribunal de Chûteaudun. 
Leveau-Bonvalet, négociant à Châteandnn. 
Le Comle de Loynes, propriétaire à Thiviile. 
Lucas, auclea notaire h Chateaadun, conseiller monicipal. 
Lucas (Alenis), notaire à Cliûteattdan. 
Lucas (Edgar), notaire à Chdteandao. 
Lucas (Emile), négociant i Cloyes. 
LuHiEDE, notaire t Châteandnn, conseiller manicipal. 
Mauchossëe, conlrAleur des contribations directes à Châteaadan. 
MÉniTTE, maire de Boisgasson. 
Mém, instilutenr h Cloyes. 
Meunier, docteur-médecin à Chàteaudnn. 
Meynadier, vérificateur de l'enregistrement à Châteandnn. 
NiMÈRE, percepteur à Cloyes. 
MoiSANT, félérinaire ft Châteaudun. 
Hora, capitaine de gendarmerie à GhJkleandnn. 
MoRCHOiSNE, curé de Terminiers. 
MoussET, notaire, maire de La Ferté-Villeneuil. 
MuRSCa, conseiller municipal i Châteaudun. 
Patbau, conseiller municipal 6 Châteaudun. 
Paultre, receveur d'enregistrement à Cloyes. 
Pavie, géomètre à Châteaudun. 

Perronne, ingénieur des ponts et chaussées â Châteaudun. 
Pesle, propriétaire à Châteaudun. 
Pierre, avoué â.Châteaudun. 
Piéton, avoué à Châteaudun. 
Pillette, suppléant du juge de paix de Châteaudun. 
Le vicomte Pinon, juge à Châteaudun. 
Plaut, étudiant, à Châteaudun. 
Poirier, marchand de fer à Châteaudun. 
PoRRiQUET, propriétaire à Saint-Pellerin. 
De Possesse (Maurice), propriétaire à Dangeau. 
PouiLLiER, libraire â Châteaudun. 
Poulain de Bossav, ancien recteur d'académie, â Arrou. 
PouPRv, notaire à Dangeau. 
Baron Pron, général d'artillerie, maire de Lanneray. 
Pno», préfet de la Manche. 
Marqnis de Prunelé, maire de Moléans. 
Comle de Prunelé, propriétaire à Moléans. 
Babouin, notaire i\ Bonneval. 
Baihrert-Bertrand, propriétaire ù Lanneray. 



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MM. 
Raihbeht (Estave), propriétaire à Lanneray, 
îtAiHDERT (Jules), propriétaire à Lanneray. 
Raiubeht, docteur-médecin à ChAleandnD. 
Raiubert-Gvérinot, propriétaire à Chaieatidiin. 
Raihbert-Sevin, ancien député, it Chateaudnn. 
Ratouis, avoaé à Châteauduo, conseiller municipal. 
Rayé du Perret, président du tribunal de Châteaudun. 
Vicomte Beille, dépmé an Corps législatif, à Harboné- 
Bemou, notaire à Cliâleaudun, conseiller municipal. 
Comte DE Reviers de Haunt, propriétaire à Douy. 
Richard, notaire à Terminiers. 
Ricois, conseiller d'arrondissement, à Dangeaa. 
RiPAULT, notaire à Cloyes. 
Rivière, escompteur à Bron. 
Roger, propriétaire à Charray. 
Rousseau-Makceau, propriétaire & Cbâteaodnn. 
RouviLLOis, conseiller municipal h Châteauduo. 
Sbnce, jDge de paix de ChSteandun, conseiller miiDJcipal. 
L'abbé SiLLY, coré de Donnemain. 
Talbert, juge de paix de Bonnevat. 
Talbert, docteur-médecin h Brou. 
Le Comte de Tarragon, propriétaire à Romilly. 
De Tarragon ( Léonce ), propriétaire à Cliâteaudan, 
De Tarragon ( Raoul ), propriétaire à Romilly. 
Tiger, fabricant de meules à Romilly. 
Touche, propriétaire à Terminiers. 
L'abbé Travers, curé deBonneval. 
Vicaire, receveur particulier des Qoances à Châteaudun. 
Vincent, juge de paix d'Orgères. 
Vincent, adjoint au maire de Bron. 
YvoN, maire de Varize. 
YvoN, propriétaire à Terminiers. 

La Société a été cruellement éprouvée depuis sa formation en perdant en 
moins de six mois deux de ses membres : 

M. GniNDELLE, maire de Châteaudun, et M. Fillon, conducletir principal 
des ponts et chaussées. 



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16 
DONS FAITS A LA SOCIÉTÉ JUSQU'AU 14 FÉVRIER 1865. 



MH. Ballet, 36 médailles et 6 objets divers. 
DE Belport, 24 médailles et 5 objets divers. 
Bgllier fils, 10 médailles. 
DiARD, 13 médailles. 

Brossier-Géraï, C2 médailles et 5 objets divers. 
Clément-Johier, une hache en silex. 
CoRDiER, 5 médailles. 
CoUDBAY, 2 médailles et 3 objets divers. 
Dagrom, une médaille et 3 objets divers. 
Danloux, nne médaille. 
DiLLiRGER, une médaille. 
DucHAflOY, 11 médailles et ane hache ea silex. 
DupuY, noe médaille et 12 objets divers. 
Fabre, 2 médailles. 

Veuve Febvre, de Mâcon, 9 objets divers. 
La famille Guenée, de Chartres, une collection d'oiseaux. 
Gauthier, une médaille. 
Harel, 89 médailles. 
Lacroix, de Hâcon, 21 médailles. 
LAncLOis, 2 haches celii(iues. 
Ledailly, 6 objets divers. 
Lecesne ( Henri ), 69 médailles. 
Leuay, 4 médailles. 
Lekais, 2 poudrières. 
Lesgarbault, un lot de minéralogie. 
MoRCHoisNE, nne médaille et no objet romain. 
Perronne, uoe boucle romaine. 
PoRRiQUET, 8 médailles. 
Poulain de Bossay, 10 médailles. 
Quinville, 3 objets divers. 
V" Reille, 1 objet chinois. 
L'abbé Silly, 4 médailles. 

De Tarragom ( Léonce ), 8 médailles, un fer de flèche. 
Talbert, juge de paix, une médaille. 
Touche, une montre. 
Tournois, une médaille. 
Vincent, juge de paix, quatre médailles et un poids ancien. 



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17 

Séance du î mai 18H5. 

AdmissioD d'ao nooTeau membre. — Acceptalion de la démission de cinq 
membres. — Anlorisalion d'échange. 

Séance du djuiltel 1865. 

Admission de dix oonveanx membres. — Acceplation de la démission d'un 
membre. — Anlorisalion d'échanges. 

Lé bareau autorise le président à entrer en relations avec la Société pari- 
tienne d'archéologie et tF histoire eH\ai "proposer le titre de Société corres- 
pondante, les deux Sociétés devant (nire l'échange de leurs publications ri^ci- 
proques ; il autorise encore le président à faire faire quatre volumes- carions , 
pour recoToir one partie de l'herbier de la Société, qae plusieurs botanistes 
dn p3>s veulent bien se charger de former, et saisit cette occasion pour prier 
MH. Coodray, Waez el Marquis d'accepter ses remerciements pour le zèle 
qu'ils montrent dans l'accomplissement de cette entreprise. 

Le crédit porté aa chapitre 4 du budget' étant épuisé, le bureau décide 
qn'uD médailler sera établi immédiatement, mais qu'il ne sera payé que sur 
les fonds de Tanoée 1866. 

' Le président met sous les yeux du bureau un Lot d'antiquités grecques, 
offert par H. Gooin, ingénieur des ponts et chaussées. Après avoir examiné 
les divers objets dont se compose ce lot d'antiquités, le bureau charge son 
président d'être auprès de H. Gonin l'interprète de sa vive reconnaissance. 

Séance du i» août 1865. 

Admission de neuf nouveaux membres. 

Au retour d'un voyage en Egypte, H. Albert Rousseau a bien voulu offrir 
an Musée un lot remarquable d'antiquités égyptiennes, que le président place 
soas tes yeux dn bureau. L'assemblée vote d'unanimes remerciements à ce 
généreux donateur. 

Séance du 5 septembre 1865. 

Admission de qualre nouveaux membres. 

Le président de la Société parisienne (^archéologie et ^histoire fait con- 
naître, par lettre du 13 août 1865, que celte Société accepte la proposition à 
elle faite, d'échanger, avec ta Société danoise, le titre de Société corres- 
pondante. Le bureau ordonne le dépôt de cette lettre aux archives de la 
Société. 

La Société hinorique et archéologique de Château-Thierry ni la Société 
archéologique du Vendomois soiil égalcmenl admises au nornljre des Suciéu'-s 
correspondantes. 



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18 

Séance du /«' oaobre 1S65. 

Admission d'un Doavean membre. 

M. LecesDe offre à la Société un verre antiqae trouvé à Windisch, canton 
d^ArgoTie (Suisse). M. Guillanme Rey offre h la Sociélë un lot d'antiquités 
pra?enant des fouilles de Babylone et de Tarse. Le burenn accepte ces dons 
avec reconaaissance et ordonne qu'il en sera fait mention au procès-verbal 
de la séance. 

H. Wuez est nommé membre correspondant de la Société. 

Séame du 5 décembre 1865. 

Admission d'un nouveau membre. — Acceptation de la démission d'un 
membre de la Société. 

MH. Leguay, président de la Société parisienne d'archéologie et ^histoire ; 
Merlet, ancien élève de l'École des chartes, et l'abbé Crosnier, curé de Verdes, 
sont nommés membres correspondants de la Société. 

Le bureau décide que, pour classer les échantillons de minéralogie que la 
Société possède, deux nouvelles vitrines seront immédiatement établies. 

Séance du SO janvier 1866. 

Admission de cinq nouveaux membres. 

HH. de Longpérier, membre de l'Institut, et Chaboailtel, conservateur des 
médailles à la Bibliothèque impériale, sont nommés membres honoraires de 
la Société. 

Le bureau autorise l'acquisition de l'ouvrage de H. Fanstin Poe; d'Avant 
sur les monnaies féodales de la France. 

Le trésorier rend compte de sa gestion de l'exercice 1865, d'où il résulte 

que les receltes se sont élevées à 1251 fr. 20 

et les dépenses à 892 30 

Le bureau approuve les comptes et décide que rexcédant de recette de 
358 fr. 90 sera porté au compte de l'exercice 1S66. 

Le projet de budget poar l'année 1866 est ensaite établi de la manière 
suivante : 

RECETTES : 

1» Reliquat actif de l'année 1865 358 fr. 90 

2" Cotisations de 180 membres 900 > 

Total des recettes 1258 fr. 90 

.DioilizBchyGOOgle 



19 

DÉPENSES. 

■!• Frais de barwa 50 fr. » 

2° Frais de garde et d'entr^llen du Musée. ...... 60 * 

3° ËDtretiea de ia collection orniUiok)giqa8 50 > 

*" Achat de mobilier . 400 > 

5" kdiit de livres ' 80 * 

t>* Achat d'objets de collection 469 90 

7« Frais d'impression dn Bulletin de la Sociélé 100 ■ 

S* Dépenses iaiprévaes 50 > 

Total des dépenses. .... 1258 fr. 90 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

DUSFÉVRIEB1866. 

L'an mil hnit cent soix3Dte-3i:i, le six février à midi, l'assemblée générale 
de la Société danoise s'est réunie dans l'une des salles de ia mairie de Châ- 
teandnn. 

Siègent au bureau MM. de Belfort, président ; Poulain de Bossay, Tice-pré- 
sidenl ; Desbans, conservateur ; Brossier-Géray, trésorier ; Barbé ; Ballet et 
Henri Lecesne, secrétaires. 

Les membres de la Société, désignés ci-après, assistent à la séance : HH. 
Géray, Ratouis, Auguste Lecesne, Anihoine, Danloux do Hesnil, Sence, Harel, 
Boucher, Perroune, Coadray, Raimbert, médecin, Boret, Edgar Lucas, Hoi- 
sant, Henaier, Lananze, Dorsemaine, Clément, Allard-Vaumarlel, Raimbert- 
SeviB, Heynadier, Gasloup, Alexis Lucas et Etienne Lucas. 

Le préffldent expose que, lors de la dernière assemblée générale, la Société 
se composait desept membres honoraires et de cent soixante-treize membres 
(itolaires. 

Depuis, six memtres titulaires iont décédés. Ce sont : MH. Boulay, Dreux, 
Lemaire, le général baron Pron, Travers, curé de Bonneval, et Daiher, curé 
de Châteaudoi). 

Hmt membres sont démissionnaires, ce qui réduit le nombre des membres 
titulaires à 159. 

Trente-n«af nouveaux membres ont été admis dans le courant de l'année 
1865 et jusqu'à ce jour, ce qui fixe à cent quatre-vingt-dix-huit le nombre 



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actael des membres tituraires el à vingl le nombre des membres dont la pré- 
sence esl nécessaire pour pouvoir délibérer valablement. 

Le nombre des membres présents élant de trente-un, le président déclare 
l'assemblée générale constituée. 

Le président donne à l'assemblée le résumé suivant des travaux di bureau 
depuis la dernière assemblée générale ; il demande la ratilication des nomi- 
nations, faites à litre provisoire par le bureau, de M. Chabouiltet, conservateur 
des médailles au cabinet de France, el de H. de Longpérier, membre de l'Ins- 
titut, en quabté de membres honoraires; de HH. Leguay, président de la 
Société parisienne d'archéologie et d'histoire, Merlet, archiviste de la Préfec- 
ture d'Eure-et-Loir, l'abbé Crosnier, curé de Verdes, et Wuez, eu qualité de 
membres correspondants. 

L'assemblée ratifie ces nominations à l'unanimité. 

L'assemblée approuve de même l'admission au nombre des Sociétés corres- 
pondantes : 1° de la Société parisienne d'archéologie et d'histoire; 2° de la 
Société historique et archéologique de Ckâleau-Thierry ; 3" de la Société ar- 
chéologique du Yendomois. 

Le président énnmère les différents dons faits à la Société depuis la dernière 
assemblée générale. Les donataires sont au nombre de quatre-vingt-dix-neuf, 
parmi lesquels il se trouve des personnes qui ont donné des objets très inté- 
ressants. Il ajoute qu'à l'avenir les dons reçus par la Société seront publiés 
chaque mois dans le journal VÉcho Dunois. 

L'assemblée accueille avec satisfaction cette communication et vote à l'una- 
nimité des remerciements aux donateurs et à M. Correyeur, qui a bien voulu 
se charger de l'entretien de la collection ornithologique. 

Parmi les objets offerts au Musée se trouvent deux pièces de la colonie de 
Nîmes coupées en deux. Ces pièces ainsi coupées servaient poul* le bornage 
des terres et étaient placées sous les bornes, comme cela se fait encore en 
Bourgogne en brisant des cailloux. Un membre remarque que le même usage 
existe encore en Beauce et dans le Percbe, mais qu'au lieu de diviser les 
morceaux de l'objet brisé sous différentes bornes on les laisse sous la même 
borne. Dans te Perche, on brise ordinairement une tuile dont on rapproche 
les morceaux et la borne est placée dessus. 

Le président présente à l'assemblée les comptes de l'anoée 1865 et le bud- 
get de l'année 1866. Ces deux documents sont successivement adoptés tels 
qu'ils ont été réglés par le bureau. 

Aux termes du règlement de la Société, le bureau est renouvelé chaque 
' année par tiers. Les membres désignés par le sort pour sortir cette année 
sont HHl Rayé du Perret, Lecesne et de Belfort ; il y a lieu de procéder à un 
scrutin pour nommer le nouveau président de la Société et les deux membres 
du bureau. 



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21 

Il résulte du déponillement dn scrutin pour la nomination du président que 
le nombre des suffrages est.de 31, répartis de In manière suiv;inte : 

M. DE Belfort 28 voix. 

H. Raïé du Perbet ... 2 — 
H. Poulain de Boss&t . . 1 — 
H. de Belfort, a^ant réuni un nombre de voix supérieur à la majorité abso- 
lue des suffrages émis, est proclamé président. 

Le dépouillement, pour la nomination des membres du bureau, donne les 
résultats suivants : votants, trente-et-un. 

M. Rayé du Perret ... 25 voix. 
M. Lecesne (Henri) ... 28 voix. 

M. CouDRAY 4 voix. 

H. Perronne 3 voix. 

M. DE Belfort 1 voix. 

H. Poulain de Bossay . . 1 roix. 
HH. Rayé du Perret et Lecesne sont proclamés membres du bureau. 
Le président expose que, sans déroger aux statuts, il serait désirable que les 
membres titulaires puissent à volonté se libérer envers la Société en payant 
une somme de cent francs représentant le capital de leur cotisation. Les fonds 
ainsi recueillis seraient placés et on ne se servirait que du revena pour faire 
face aux dépenses coaraules de la Société. 

Cette proposition donne lien à une discussion à laquelle plusieurs membres 
prennent part, et l'assemblée décide que les membres titulaires pourront ver- 
ser un capital de cent francs au moyen duquel ils seront libérés envers la 
Société pendant toute leur vie. Ceux qui verseraient un capital moindre ne 
seraient libérés que pendant le nombre d'années représentant leur cotisation. 
Ainsi no versement de vingt-cinq francs libérerait pour cinq ans, cinquante 
francs pour dix ans. Les souscriptions ainsi acquittées seront placées et le 
revenu seul servira aux dépenses de la Société. Néanmoins, dans un cas grave, 
le capital pourrait être dépensé, mais seulement à la suite d'un vole forme) 
émis par l'assemblée générale. 

Dans le but d'épargner les fonds de la Société, un membre demande que 
la bibliothèque de la ville veuille bien prêter son concours k la Société pour 
faire l'acquisition d'ouvrages scientifiques, qui pourraient être fort utiles. 
H. Barbé, président de la commission de ia hibliothèqlie, répond que les 
ressources dont dispose la commission sont tellement minimes, qu'il est 
presque impossible d'accueillir la demande qui vient d'être faite. Déjà, la 
commission de la bibliothèque, en achetant le Glossaire de Ducange, a 
témoigné de son désir d'ëire utile à la Société dunoise et elle est toute dis- 
posée à continuer dans les limites du possible. 
Le président fait connaître à l'assenjblée qu'il a reçu une invitation pour le 



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Congrès des délégués des Sociétés savantes qui se réunira à Paris te 20 mars, 
sous la présidence de'H. de Caumont. Il pri« rassemblée de déléguer nn de 
ses membres pour assister k ce Congrès, aux frais delà Société. 

L'assemblée désigoe U. Leiuy, maire de ChftteaadaD. 

La distribution des récompenses accordées aux Sociétés savantes aura lieu 
le 7 avril et sera précédée de trois jours de leclnres publiques qui auront lieu 
les 4, S et 6 avril. Le président invite les membres de la Société qai désire- 
raient ; assister, à le prévenir avant le 10 mars pour qu'il puisse leur pro- 
curer des billets de chemin de fer à prix réduit. 

H. Poulain de Bossay a bien voulu se charger de traduire la charte d'af- 
franchissemeot de la commune de ChSteaudun, donnée par le comte Louis en 
1197, et la charte conflrmative de cet affranchissement. 11 donne lecture de 
son travail et d'une notiœ historique sur les comtes de Dunois, 

H, DE Belfort lit un travail sur les anliqnités de la commune de 
Harboué. 

Ces deax lectures sont écoulées avec intérêt, et l'assemblée décide que les 
travaux de MM. Poulaik de Bossay et de Belfort seront imprimés dans le 
premier bulletia de la Société- 

Le président engage les membres de la Société â faire quelques travaux 
que le bureau sera toujours heureux d'accueillir. 

Sur la proposition de M. Gëray, l'assemblée vole des remerciements aui 
membres du bureau pour ta bonne impulsion qu'il a su donner à la Société 
naissante. 

Personne ne demandant la parole, le président remercie les membres pré- 
sents du zèle qu'ils ont mis à se rendre à la réunion générale, et il propose â 
l'assemblée de se rendre au Musée pour examiner les objets nouvellement 
donnés ou acquis. 

La séance est levée. 

le Secrétaire, Le Président, 

Ballet. A. de Bbu'OAT. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



Dons rails à U Société jis^n'aa 34 déctmbre 1865. 



MH. 

Arsollier, une épéé. 

AVBERT, géomètre, une hache celtiqne. 

Beaurepure, serrurier à Ghâteaudnn, un cadenas. 

Bellier, régisseur à Logron, un lot de médailles. 

H"" Beluet, de Hoisj, un lot de monnaies. 

Belnove, maire de Courbehaïe, une épée et une médaille. 

Benoit, coltivaienr à ThîviUe, une médaille. 

BURD, ancieD notaire, divers autographes et un œuf d'autnrche. 

Bire, instilnteur à Villiers-Saint-Orien, un volame. 

fioRL, pasteur à Gauberi, une médaille et une agathe. 

Caillé, maire de Dampierre, un cadran. 

H"' Chaillou, une pétrification. 

Chavigny, charpentier à Langey, un bézoard et une pétrification. , 

Chevallier, maire d'AHuyes, un lot de monnaies. 

CLÉHEicrJoHiER, Un lot de médailles. 

Clinard, menuisier, une serrure du xvi° siècle. 

CoHHCNEAU, pharmacien, une monnaie carlovingienne. 

Crignon de Montigny, deux médailles. 

Balais, meunier à Gaaberl, un lot de fossiles. 

Dantan, de Saint-Denis-les-Ponts, une médaille. 

Delaforge, serrurier, trois clefs du xvi« siècle. 

H»" DEPnzET, du Poiset, un fragment de ?erre ouvragé. 

DiLLiNGER, de ChâteauduD, une monnaie arabe. 

DouBUER, conducteur des ponts et chaussées, un lot de médailles. 

L'abbé Brouin, empreinte d'un scel de Châteaudun. 

BvRAND, cultivateur à Bazoohes-les-Hautes, une médaille. 

BuRET, médecin à Arrou, un lot de fossiles et objets dirers. 

FoRTEAu', notaire à Orgëres, un palet eu verre. 

Genêt, une hache celtique. 

GouiN, ingénieur, un lot d'antiquités grecques. 

Goussu, de Ljconsis, une pierre vitrifiée par la foudre. 

Alfred Groisy, une monnaie et un couteau. 

René Grindelle, une éprouvette à poudre. 

HOUDIH-VILLETTE, UU fossile. 

HuET, de Péronville, uo lot de monnaies. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



2*. 

isAHBERT, grofHer à Cloyes, un lot de médailles. 

Le Bas, jage de pain de Brou, un poignard malais. 

Lecohte, brasseur, deux oiseaux empaillés. 

Legrano, aubergiste à Orgëres, une monnaie baronnale. 

L'abbé Lehoox, deux coquilles. 

Leleu, employé des contribntioDs indirectes, deux médailles gauloises. 

Lelong, notaire à Arrou, une épée. 

Lehaitre, cultivateur à Pertuiset, uoe hache celtique. 

Lescarbault, médecin à Orgëres, un lot de minéralogie. 

Leveau-Bonvalet, scel de l'abbaye de la Madeleine. 

LONLAS, UD lot d'objets chinois. 

LORiN, instituteur à Varize, une médaille. 

Lucien, cultivateur à Godonville, une médaille. 

Lumière, notaire, une médaille. 

LuxEBEAV, maire de Verdes, une fourchette en fer. 

Mallet, un volume. 

HÉRY, maire de Nottonvitle, une clef romaine. 

Minière, percepteur, une pièce de monnaie. 

Neveu, propriétaire à Janïille, trois médailles. 

Perchet, capitaine en retraite, un lot de médailles. 

Phelippes de la Marhiêrb, propriétaires à Lanneray, une médaille d'or. 

PiNSARD, cultivateur à Saint-Sigismond, un lot d'objets anciens. 

-PouLiN, inslitutenrà ChSlillon, nue rouelle. 

QumviLLE, régisseur à Moléans, un lot de médailles. 

Baihbert-Guérinot, une collection d'œufe et un lot d'oiseaux. 

Raust {M"' Amélie), une monnaie. 

Bavault, maire du Mée, une médaille. 

Bey, propriétaire à Bazoches-les-Hautes, un lot de médailles et d'antiquités 

provenant de fouilles en Syrie. 
RocHETTE, de Logron, un échantillon de minéralogie. 
BoussEAU (Albert), un lot d'antiquités égyptiennes. 
SuRÉ, maire d'Onarville, une monnaie d'or, d'Allemagne. 
Theurë, curé de Loigny, un lot de médailles. 
Tranquille, sabotier, une tabatière en os ouvragé. 
Vallet, instituteur à Bazoches-les-Hautes, une clef. 
Vallet, cultivateur à Mézières, une monnaie baronnale. 
Verger, curé de Moisy, une si:ulplure sur bois. 
ViLLETTE (Alexandre), une monnaie l)aronnale. 
ViLLETTE, maire de Bazoches-les-Hautes, deux jetous. 
ViRON, maire de Donnemain, trois couteaux gaulois. 
YvON, propriéiaire à Terminiers, une porte en bois sculpté. 



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NOTE PRÉLIMINAIRE. 

DaDs ses archives, la Tille de Chftteaadan possède (rois exemplaires de sa 
charte de commune. 

Lepremier estrade original, écrit au mois d'octobre 1197, et émananv 
de Louis, comte de Blois, de la famille des comtes de Ctiampagoe ; il 
est endommagé en certaines parties, d'aillenrs peu considérables. 

Le deuxième, parraitement conservé, est daté da mois de février 1281, et 
est revêtu du sceau de Pierre d'Aleoçon, comte de Blois, cinquième fils du roi 
saint Louis. Il contient une confirmation de la charte du comte Louis, avec 
une immunité de plus : l'abotitioD de la corvée et du bien dans riotérieur de 
la ville. 

Le troisième émane de Hugues de Châtillon, comte de Blois, successeur 
de Pierre, et est daté, du mois de juin 1292. C'est la copie pure et simple, 
avec conflnuation de l'acte original. 

La charte copiée, confirmée et améliorée par le comte Pierre d'Alençon 
étant la plus complète, c'est elle que nous avons cru devoir reproduire, et 
dont nous publions te texte avec la traduction (1). 

P. A. POULilN DE BOSSO. 



CHARTE DE COMMUNE 

de 

GH ATEAUDUN 



In nomine Pslris, et Filii, et Au nom du Père, et du Fils, «i du Saint- 

Spirilus Snncii, nmen. Espril, ainsi-soil-il- 

Nos, Petrus, ûlius régis Fran- Noub, Pierre, Gis du roi des Français, comie 

corum, Aleuconensis, Blesensisel d'Alençon, de Blois et de Chartres, el Jeanne, 

Carpolcnsis cornes, et Johaona, son épouse, comtesse des mêmes lieux, il tous 

uxor cjus, eorumdem locorum co- présenls el à venir, savoir faisons que nous 

milissa, univer^is lam presentibus avons vu el parfuiteiuent coniprisune lettre non 

<;uflm fuluris, noium fieri volunius, abolie, non annulée, ni viciée en aucune de ses 

(1) Afin de ne pas donner trop d'extenston au Bulletin de 1866, lea écltlrcitHmeiito hlsIorlqiMa 
qui deraienl accompagner la Iraduction de U charte de ChSteudmi ne Hron 
umée; ilipanltrontdïnsleBuDelindelSS?. 



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parlieH. scellée du sceau de Teu Louis, d'hoDO- 
rable mëmoiro, comte de Blois el de ClermoDl, 
à laquelle nous joutons foi, ei qui est conçue 
en ces termes : 



Au nom du Pare, et du Fils, et du Saint* 
Esprit, ajnsi-soit-il. 

Hoi, Louis, comte de filoia el de Clennont, 
pour la gloire de Dieu et l'ulitilé du paya, h 
tous prâsenls et à Tenir bit suvoir que, — par 
amour de Dieu et pour le salut de mon Sme, 
de l'àme de mon bon père le comte Thibaud, 
el des Ames de mes prédécesseurs, avec l'ap- 
profialion et te consentement de madame la 
comlesse Alix, ma mère, de mon épouse 
Catherine, de mon frère Philippe, et de mes 
sffiurs Marf^uerite, Isabelle et Alti, sauf le 
droit des églises et des chevaliers, — tous les- 
hommes demeurant dans mon domaine et dans 
mes aumônes de ChAteaudun, qui me doivent 
la taille, ainsi que leurs héritiers, sont tenus 
par moi complètement quittes A l'avenir et 
reconnus exempts de la taille, de la prise, de 



nosvidisseeldiligenterintellexissp 
qussdain lilteras non abolitas, 
non cancellatas, nec in aliqua sui 
parte viciatas, sigillé, bone me- 
morie, Ludovioi quondtm comitis 
Blesis et Clarimontis {t) ngillatas, 
quibus fidem adhibemus, in hec 
verba : 

In Domine Patrie, et FJIii, et 
Spiritus Sancii, amen. 

Ego. Ludovicus, Blesis cornes et 
Clarimontis, ad honorem Dei et 
Patris utilitatem, omnibus lam fu- 
turi» quam presenlibus, ttotum 
fieri volo, quod, amore Dei et pro 
remedio anime mee et animarum 
boni patris mei, comiiis Theo- 
baldi |2|, et anlecessorum meonnn. 
laudantibus et concedeatibus do- 
mina maire mea Adelicia (3) co- 
milissa, et uxore mea Katherine, 
el fralre meo Philippo, et sororibus 
meis Magariia, Isabetla (4|, Ade- 
licia, salve jure ecclesiarum et 
militum |3), omnes homines in 
dominio meo, et in elemosinis {61 



(1) Clanu mont, CI«rniont-«o-BeaiiTal^e, tlani le déparlamenl de l'Otu. 

(1) TkeobtidM (TlMode-lnld, hardi eatre tout le peuple). De Tbéotuld l'on a Ail Tbibaud, Ttdbaut 
00 TidbaiH. 

(S) Adèllde ou Alix. 

(t)Ieat»dle on Elisabeth. 

(5) Au mofen ige, le mol milei ne «plflait plus soldat ; il était employé pour di^gner tont homme 
qtii portait la ceinture militaire, c'est-à-dire qui était cbe\-alier. H ï avait trois ordres parmi les cho- 
laliere, seloD qu'Us tiaient plus ou moins puiseanU ; tons éUiml appelés nàiilti ; lis rormaieol b 
dasse des ulgueurs -, Us étaient les nobles, appelés plue tard geniilsbommes. 

(8) Elemctim, pour Eltemoiyna, aumAne. Ce mot avait diverses acceptions. Il éUit employé ponr 
désigner un fonds de lerre concédé, à litre d'auméne, moyennant nn cens annuel, aux hommes de 
condition servUe. C'est le sens que, d'après Ducange, il faut Ini allrthner dans h charte de Château- 
dnn. n BigoiBail aussi une lerre qui était concédée par donation aux églises, aux couvents, aux pa- 
roisses, à la condition que des prières seraient dites pour l'ime du donateur el pour celles de ses 
partnU morts ou vivants. Quelquefois l'on enteodall par aamônw les biens des églises ; quelquefois 
encan l'on désignait, par le mol aumflne, une maison attenante à une église ou à un monaalère, daas 
ImmUs rMunloe était bltt ara pauvres. La principale anmAiie de Chiteandun était celle de la H»de- 
Um. Dus l'histoire du Dunoia, U est souvent question d» l'abbaye de l'Aumûne (appelée phis Urd le 
Petit-Clteaux), fondée en USO, à l'entrée de te for^t4ongne ou (orét de MwcheDoir. 



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27 

meis CagiriduDi manenles, tal- l'eroprunl et de la demande forcée, A l'eiccplion 

liam raichi debeDtes el eorum lie- de ceux de Chemars. 

redes, a tallia (1), ablalione, im- 

prunlaU» et roga coacU, de celero 

peniluB quilto, el immunes esse 

cQDcedo, eioeplis illis de Cha* 

marcio (2). 

Quicumque in dominio meo et Quiconque aura un hébergement dans mon 
elemosinis meie Caslriduoensi- domaine et dans mes aumftnei de Chflleaudun, 
bus, excepte Cbamarcio, berbera- à l'exception de Chemars, paiera seulement 
gium (3) habebil, Ires solidos (J) chaque année trois soue dunois, et il paiera 
Dunensiurosingutisannispcrsolvet également trois sons pour chaque maison qu'il 
lantum, et pro unaquaque domo possédera outre son hébergement. Si l'héber* 
quam prêter berberagium habebit, gemcnt vient à élrc dirisé, il sera payé autant 
très solidos simililer persolvet. Si de fois trois sous qu'il aura été formé de mai- 
aulein berberagium divisumfuerit, sons séparées. Si une maison s'écroule de telle 
quoi domus ex eo facte fuerint, fafon que l'emplacement resl« vide, je ne pren- 
pro unaquaque domo 1res solidos drai rien 1â Jusqu'à ce qu'une maison soit de 

(1) TaUia, taille, était une redeviiKe eiigée ds leors nasaux par les Hlgnenn à»m «enaines 
cirtODtlaaces impérteusu. Qndiiaerois la tallls ttait exigée i des époques fixes, satoir : es andt, 
à Noël H i Pitpm. U taille penonndle el sur chef tlilt fraDche ou acrvile, utiM ^'«Ue étolt 
pajée par no Ikomaie libre oa par nn «erf ; eUe pouvait être i volouii, c'ml-i-dire qu'elle était 
augmentée ou diminuée, i la volonté du sei^ent, selon la faculté dtt bUm de «lui qui la devait. La 
Uille da pain el du vin, dite la ceintUTt de la Heine, se levait de trois ans en Iroii ans. 

Abiatio, tolta, molatutla. prise, maltote, élail une exaction qui consistait k lever un impdt quel- 
conque par violence et coutre tout droit. 

fmprvntatum, mutuum coaclum, emprunt, était une euction qui avait Heu de la part deasei- 
gnears, sur leurs sujets ou vassaux, dans des nécessités urgentes, avec promesse de reslltntioa. 

Dtga eoaela, rogatiû, mutuum violenliaa, demande forcée ; c'était une esaction dn même genre, 
cMenae sons forme de prière. 

(1) CItaiturâu* ou Chtnmreita, ate'évjation et corniption de Camptu-Martiiu, Champ-de-Hars, 
Ghemari. C'élail une partie de la banlieue de (Mleandun, située dans la paroisse actuelle de Saint- 
Jean. Le Eubonrg de Cbennri était borné à l'onest par le Loir et à Feat par la peUI« rivière de 
Cbollet. 

jS) Mert>eragâim, bébargement, habitatiouEVBcqudqDesportIoDS déterre. 

{i) La valeur du marc d'argent, comme matière métalUqae, a varié suivant les tpoques. Le Ben 
tournois (frappé à Tours) valait ; 

Bb l*4t Ifr. Rlc. Le sou dunois élall d'un sixitee phs faU)le 

Al IIIS. ■ Sfl que le ton tournois. Le sou pirielB (ftappi à 

Ba tS07 1 oa Parts) «tait d'un quart pbis fort que le sou 

fil lue • 07 tournois. 

Eu prenant la valeur de la monoate à une époque ra|qirochée de IIBT, eu 1)07, on volt que trois 
•BU tounioi* valaleat B fr. 18 c. ; si l'on retranche ledxibie de cette sonmn, c'est4--dire 51 c, 
reste i fr. 63 c qui sont l'équivaleat des trois sous imposés sur chaqua isaisra. Cet tarptl, qai ac- 
eaaqiagnail la bcuUé d'avoir ou de coastmira une maison dans la villa, était appelé fettagivm, té- 
ttge. jtn xn* et aa xiii* sléctia tout élail au moias dix foie tnoios dier qu'aujoard'feni ; par eensè- 
qnent la monnaie avait beaucoup plus da valeur. Les gages d'ua valet de cbarrBe élaieot de 10 loia 
pariais par an (li bu li tr.), etc. 



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nouveau élevée sur cel emplacemenl. Ce cfns 
sera remis A moi ou à mon mandatnire lé jour 
de la fêle de Sainl-André. Le cens de mon do- 
maioe sera intégralemenl pajé ce Jour-IA. S'il 
manque quelque cbose de ce cens qui doit 
m'étre remis ce Jour-là, co qui manquera sera 
doublé et me sera rendu le lendemaiD, en com- 
mun, par les bourgeois de mon domaine. De 
mâme chaque aumdne, en ce jour, paiera exac- 
lemenl et par soù maire son cens, cl s'il manque 
quelque chose de ce qui est dû, chaque aumdne 
me rendra en commun, le lendemain, le double 
de ce qu'elle devait encore. 



Il sera permis aux bourgeois d'élire douze 
d'entre eux dont l'avis et la direction seront 
l'avis et la direction de la ville (6). Toutes les 
fois qu'ils seront renouvelés, ils jureront que, 
de bonne foi, ils conserveront les coutumes de 
la ville. Si les pauvres se plaignent d'avoir été 
trop chargés, il leur sera accordé une décharge 
d'après l'avis et la décision de ceux qui forme- 
ront le conseil de la ville. 



persolvent. Si nliqua domus déci- 
dera ila quod platea domo vacua 
remaneat, ego nichil ibi capiam 
doneo plateareedificetur. Reddelur 
hee censa (I) michi vel man- 
dalo (t^ meo in feslo sancli An- 
drée. Censa de dominio meo ea 
die per se solvctur. Si quid de 
censa bac reddenda ea die defe- 
ceril, defeclus die crastina in 
duplo a burgenstbus (3) de dominio 
meo comrauniter |4) michi redde- 
tur; simililer unaquaque elejno- 
sina per se et per m^orem (9) 
suum censam suam ea die reddel. 
Et si quid de ea reddenda defe- 
cerit, unaquaque elemosina per se 
communiler defectum suum michi 
crastino restiluet in duplo. 

Licebit burgensibus duodecim 
ex ipsis eligero, ad quorum con- 
silium et moderamen ville consi- 
lium et moderamen eril; qui quo- 
ciens innovabuntur, jurabunt sese, 
bona (Ide, ville consuetudines 
servaturos.Sipauperes se gravâtes 
esse conquesli fuerini, ad consi- 
lium et moderamen illorum super 
quos eonsilium ville erit, super 
pauperibus dispensabitur. 



(1) Ceme, rm», tribut prélevé sur l«s biens, ou bien encore preatation eiigte par le seigneur à la 
place de U taille. 

(1) Mandalum ou mandatariiu, mandataire, fondé de pouvoir, lîeolenanl, inlesdint, représentant. 
Ici, le mandataire est l'officier chargé de percevoir les revenus ; plus loin ce lers le général ranpla- 
fant le conte dans le eonunandemeni de l'année. 

(S) Burgmta. A pn^remanl pirio' le» bourgeois étaient les habitants des villes environnées de 
murailles. Us n'étaient ni ncdtles ni serfs ; U bourgeoisie était eicluslvement composée de gens de 
métlov. L'usage s'est conservé jusqu'à nous d'appeler bourgeois l'ouvrier établi qui travaille à son 
compte. Les autres onvriers qu'il emploie, ou coiapagnoru, le déùgnenl le plus souvent par l'appdla- 
lion de bourgeois, et sa femme est toujours pour eui la bourgeoùe. 

(i) Comraunjfer, en commun, c'est-ànilre que les bourgeois seront solidaires. Ce qui ne sera pas 
payé par l'un d'eux sera fourni par les autres, qui se cotiseront i cet eltei. 

(S) M^or, mayeur, maître, maire, majordome, économe, celui qui dirige la maison et commande 
an domestiques. Dans les villes, le majeur ou maire étafi i la télé des autres habitants et rendait la 
justice au nom du se^cnenr de la ville. 

(B) C'esl-à-dire pour être les consellIerB et les administrateurs de la ville. 



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Oomes de dominio meo el de 
elemostois meis Castriduni 
nenles (t|, qui de mea servili 
coDdilione eraol, eL eoruin heredes 
c( leneuras, ab omoi jugo servi 
' Iulis mee penitus quitio et ab- 
solvo, eiceptis illis de Cliamarcio, 
si aliqui ibi sunl de servilule mea 
(juilibel ressuassi vendere w\u- 
erit, vendal; et a villa si recedere 
volueril, liber elquilus recédai, Disi 
forisraclum Feceril; et si forisfac- 
tuuifecerit,adjudiciuni ville, 
quam recédât, emendabitur illud 

Quicuinque Csstriduni in do- 
minio meo vel in elemosinis meis 
mansuruâ Tenerit, manere ibi po- 
lerît, jusiiciam faciendo secundum 
ville consueludines. 

Foristacla vinearum, pralorum, 
viridariorium, orloruoi, sicut anie, 

Quilibel quocumque die pie- 
gium ii\ suum, sicut solei, po- 
lerilnantare'. ego ptegium meuoi 
nantabo sicul soteo; nisi plevine 
emeodande plegium dederil. Cre- 



Je tiens quilles et je délivre enliârement de 
lout joug de ma serviiudc tous les manants de 
mon domaine et de mes aumônes deCbâleaudun 
qui étaient mes serfs, leurs hériliers el leurs 
lenure, exceplé ceui de Chemars si quelques- 
uns d'cnlre eux sont de ma serritude. Si un 
habitant quel qu'il soil veul vendre ce qu'il 
possède, qu'il le vende; s'il veut s'éloigner de 
la ville, qu'il se relire franc el quille Ci), à 
moins qu'il n'ait commis un délit; et s'il a 
commis un délit, avant de s'tiloigner il l'amen- 
dera d'après le jugement de la ville (3|. 



Quiconque sera venu dans mon domaine ou 
dans mes aumûnes de Cli&leaudun avec l'in- 
teniion d'y demeurer, pourra j prendre domi- 
cile, en remplissant ses obligalions selon les 
les coutumes de la ville. 

Les amendes pour délits commis dans les 
vignes, les prairies, les vergers, les jardins 
m'appartiennent comme auparavant. 

Chacun, le jour qui lui conviendra, pourra 
reprendre son gage, seloh sa coutume ; moi de 
mon cdié, je saisirai, comme j'en ni l'habitude, 
le gage que j'aurai refu, à moins qu'il ne m'ait 
été donné caution qu'on me fournira un nou- 



(1) JfanenfM, mananta, colons, vilains, roturiers. Les manants, dit un auteur du va* siècle, sont 
les bommea i^ demeurent (martent) but une terre qui ne leur appartient pas, el auxquels il n'est pas 
permis .d'aller s'établir dans les villes sans la pumiesion du geigneur. < Les mananti tenaient, à con- 

• dltlon d'une rente annuelle et de corvtes, les terres ceosives que le propriétaire domanial leur avait 

• concédées et qu'ils pouvaimt transmettre avec tous Imts biens i leurs enfants. Les tenurea ccitsivea 

• étaient dans la Jnridictioa absolue du «ogneur , et garanties seulement par des conrentioiii 

(3) Eipresilone employées dans les anciens actes et qui signiflent : libre et quitte de toute obli' 
(S) C'est-à-dire : U sera jugé par les ma^strats de U ville et subira la peine promocée par hB 



(*) Dn latinprat.prtedti, on a fait priediiM,predii«,j(e[(iiw, garant, fldejusaeur.cantioD, répon- 
dant, U personne on la chose qoi avait été mise en gage ; puis on a fait pUgie, plegina, plevma, pU- 
vira, plegeria, plegiatio. ptevinKBltim.plegagium, caution, gariDlie. Le plége ilsit la personne qui 
contractait l'oliligatian de faire ce qu'aurait fait celui qui l'avait donné pour répandanli c'était aussi 
la cbose qui devait servir de caution. 

De nantare sont venus les mots nantir et DanlissemeDl. Nantir son piège dgnifalt reprendre, d^- 
ger, ou bien oilevér, emporter cbei soi ce qui avait été donné en gage, c« qui était engagé comme 
caution. 



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30 

veau gage. J'aurai, comme c'esl l'usage, la 
créaDce et le prii des vivres deslinés à moi el 
à lacomiesse. 

Celui qui aura ud gage d'ua clerc ou d'un che- 
valier ou de tout aulre personne attachée A mon 
service, ne retiendra pas ce gage au-delA de 
vingt jours, h moins d'un consentement Tor- 
mel, et après ce terme, il pourra le vendre, sans 
pour cela être mis en cause. 

ISul de mon domaine ou de mes aumOnes ne 
pouna élre retenu prisonnier, rien de ce qui 
lui apparlient ne pourra élre saisi s'il a pu 
donner caution de se présenter devant la Jus- 
lice, à moins qu'il n'y ail contre lui une accu* 
sation évidente pour' meurtre, trahison, trou- 
vaille de trésor, incendie, homicide, rapt, vol. 

Quiconque aura son bien dans mon domaine 
ou dans mes aumônes de Châleaudun, n'en 
perdra rien pour quelque délit que ce soit, jus- 
qu'à ce qu'il ait pu comparaître en Justice. 

Nul de mon domaine ou de mes aumAnes de 
Châleaudun ne fera pour moi la corvée ou le 
bien, hors de la ville. Les habitants, comme 
par le passé, seront tenus envers moi au ser- 
vice militaire, et, partout où je voudrai, ils 
prendront part aux expéditions dirigées, soit 
par moi, soit par mon mandataire, toutes les 
fois qu'ils en seront requis. En outre, ils ne 



dilionem |t) et pretium cibonim 
meorum elcomilîsse habcbo, sicul 

Qui vadium [2] clerici vel militis 
vel alicitjus servientis (3) mei ba- 
bebit, non tenei)il illud ultra vi- 
genli dies, nisi sponle sua, et tune 
sine causa vendere polerit. 

Nullus de dominio vel de ele- 
mosinis mois captus lencbilur, vel 
ipsius res, si plegium veniendi ad 
jus dare poterit, nisi pro mullro, 
prodilioae, thesauro invente (4), 
incendie, homicidio, raplo, fiirlo 
super accusalum manifeslis. 

Quicumque possessionem suam 
in dominio meo vel in elemosinis 
meis Castriduni habuerit, nichil ex 
ea perdet, pro quocumque foris- 
faclo, dum juri siare poterit ^5). 

Mullus de dominio meo vel ele- 
mosinis meis Castriduni corvatam 
vel biennium (6|, extra villam 
michi faciet. Mecum vel cum 
mandalo meo in eiercitum et ex- 
pediiionem meam ibunt, sicul so- 
ient, uhicumque voluero, quo- 
ciens submonilî fuerint. Mul- 



(1) Credith, trtiaiiki, atUH, eréuMS. Le E«igMW inli créuiee tar te* sujets lonqH'il recevait 
d'Mi, soit m let achetant. Mit en les preouit tua les pRjrcr, ke chose* qui la! étaient Béeeeuires 
poar H naurrllnre. Daoe lean convuitlois, lei aeignedr* et les «jets «lâterminsieni le ]Au SMveat 
les limites qui ne devaient pat tUn dépauées quant à la valeur des ctioiea A fourotr, quant lu asMiàm 
de ioan pendant lesquels eVet pouvsiMt Un eiigéee, « quoi & l'4|Wq«e «i elle devuent Mre 
ptyésa. Dans les clurles de Blois et de Creil, accordées par le comte Lonli, le crédit pour le paicseM 
de* vivres Mt fixé 1 trois mois; rien de senblable n'est stipulé dans U clutrle de Oiiteaudnn. 

(3) Vadium, wadiiim, guadium, gage, garantie, la chose mise en gage. 
(>) SeruMM. servitair, écuyer, vassal, seigant (iddat i pied,) roturier. 

(4) Un tréMr, qiu le hasard biidl découvrir, appartaniit an adgneur et non t cehn qui l'aviM 
trouvé. C'était le dr<At d'épave ou d'anhatne. Fortane d'or était au roi, forlane fargeM était au 
seigncnr. 

(5) Juri ttare. On a dit anlrefols : lier en droit, ou etUr en jnitiee. 

(6) Carvata, eorvvlm, corvée, travaux qoe les sujet*, et particslléremenl les babltints de la «*m- 
pagne, étaient tenus de faire pour lenh seignetov. 

fiiennum, bianum, biennium, corvée tant d'homme) que de bétes. 



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lum deforis Utlliam michi deben- 
leio reiinere poteninl, nisi de 
meo assensu. 

Nullus anle horam terliam (4), 
quicquam émet ad revendendum. 
Quociens preposilus Caslriduni, 
aut Bervientes mei, aut cuslos 
lurris mee, sive sil miles, sive 
seirieas inDovabuntur, unus poBl 
alleram jurabit se omDes bas cod- 
suetudioes bona fide servalurum. 
Ego eliam eas Sriniler el fldeliler 
teueodas propria manu meajurayi ; 
el ex precepto meo juraverunl : 
RobOTlus de Hesio (3); Hugo de 
Valeriis (4): Bernardus de Bul- 
loii (5|^ PagBDUs Trousel; G. Go- 
delua; Johanoes Infans; Tbeo- 
baldus de Pataio (6); Matheus de 
Valenvilla (7). Testes iode buhI : 
RobertuB de Hesio; Pelrus de 
Vibeibftcio (ti); GoheriuB de Lane- 
riaco(9|;HeTVCUsdeViliaTi$one(10|; 
ArobambaudusdeQauz (14); Regi- 
naldus, marescallus: GileberluB de 
MiUiaco |<2|; Regiaaldus de Mil- , 
liaco ; Hugo, eamerarius ; Odo, 
decaniu ; JouiDes CrispiDi ; Au- 
cherius. 

Factum CasCTidimi, anno Incar- 
nalioQÎs domioice millesimo cen- 
(esimo notiagesiino seplimo ; da- 
lum per (uaaum Tbeobaldi cbd- 
cellarit mei, menée octobris. 



pourront, sans mon asseDlimenl, retenir qui 
que ce soit me devant la taille. 

Nul n'achètera quoi que ce soit pour le re- 
vendre avant la troisit^iiie heure. Toutes les fois 
que le prévoslde CbAleauduo. ou mes sergeatg, 
ou le gardien de ma tour, qu'il sotl chevalier 
ou sergent (2), prendront possession de leurs 
oflices, chacun d'eux jurera, l'un après l'autre, 
qu'il gardera, de bonne foi, toutes ces cou- 
tumes ; j'ai juré également de ma propre main 
que je les garderai rermemenl el Sdèlemeul, el, 
d'après mon ordre, l'ont aussi juré : Robert du 
Mée; Hugues de Valiéres ; Bernard de Bullou ; 
Payen Trousel ; G. Godet ; Jean l'EnCanl ; Thi- 
baud de Pata;; Mathieu de Valenvilte. Mes 
témoins sont : Robert du Hée ; Pierre de Vil- 
lerbelon ; Gohier de Linneray; Hervé de Ville- 
yoisoa; Arcbambaud d'Qioir; Regnaud, ma- 
réchal ; Gilbert de Hilly ; Regnaud de Hilly ; 
Hugues, trésorier; Eudes, doyen; JeanCrispin; 
Auohier- 



Fait h ChAleaudun, l'an de l'Incamalion de 
Notre Seigneur mil cent quatre-vingt-dix-sept; 
donné de la main de notre chancelier Tliibaud, 
au mois d'octobre. 



(Ij Hora lertia, la troiiiëme heure, tierce, c'est-à-dire nnd'heures du mstin. 

(t) Chevalier ou aeif eut, plus tard on dira : noble on roturier. 

(S) Le Hée, petit château et uigneurie, près du bouif d'Arron, canton de Cloifes. 

(() ValUres, hameau, eommaïKB de Qvry et de Noilonville. — Audenoe seigneurie. 

(S) Bullou, booi^ an nord-est de Brou. 

(S) Pitay, bourg da départeniait du Loiret, i )t kilomètres est de Cbâieaudnn. 

(7) ValenvQle, hameau, commune de Holéans, canlon de Cbtisandun. — AnciouM sdgneurie. 

(S) Villerbelon, hameau, commune du Hée, cantou de GIoîm. -:- Anoienne leigneurie. 

(9) Lanneray, bourg au nord-ouest de Cb&teauduu. 

(10) Villevoison, Terme, commune de Saint-aoud, canton de CUteaudun. 

(11) Ozoir-le-Breuil, boarg au sad-eet de ChAleaudun. 

(11) Hiny, petite ville dans le GStinalB.on encore Hesb]F-te«i«net, canlon d'DIlers. 



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32 

Nous trouvons conveDable, nous approuvons 
el aussi nous cOQfirmoDS lout ce qui vient 
d'élre dil el qui est contenu dans la leilre sus- 
mentionnée. Et comme, des paroles contenues 
dans la lettre sus-dite du comte Louis, il pa- 
raîtrait que les dits bourgeois et habitants de 
Chateaudun seraient obligés envers nous, dans 
cette ville, au bien et à la corvée, nous, par 
anrour pour Dieu, écoutant nos sentiments de 
piété, el voulant être favorable aux bourgeois 
et aux habitants de la ville, qui ont bien mé- 
rité de nous, nous tenons quittes, nous délions, 
nous délivrons enliëremenl ces mêmes bour- 
geois et habitants do Châteaudun et de sa ban- 
, Ijeue, leurs héritiers el successeurs, de lout 
bien, de toute corvée qu'ils doivent faire, dans 
la dite ville, pour nous ou nos héritiers ou 
successeurs, et pour tous nos futurs a^anl 
cause ; et nous prdmettons de bonne foi que 
nous ne les molesterons d'aucune manière au 
sujet des sus-dits bien et corvée que, partout 
comme il est dii, nous ou nos héritiers ou suc- 
cesseurs ou nos futurs ayant cause, nous pour- 
rions exiger d'eux ; imposant à nos héritiers, à 
nos successeurs et à nos futurs ayant cause 
dans la terre el dans le domaine sus-dits, l'o- 
bligation formelle d'exécuter les présentes et 
de les garder inviolablemcnt et i perpétuité. 



En outre, de peur que leschosesqui viennent 
d'être dites OU quelqu'une de ces cboses ne 
puissent, jusqu'à un certain point, être attaquées 
ou enfreintes par nos héritiers ou nos succes- 
seurs ou nos descendanu et par nos futurs 
ujanl cause, nous Jurons de nos propres mains, 
spontanément ot de bonne foi, que les dites im- 
munités, liiiéraiilés et autres inrijesses accor- 
riécs par le comte Louis, el que notre conûr- 
roation et aussi notre acquittemen tel libération 



Que omnia premtssa , pro ut 
prodictis litteris suni contenta , 
laudamus et approbamus ac etiam 
conOrmamus. Et cum ex verbis, 
in prediotis litteris comîtis Ludo- 
vici contenlis, apparerel, diclos 
burgenses et mansionarios Casiri- 
duni nobis lenèri ad bienniuni et 
corvatam in dicta villa, nos amorc 
Dei, el pietaiis intuitu ac favore 
burgensium et ibi muncntiura, 
bcne merilorum, ipsos burgenses 
et mansionsrios Caslriduni el infra 
banleucam ejusdeni loci, heredes 
et successores eorumdemab onini 
bienoio et corvata in dicta villa, 
nobis vet beredibus seu successo- 
ribus nostris, et omnibus a nobis 
causam babituris de cetero, fa- 
ciendis, quittamus, absolvimus et 
liber8musomnino;et promitiimus 
bona lide nos non molestaiuros 
eosdem ea causa vel ratione qua- 
cunque, supradictis biennio et cor- 
vaUi , nobis vel beredibus seu 
successoribus nostris, et a nobis 
causam liabituris ubicunque, ui 
diclum est, faciendis ab ipsis vel 
heredibui^seusuceessoribuseorum- 
dem, heredes et successores nos- 
tros et a nobis causam hnbiluros 
in lerra et dominio supradictis, 
quo ut bec tenenda el iaviolabi- 
liler perpeluo scrvanda fideliter 
obligantes, 

Preterea ne predicla vel aliquid 
de prodictis per heredes, seu suc- 
cessores vel posieros noslros, el a 
nobis causam habiluros, p«issinl 
aliquatenusiropugnarivelinfringi, 
nos, prediclasimmuQJtates, liber- 
laies et largitates cèleras a diclo 
comité Ludovico concessns, con- 
firma lione m que nostraiii eorum- 
ilem ac etiam quitiaiiouom, el 



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liberationem a nobîs f&cUs de 
bieDnio et corvata supradictis, 
lenendas et inTiolabililer obser- 
Tandas a Dobis absque dimiaU' 
lione qualibel , propriis nosiris 
manibas, spoDlanei, bona fide ju- 
ramus; quod conlra predicla Tel, 
aliquîd de prediclis per dob vel 
per alîenis, scienles non veniemus 
in fulurum; obliganles specialiter 
el expresse heredes et successores 
nostros et caus&m habiiuros a 
nobis ad lenendum bona fide 
omnia ea singula supradicla; et 
ad faciendum, quando ad diclam 
lerTam tenendum notiter venient, 
consjmilejuramenlum, et ad dan: 
das litteras suas omnia supradicta 
continentes, si a dictis biirgensibus 
supei boo l^erint reqaisili; ad 
quod juraniGnlum faciendum et 
ad quaa litleras dandas , eos , 
quantoin de juie pouumus, oblj- 
gamus, hoc aeto quod per quitta- 
tiooefn et liberalioDem eorvale ei 
bienni predicloruDi, remissioncm 
aliquam non facimus vel facere 
inlendimuB super omnibus aliis in 
prediclis tilteris comilis Ludovici 
retentis; etsalvo etiam in omnibus 
aliis jure noslro el jure quolibet 
alieno. 

QtM nt perpétue BEabilitalis 
Tobur obtineant, pretontibus lil- 
leris Dostris fecimus apponi si- 
gUla. 

Aotum apud Sanotum Germa- 
uum in Laya, anno Domini mil- 
lesimo ducentesimo oclogesimo 
primo, mense februario- 



53 

faites par nous au sujet des dits bien el corvée 
swoni teiuB et inviolablement observés par 
nous sans une diminution quelconque; que 
dans l'avenir nous ne viendrons pas de propos 
délibéré, par nous ou par un autre, contre les 
choses sui-dites ou contre l'une d'elles ; obli- 
geant spécialement et expressément nos héri- 
.tiers et successeurs et nos futurs ayant cause 
h tenir de bonne foi toutes et chacune des 
choses sus-dites ; el quand ils seront récem- 
menl appelés à tenir la dite terre, à faire un 
serment semblable au nûtre, el à donner leur 
lettre contenant tout ce qui est dit ci-dessus, 
si de ce ils sont requis par les dits bourgeois: 
nous les obligeons, autant que de droit nous le 
pouvons, à faire ce serment et h donner la dite 
lettre, étant entendu que, par l'abandon et la 
libération de la corvée et du bien sus-dits, nous 
ne Taisons pas et nous n'entendons pas faire 
une remise quelconque sur toutes les autres 
chotes retenues dans ta sus-dite lettre du 
comte louis, et sauf également dans toutes 
les autres choses, notre droit et le droit d'un 
tiers quelconque. 



ABn que la présente lettre obtienne la force 
d'une stabilité perpétuelle, nous y avons bit 
apposer nos sceaux. 

Fait à SaÎDl-Gennain-en-Laye, l'an du Sei- 
ft&eur mil deux cent quatre-vingt-un, au mois 
de février. 



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NOTE 

SUR LES ANTIOCITÉS DÉCOUVERTES A MARBOUÉ. 



La commune de Harboaé renferme de nombreux vestiges d'antiquités, 
découverts depuis plus ou moins longtemps, mais sur lesquels il n'a jusqu'ici 
été publié que des notes incomplètes. Quelle que soit notre inexpérience, 
nous avons pensé à réunir les diverses publications que nous nous sommes 
procurées, afin de déterminer l'époque à laquelle il convient de fixer l'origine 
de ces monuments. Nous avons voulu aussi indiquer les recherches faites jus- 
qu'à ce jour pour éviter à ceux qui viendront après nous des travaux inutiles - 
dans des lieux précédemment explorés. 

En 1835, lors de la rectification de la roule royale de Paris à Bajonne, des 
ouvriers, en cherchant des pierres pour la construction du pont de Harboué, 
découvrirent, au hameau de Mienne, une mosaïque qui attira Vattention de 
H. de Boisvillette, ingénieur de l'arrondissement de Châteaudun. Cet habile 
archéologue fit pratiquer des fouilles considérables et reconnut les vestiges 
d'une importante villa qui s'étendait jusque sous l'emplacement actuel du 
village de Harboué. Vers le hameau de Saint-Martin, il découvrit les fonda- 
tions d'un petit temple, et enSn, au-delà du hameau, vers l'est, de nombreux 
sarcophages en pierre tendre furent mis à jour. 

Ces différentes découvertes sont mentionnées dans la Statistique ^Eure- 
et-Loir, publiée en 1864 par la Société d'archéologie d'Eure-et-Loir, d'après 
le manuscrit malheureusement inachevé de H. de fioisvilletle. 

Sans indiquer les motifs sur lesquels il base son opinion, H. de Boisvillette 
fait remonter au in° on au iv* siècle de notre ère les différents vestiges qu'il 
a reconnus, et réservant, sans doute pour la suite de son ouvrage, le détail de 
ses découvertes, il ne nous donne aucune indication sur les nombreux objets 
qu'il a nécessairement dû recueillir pendant la dou-ée des travaux d'explo- 
ration. 

M. Vergnaud-Romagnési, dans on mémoire sur une mosaïque et des anti- 
quités romaines trouvées près de Châteaudun, mémoire publié en 1835, — 
dit que les fouilles dirigées par H. de Boisvillette ont produit une très grande 



D,oilizB<:byGOO<^le 



quantité de briques romaiDes ; des tuiles cinlrées el à rebords ; des tronçons 
de colonnes en marbre gris veiné de blanc ; des bases de colonnes et des 
chapiteaux en pierre trës'dure, espèce de marbre veiné de blanc ; leur Torme 
est corinthienne, mais leurs ornements du style roman sont variés et très re- 
marquables. Les débris d'un beau vase en marbre blanc ; des ferrures de 
portes et de croisées; un miroir en verre d'une teinte verdâtre ; trois mé- 
dailles de Gallienus, de Galerius Maximianus et probablement de Victori- 
nus, cette dernière n'ayant pu être reconnue avec certitude à cause de son 
altération. 

H. Vergnand-Romagnési fait remonter l'époque de la construction de la 
mosaïque de Harboué de l'an 42 à l'an 10 avant Jésus-Christ. 

D'après le même ouvrage, les fouilles faites à la même époque, au lien dit 
le Champtier-des-Cercueits, amenèrent la découverte d'une espèce d'agrafe en 
argent à bas titre et de deux fragments d'un cercle assez grand en ivoire. Les 
tombeaux ne contenaient pas de poteries ; aucun d'eax ne portait d'inscrip- 
tion d'ascia ou de croix ; dès lors leur origine, dit l'auteur, parait remonter 
au temps de la domination romaine. 

L'abbé Bordas, dans son histoire du Comté de Dunois, parle du Cbamptier- 
des-Cercueils, et dit que ce cimetière aurait servi aux moines de Marmou- 
tiers, lesquels, croil-on, auraient eu autrefois un établissement à Marboué. 

Le musée de Cbâleaudun conserve les tronçons de colonnes, les bases et 
les chapiteaux découverts par H. de Boisvilletle ; il conserve aussi quelques 
débris de la mosaïque de Mienne ; mais les autres objets découverts par 
cet archéologue ne sont plus à notre disposition, et nous ignorons ce qu'ils 
sont devenus. 

Tels étaient les seuls renseignements que nous possédions sur Marboué, 
lorsqu'en 1862 les travaux du chemin de fer de Brétigoy i Tours, par Chfl- 
teaudan et Venddme, amenèrent de nouvelles découvertes. 

Pour la construction du remblai qui traverse la plaine de Marboué, un 
emprunt considérable de terre fut fait dans le Champtier-des-Cercueils. De 
nombreux sarcophages furent découverts, brisés et enfouis dans le remblai, 
n est probable que de nombreux objets furent trouvés, mais personne ne 
s'occnpant de les recueillir, ils ont été dispersés ou emportés par les ouvriers, 
à l'exception de ceux indiqués ci-après, remis à H. Dupuy, ingénieur des 
travaux, qui a bien voulu en faire don à la Société dunoïse, lors de sa créa- 
tion, au mois de septembre 1864. 

1* Une agrafé en bronze, d'un joli travail, qui, par la déUcatesse de sa 
forme, parait avoir appartenu à une femme. Ce bijou se compose d'une par- 
tie triangulaire fixée probablement dans line lanière de cuir au moyen de 
deux appendices percés d'un petit trou circulaire. A la base du triangle se 
trouvent deux appendices semblables, par lesquels elle était reliée à la boucle 



D,oilizB<:byGOO<^le 



36 

propremeot dite aa mD^en d'une lige de fer dont on voit encore li Irace, 
bien qae le métal ait disparn soqb l'influence de ToxydalioD, Bg. 9; 

2° Une boucle ineomptëte eo argent à bas titre, fig. 4; 

3« Une boude en bronze sans aucune oroemeotation, formant un rec- 
tangle dont le grand axe est dans le sena de la largeur ; 

4° Une agrate ou boucle de ceinturon en bronze d^un trarail analogue à 
celle citée sous le a? l", mais beaucoup plus grande et malheurenwmeDt 
incomplète, flg. 7; 

5° Quatre anneaux, dont trois en bronze et un en métal composé. L'oo de 
ces anneaux est formé d'une lame de bronze dont les deux extrémiUs apla- 
ties reposent Tune sur Taatre sans laisser apparaître de traces de soadare. 
Un autre, lig. 2, est composé d'un cercle de bronze, se termine par an cube de 
même matière, dansleqael se trouvent incrustés trois petits morceaux de verre 
de forme circulaire, d'un beau rouge ; ils sont placés, l'un à l'intérieur de la 
bague, et tes deux autres sur les faces du cube qui correspondent aux extré- 
mités de la main. Le dessus de C6t anneau est très oxydé ; il était probable- 
ment orné de dessins, mais il est impossible de les reconnalire; on peut sea- 
lemeot afDrmer qu'il n'était pas semblable aux autres faces, car il n'existe 
aucune trace de l'excavaliOD qui aurait été pr-atiqaée pour recevoir le verra. 

L'anneau en métal composé est beaucoup mieux ccmservé que les autres; 
il se compose d'un cercle aplati pour former à sa partie supérieure une 
facette ovale sur laquelle une croix est grossièrement gravée. Cet anueaa 
est évidemment d'une époque postérieure aux autres; 

&<■ Une perle de collier formée d'une matière inconnue de couleur jauoe 
soufre ; elle est garnie intérieurement d'an cjlindre de verre et à l'extérieur 
de dessins eu verre en forme de dents de sde placés alternativement U pointe 
en haut et en bas; 

7<> Une plaque de bronze d'une très belle conservation et ornée de datsioa 
gravés en creux , âg. 6; 

e« Deux plaques en argent à bas litre ornées de dessins bizarres. Ces pla- 
ques paraissent avoir servi de boucle on d'ornement de ceinturon, Bg. 1 et 5. 

En comparant ces objets avec ceux décrits par H. l'abbé Gocbet, dans son 
ouvrage intitulé la Normandie toaterraine, il est impossible 4e ne pas recon- 
naître une extrême analogie dans les formes et dans les détails du travail. 

Le n« 1 se rapproche beaucoup de la (orme des objets trouvés à Londi- 
nières et figurés sous les n« 32 et 48 de la planche yii, et de l'agrafe de la 
vallée de l'Eaulne, a" 5 de la planche xv. 

Le D" 2 est la reproduction identique de celle trouvée à Londinières et 
figurée sous le n° 46 de la planche tu, et de celles trouvées à Euvermeu et 
fiprées sous les n» 33, 25, 26, 28 et 32 de U planche xi. 

Le no 4 se rapproche beaucoup de la boude figurée sous le o" 6 de .la 



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57 

plaocbe [X et plus encore de celle figurée daos le texte, page 212, et trontée 
à SaiDte-HargaerilQ'Sar-SaOne. 

Le -a" 8 présente nue très grande analogie avec le o" ^ de la planche xii. 

Il est de tonte évidence qne ces dîTers objets sont mëroTiagieos et on peut, 
d'après la comparaison qui précède, affirmer qu'ils remontent au in* ou 
ao iT«Hëde de noire ère, ce qui seraK d'accord avec t'opinion de H. de 
Boisfillelte, et se trouverait encore confirmé par la décoaverle des médailles 
mentionnées par H. Vergnaud-Romagnési, car GaUtenos et Victorinns mou- 
rarent en 268 et Galerias Haslmianos en 311. 

M. Brossier-Géray, en examinant les travaux du chemin de fer, a recueilli, 
en 1863, dans le Champlier-des-Cercaeils, un fer de lance et un style qui 
sont déposés au musée de la Société dunoise, mais qui ne peuvent aider à 
fixer l'époque précise des établissements de Marhoné. 

H. Eniest Lecomte a fait quelques fouilles, en 1863, au môme endroit, et 
il a découvert plusieurs boucles en argent à bas titre et quelques couteaux 
qui sont évidemment de la même époque que les objets offerts i la Société 
par H. Dupuy. 

En 1864, la Société danoise s'étant conititoée, les membres du bureaa vé- 
solorent de faire de nouvelles fouilles dans le Champtier-des- Cercueils. 
Avant de commencer les travaux , je me rendis à Harboué pour reconaattre le 
terrain, et, au milieu de la tranchée faite pour le chemin de fer, je vis an 
squelette que je fis immédiatement exhumer. Le corps me parut être celui 
d'une femme ; il avait été enterré assis et sans cercueil, comme il était facile 
de le reconnaître par la disposition des pierres placées au milieu du sable. 
D'après la place qu'occupaient les ossements, il était évident que la sépoltufe 
n'avait jamais été violée, et bientôt je trouvai, à la place correspondant à la 
ceinture, un bijou adhérent à une matière impossible k reconnaître, mais 
qui probablement avait été du cuir. Ce bijou, que je crois une boucle de 
ceinturon, est en bronze doré ; il est revëiu de morceaux de verre d'un beau 
ronge encastrés dans des cloisons de bronze doré et retenu au moyen d'an 
mastic de couleur blanche, fig. 3. 

Dès le lendemain, nous nous rendîmes à Harboué, HH. Rayé du Perret, 
Brossier'Géray et moi, et nous fîmes commencer des fouilles dans la partie 
da Champtienles-Cercueils laissée intacte par les travaux du chemia de fer. 

Nous fîmes exécuter, de mètre en mètre, de petites rigoles se dirigeant du 
nord an sud, et nous découvrîmes ainsi vingt-quatre cercueils en pierre 
tendre, dite Taffault. Toas ces cercueils étaient orientés ; ils étaient placés 
fréquemment deux i deux, quelquefois seuls, mais jamais il ne s'en rencon- 
trait plus de deux contigus ; ils étaient à vingt ou vingt-cinq centimètres de 
profondeur ; tons avaient le côté des pieds légèrement incliné dans le sol et 
ils présentaient des dimensions leoublement semblables ; Jongaeur !■ 80, 



D,oilizB<:byGOO<^le 



38 

largeur à la lete 0" 50, aux pieds 0>» 40, profondeur 0" 40. Les cercueils 
élaienl placés de manière à former des lignes, ce qui fait supposer que les 
inhumations se faisaient avec ordre et peut-être qu'entre les cercueils de 
pierre il y avait des inhumations, soit faites au moyen de coffres en bois, soit 
en confiant simplement à la terre la dépouille du défunt. Je signale ce fait 
comme hypothèse, mais je me hâte d'ajouter que les fonds dont nous dispo- 
sions ne nous ont pas permis de te démontrer. 

Tons les cercueils fouillés étaient absolument dépourvus de coavercle, soit 
qu'ils aient été détruits par la charrue, soit qu'ils n'aient jamais existé. 

La terre qui remplissait les sépultures a été fouillée avec soin en commen- 
çant par le cAté des pieds. Les ossements principaui se trouvaient à la place 
qu'ils avaient dû occuper dans le principe, mais les menus ossements étaient 
consommés, et il n'en restait aucune trace. 

Dans ]a même tombe nous avons reacootré Jusqu'à trois crânes et six 
tibias, d'où il résulte la certitude que ces tombes, violées à une certaine 
époque, ont reçu successivement plusieurs dépouilles mortelles. 

Cette circonstance, rapprochée du texte de l'abbé Bordas, peut faire 
penser que les moines de Marmoutiers auraient enterré leurs morts dans les 
cercueils qui existaient en ce lieu et qu'ils anraient remis aux pieds du mort 
les ossements de celui qui l'avait précédé dans la tombe, car là où il y avait 
des ossemeuts de plusieurs corps, ils étaient toujours placés pËle-mèle anx 
pieds du dernier corps. 

Sur vingt-quatre cercueils fouillés, vingt-deoi n'ont donné aucun résultat. 
Le vingt-troisième renfermait les ossements de trois personnes; ces osse- 
ments étaient placés comme je l'ai indiqué ci-dessus. Aux pieds du mort doqs 
avons trouvé un couteau en fer primitivement renfermé dans une gaine de 
bois dont les traces se reconnaissent facilement sur le métal; une boucle de 
ceinturon en aident à bas titre et une petite fibule en bronze. Ces objets sont 
gallo-romains et remontent au iito on au iy« siècle. 

Dans le vingt-quatrième cercueil il n'y avait qu'un seul corps, et à pre- 
mière vue il était facile de reconnaître qu'il n'avait jamais été touillé. La 
terre fut enlevée avec le plus grand soin, et dans la bouche du mort notis 
découvrîmes un anneau de bronze, fig. 8. 

Le crâne, examiné avec soin, ne portaitaucune trace d'oxydation à la place 
des oreilles, d'oiï nous concluons avec certitude que cet anneau, trouvé seul, 
n'est pas une boucle d'oreille, mata bien une monnaie placée dans la bouche 
du cadavre, suivant l'antique usage qui consistait à donner au mort un denier 
pour payer le passage du Slyx, ou peut-être une amulette suspendue au col 
du cadavre. 

D'après la position qu'occupait cet anneau, la première explication nous 
parait la véritable. Or, cet anneau constiioe ce que l'on appelle une rouelle. 



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el, s'il était permis de coDclure sur no seul fait, od pourrait aEQnuer que les 
rouelles dites gauloises étaient des rnooDaies, ce que la scieoce coolesta 
aajonrd'hni. 

Sans nous prononcer pour ou contre Vemploi des rouelles, nous tous 
«gnalons cette découverfe comme très digne d'attirer votre attention. 

Je regrette de n'avoir à vous offrir qu'un travail très incomplet, mais peut- 
être permettra-tril de faire de nouvelles découvertes à l'aide desquelles on 
paniendra à restituer l'bisloire des anciennes constructions de Harboué. 
Bien qu'incomplet, ce travail nous permet d'affirmer que les établissements 
de Harboué existaient au commencement du iv* siècle, et comme jusqu'ici il 
D'à été trouvé aucun vestige remontant aux siècles suivants, et jusqu'à preuve 
contraire, on peut conclure' avec H. Vergnaud-Romagnésl que les élablisse- 
menls de Marboué, après avoir été dévastés, ont été détruits par l'incendie k 
nne époque qui semble se rapprocher du passage des Vandales, qui eut lien 
dans le pajs chartrain vers l'année 407. 

A. DE Bblfort. 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIËTË 

Admis depuii le li lérria' 186S. 



MEMBRES HOMORADIGS. 
HM. 
Chabouillgt, conservateur des médailles au cabinet de France. 
Ds LoKGPÉRiER, membre de l'Institut. 

MEMBRES CORRESPONDANTS. ' 
MH. 
Lbguay, Président de la Société parisienne d'archéologie et d'histoire. 
Herlet, élève de l'École des chartes, archiviste i Chartres. 
Crosnier, curé de Verdes. 
WoEZ, élève pharmacien. 

MEMBRES TITULAIRES. 

HH. 

Bernot, principal du collège de Cbâteauduo. 
Bessete&ux, membre du Conseil général. 
BoissiËRB, économe de l'asile de Bonnevsl. 
Bouteou, cultivateur à Villafupuj. 



DioilizBchyGOCX^IC 



40 

Chulloo, propriétaire i Laoneraj. 

Chabtier, curé de SaJDt-CIoud. 

Chadssidier, notaire à Vsrize. 

Courtois, jnge à Chartres. 

Cdissard, percepteur i DaDgean. 

Dabout, [H*opriétaire i Latz. 

Damtjui-Qdbrry, négociant à Châteaadon. 

Daheac, vétérinaire k Coortalain. 

Paoqoet, coré de Flacey. 

FoncBER, percepteor de Sancheville. 

Gasloup, négociant i Logron. 

Comte de Gontaut, propriétaire h Coortalain. 

Venve Grindelle, propriétaire à Châleandun. 

Gnillaume Ret, propriétaire à Bazoctieft-les-Haales. 

Habert Pierre, propriétaire à Héziëres-au-Perche. 

Lahbert, ancien notaire à Paris. 

Le Bas, jnge de pain à Brou. 

Veave Lehaire, propriétaire à CMieaadnn. 

Le duc de Lévis-Hirepoix, propriétaire à Honligny-le-Gannelon. 

Le comte de Lévis-Hirepoix, propriétaire à Montigoy-le-GanneloD. 

Le marquis de Nadaillac, propriétaire à Rougemont. 

PiNGUET, maire de Bazoches-en-Dnnoie. 

PiNGUET, cuUivalear à Bazocbe»^n-Duneis. 

De Ponton d'Ahécourt, employé des contributions indirectes. 

PouLiN, instituteur & CbâUllon. 

Rahbault, avocat à Paris. 

Raihrert, négociant i Paris. 

ROPTON, médecin à Courtalain. 

SoRË, maire à Oaarvllle. 

Du Tehplb de Rougehont, propriétaire k VralnvlUe. 

Tralage, receveur de contributioDS indirectes. 



MEMBRES DËCÉDËS 
Depuis le It fivTier ISSS. 

MM, BouLAY, Dallieb, Dreux, Lehaire, le général Pron, Travers. 

MEMBRES DËHISSIONNiURES. 
HH. Charrier, Cochin, Legrand Adelphe, Lelokg, Lucas Emile. 



MAUCHOSSÉE et RiVIÈRB. 

DiOilizBchyGOOgle 



n 

Séance du i" mai 1866. 

Admission de quatre nouveaux membres titulaires. 

Admission provisoire de deux nouveaux membres honoraires. 

Admission d'une nouvelle Société correspondante. 

M. Blondeau, pharmacien à Paris, of^ à la Société un herbier des en- 
virons de Paris. Ce don est accueilli avec reconnaissance, et le bureau 
charge son Président de transmettre ses remerciements au donateur. 

Séance du 5 juin i866. 

Admission d'un nouveau membre. 

Séance d« 10 juittet i866. 

Acceptation de la démission d'un membre titulaire- 
Sur la proposition d'un membre, le bureau décide qu'il y aura à l'avenir 
trois assemblées générales annuelles espacées de quatre mois en quatre 
mois et dont le jour sera fixé par le Président. 

Aucune lecture ne pourra avoir lieu en assemblée générale sans l'appro- 
bation du bureau. Les manuscrits admis aux lectures pubhques demeure- 
■ ront la propriété de la Société. Le bureau décidera s'il y a lieu de les pu- 
blier ou simplement d'ordonner leur dépôt aux archives. 

Séance du S octobre i866. 

Admission de quatre nouveaux membres. — Le bureau charge son Pré- 
sident d'exprimer h M. Femand Boussenot ses remerciements pour un lot 
considérable de monnaies et médailles modernes dont il a bien voulu faire 
hommage h la Société. 



Admission de deux nouveaux membres. 

Séance dv 5 décembre 1866. 

Admission de deux nouveaux membres. — Démission de six membres. 
— Examen et approbation des comptes du trésorier. — Examen du projet 
de budget de l'année 18OT. 

M. le marquis de Gontaut attire l'attention de la Société sur les ruines 
de la forteresse de Bois-RuEBn, et il la prie d'insister avec lui auprès de 
M. le Préfet, pour (aire modifier le tracé d'un chemin qui endommagerait 
les fossés encore bien conservés de cet intéressant spécimen du moyen- 
âge. — Le bureau, prenant en considération la proposition de M. le mar- 
quis de Gontaut, charge son Président de l'appuyer auprès de M. le Préfet. 



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Séance du 7 janvier i867. 

Admission de cinq nouveaux monbres. 

Examen et autcMisatioD de lire ik la séance générale les travaux de 
MM. Barbé, Goudray et de BelTort. 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 
DU s lANVIER 1B6T. 

L'an mil huit cent soixante-sept et le huit janvier, la Société dunoise 
s'est réunie dans mie des salles de l'hôtel-de-ville de GhAteaudun. 

Étaient présents : 

Au bureau, MM. de Belfort, président; Lémay, maire de Ch&teaudun, 
président honoraire; Rayé du Perret, vice-président; Brossier-Géray, tré- 
sorier; Desbans, et Henri Lecesne, secrétaire ; et MM. Allard-Vaumartel, 
Anthoine, Ogier de Baulny, F. Berger, Bemot, du Bodan, Boucher, 
Caillé, Clément, Goudray, Danloux du Mesnii, Denizard, Géray, Gorteau, 
Jumeau, Auguste Lecesne, Meunier, Moisant, Pinon, Raimbert-Désor- 
meaux, Raimbert-Guérinot, Raimbert-Sévin, Sence. 

Le Président déclare la séance ouverte et expose que, lors de l'assemblée 
générale de 1866, la Société se composait de 192 membres titulaires, 
9 membres honoraires et 4 membres correspondants. 

Depuis cette époque , six membres titulaires sont décédés ; ce sont 
MM. Jolly-Nivers, Gazes, Hubert, Poriquet, Henry le Rouvillois, et Leveau- 
Bonvalet. — Treize sont démissionnaires; ce sont : MM. Legrand (Ferdi- 
nand), Mora, Bergeron, Foucher, Morchaisne, de Berly, de l'Écluse, Boulay, 
Vincent, Cuissard, le Rouvillois, losèphe, Rivière et Icaard. 

Le nombre des membres titulaires se trouverait donc réduit à 173. Mais 
il a été admis 22 membres nouveaux, ce qui porte à 195 le nombre actuel 
des membres titulaires de la Société et fixe à 20 le nombre des membres 
dont la présence est nécessaire pour pouvoir délibérer. 

Vii^-trois membres étant présents à l'ouverture de la séance, l'assœa- 
blée générale est constituée. 

Le Président propose de ratUler les nominations, giites & titre provisoire 
par le bureau, de deux nouveaux membres honoraires, M. l'abbé Cochet, 
inspecteur des monuments historiques de la Seme-Iuférieure, et M. Hucber, 
receveur d'enregistrement au Mans, tous deux auteurs d'ouvrages estimés 
en ardiéologie et numismatique. U propose également l'admission de la 



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45 

Société archéologique de Senlis au nombre des Sociétés correspondantes. 

Ces propositions sont acceptées à l'iinanimité. 

Le bweau de la Société doit être, aux termes du règlement, renouvelé 
chaque année par tiers. Les membraa sortant câtte année sont : MM. Barbé, 
Desbana et Ballet, ce dernier démissionnaire. 

Avant de procéder & de- nouvelles élections, le Président propos^ d'a- 
dresser il M. Ballet, comme à une des personnes qui ont le plus, contribué 
k la fondation de la Société, des remerciements qiji lui sont votés (ai L'as- 
semblée. 

Le scrutin est ensuite ouvert pour la nomination de trois membres, du 
bureau. Le dépouillement du scrutie donne les résultats suivant» : Vo- 
tants 2â, majorité absolue 12. 

M. Desbans a obtenu. ... 22 voix. 

M. Bamé 20 voix. 

M. CouwtAY 19 voix. 

M. RAIHBEXI,T-DiSORHEA.(JX . . 2 VOiX. 

M. Raihbert-Sévin .... 2 voix. 
M. CuÉHEJJT 1 voix. 

M. PEBRONNE 1 voix. 

M. Sence 1 vois. 

Voix perdue 1 voix. 

MM. Desbans, Barbé et Coudray, ayant obtenu un nombre de voix supé- 
rieur à la majorité absolue des suffrages, sont proclamés membres du bu- 
reau. 

Le Trésorier donne lecture des comptes de l'année 1866, desquels il ré- 
sulte que les recettes effectuées se sont élevées à 1274 tt. 40 

Les dépenses soldées à 1144 9i 

Il reste rai caisse une somme de 129 fr. 49 

Mais il reste à payer divers mémoires s'élevant en somme à 543 fr. 12, 
ce qui constitue pour l'année 1866, im déficit de 143 £r. 15^ qui sera soldé 
sur l'exercice 1867. 

Le Trésorier donne lecture du budget proposé pour l'année 1867, lequel 
est établi de la manière suivante : 



1» Reliquat en caisse de l'exercice 1866 129 fr. 49 

2° Intérêts des capitaux de la Société Mémoire 

3« 14 cotisations à recouvrer sur l'exercice 1866 .... 70 » 

4" Produit de 180 cotisations 900 » 

5" Capitaux de la Société 300 » 



Total des recettes 1390 fr. 49 

DioilizBchyGOOgle 



1" Frais de bureau 50 fr. » 

2" Frais de garde et d'entretien du Musée 60 » 

3° Entretien de la collection omitholf^ique 25 ■ 

4" Achat de mobilier 100 • 

5fi Achat de livres 30 • 

6° Achat d'objets de collection 41 37 

70 Impression du bulletin de la Société 300 » 

Sfi Dépenses imprévues 50 » 

9» Reste à payer de l'exercice 1866 543 12 

10° Achat d'obligation de chemin de fer 300 » 

Total des dépenses 1399 fr. 49 

L'assemblée adopte, les comptes et le budget après avoir entendu les 
explications données par le Président sur les moti& qui ont amené un dé- 
ficit. Elle émet le vœu que son Excellence H. le ministre de l'Instruction 
publique veuille bien accorder une subvention temporaire à la Société pour 
l'aider à vaincre les difficultés qu'entraîne nécessairement l'installation de 
toute société nouvelle. 

Deux propositions qui ont été déjà développées dans les séances du bu- 
reau sont soumises à l'assemblée. 

La première consiste dans une réduction du prix de ia cotisation an- 
nuelle en faveur des instituteurs communaux de l'arrondissement, dont le 
concours peut aider la Société dans ses recherches. Le chiffre adopté par 
le bureau est 2 fr. 50. Une longue discussion s'ouvre sur cette question et 
se termine par le renvoi de la proposition à un nouvel examen du bureau. 

Seconde proposition. A la précédente assemblée générale il avait été 
admis que les membres titulaires pourraient se libérer pour toute leur vie 
envers la Société en payant une somme de 100 fr. représentant le capital 
de leur cotisation. Le revenu de ces sommes devant seul faire face aux dé> 
penses courantes, le capital devait être placé et ne pourrait être aliéné que 
dans un cas exceptionnel et à la suite d'un vote de l'assemblée générale. 

M. le Président expose que le nombre des membres à vie inscrits jusqu'à 
ce jour n'est que de trois. Ce résultat est regrettable, car la possession d'un 
capital serait pour la Société la meilleure des garanties contre une de ces 
heures d'indifférence et de sommeil dont il est peu de sociétés du genre 
de la nôtre qui n'aient souffert h. quelque moment de leur existence. Plu- 
sieurs même n'y ont pas survécu; tandis que, notre Société possédant un 
capital de quelque importance, elle ne disparaîtrait point complètement et 
le réveil viendrait bien vite. Ce serait, en outre, faire un grand pas au de- 



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48 

vaDt de la reconnaissance de la Société conune établissement d'utilité pu- 
blique. 

Pour parvenir à constituer ce capitfd, M. le Président et le bureau 
pensent que le meilleur moyen k employer consisterait à abaisser le prix 
exigé pour se Ul>érer à vie de la cotisation annuelle. 

Cette proposition donne lieu h une nouvelle discussion à la suite de la- 
quelle le principe de diminution est admis et la somme nécessaire pour se 
libérer est Ûxée à 60 &. Ce vote est émis par quinze voix contre douze. 

Avant d'arriver aux lectures qui ont occupé ta seconde partie de la 
séance, il est donné communication à l'assemblée d'un tableau contenant 
les observations météorologiques faites en 1866 à Gh&teaudun, pw M. Clé- 
ment, qui a bien voulu en faire hommage h la Société; de deux très beaux 
dessins, représentant les mossuques trouvées à Verdes et aujourd'hui dé- 
truites. Ces deux dessins ont été exécutés par M. Bourgeois, d'après un 
travail relevé sur les lieux par M. Lucereau, de Verdes. 

MM. Barbé, de Belfort et Coudniy lisent plusieurs travaux qui seront in- 
sérés au bulletin de la Société. 

M. le Président rappelle que le bureau a fixé le nombre des assemblées 
générales à trois par année. La prochaine assemblée dont le jour sera ulté- 
rieurement fixé aura lieu au mois de mai prochain ; il engage les membres 
de la Société à préparer quelques travaux pour cette époque. 

L'ordre du joui' étant épuisé, la séance est levée. 
Le Secrétaire, Le Président, 

Henri Lecesne. A. de Belfobt. 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOGIËTÉ 

A<tBto dtiwif le e Rnrfar 18M. 



MM. 

L'abbé Cochet, inspecteur des monuments historiques à Dieppe. 
HucHER, receveur d'enregistrement au Mans. 

MEMBRES FONDATEintS. 

MM. 

De Belfort, sous-préfet. 

Baron Pron, préfet du Bas-Rhin. 

Marquis de Nahbonne-Lara, propriétaire h Litron. 



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MEBiBRGS TTTULAIBBS. 
MM. 
s, Juge cte paix d'Orgères. 
Du BwAM, juge d'instniotion à CUUeaudjun. 
Des Bridellières, prolétaire à Gloyee. 
BBoaiiEB-CHARU)Ts négocâtnt à Ch&teaudun. 
]>4BDDT, iBEiire de Saint-Qoad. 
DEm&ABD, propriétaire à £kau. 
DiABD, iaepectear du chemin de fer d'Orléaas. 
GoDOU, ivoeat à Orléans. 
GuBsmBii, mitier à Paris. 
fou.Y-AIiVERS, propriétaire k Brou. 
JoaUS^ iDédecin k Charenton. 
UttOEt^ uaiie de PéronviUe. 

Le marquis de McmiBOissiBB, proprïËAaire à Chantemeslc. 
OocEB DE Busun, propriétaire à ànoîi. 
Madame veuve Pobiquet, propriétaire à Saint-Pelleriii. 
La baronne Pron, propriétaire à Lanoeray. 
Le comto di; Vill&bresme, im>priétaire à Saint-Christophe. 

MEMBRES DËCÉDËS EN 1866. 
MM. JoLLY-NiVERs, Cazeb, Huiobt, POriquet, He»by le Routillois, 
Levea.u-Bokvai^. 

MEMBRES DÉMISSIONNAIRES. 

MM. Leorand, Mora, Bergehox, Foucheb, Morchoisne, de Berly, 

DE L'ÉCLUSE, RouLàY, banquier, Vincent, juge de paix, CoigsAHD, le Rou- 

VILLOIS, JOSÈPHE, ICARD. 



Dons faits ft la Société jisfB'aa SI déccnkre 1S66. 

MM. 

S. M. l'Ehpereor. Objets provenant du musée Gampana et d'Hadrumète. 

AcAULT, un parasol chinois. 

Ballet, diverses antiquités et monnaies. 

Barbé, une médaille, un scel et un fragment de mosaïque. 

Babdou, une monnaie de Qharies rv le BeL 

De Belfort, un lot de fossiles et de minéralogie. 

Belluet (M""), une médaille. 

Benoft, une hachette celtique. 

Beroer, ji^se de paix, uae laédailts. 



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Bernot, une clef, un lot de fossiles. 

Blondeau, un herbier des environs de Paris. 

BoussENOT, une sculpture du xv siècle sur bois. 

BoussENOT (Femand), un lot considérable de monnaies et mMailles. 

Veuve BoussENOT, une dent de loup. 

Brossier-Charlot, diverses photographies. 

BR0ssi!2t-GÉRAT, un lotde médailles. 

Chanteloup, deux médailles. 

Charré, un couteau et une clef. 

Chauvin, un sabre. 

Chevallier, un scramasaxe. 

Cléhent-Jouier, plusieurs médailles, et silex taillés. 

CoNTY, plusieurs médailles. 

CORDIER, un jeton de Louis XIV. 

Dallieb, un tableau. 

Danloux du Mesnil, deux scets. 

David, instituteur, une hachette celtique. 

David, une monnaie. 

Deniau, un lot considérable de médailles. 

DiARD, une monnaie. 

Didier, une médaille.. 

Diguet, un lot de monnaies. 

DiouDONNAT, plusieurs médailles, 

Dreux, une dent de mastodonte. 

DREUX-LmcET, deux médailles et un éperon. 

DupRÉ, un bouton époque Louis XVI. 

FoucHÉ, une hachette celtique et plusieurs monnaies. 

FouoEEtEUx, une médaille. 

Galeshe, une médaille. 

Gandrille, trois médailles. 

Gauthier, une monnaie. 

CteBAUER, deux médailles. 

Gilles, les fonts baptismaux de l'abbaye de la Madeleine. 

GosHE, flis, de Saint-Christophe, un scel. 

Guillaume-Rey, plusieurs figurines provenant de la Syrie. 

GUYOT, on lot de fossiles. 

Harel, diverses antiquités trouvées à Anduze (Gard). 

Isahrert, maire de Bonneval, deux inscriptions flinéraires. 

IsAMBEHT, grefSer, un lot de médailles. 

Lacrmx, un lot d'anticpiités. 

Lanolois, diverses monnaies. 

Lb Bas, un scarabée d'Egypte. 



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Lecbsne, un lot de médailles. 

Legendre (M^^o), deux médailles et une clef. 

Lepaoe, une hachette celtique. 

Mautin (Rosahe), un jeton de Jac-Charlot, maire de Ghftteaudun. 

Millet, un lot de médailles. 

MoHBAU, médecin à Morée, une lampe antique. 

Notaires de Ghateaudun (la Chambre des), deux jetons en argent. 

Pelletier, une clet romaine. 

Peltereau (M»»), un lot de monnaies. 

Les Dames db Picpos, un lot de médailles. 

Raymond, une médaille. 

Vicomte Reille, un lot de médailles. 

Rendu, diverses monnaies. 

Ricois (le Commandant), un lot de médailles. 

Talbert, médecin, un lot de coquilles vivantes et fossiles. 

Vallée, une hache en silex. 

Vallet, une clef. 

OnTrages offerla à la Société ei 4866. 

I. — Par les Auteurs. 
M. l'abbé Cochet. Mémoire sur une sépulture de Ullebonne. 

Note sur une sépulture trouvée à Etaples en 1861. 

Note sur trois cercueils trouvés k Gouville. 

Notice sur les sépultures romaines de Tourvillo-la-Ri- 
vière. 

Note sur un cimetière gaulois trouvé à Vaudreuil. 

Notice sur les fouilles opérées en 1864 aux petites Dalles. 

La Seine inférieure au temps des Romains. 

Le musée de Dieppe. 

Cimetière franc découvert à Martol. 

Notice sur une statue de Guillaume-le-Conquénoit à 
Saint-Victor l'abbaye. 
M. Louis Leguay. Notice sur les monuments dits druidiques de Maintenon. 

Notice sur une pierre à polir les silex. 

Notice sur un comeillon. 

IL — Par les Sociétés savantes. 
Chateau-Thierry. Annales de la Société historique, années 1864 et 1865. 
Paris. Société Parisienne d'archéologie et d'histoire; statuts et règlement. 
Ministre de l'Instruction publique. MémoireslusàlaSorbonneenlS®. 
Senlis. Comptes-rendus et mémoires du Comité archéologique, année 1865. 
Vendôme. Bulletin de la Société arcbéolc^que du Vendomois, année 1865. 



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i«r <» rB7> ] 



SUB DEUX PIÈGES MANUSCRITES 



TIRÉES DBS ARCHIVES DE LA VILLE DE CHATEAUDDN. 



Il y a moins de trois ans, une voix autorisée par la science et le talent 
nous disait : « Les Dunois sont remarquables entre tous par leur esprit de 
patriotisme; leur ville a de si belles et si riches annales qu'ils seraient 
impardonnables de ne pas lui élever un monument durable par une 
histoire plus complète et plus détaillée que celle du modeste curé 
d'Ymonville (1). > 

Ces paroles n'ont pas été perdues. Si nous ne pouvons entreprendre 
l'histoire complète du pays Dunois, nous pouvons au moins préparer les 
éléments de ce travail en recherchant dans nos archives et dans celles des 
localités voisines des matériaux ignorés jusqu'ici et qui, groupés, fourniront 
un fkisceau de rense^ements aussi instructi& que curieux. 

Nos recherches devfùent naturellement commencer par les archives de 
la ville de Châteaudun dont notre honorable collègue, M. Poulain de 
Bossay, nous a feit connaître l'année dernière une pièce si intéressante (2). 

Les archives de Ghàteaudun seraientd'une richesse extrême si elles avaient 
été conservées avec soin, mais, reléguées dans un coin, sansordre, sans inven- 
taire, elles ont été &plusieurs reprises l'objetdu vandalisme le plus Eftcheux. 
Les pièces les plus rares ont été la proie des flammes ou ont été vendues 
comme papiers de rebut. Bientôt, nous l'espérons, les restes de ces ar- 
chives, soigneusement inventoriés, seront classésde manière à assurer leur 
conservation dans l'avenir. 

Parmi les pièces qui sont passées sous nos yeux se trouvent deux 
cahiers manuscrits dont l'intérêt nous a paru incontestable. C'est le prix 

{ 1 1 ISoiicc sur Cbnrles-Pori^ d'Orléans, duc de loo^uevillo, par H. L. Mcrlet, lue 
il Cbàlcfluilun le 26 juin ihM- 
(2) Voyez mprà, page 25 el suivantes. 



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50 

moyen des grains sur le marché de Ghftteaudun depuis l'année 1583 jusqu'à 
l'année 1800 (3). 

Quelque curieux que soient ces recueils, ii serait fastidieux de les repro- 
duire in extenso, mais nous en avons figuré les résultats sur un tableau 
graphique qui permet à l'ceil le moins «tercé de saisir les v»*iations, si 
minimes qu'^es soient. 

Outre le prix des grains, les manuscrits contiennent en marge de nom- 
breuses annotations qui confirment certains faits historiques et peuvent 
être de la plus grande utilité pour des recherches futures sur l'histoire de 
Ch&teaudun. Cette considération nous a engagé à reproduire ces notes en 
entier. 

Un manuscrit semblable à ceux de l'H6tel-de- Ville existe dans l'étude de 
H. Alexis Lucas, notaire à ChAteaudun. Ce manuscrit parait provenir de la 
même main que les précédents ; il renferme également des annotations 
marginales presque toujours conçues dans les mêmes termes, mais il en 
contient quelques-unes qui lui sont propres et nous les avons reproduites à 
leur date en ayant soin d'indiquer leur origine par les lettres (M. L.) placées 
à la suite de chaque article. 

Nous avons pensé devoir conserver scrupuleusement l'orUiographe des 
manuscrits. 

20 décembre 1866. 

A. DE Bexfort. 



PRIX COMMUN DES GRAINS 

VENDUS AU HARC3IÉ A BLED DE LA VILLE DE GUASTEAUDUN 



Le prix commun s'entend d'un jour de saint Remy à l'autre ; par exemple 
celuy qui doit une ferme en bled, laquelle est escheiie au jour saint ïlemy 
1583, elle court depuis le dit jour 1583 jusqu'à pareil iourl584; de manière 
que le Bled dû au jour saint Remy 1583 pour le méteil vault 4 • 8 • 4 ' sui- 
vant le prix commun arreslé à la saint Remy 1584 ; ainsi des autres années 
suivantes. 

|3) Ces nuiDusorils no sout pas sigDés, mais il résullc d'uDC nnie qu'ils oni i^iê 
(Iressêa par H. Bané, grellier en chef de l'élection en ^H9 cl continués jusqu'en 
f 764 par la même mwi. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



Le septier de grains de 

Ch&teaudun est composé de 8 boisseaux. 

Courtalain et aoye 81/4, 

Paris 18 

Chartres 12 

Bonneval .12 

Illiers 

Oucques 

Brou 

Vendosme 

Mondoubleau 

Oriëans la mine pèse 50 livn 

Mung 



Patay 

SancheviUe 12 

La Ferté-Villeneuil 

BloJs 

La Bazoche 

Jenvilte 

Vibraye le boisseau pèse 50 livrée. 

RÉDUCTION A LA MESURE DE CHATEAUDUN. 

Pour le muid de Châteaudun de 12 septiers. 

le muids de Paris 22 

de Chartres 17 

de Bonneval (M. L.) 17 

de Meslay-le-Vidame 17 4 boisseaux. 

de Uung 17 4 boisseaux. 

de Brou 18 

d'Illiers 19 2 boisseaux. 

de Cloye et Courtalain 12 

de Vendosme 17 

d'Yenville i5 

de Boisgensy 14 

de Blois pour faire le muid de Chftteaudun .... 94 boisseaux. 

le muids d'Orléans 4 4 boisseaux. 

le grand muids d'Orléans 13 4 boisseaux. 



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d'Etampes le muids 12 1 l 

le muids de Mung 13 

le muids de Patay 13 

le muids d'Oucques 13 4 boisseaux. 

le muids de la Ferté-Vilneuil 13 



PRIX COMMUN DE LA VALLEUR DES GHAINS 

VENDUS AU MARCHÉ A BLED DE CHATEAUDUN 

Depuis le jour saint Remy i583 jttaqu'à pareil jour i584. 
!»»«. 

Froment litte 4 ' 16 • ^ 

Froment moissonnier 4 11 6 

Méteil metoyen 4 8 4 

Seigle 3 10 10 

Orge 3 3 

Avoine 1 1 

Depuis la saint Remy 158^ jusqu'à pareil jour i5S5. 

iftsâ. 

Froment htte 3 " 10 ■ "i 

Froment moissonnier 3 2 

Méteil metoyen 2 17 

Seigle 2 10 

Oi^e 2 01 

Avoine 1 10 

(Les mercuriales continuent ainsi jusqu'en 1790). 

NOTES 

INSCRITES EN MARGE DES HERCURIALES (1). 

■••S. Vigier notaire & Châteaudun * (2). 
IflCT. L'abbaye de S'-Avit fiist murée. 

|l ) Les années correspondeni A celles des mercuriales, l'année 4603 comprend 
donc la période comprise entre le jour de saint Rem; (1" oclobrci 1603 jusqu'à 
liareil jour de l'année 1004. 

(21 Les articles marqués du signe (*| ne sont pas consignés dans le manuscrit de 
M. Alexis Lucas. 



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!•••. Coaté notaire à Cbasteaudun. 

laïa. M'^'Jacques Foucault a commencé & exercer le notariat de Ch&- 
teaudun le jour saint Jean-Baptiste 1614 conjoinctement avec M* Mathurin 
Costé qui exerçait depuis le jour saint Rémi 1610. (M. L. ) 

lCt4. Costé notaire. 

■•Ift. Foucault notaire. 

tsi». M" Mathurin Costé est décédé le 23 juillet 1619, il fut enterré li: 
lendemain à S'-Pierre sa paroisse. (M. L.) 

lS*t. Le jour saint Jean-Baptiste 1622, M<* Perreau et Le Coq com- 
mencèrent l'exercice du Greffe et du Notariat de Dunois. 

!•**. En cette année on a commencé k foire mention du bled Vé- 
ronnet (3). 

lavs. Les S" de S'-André ont nommé à la cure de S>-Pierre M. 
Hierosrae Herry, suivant le droit qu'ils prétendent avoir alternativement 
avec le S'' abbé de Bonneval. 

iCtT. Le 13 mars 1628, mort de M' Jacques Foucault qui fut enterré le 
lendemain à S'-Pierre sa paroisse. (M. L. ) 

lasi. Le S'' de Bonsergent Seig'' de Charray sollicita h la chambre 
de ville l'établissement des Cannélittes, mais cette proposition fut rejettée 
par les habitants de la ville. 

En la même année le corps Ecclésiastique présenta du vin à M' l'arche- 
vesque de Paria qui eatoit logé chez M' de la Rocherossé h S^-Jean. 

t«S4. En cette année la réforme fust établie à la Magdelaine. 

t«S8. En cette année les S" de Saint-ÂJidré Qrent rendre un arresl 
parce qu'ils prétendoient que M' l'évesque de Chartres esloit obligé de 
prendre un d'entr'eux pour élire un doyen. En furent déboutez au moyen 
de ce que Jean Pingault l'un d'eux vendit le titre qui leur donnoit ce droit 
au S' Bourgery moyennant 300 1. 

t«4t. M» François Menard a exercé le Greffe du Baillage depuis le jour 
saint Jean-Baptiste 1642 jusqu'à pareil jour 1648. 

Les minutes sont entre les mahis de ses enfans demeurans à Longueville 
où aux Bois Saugers paroisse d'Arrou. 

Mort de M' le cardmal de Richelieu. 

l«4t. Mort de Louis 13, Roy de France, son corps repose à S'- 
Denis. 

1S4JI. Naissance de M' le comte de S^-Paul, il fut chanté un Te 
Deum à la Madelaine ou assistèrent M"' de S'-André lesquels allant à 
la Madelaine avec leur croix ne chantèrent point dans la rue, l'on 

(8| Le manuscrit dç M< Alexis Lucas ajoute : • qui n'est qu'un prix fictif, étant 
composé de l|4 de froment éliUc el des 3|4 du seigle. 



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54 

donna un Louis d'or à Jacques Comùer qw porta la nouvelle cle cette 
naissance. (U. L.) 

t#49. M« Michel Mauduit a ezeroé le Notaiiat du comté de Dunois 
depuis le jour saint Jean-Baptiste 1648 jusqu'à pareil jour lfô4 et aeu pour 
associés les S" Le Roy et Le Coq. Et depuis le dit jour jusqu'en 1666 a 
eu pour commis M" Jacques I-e Cocq. 

Les minuttes de tous sont chez Mo Hatlûas Mauduit avocat, demeurtuit à 
Cbasteaudun (1). 

1S4S. M" Boullay exerça le Greffe de Dunois jusqu'au bail de M° Robert. 

Les minuties sont entre les mains de M« Silly procureur k Montigny. 

Prison de M' de Longueville, de M' le Prince de Contyetde M"" le Prince 
j» Vinsaine, ensuitte à Marcousy et au Havre ou ils furent jusqu'en mil six 
cent cinquante un (2). 

tsav. Me Charles Mauduit a exercé le Notariat depuis le jour saint Jean- 
Baptiste 1658 jusqu'à pareil jour 1665, conjointement avec M° Michel 
Mauduit son père. M* Charles Marché estoit leur commis. 

Les minuttes sont entre les mains de JA^^ Mathias Mauduit avocat à 
Cbasteaudun. 

En 1761 elles sont entre les mains d'Augustin Mauduit qui a une fille 
mariée Acconie à M" Bergeron avocat (3). 

laas. M" Robert a exercé le Greffe de Dunois depuis le jour saint Jean- 
Baptiste 1659 jusqu'à pareil jour 1665. 

Ses minuttes sont chez M" Pierre Savigny dans un très grande confusion. 

{••t. Cette année il y eust si grande famine par la dizette de grains 
que le pain bis de neuf livres fust vendu jusqu'à 33 * ce qui causa la mort 
de beaucoup de personnes qui se trouvoient sans pain. 

■••t. Au mois de juin de la ditte année, Lorloge de S' André a 
commencé à sonner. A été bmlée à l'insendie généralle. Mort de Monsieur 
de Longueville (4). 

!••&.' Uo Pierre Phelipprau a exercé le Greffe de Dunois depuis le 
jour saint Jean-Baptiste 1666 jusqu'à par^l jour 1673. 

M« Hallier, procureur, son gendre, a ses minuttes. 

H' Pierre Savigny et H.'^ Savigny, son oncle, ont exercé le Notariat depuis 
le jour saint Jean-Baptiste 1665 jusqu'à pareil jour 1679. Les minuttes ont 
tisté déposées ès-mains de M» François Plessis à Cbasteaudun. 

M" Pierre Mauduit a ses minutes et demeure à Villetier proche la Roche. 
Depuis elles ont été entre les mains du S' Hermenault et on croit 

(I) Ce dernier paragraphe est d'une auu^ mais et parait avoir élé éCTtI posté- 



(2) el (3). Hdme obserfalion. 
\i) Ecrit d'une aulro main. 



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5» 

qu'elles ont été brûlées à la dernière inceiulie arrivée à Chàteaudon en 
l'aiinéel723. (M. L.) 

M« Loyré en 1761 les a (1). 

ISI'l. W Pierre Savigny a exercé le Greffe depuis le jour saint Jean- 
Baptiste 1^2 jusqu'à pareil jour A&Jb. (M. L.) 

Mort de M^ le comte de St-Paul. (M. L.) 

'laSS. U° Christopbe Civertaexercédepuislemois d'avril 1673 jusqu'au 
jour saint Jean-Baptiste 1675. (M. L. ) 

ISTA. M" Matbias Mauduit, avocat, a exercé le Greffe de Dunois depuis 
le jour s^nt Jean-Baptiste 1675 jusqu'au l*'' janvier 1677. 

Vi" Charles Mauduit a exercé le Notariat depuis le jour saint Jean- 
Baptiste 1675 jusqu'à pareil jour 1681. — Les commis les sieurs Givert et 
Guiot. 

Les minuties du Greffe et du Notariat sont ès-mains du dit M» Mathias 
Mauduit avocat à Cbasteaudun. Les minuttes sont chez Jacques-Augustin 
Mauduit procureur à Ch&teaudun. (M. L.) 

tcia. M" Jacques Gherrier a exercé le Greffe de Dunois depuis le jour 
saint Jean-Baptiste 1677 jusqu'à pareil jour 1681.. 

Le 9 février 1677, le Parlement de Paris abolîst le congrès. 

ISV9. Mort de madame de Longueville (2). 

ISSO. M" Pierre Savigny a exercé le Greffe et Notariat de Dunois depuis 
le jour saint Jean-Baptiste 1681 jusqu'en 1685. Ses minuttes ayant esté 
scellées, elles sont demeurées en la possession du Rr Michel Charpentier, 
marchand de Chasteaudun (3). 

t«S>* Première arrivée du Roy à Chasteaudun où M' de Villetron eut 
sa grâce. 

!•»&. En cette année M* Sévin a exercé avec M" Civert le Notariat ei 
Greffe jusqu'en 1690. 

L£s minuttes sont chez le sieur Guiot, commis au Greffe de l'Élection de ' 
Chasteaudun, et depuis ayant esté scellées ont esté mises chez M* François 



Les minutes sont chez M« Binet, conunis au gr^e de l'élection de cette 
ville (M. L.). 

1SS9. Depuis le jour saint Jean-Baptiste 1690 jusqu'en 1693, M^ Charles 
Marché et U" Christophe Civert ayant pris le Greffe et Notariat de Dunois 
associèrent avec eux M' Jacques Cberrier et exercèrent pendant le dit temps 
l'un et l'autre. 

En 1693, M° Man^é estant mort, les deux autres associèrent avec eux 
M« Michel Charpentier qui ont achevé le dit bail fait pour six ans. Les 

il ) et (2) Écrit d'une autre main. 

(3 I Le manuscril de H- Alexis Lucas porte notaire au lieu de marchand. 



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minuttee sont entre les mains de M< Gherrier, à présent en celles de 
M' Chavigny, son gendre (2). 

!•••. Le jour de Notre-Dame d'Aoust 1691, rhfttellerie de la Hiu^e et 
les autres maisons voisines ont été incendiées. Le feu a commencé par 
rhôtellerie de la Harpe sur les neuf à dix heures du matin. 

ta«t. Le 27 février 1692, sur les dix heures du matin, pendant qu'on 
cellébrait la messe dans l'église de la Magdelaine de Cbasteaudun, le piUier 
de l'autel de paroisse s'accroupist après la chute de l'arcade et voûte 
d'au-dessus, M« Leveil, avocat, et le sieur Jardin, marchand de soie, 
furent écrasés sous les ruines. H y en eust d'autres qui furent blessés, mais 
qui n'en moururent pas, entre autres M* Mathias Mauduit, avocat à 
Chasteaudun. 

tttSt. M' Fédé a acheté l'office de Maire de cette ville et a esté le 
premier maire. 

Mort de l'abbé de Longueville. (M. L. ) 

IC9S. E^ cette année le pain bis vallust jusqu'à trente-un sols, ce qui 
causa une très grande dizette et la mort de plusieurs personnes. 

!•••. M« Plessis et Chantier son commis ont exercé les Notariat el 
Greffe de Dunois, depuis le jour saint Jean-Baptiste 1696, jusqu'à pareil 
jour 1 705, sauf ledit Plessis qui a rétrocédé le Notariat avec les minuttes au 
jour de saint Jean 1097 et a retenu le Greffe. 

t«9*. En cette année, on commença le bastiment du couvent de la 
Magdelaine. 

M. l'Évesque de Blois est venu en cette ville pendant que M. l'Évesque 
de Chartres y estoit et a conféré le sacrement de Confirmation le ffi 
septembre 1698. 

Les vignes ont gelé, il n'a pas esté recueilly un poinçon par arpent. I<es 
fhiits gelèrent pareillement jusqu'au point que le cent de pommes de 
reinette valait jusqu'à 6 1. et ainsi des autres âoiits dont il y en eut une 
très grande disette. (M. L. ) 

ISttS. Procès-verbal dressé à la chambre de ville pour la navigation de 
la rivière du Loir depuis le Lude jusqu'à Bonneval. 

±999. Le 27 février 1700, M' Jacques Costé, Bailly et Gouverneur de 
Cbasteaudun, monta au siège et prist la place de' monsieur son père. 

Il a été harangué par U" Souchay, avocat fiscal, et par M" Tardif^ 
avocat. (M. L. ) 

l««ft. Le jour saint Jean-Baptiste 1705, les sieurs Plessis et Roche 
prirent la ferme généralle du comté de Dunois, et affermèrent le Notariat 
à H« Mathias Civert et le Greffe à M« Jacques Bignon potu* neuf ans. ' 

|2| ( U. L. I Le sieur Ci«erl est désigné sous le prénom de Pliilippe. — Après 
li's mois M" Clierricr, on lit ; cl présentement M' Guérinenu du Change lUi les a. 



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1991. En cette anoée, l'adoration du S*-Sacrement a esté érigée en 
l'Église de la Magdelaine, et le Calvaire a esté érigé avec grande solamnité 
par le père Bonneau, missionnaire. 

t99». Le jour des Roys 1709, le û-oid s'augmenta de telle sorte que 
tous les bleds et la plus grande partie des arbres fruitiers fusrent gelés, 
ce qui causa une si grande dizette que le pain de neuf livres vallust jusqu'à 
quarante-cinq sols, et sans l'abondance d'orge qui fust depuis recueillie 
sur les terres ou avoient gelés lesdits bleds, un nombre infiny de personnes 
setYiient mortes de fain. ' 

Ce qui donna lieu à un règlement que les fermes et rentes en bled, 
seroient payés en' orge. ' 

!«••. En l'année 1710, le dernier avril et le premier mai, les vignes 
ont esté gelées en grande partie et les fruits à noyau. 

Les bleds tellement battus des vents qu'il y en a eu près de moitié 
perdus. 

tll*> Le 17 février 1711, arriva un si grand débordement des eaux 
qu'il renversa une grande partie des maisons du fauxbourg Saintrjean de 
Gbasteaudun, ycelles eaux passans par dessus les parapels du pont dudit 
fauxboui^. 

l*lt. En cette année est arrivé une foudre qui a déraciné une grande 
partie des arbres et renversé plusieurs bâtiments et découvert les autres. 
(M.L.) 

avis. M" Perigault et Houdebert ont exercé le Notariat de Chftteaudun 
depuis la saint Jean-Baptiste 1714 jusqu'à pareil jour 1723.. ( M. L. ) 

Itia. Le 1" septembre 1716, Louis XIV, Roy de France, est mort à 
Versailles, son corps repose à Saint-Denis. * 

1V*V> Le dimanche 20 juin 1723, deux heures de relevée, arriva 
l'incendie de la ville de Chaateaudun, le feu prist son commencement par 
la maison du nommé Clément, vigneron, rue de l'E^illerie, et dans un 
instant se communiqua en plusieurs endroits en sorte qu'en moins de douze 
heures le fauxbourg de Saint-Vallerien et plus des trois quarts de la ville 
fusrent entierrement incendiés. Il y eust trois églises bruslées, Saint- 
Vallerien, Saint-André et Saint-Pierre dont les cloches des deux premières 
fusrent fondeQes. 800 maisons, l'Hdtel-de-ville, l'Élection, le Baillage, 
ont été pareillement compris dans ledit incendie. ( M. L. ) 

Le 28 août 1723, M° Michel Houdebert commença à exercer le Greffe de 
Dunois. H< Roger a pris le Nottariat jusqu'en 1727 et M» Berail son commis 
a pris le dit notariat. 

IVV5. 23 septembre 1726, est arrivé une orage si grande ef une gresle 
poussée par un vent si impétueux qu'elle a cassé toutes les vitres, fracassé 
les vignes et les arbres, même tué tout le gibié du costé ou elle a donné, 



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a blessé un loup jusqu'au point que Les enlans ont achevé de le tuer dans 
le clos de Vaubrigzé, paroisse Saint-Jean. Elle estoit grosse comme dos 
œufs de poules. 

ItVO. 25 novembre 1726, mort de madame de Siinianne de la maison 
de Gohardes, abbosse de Saint-Avit (1). 

Le 18 septembre 1727, mort de M" Louis Roger, auquel M" René Bérail 
qui a été son commis,depuis le 2 janvier précédent, a succédé dans l'office 
de principal notaire à Cbasteaudun, qu'il a exercé avec Paul Mercier son 
commis jusqu'au 24 février 1738. ( M. L. ) 

Le 3 octobre 1730, mort subitte de M. Jacques Costé qui a esté enterré 
le 5 dans l'église de la Magddaine, avec ses ancestres, la boui^eoisie sous 
les armes et la ville en corps. 

Le p*' février 1731, M. Jacques Costé son fils a monté au siège et luy 
succède, il barrangua et fut barrangué par M. Villebresme, lors lieutenant, 
Souchay, avocat fiscal, et Foucault l'aîné, comme doyen de sa commu- 
nauté. (M. L. ) 

Le dernier décembre de la présente année 1736, le premier dixième a 
fini (2;).' 

Cette année. M" Berail a cédé le droit du Notariat de cette ville à 
U" Meunier de Fonteny auquel il a remis les minuties et celles de 
M"Perigault(3). 

Le 20 juin 1741, la place de Cbasteaudun a esté etrennée par René 
Potage, qui y a esté pendu. 

Le 3» X" a commencé le p'^'' octobre ( 1741 ) et fini le dernier décembre 
1749. 

Cette année (1744-1745) on a monté les clocbes de la Magdelaine qui 
avoient été descendues il y a douze ans parce que le clocher menaçoit 
ruine. 

Les deux sols pour livres du dixième ont commencé le p" janvier 1747 
et fini le.... (4) * 

Le dernier décembre de la présente année 1749 le troisième dixième a 
fini. 

Le 1" janvier 1750 le premier vingtième a commencé et fini le. . . ' 

Cette année, le sieur Pitout, huissier, a pris au lieu et place de 
M* Meunier le Notariat du comté de Dunois avec le sieur Tiercelin. 

L'exercice du sieur Pitout a commencé au jour de saint Jean-Baptiste 
1750. 

( 1 1 Le manuscrit de M. A- Lucas lui donne le prénom de Louise. 
(2| A dater de 4728, les manuscrits n'oDl plus de date en marge. 
^3 1 Cette note est d'une autre main. 
( 4 ) La phrase n'est pas achevée. 



^chyGOCX^IC 



Au mois de novembre 1750, M'' Yves-Louis Gadeau a conunencé à foire 
les fonctions de notaire roiat à Châleaudun, chaire qu'il avait levée et 
qui aurait été bérédiuire sans le procès qui lui fût iait par M. le Comte de 
Dunois et sur lequel après au moins un an (17&1 ) de contestation, il a été 
transigé. M* Gadeau jouit depuis ce tems et a le droit de jouir de sa charge 
jusqu'à sa mort sans paier aucune ferme. Après sa mort elle sera réver- 
sible vers M. le duc. ( M. L. ) 

Cette année (i7&i -1752) M' Meunier a remis au sieur Tierc^n, ootiUre, 
toutes les minuties du tems de son exeruce et celles qu'il avait eue du 
tems de M* Bérail. 

A la sollicitation et par les soins de M. Bellier, Président &a l'Élection de 
Chàteaudun, et le 6 juillet il a été étably à ChAteaudun 6 foires IJrancbes. 

La première, le dernier jeudy du mois de janvier ; 

La deuxième, le jeudy de la mi-carème ; 

La troisi^e, le premier jeudy du mois de may ; 

La quatrième, le premier jeudy du mois de juillet ; 

La cinquième, le dernier jeudy du mois d'aoust ; 

Là dernière, le dernier jeudy du mois d'octobre. 

Auxquelles foires tous marchands sont invités de se trouver' et d'amener 
des mu^tumdises de bestiaux nature licite. 

Que pour la sûreté des marchands d'étofiës, toiles, l^es et autres 
marchandises. U y a un dépôt k l'hôtel-de-ville où ils pourront mettre leurs 
marchandises k couvert avec toute sûreté et confiance. (M. L. ) 

Le 20° militaire a commencé le prunier octoJ^'e 1756 et fini le... ' 

Au mois de Hiars ou avril 1766' M« Louis Bonsergent a été pourvu d'un 
état et office de notaire roial à Châteaudun dont il est même encore en 
jouisaance par bail k ferme de M. le Comte de Dunois. (M. L. ) 

Le 5 janvier 1757, à cinq heures trois quarts du soir, le Eoy montât 
dans son carrosse pour aller à Trianon lut £rapé au costé droit par 
Rc^ertrFrancois Dami^, d'un couteau en forme de canif. Le procès fut 
fait à DaznieB, qui a été tenaillé et écartellé pour punition de son crime. 
(M.L.) 

Le 17 avril 1758, les vignes gellèrent au point qu'on ne recueillit pas 
plus de deux bottées de raisin par quartier. ( M. L. ) 

Le troisième vingtiesme et les 4 > pour livres d'iceluy a commencé le 
1er octobre 1759 et fini le l^' janvier 1764. ' 

En catte année (1759) M. Nicolas Maury a été nommé BaDly de Dunois 
en place de M. Co^ et M. Michel Loyré Duplessis a été nommé Lieutenant 
en place duditU^ Maury. (M. L.) 

(1764-1765. ) M'' RaimbauU notaire au Ueu et place de M'' Tierceliu. fi 
M" Pitou Greffier au lieu de M' Lasnici-. 



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En cette année (1761) la paix entre la France et l'Angleterre a été 
publiée. — Le samedy saint, mort de M. le Duc de Boulogne. (M. L. ) 

En cette année (1762) le bâtiment de l'hôtel-Dieu a été achevé. Les 
malades ont commencé à l'habiter en 1764. (M. L. ) 

En septembre ou octobre 1764, Claude Pitou, notaire depuis 1750, est 
rentré dans l'office de greffier du Comté de Dunois au lieu et place de 
Adrien Lasnier, son beau-frère. — En cette année, M" TierceUn a cédé le 
droit qu'il avait de jouir du Notariat de cette ville à M. Raimbault, auquel 
il a remis toutes ses minuties et celles de ses prédécesseurs. Ledit- 
M« Raimbault a exercé le notariat depuis le 11 décembre 1764 jusqu'au 
21 brumaire an XI (12 novembre 1S02). (M. L.) 

Le jour saint Jean-Baptiste 1768, M« Jacques Boucher a commencé à 
exercer le greffe du Comté de Dunois au lieu et place de Claude Pitou. (M. L. ) 

Au mois de février 1769, mort subitte du cardinal Rezzonico, Clément 
XID, pape. — Le cardinal Gaugannety a été élu en sa place sous le nom de 
Clément XIV, pape. ( M. L. ) 

Le 16 may 1770, mariage de Monsieur le Dauphin. 

En 1770, il y a eu du blé de vendu 26 ' 10 », le pain bis de 9 livres 29 ' 6 "^ 
et du vin depuis 60 ' jusqu'à 150 '. (M. L. ) 

M. Michel Loyré Duplessis a été reçu maître des Eaux et forêts du Comté 
de Dunois ; M» Jacques-Christophe Lorin, procureur fiscal ; et M" Péan de 
Marchenoir, garde-marteau. (M. L. ) 

En cette année (1770) il a été descendu des pierres sculptées qui 
faisaient l'ornement extérieur du château ; il en a coûté la vie au nommé 
Sébastien Gaillard qui a été écrasé en faisant la démolition d'une fenêtre ; 
c'est le nommé Deslandes qui l'a apporté mort chez sa mère. (M. L. ) 

Au mois d'octobre 1771, mort de M. le Duc de Chevreuse comte de 
Dunois. (M. L.) 

Le dernier jour de mars 1772, M^ Claude Pitou, l'un des quatre notaires 
roiaux de Ghâteaudun, a abdiqué cet état qui est depuis resté vaccant et a 
remis ses minuties, les seules qu'il avait, et par lui passées depuis qu'il 
était notaire, h la saint-Jean 1750, à M^ Louis Bonsergent, l'un des trois 
notaires restant. (M. L. ) 

Le 19 mai 1773, l'on a percé la rue de Janville pour fjûre la route 
d'Orléans. (M. L.) 

Le 9 mai 1774, mort de Louis XV, âgé de 64 ans. — Au mois d'aoust 
1774, M. le duc de Chevreuse comte de Dunois qui est très puissant et 
grand a fait son entrée à Chateaudun pour la première fois. — Le 12 
novembre 1774, le parlement qui avait été supprimé par l'arrêt du conseil 
du mois de février 1771 , qui en créait un nouveau et des conseils supérieurs 
à Blois et autres villes, a été rétably et les conseils supérieurs ont été 



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supprimés. — Au mois de septembre 4774, mort du pape Ganganelly, 
Clément XIV, attaqué du poison. (M. L.) 

Louis XVI a été sacré à Reince le 11 juin 1775. 

Au mois de décembre 1780, l'Angleterre a déclaré la guerreàlaHolande. 

Le 20aou5t1781, arrêt du parlement au profit du chapitre de Saiat^André 
qui exclut les religieux de la Madeleine des assemblées municipales. (M. L. ) 

Au mois de novembre 1781, le régiment de la Mestre de camp dragons 
est venu en garnison en cette ville et y est resté jusqu'au premier octobre 
1783. 

Le 30 janvier 1783, M» Michel-François Loyré a été reçu procureur fiscal 
du comté de Dunois au lieu de M° Louis-Jacques Bignon, mort le 23 dudit 
mois et an. — En octobre 1783, naissance de M. le Comte de Dunois. A 
cette occasion, il fut le dimanche 19 du même mois en l'église de la Sainte- 
Chapelle de Dunois, en présence de MM. du BaiUiage et des Maire et 
Échevins de cette ville, chanté un Te Deum et ensuitte dans la cour du 
château il fut allumé un feu de joye. Le dimanche en suivant, en l'église 
de la Madelaine, il fut fait pareille cérémonie suivie d'un très beau feu 
d'artifice composé par le sieur Allaire. ( M, L. ) 

Le l^" octobre 1783, le régiment mestre de camp Dragons est party de 
cette ville et le 29 dudit mois il a été remplacé par celui de Royale 
Pologne cavalerie. — Le 18 ou 19 may 1784 le régiment de Royale Pologne 
a été remplacé par le régiment d'Orléans dragons. 

En cette année (1784-1785) le couvent des Cordelliers a été pris pour 
caserne. Le foin a été vendu si cher qu'il s'est vendu 100 • le cent. 

En cette année la paix a ■é\é publiée entre la France et l'Angleterre le 8 
janvierl784. (M. L.) 

Le 31 août 1785 M° Cadeau notaire est mort d'une indigestion de melon. 
(M. L.) 

Au mois d'octobre 1786 le régiment d'Orléans a été remplacé par le 
Colonel général dragons. 

Le dimanche 13 juillet 1788, la grêle a dévasté et détruit toutles les 
récoltes dans la province Chartraine, le Vendômois en partie et 42 paroisses 
de l'Election de Châteaudun. (M. L.) 

Le 27 janvier 1789 décès de M"" de Pierre de Fontenailles abbesse de 
l'abbaye de Saint-Avit près Châteaudun. (M. L.) 



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NOTICE BIOGRAPHIQUE 

SDH 

LAMBERT LICORS ou LE COURT 

POÈTE nu Xli" SIÈCLE 



AVERTISSEMENT. 

La notice sur Lambert Li-Cors renferme une analyse succinle de VÀlfxawlriade, 
ou hisloirc d'Alexandre- le -Grand, dont Lambert fui l'auteur. Plusieurs citations et 
annotations de cet ouvrage sont faites dans la notice que l'on publia aujourd'hui ; 
il importe d'avertir le lecteur qu'elles se rapportent à l'édition de l'ouvrage de 
Lambert impriméo à Stuttgard en 1846. 



Lambert Li-Cors ou Li-Tora ou Le Court, nommé ainsi, à cause de sa 
petite taille, né & CbAteaudun vers la moitié du xu' siècle, fut un des plus 
anciens poètes français ; il vivait sous les règnes de Louis VII et de 
Philippe-Auguste. 

Les mœurs corrompues de ce temps, les habitudes grossières, les évé- 
nements suite des guerres intestines et étrangères, l'absence enfin de civi- 
lisation, n'étaient pas favorables aux inspirations poétiques ; mais il n'en 
faut pas conclure que ce siècle resta complètement étranger aux belles- 
lettres puisqu'on y vit briller la science et l'éloquence de saint Bernard, 
habile fondateur et réformateur, le génie de L'abbé Suger qui fut régent et 
gouverna habilement la France, et la science du malheiu^ux Abailard, 
illustre dans l'école, où il enseigna la rhétorique, la philosophie et autres 
connaissances. Quant à la poésie, nous devons reconnaître que ce fut aussi 
sous le règne de Louis VII que prirent naissance les poètes français qui 
écrivirent dans la langue romane devenue la langue vulgaire. 

Nous avons besoin, pour justUier cotte allégation et pour juger de l'état 
des lettres à cette époque, de jeter un coup d'oeil en arrière. 

II existait dès le commencement de la monarchie des versificateurs 
appelés Bardes qui chantaient les actions des hommes illustres ; mais les 
vers des Bardes n'étaient qu'un jargon barbare, c'était un mélange bizarre 



D,oilizB<:byGOO<^le 



itti Tudesque, de Gaulois et de Lutin ; aussi la poésie française ne fit aucun 
progrès sous les Métovingions, et si elle a fleuri un moment sous Cbarle- 
magne, qui l'aimait et la protégeait, elle tomba bientôt dans un oubli 
presque complet, et elle n'en sortit qu'au commencement du xn« siècle. 

Cette sorte de renaissance des lettres, si elle n'eut pas lieu sous le règne 
de Louis VI dit le Gros, fut néanmoins préparée i cette époque par les 
actes qui s'y accomplirent et principalement par l'affranchissement des 
communes. Ce rétablissement de l'ancien régime mmiîcipal appela en efTet 
un grand nombre de citoyens à la vie civile, favorisa ainsi le com- 
merce et les arts : les cités se peuplèrent et devinrent ricbes et puissantes, 
et leurs habitants, transfonnés par la civilisation, se livrèrent à l'étude 
sérieuse des sciences et bientôt après à celle des lettres. 

Aussi la renaissance de la poésie ayant commencé en ce temps dans la 
Provence, on vit paraître sous le règne de Louis vn les poètes français qui 
écrivirent en langue romane (o ) et qui furent connus sous les noms fiimeux 
de Trouvères ou Troubadours, de Conteurs, de Chanteurs, de Jongleurs, 
de Ménestrels. 

Les Trouvères oa TroMbadoMPs étaient de véritables poètes quiinventaient 
les sujets et les mettaient en vers ; les conteurs composaient les proses 
historiques et romanesques ; les chanteurs mettaient et exécutaient en 
musique les production? des Trouvères ou Troubadours; enfin les Mé- 
nestrels ou Jongleurs accompagnaient les chants sur leurs divers 
instruments. 

Les poésies des TVowtières recevaient différents noms. Si c'étaient des 
chansons tristes on les appelait Lais; si elles étaient gaies, Soidas; ils 
écrivaient des Pastorales, où ils chantaient les amours, les plaisirs, et des 
Syrventes, poèmes mêlés de louanges etde satires ; des Tensons, qui conte- 
naient des questions ingénieuses sur l'amour et sur les amants ; dos 
fabliaux, histoires quelquefois morales et allégoriques, mais le plus souvent 
galantes et scandaleuses. 

Nous avons indiqué quel était l'état moral et intellectuel de la société & 
l'époque où vivait Lambert Li-Cors, ajoutons, avant de commencer sa 
bit^raphie proprement dite, que les historiens ont fait une juste distinction 
entre les poètes légers, ou versificateurs, auteurs des Lais, des Soûlas, des 
Pastorales, des Tensons, des Virelets, et les poètes qui ont écrit des ou- 

(a) La langue romane fui le langage qui se forma du mélange du latin avec Iw 
idiomes des peuples barbares et que ron parla surtout du x° au siii' siècle. On retrouTe 
ce langage dans 1» langue provençale el dans le Valaque, dil encore aujourd'hui 
AotMRon. 

Les langues ilalîenne, française, espagnole el portugaise soni issues de ce langige. 



ZBchyGOCX^IC 



64 

vrages plus importanU, et qu'ils ont placé Lambert U-Cors ou Le Court h 
la tète des poètes célèbres du xu^ siècle. 

Occupons-nous maintenant de sa personne et de ses œuvres : 

Lambert Li-Cors nous apprend lui-même dans son poème d'Alexandje- 
le-Grand, par les vers suivants, qu'il était de Ch&teaudun ; 
La verte de l'histoir, si com li roi la ûi 
Un clerc de ChAleaudua, Lainl>ert Li-Cors l'éciit 
Qui de lalin la tresl et en roman la mil |a). 

Quelques écrivains ont dit que le titre de clerc pris par Lambert sup- 
posait qu'il était ecclésiastique ou légiste ; mais d'autres ont pensé que le 
mot clerc voulait dire simplement un homme lettré. 

Quoi qu'il en soit, Lambertfut l'auteur de l'histoire d'Alexandre-le-Grand, 
écrite en langue romane. Il fut le premier poète français qui eût entrepris un 
grand poème dans la langue du temps, dans la langue du peuple, alors que 
les savants n'écrivaient que dans la langue latine, c'est-à-dire pour les 
savants eux-mêmes. Versé dans la connaissance des lettres anciennes, il 
tira des textes latins la fabuleuse histoire du roi de Macédoine, passée 
depuis longtemps à l'état légendaire ; mais le poète fit entrer dans ce 
cadre une partie des faits relatifs à ce qui se passa à la fin du règne de 
Louis Vn et au commencement de celui de Philippe- Auguste. 

Nous n'entreprendrons pas de faire l'application de la version roma- 
nesque du livre de Lambert Ll-Cors aux faits historiques des règnes que 
nous venons d'indiquer, mais nous ferons remarquer qu'au milieu des 
récits fabuleux faits par le poète, on rencontre des allusions historiques qui 
s'appliquent à la guerre que Louis Vn fit dans l' Asie-Mineure, et devant 
Antioche, aussi bien qu'au si^e de Damas. Certaines aventures racontées 
par Lambert paraissent en effet s'appliquer à des actes accomplis et à des 
combats Uvrés à cette époque, et, si les récits ont eu souvent pour objet de 
glorifier la conduite de Louis VU dans l' Asie-Mineure, l'on peut dire 
aussi sans témérité que certaine aventure de la reine Candace fait allusion 
h ce qui arriva à la reine Éléonore de Guyenne, femme de Louis VU, dont 
la conduit© en Asie éveilla la jalousie de ce roi. 

L'hbtoire nous apprend que c'est sous ce règne qu'eut lieu en France 
l'institution des pairs et que la fixation du nombre des douze pairs fut 
établie, soit sous le règne de Louis VII, soit sous celui de Philippe- 
Auguste, or il est bien évident que c'est à ce fait historique que Lambert 
a &it allusion dans son ouvrage lorsqu'il s'est occupé des douze pairs 
d'Alexandre (6). 

(a) Page S49, ver» SB et suivants de Tédlllon de SluUgard, 1846. 

{b) C'est à lor( qu'on a fait remouter quelquefois l'inslitulion des p.-iirs à Charle. 
magne. Quelques-uns l'ont fait remonter h Hugues Capet ; mais tes historiens l'at- 



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65 

Ce poème fut une des plus fameuses épopées du moyen-âge ; Lambert 
l'écrivit en vers de douze syllabes, dont il fut l'inventeur, et qu'on 
nomma vers Alexandrins, à cause de leur emploi dans l'histoire d'Alexandre- 
le-Grand. 

Ce roman commencé par Lambert et auquel on donna le plus souvent 
le nom ^Alexandriade, ne parait pas avoir été terminé par lui seul, mais 
avec le concours d'Alexandre de Bemay, natif de Bemay, dit aussi 
Alexandre de Paris, parce qu'il vécut à Paris ; c'est ce qu'il déclare lui- 
même dans les -vers suivants : 

AlixnDdre nous dit qui de Bernay fui nez 

El de Paris refit les somons appelez 

Qui ci a les siens vers o les Lambert jetez (n) ou mêliez. 

Quelques critiques ont prétendu qu'Alexandre de Bernay était l'auteur 
de ce poème, mais le passage qui vient d'être cité démontre que c'est à 
Lambert Li-Cors qu'appartient le mérite et la gloire de la priorité ; et en 
effet il fallait que les vers de Lambert existassent pour qu'Alexandre pût 
y joindre les siens. Si donc les vers de douze syllabes se nomment 
Alexandrins, ce n'est pas au nom d'Alexandre de Paris qu'ils doivent cette 
dénomination, mais bien h ce que le poème d'Alexandre fut entrepris et 
commencé par Lambert Li-Cors ; Alexandre de Beroay n'en fiit que le 
copiste et le continuateur. 

Lambert Li-Cors a toujours été considéré comme originaire de Châ- 
teaudun. Tous les historiens, depuis Pasquier et Fauchet jusqu'à MM. 
Ampère et Paulin Pairis, ont partagé cette opinion. C'est depuis fort peu de 
temps seulement qu'une ancienne famille de Dinan, secondée par M. Talbot, 
écrivain de notre époque, a réclamé l'honneur de compter Lambert Li- 
Cors parmi ses ancêtres, en s'appuyant sur une prétendue généalogie pré- 
parée pour la circonstance, et aussi sur la longue possession d'un manuscrit 

iritment avec plus de certitude à Louls-le-Jeune ; les uds lui prêtent aussi la fiialion 
à douze du nombre des pairs, mais d'autres disent que ce fui Pbilippe-Auguste qui 
GzB ce nombre, dont six pairs séculiers at six ecclésiastiques. Ceux qui ont fait 
remonter l'inslilution des pairs k Charlemagne ont confondu la Hction avec l'his- 
toire ; ils ont puisé celle opinion dans les romnns du cycle de Charlemagne, écrits, 
aussi tien que ceux du cycle de la table ronde, sous le règne de Philippe-Auguste, 
par Huon de Villeneuve. Chrestien de Trojes et autres, mai? postérieurement à 
l'ouvrage de Lambert Li-Cors : or celui-ci s'élanl donné la licence d'attribuer à 
A)eiandre-le-Grand la création de douze pairs, les auteurs qui l'ont suivi se sont 
crus en droit de prendre la même licence en ce qui concernait Charlemagne. 

(a) Page 2)9, vers t9 et 20. Le vers suivant est omis dans le texte : 
Qui cl * les neni vcra o les Lambert aaHa. 

Mais ce vers est rapporté dam la préface, page vni. 



zecby Google 



66 

du poème de Lambert Li-Cors. Le cadre que nous nous sommes tracé ne 
nous permet pas une longue discnssion à cet ^ard. Nous nous bornerons 
h réfuter sommairement cette prétention par quelques considératiiHis. La 
première c'est que l'identité du nom de Lambert ne peut avoir d'influence 
sur cette question, car il n'est guère de province où il ne se rencontre des 
personnes de ce nom, et il est bien difficile ou plutôt impossible d'établir 
une généalogie qui puisse faire foi à travers plusieurs siècles pendant 
lesquels il n'existait pas de registres de l' état-civil ; or, les actes de 
H40 et de 1160, indiqués le premier comme étant signé par un LamberUts 
parvus (qui serait Lambert Li-Cors), et le second où figurerait Lambertvs 
Hlius contour (Lambert flts du conteur), prouveraient précisément que les 
Lambert dont il s'agit vivaient dans une autre contrée que Lambert Li- 
Cors et lui étaient étrangers. 

La seconde considération qui peut faire repousser la prétention émise 
par M. Talbot, c'est que la possession d'un manuscritdupoèmede Lambert 
ne prouve rien en faveur du possesseur, car il a été tait, disent les 
biographes, un nombre considérable de copies de cet ouvrage qui a été 
répandu dans beaucoup de mains, puisqu'alors l'imprimerie n'était pas 
inventée et que les ouvrages se publiaient par les copies manuscrites ; on 
en compte k la Bibliothèque impériale de Paris seulement une vingtaine. 

Une troisième coïisidération, c'est que tous les auteurs qui ont parlé de 
Lambert Li-Cors jusqu'à ces derniers temps ont reconnu qu'il était né à 
Châteaudun, qu'il n'est pas une seule biographie, un seul dictionnaire où 
figure le nom de Lambert qui ne lui donne la même origine, ce qui con- 
stitue, si l'on peut s'exprimer ainsi, une véritable possession d'état au profit 
de la ville de Châteaudun. 

Enfin une quatrième et dernière considération, et certainement la plus 
puissante, résulte de ce que Lambert Li-Cors a déclaré lui-même dans son 
ouvrage qu'il était de Châteaudun. 

Plusieurs écrivains donnent à Li-Cors ou Le Court le prénom de 
Guillaume (a), mais on s'accorde généralement à reconnaître que Lambert 
était le nom de baptême de l'auteur de l'histoire d'Alexandre-le-Grand, 
que c'était son père qui portait le prénom de Guillaume, et que ce dernier 
avait quitté Nantes où il était professeur de philosophie, pour venir 
s'établir à Châteaudun où naquit Lambert Li-Cors. 

Nous sommes donc fondé à considérer Lambert Li-Cors comme un 
illustre auteur dunois. 

On Ut dans l'histoire du Comté de Dunois, par l'abbé- Courgibet (ma- 
nuscrit déposé à la bibliothèque de Châteaudun) que Lambert donna son 

\a) Hittoire de France, pu l'abbé Vetl}', publiée en 4772, tome 111, page 245. 
l/istoirt abrégée de laviedet Françaù, imprimée mi fSH. 



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67 

poème au public sous le règne de Louis Vil dit le Jeune. Certains bio- 
graphes rapportent qu'il fut publié de H80 à 1210 et que même les der- 
nières parties ne furent publiées que postérieurement à cette dernière date, 
d'autres disent que la publication en fut faite peu avant 1184 et que plu- 
sieurs suites y furent ajoutées par Simon Leclerc, par Pierre de Saint- 
Cloost (a), par Jehan li-Nivelais, qu'il fut même traduit de rime en prose 
par Jehan Faiiquelin, écrivain qui florissait vers le commencement du 
xve siècle, et que cette version fut imprimée sous ce titre : Histoire du 
Roi Alexandre le Grand, jadis Roy et Seigneur de tout le monde et des 
grandes prouesses qu'il a faictz en son temps (b). 

Le poème de Lambert Li-Cors a été imprimé pour la première fois à 
Stuttgard en 1846 pour les membres de la Société des bibliophiles de cette 
ville et publié par M. Heinricb Michelant qui a puisé dans trois manus- 
crits sur vingt qui se trouvent Ji la Bibliothèque impériale de Paris ; il en 
résulte que plusieurs additions ne se trouvent pas dans cette édition, et en 
effet on n'y rencontre pas les sujets suivants : l^la vengeance d'Alexandre- 
le-Grand par Jehan-li-Nivelais et Guillaume Ou Pierre de Saint-Cloost ; 
2« les vœux du Paon par Gay de Cambray et Jehan Brisbure ; 3" le restor 
du Paon par Jehan de Motelec, Simon Leclerc et Jacques de Longuyon, 
qui ont été ajoutés à quelques copies ; mais cette circonstance justifie le 
choix qu'on a fait des manuscrits ne contenant que l'œuvre de Lambert. 
On cite d'autres ouvrages que l'Alexandriade dont Lambert Le Court serait 
l'auteur, ainsi un poème latin intitulé Rivus et quelques pièces fugitives, 
mais ces ouvrages n'ont pas eu de retentissement. 

Avant de nous Uvrer à l'examen du poème de Lambert Li-Gors, nous 
citerons, pour qu'on puisse apprécier son style et sa manière de versifier, 
les onze premiers vers de son ouvrage; on aura ainsi une idée de la poésie 
de cette époque : 

Qui vers de riche higloii veut entendre el oir 
Pour prendre bon exemple de proësse accueillir 
De Gonuoislre raison d'amer et de haïr 
De ses amis garder et chèrement lenir 

{a) Pieres de saint Cloot est nommé dans le poùme d'Alexandre, au XXll* livre, 
dans un vers qui, suivant une noie, parait avoir élé substitue à un autre, ce qui 
ferait présumer que c'est lui -mâme qui y a introduit son 'nom, n'ayant été que le 
copiste de celle partie du livre; nous citons deux vers -. 
Pieres de lalnt Ooot trueve en escrtture 

Qae mauvais est U arbres dont li huit Demeure. — Page US, vers t et B. 
Le premier de ces vers aurait été substitué à celui-ci : 

Signor, li sages dit, si est cd reeeritore. 
(A) Paris, Jehan Boafous, in-4o golh., s. d. 



DigilizBcbyGOCX^IC 



Ses enocmis grever, qu'on n'en puisse élargir 
l,es laidiireB vengier et les biens faits mérir 
De haster, rjuanl leur est, cl ik terme s'ofrir 
Oez donc l'estor bonnement à loisir 
Ne l'ora guère» hom, qui ne doie plaisir 
Ce est du meilleur Roy, que Dex laÎMSt morir 
D'Alexandre je veuil l'histoire refraichir. 
Ce n'est que très sonunairement que nous allons analyser ici l'œuvre de 
notre poète dunois. Cet ouvrage est l'une des plus importantes et des plus 
remarquables épopées des temps chevaleresques ; mais il puisa beaucoup 
des éléments de ce poème dans d'anciannes biographies d'Alexandre-le- 
Grand qui était, comme nous l'avons dit, passé depuis longtemps à l'état 
de personnage légendaire. Les premiers biographes, disent les érivains 
modernes, furent les Ptolémée, les Aristobale, les Clitarque, les Callisthëne 
qui se laissèrent entraîner à des exagérations mensongères sur lesquelles 
ont encore renchéri Plutarque, Justin, Diodore et Quinte-Curce. Enfin l'on 
rapporte que, vers le vif ou le viif siècle, un écrivain de Byzance emprun- 
tant le nom de Callisthène livra au public une compilation romanesque 
puisée dans les auteurs classiques et autres, composée d'éléments histo- 
riques et fabuleux qui fut traduite en latin par Julius Valerius et qui eut un 
très grand succès. 

Si Lambert Li-Cors a beaucoup emprunté à cet ouvrage dii faux Callis- 
thène, il est juste d'ajouter qu'il a enrichi son œuvre de détails, souvent 
merveilleux , quelquefois historiques, et qu'il a embellis, au gré de son 
imagination. 

Ce poème est rempU de fictions, de récits, de prodiges, d'actions 
chevaleresques, puis de féeries, et, pour donner une idée de cet ouvrage, 
nous allons citer quelques-uns des titres des vingt-deux livres dont 
se compose l'édition de Stuttgard, en prévenant toutefois le lecteur qu'il 
ne faut pas s'en rapporter absolument h. ces titres qui n'énoncent que très 
imparfaitement ce qui est contenu dans les livres, 
lef livre : « En&mce d'Alixandre. » 

« Chi conmience li Roumans de li Boi Alixandre qui fu sires do 
« tout le monde. » 
7" livre : « Mort de Guinoljocet. u 
15" livre : « Combat d'Alixandre et de Porrus. » 
21* livre : « Testament d'Alixandre. » 

« Ci dist si com Alixandres départi ses tiers à ses pères et il 
« gîsoit à l'tit de mort, s 
22« Uvre : « R^ets des Xn Pers. k 
Toutes les copies de l'œuvre ne sont pas identiques, et, pour ne citer 
que les titres, nous empruntons à une autre copie ceux qui suivent : 



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1" livre : « Comment li XIl pers de Grèce furent esleu. » 

7* livre : « DeJa forêt où les famés conversaient, s 

En suivant l'ordre des livres tel qu'il est établi dans l'édition de Stuttgard, 
nous assistons à la naissance d'Alexandre-le-Grand, qui fut annoncée et 
signalée par des merveilles au ciel et sur la terre ; il reçut le jour de Phi- 
lippe et d'Olimpias (a); on raconte diverses aventures qui lui arrivèrent 
dans son enfance, puis dans sa jeunesse i et à l'occasion d'un songe extraor- 
dinaire, son père fit assembler des sages et des devins, et & leur tête Aris- 
tote d'Athènes, pour qu'ils fissent connaître l'augure qu'on en devait tirer. 
Plus tard nous voyons Alexandre dompter BucÉphal, comme on le voit par 
ces vers : 

Huit fu lies Aliiandres, quant il vil le ceval 
Qdî vers lui s'umelie et ne li fet nul mal {b) 

Et à cette occasion, aussi bien que dans plusieurs autres parties de son 
ouvrage, Lambert Li-Cors fait un grand éloge du cheval, il le montre dans 
plusieurs occasions, soit au combat, soit à la course, soit au repos, c'est 
qu'en effet le cheval, ce noble animal, est en quelque sorte inséparable du 
héros qui le conduit, il est son compagnon, il partage ses périls et sa gloire, 
et c'est avec raison que l'auteur nous l'a montré sous les aspects les plus 
favorables. 

Le poète nous montre Alexandre combattant Nicolas, prince grec ; puis 
élisant ses douze pairs, savoir : Tolomes, Clincon, Lincanor, Pilote, Dant 
Emenidon, Perdicas, Lione, Antigonus, Arides, Ariste, Caunon et Antiocus. 

Nous suivons encore dans le second livre Alexandre combattant Nicolas ; 
puis le poète se livre à des récits géographiques, et il aborde ensuite l'his- 
toire de la belle Hélène, de Ménélas, de Paris et du siège de Troie, 

Le troisième livre raconte l'assaut d'une roche escarpée et les combats 
qui se livrèrent à cette occasion, le tout par suite du défi qu'Alexandre 
avait reçu de Darius, roi des Perses. Nous trouvons dans le quatrième livre 
le récit du siège de Tyr, et de l'assaut qui fut livré par Alexandre, sans qu'il 
pût prendre la ville (c). 

|a) Li rois qui macidooe tenait en sa baillie, 

Et Grese et le pais, et toute Eeclavonie 

Cil fu père à l'enfant de cui oes la vie, 

Pbelippes ot & non, rois de grand signorie, 

Une dame prist bêle, et gante et escavie ; 

Olimpias ot non, fille au roi d'Ermenie. 
Page 4, Tendes à IB. 
(bj Page ll.TenSet 9. 
(cl On sait que le siège de Tyr a duré 9 mois. 



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70 

Le cinquième livre, comme les précédents, 6iit le récit d'un grand nombre 
de combats et notamment entre Perdicas, l'un des pairs d'Alexandre, et 
Akin, fils d'un roi d'Arabie, qui fiit tué par Perdicas. 

Le sixième livre raconte le combat du Pauvre désarmé avec le baron de 
Cadres. Ces pauvres désarmés, car ils étaient plusieurs, étaient les en^ts 
de la soBur d'Ëmenidas, l'un des pairs d'Alejumdre, aussi Emenidas les 
encourage-t-il et leur promet-il des secours ;, le poète raconte plusieurs 
combats et enfin la mort du baron de Gadres et d'un grand nombre des 
siens. Citons quelques vers : 

Des ceTaux el des armes ont tout ic camp jonciet : 

Cil de Gadres s'enfuienl que u'i pt detrier 

Tel XI. Des lors i sunt descevanciel, 

Qui tout è l'camp ocis et de tronciet (a). 
Les septième, huitième et neuvième livres contiennent encore des récits 
de bataUles et notamment contre Darius, roi de Perse; on y trouve un dis- 
cours de ce roi à ses ducs, barons et princes, dans lequel il leur expose 
que le roi de Macédoine veut entrer dans ses états ; U ajoute qu'il a une 
belle fille qu'il se propose de donner en mariage à ce roi, avec la moitié 
de son royaume, aS.n de pouvoir régner en paix sur l'autre partie. Citons 
ici quelques vers de ce discours : 

Baron ce dist li rois, je vus ai fait mander 

Por cou que je vus voel i bon conseil donner. 

Le roi de Macidoine voi en ma liere enlrer 

Et mes gens exillier et mes lieres gnstcr 



J'ai une bele fille qui muU a le tis cler 
Et voirai le moiiié de mon lègm donner 



Partans porra 11 guerre tout en paix demorer. 
Et cil li respondirent : ne vous devons blasmer 
Quuer vus ne le pores è l'monl mius marier {à). 
Le dixième livre traite d'un message qui annonçait à Darius la mort de 
sa fenune. — Le poète fait connaître la générosité d'Alexandre envers la 
fcimiile de Darius, sa colère lorsqu'il apprit que celui-ci avait été tué par 
trahison ; les obsèques magnifiques qu'il lui fit, et enfin la punition de ses 
meurtriers. 
Dans les livres onzième, douzième, treizième et quatorzième, le poète 



(<i)Pagel78,'r 



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71 

quitte l'épopée chevaleresque, et, san» abandonner complètement leu 
fictions historiques, il entre dans le domaine de la fable, de la féerie, des 
prod^es, des merveilles ; c'est ce qu'annoncent les titres et les rubriques 
de ces livres ; savoir : 

Onziôme hvre. «: Descente au fond de la mer. — Ci dist si com Alixandro 
c fut mis en mer en i tonniel de voile. > 

Douzième livre. « Merveilles du désert. — Ci dist si com Alixandre el 
I ses gens estoient en une forest devant i et iiii, tirant posèrent devant ons 
c qui les votent dévorer. » 

Treizième livre. ■ Fontaine de Jouvence. — Ci dist si com Alixandres et 
< sa gent estoient eu pavillon, si virent devant ans poser iiii grans viellas 
c tôt noir et velu. » ' 

Qualorzlème livre, t Prophéties des arbres. — Ci dist si comment 
« AJixandres et X de ses hommes et i prestres estoient devant ii arbres qui 
« hors donnaient répons. » 

Ces quatre livres sont en effet consacrés princip^ement à des récits 
fabuleux, à des prodiges qu'il serait diEBcile d'analyser ; nous nous conten- 
terons d'énoncer quelques passages renfermant le récit de faits historiques, 
comme celui concernant Porrus et ses projets ; la reine Candace etsa fille; 
de signaler que le poète rend compte du siège de Tyr par Alexandre. Ces 
livres sont en effet remphs de faits historiques mêlés aux actes merveilleux 
et aux prodiges. 

Le onzième livre nous représente Alexandre se faisant descendre au fond 
de la mer, dans un tonneau, d'où à l'aide de lampes projetant une grande 
clarté il pouvait examiner les poissons de toutes les espèces, grands et 
petits, et rapporte qu'Alexandre reconnut que les grands et les gros man- 
geaient les petits tout vivants, observant qu'il en était ainsi sur la terre, 
où toujours les puissants absorbaient les petits, où le fort attaquait le faible 
et le soumettait à sa puissance ; et ce qui prouve qu'il n'en était pas autre- 
fois comme de nos jonrs, oii les magistrats et les administrateurs sont 
chargés de rendre la jusUce et de protéger les citoyens , c'est que l'auteur 
compte Ibb justiciers et les fonctionnaires au nombre des oppresseurs des 
petits ; et il ajoute que ce spectacle fît rire Alexandre qui, s'adressant à 
ceux qui l'entouraient, leur dit qu'il avait vu la même chose dans tout&s 
les contrées qu'il avait parcourues. 

Ces pensées développées par le poète sont résumées dans ce vers : 

Li plus fort prent le foible, si l'oeil et coofont | a |. 
Cette citation nous permet de dire que Lambert Li-Cors était un écrivain 
courageux, en racontant, quoique sous l'apparence de la fable, des faits 

(a) Page 263, TersBl. 

DigmzBchy Google 



72 

qui accusaient les puissants de son temps, oO la justice était peu observée 
et où il pouvait devenir la victime de son généreux langage. 

Dans une conversation rapportée au douzième livre entre Porrus et 
Alexandre, le poète met dans la bouche de ce dernier des maximes pleines 
de justesse, sur ce que les rois doivent constituer solidement leurs états et 
mériter par. leur générosité l'attachement des peuples. On y trouve ce 
vers : 

Qui rien ne foll donner, ami ne voit avoir (a). 

Le treizième livre est consacré à la description des merveilles de la 
fontaine de Jouvence qui, suivant un vieillard amené devant Alexandre, 
avait la vertu de ramener à trente ans un homme Agé de 120 ans. 

Enfin le quatorzième bvre, consacré en partie aux faits merveilleux, 
prépare le lecteur aux actes qui seront rapportés dans le livre suivant, en 
rendant compte de diverses conférences entre Alexandre et Porrus, qui 
font pressentir un avenir menaçant pour ce dernier. 

Le quinzième livre contient en effet le récit d'un combat entre Alexandre 
et Porrus, de la dé^te et de la mort de celui-ci. 

Porrus gisl a la Uére, en ii moilié copés. 

Toi cil d'Yode plorôrenl, que mull esloil amés |&). 

Puis le poète raconte les amours de la reine Candasse (c), l'envoi que 
lui fit Alexandre de son portrait peint par Appelles, le danger que courut 
Alexandre dans une entrevue avec la reine. 

Le seizième livre, qui contient le récit de la bataille de Babylone, est 
rempli d'histoires merveilleuses, comme son titre l'indique. Alexandre 
marcha vers Babylone à la tête des douze pairs, après avoir été enlevé dans 
les airs, avoir étudié le pays et examiné la ville de Babylone, semblant 
pressentir dès cette époque l'invention des ballons. Les négociations qui 
eurent lieu sont racontées avec de grands développements, ainsi que les 
combats qui furent Uvrés. 

Les hvres dix-septième, dix-huiUème et dix-neuvième, contiennent une 
suite de récita relatife d'abord h une ambassade de l'amiral de Perse auprès 
d'Alexandre, à la mort du roi Sorin, qui eut là tête tranchée par Dans 
Elins, l'un des douze pairs. On y raconte les encouragements donnés par 

(a) Page 313, vers 27. 

(ô) Page 367, vers 29 et 30. 

ic) Candaue ou Candace éuit udo reine d'Ëlliîopie, il ; en eut plusieurs de ce 
nom. Cerlaios bisloriens ont pensé que le mol Candace était chez les Ethiopiens un 
mol générique qui pouvait signifier reine, comme le mot Pharaon signiGail roi 
choi les Egyptiens. 



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7S 

Alexandre à ses guerriers, en leur promettant de lea enrichir s'il prend 
Babylone. 

Se jOD pnne Babilone que mes Dez ne me meole, 

Ja n'i ora si povre qui n'ait mutt rice renie { a \. 

L'auteur se livre & de longues descriptions sur la prise de Babylone et de 
la tour de Babel ; les deux vers suivants en sont le résumé : 

Li bataille fti faite et prise li cités, 
L'amirans fu octs et ses rices baraâs ( b )■ 

C'est dans l'un de ces livres ( le dix-huitième ) qu'on trouve l'histoire des 
Amazones, racontée à Alexandre par l'un de ses guerriers, qui dans un 
récit pittoresque lui fait connaître qu'il existait, auprès d'un fleuve voisin, 
une contrée habitée par des femmes, sans qu'il s'y trouvât un seul homme, 
que ce royaume était gouverné par une reine, que les femmes n'y 
contractaient pas mariage, et qu'une seule fois l'année les hommes étaient 
reçus dans leur société ; qu'une fête était donnée à cette occasion, fête 
pendant laquelle les propos d'amour étaient familiers entre les chevaliers 
qui y étaient admis et lès jeunes tilles faisant partie de cette population 
d'Amazones. 

Ce récit intéressa beaucoup Alexandre qui manifesta le désir de soumettre 
ce pays et de connaître la reine qui gouvernait des femmes qu'on 
lui dépeignait comme jolies et gracieuses et égalant en valeur et en adresse 
les meilleurs chevaliers. 

D'un autre cAté, une Amazone qui arrivait des pays voisins fut introduite 
auprès de la reine et lui fit connaître les nouvelles qu'elle avait recueillies : 
comment le roi Alexandre marchait vers Babylone après avoir conquis 
plusieurs royaumes, vaincu et soumis à sa domination un grand nombre 
de princes ; ajoutant, dans un langage plein d'animation, que ce roi à la 
tête de son armée victorieuse marchait vers l'Ile des Amazones qu'il voulait 
soumettre à ses lois, ainsi que la reine qui la gouveniait ; désireux d'fdl- 
leurs de faire lutter sa vaillante armée contre des guerrières aussi renom- 
mées que les Amazones (c). 

La reine, fort émue de cette nouvelle, assembla aossitdt le conseil de 
ses dames, et il y fut résolu qu'on enverrait à Alexandre des présents, par 

(a| Page 431, vers 12 et 13. 

(6) Pige 446, vers 23 et 34. 

( c ) - 1 Li geol <|ue il conduit est bardie et isaèle 

■ Tout le mont a conquis, durement se relevé 

• Fors seulement ceste ilte, ete ti samble bete 

> Et joiulera ensanle li maie o le fuméie. • 
Page ito, Ton It et niTUti. 



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u 

deux ieones et jolies Amasones, qui tOcberaient' d'obtenir adroitement de 
ce prince qu'il renonçât à entrer dans leur pays. 

Suivent le récit de cette ambassade et la descriptioD des riches présents 
envoyés à Alexandre, la relation des instructions données par la r^ne à ses 
ambassadrices, puis les discours pleins de gr&ce et de courtoisie adressés 
par celles-ci, d'abord aux généraux d'Alexandre, et ensuite & ce monarque 
lui-même. On y raconte comment la reine lui Ht l'envoi de son anneau et 
lui fit offrir de se soumettre & sa suzerameté, avec la promesse de mettre 
dix mille Amazones & ses ordres. 

Ce qu'il y a de remarqu£i>le, c'est que les deux jeunes ambassadrices, 
sollicitées par deux lieutenants d'Alexandre, coos^itirent à devenir leurs 
femmes. 

La reine des Amazones se rendit elle-même au camp d'Alexandre, 
et, par suite de l'entrevue qu'elle eut avec celui-ci, il obtint par sa courtoÎMe 
une conquête sans combat, et, avant de quitter le camp d'Alexandre, la. 
reine, sur sa demande, fit exécuter par les J^nazones uns manœuvre où 
elles déployèrent beaucoup de grâce et d'adresse. 

Le dix-neuvième livre est consacré au récit de 1» prise de Gadras, et le 
vingtième au récit de la prise de Defiir. 

Enfin les vmgt-unième et vingt-deuxième livres contiennent le récit de 
la mort d'Alexandre, de son testament et des regrets de ses pairs et des 
populations. 

Alexandre meurt à Babylone empoisonné par Antipater (a), mais avant 
de mourir il appelle autour de son lit ses chevaliers et spécialement ses 
douze pairs, et il lègue à chacun d'eux l'une des conquêtes qu'il a faites, 
voulant, disait-il, faire douze rois ( b ) ; il donna à Tholomes l'Egypte ; à 
Philippe Aridoi, l'Esclavonie; à CUncon, la Perse conquise sur Darius; 
à Emenidas d'Araye, la Nubie; à Ariste, l'Inde conquise sur Pchtus ; à 



• Quant li roi voit le vin, sa coupe a demandée 
' Anlipater II fel l'a-li a aportée 



u El estoil de renin entosluée et Iviio. « 

Page 509, nn S, lo et 11. 

\b) a Baron disl Aliianâres, tous jors vus ai [minise 

* Onour et grande ricece, se Babylone ert prise 
« Nous avons, merci Deu, mainte tiere conquise 
u Dont lea gens suret perdus, confundus et malmise, 

■ De cana qui deifendoieni, faisoie granl joslice ; 

■ Ou Voirai de tus tous, faire rois par derite. • 
Page SOS, Tcn Si et tnirantt. 



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Antig<H)us, la Syrie, et la Perse que possédait Assoérus; à Filotas, Césarée 
et le royaume conquis sur Nicolas, y compris Damas ; à Lincanor, l'Alénip 
et l'Escomenie, à Perdioae, le pays de Tyr ; à Antiocus, la Grèce et la Ma- 
cédoine ( le pays, dit Alexandre, où je suis Dé ) ; à Arides, Garthage, la 
Barbarie et l'A&lqae ; à Caunon de Macédoine, l'Hermenie; il leur donne 
même des conquêtes à foire, et noiaaunent celle de la France et de Paris 
sa capitale, de la Nonnandie, de l'Angleterre, du pays de Galles, de 
l'Ëcosee et de l'iriande, il ajoute que la France est la reine du monde, que 
rien n'^ale la valeur et la loyauté de son peuple. 

La mort d'Alexandre excita des regrets unanimes (o), et ses pairs les 
manifestèrent par des pleurs et par des discours oii ils vantèrent les 
mérites d'Alexandre, les qualités supérieures qui le distinguaient, sa géné- 
ronté, 88 grandeur d'Ame ; ils rappelèrent une foule de ses bonnes actions, 
et ils lui élevèrent pour tombeau une pyramide ma^fique. 

A ces louanges très développées dans les discours des douze pairs, l'au- 
teur joint aussi ses éloges, il émet les hauts Eùts d'Alexandre, il raconte la 
fondation, dans différentes contrées, de douze villes portant chacune le nom 
d'Alexandrie : dans l'Inde, dans la Perse, en Égypie, dans le voisinage de 
Babylone, dans celui de Damas, etc., villes dont il ne posa pas seulement 
la première jneiTe, mais dont il surveilla lui-même la construction ; ce qui 
explique comment, en ajournant ainsi de province en {H^vince, il mit onze 
années è conquérir l'Asie, parce qu'il ne fut point un conquérant destruc- 
teur ravageant les pays conquis et ne laissant que des ruines dwrière lui, 
mus qu'il tat au contraire créateur et civilisateur (6). 

I a ) ■ Huit fu plasiiu Alixandrw II rois de ses barons 

■ De SalieoB, d'Ennins, de Persans, d'EsclavouB. ■ 
PVSU,wnl7 etiS. 

{b) ■ UorI est rois Alixandres et à sa fis aies ; 

■ Huit fu de ses barons et plains et regrëtés. 
B En Laute piramide fu biea par droit levés : 

■ Si com l'estore dit et ce fui vërilé, 

■ Se il fu oretiens, ains tous rois se fu nés, 

« Si cwrtols, ne si lai^^es, si sages, si menbiés, 

■ Si n'avait que X ans qBand il ta adolés, 

• Et quant il «n ot XI, si fu rois oorosés, 
< Et XII régna il iteus fii ses aés, 

« Si que de tout le mont estoit sires clamés. 

• Nequedent ces XII ans ilsl il XII cités. 



■ Et bons rois Alixandre, commea gentius ouvras 
I N'avoies que XX ans quand corone porUs. 

■ El en XII asB après tout le monde conqueslas. 



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76 

Telle est l'analyse concise de ce grand poème, à tirades monorimes, dans 
lequel on compte près de 20,000 vers de douze syllabes, qui, comme nous 
l'avons dit, ont reçu le nom d.'Alea>andriTa, parce qu'ils ont été employés par 
l'auteur dans l'histoire d'Alexandre; c'est assurément, a dit un bii^aphe, 
un fait littéraire curieux ; et ce qui peut donner une idée de la popularité 
de ce roman héroïque, c'est le nombre considérable de copies qui en 
furent faites, puisque, nous l'avons déjà dit, la Bibliothèque impériale de 
Paris en possède une vingtaine, dont plusieurs sous le titre de VEstore du 
rois Alexandre, d'autres sous le titre de VAleoxmdriade, et qu'on en trouve 
encore dans d'autres bibliothèques pubUques de Paris. 

n ne feut pas confondre cet ouvrage avec d'autres écrits venus après et 
d'ailleurs beaucoup moins étendus. 

Ainsi on comptait dans le moyen-âge des compositions de différentes 
natures, écrites en langue romane, et qui peuvent être rangées en trois 
classes : Romans de chevalerie, Bomans d^amtwr et Romans satiriques. 

L'ouvrage de Lambert Li-Core estunehistoireouunromandecfteunimc. 
Ces romans de chevalerie forment trou cycles : ceux du cycle de 
Charlemagne, belliqueux, sans mélange de galanterie (la Chanson de 
Roland ou de Roncevaiix, les Quatre fils Aymon, écrit par Huon de Ville- 
neuve vers la fin du xii« siècle) ; ceux du cycle de la table ronde qui traitent 
des exploits guerriers ou galants des chevaliers de la cour du roi Arthur 
(leLancdot du lac, écrit aussi à la fin du xn« siècle par Chrestien de 
Troyes ) ; ceux du cycle d^Alexandre, qui offrent un mélange de traditions 
de l'antiquité et de coutumes féodales, et dont le héros est le plus souvent 
Alexandre; Lambert Le Court et Alexandre de Bemay sont, disent les 
historiens, les premiers et principaux écrivains de ce cycle. 

Lambert Li-Cors fut une des gloires du xn" siècle, et en ce temps où la 
langue latine était exclusivement employée dans les écrits des savants, il a 
eu le mérite d'écrire en langue vulgaire, c'est-à-dire dans la langue pariée 
par te peuple et de faciliter ainsi son initiation aux connaissances littéraires, 
et par conséquent d'avoir puissamment contribué, au moyen-ftge, à la pre- 
mière reniùssance de la Uttérature. 

Ce poème, quoique renfermant le récit d'un grand nombre de fiûts 
romanesques, comme tous les ouvrages écrits au moyen-âge, contient 
cependant des pensées pleines de justesse, on y rencontre un style et des 



• Et de àam ces XII ans Xll oit^ fondas 
a El en cescune itUe ton nom mis el posas. • 

Pige&i7,TendeeilB, et S7 d 38; etpage U8,*cral,3 et 8. 

n Rois ne fusl plus hardis, ne mius seusl parler, 
fl Ni oncques ne fu hom' plus larges de donner. ■> 

Pags&MttmSdtO. 



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vers harmonieux, un tour d'expressions très heureux, et de très bonnes 
m&ximes que l'on aime, dit un commentateur, à trouver sous la plume 
d'un poète, dans un siècle d'oppression comme celui oii vivait cet auteur. 
Voici, à l'appui de ce que nous disons, des vers que personne ne 
désavouerait : 

« N'est pas roi qui se fausse et sa raisoD dément... • 

• Pire est riche mauvHis que pauvres honorez. • 

Puis encore ce vers : 

• Fé le mieulx que lu peux, mulie est corte la vie. .. « 

L'ouvrage de Lambert est d'ailleurs remarquable par les descriptions 
qu'il contient. Ce sont des récits vraiment épiques, soit qu'il s'agisse 
pour l'auteur de présenter le tableau d'un combat, soit qu'il veuille rendre 
compte de faits merveilleux. 

A côté des récits historiques et dramatiquement fabuleux, se trouvent 
des détails gracieux, comme lorsqu'il s'agit du pays des Amazones ou de 
la reine Candace. 

On y trouve aussi une peinture animée des personnages qui figurent 
dans l'ouvrage, soit quelquefois sous le rapport de la beauté physique, soit 
sous le rapport de la beauté morale. S^ héros sont peints de main de 
maître, le poète possède une grande puissance de personnification, il 
définit bien le type de chacun. En lisant les discours qu'il met dans la 
bouche de ses héros, on reconnaît les caractères différents des uns et des 
autres. C'est avec complaisance qu'il peint la beauté des femmes, il leur 
prête une délicatesse particulière de langage, qui fait partager au lecteur 
les émotions qu'elles éprouvent. 

Le poète dépemt aussi avec une grande vérité les animaux de toute 
espèce, leurs formes, leurs habitudes et leurs mœurs. 

Ce n'est pas avec moins de talent qu'il décrit les choses inanimées, 
conime la richesse des étofTes, le luxe des toilettes, la beauté et la puissance 
àe8 armes. 

Quelques critiques ont trouvé les descriptions de combats trop 
fréquentes, mais il faut remarquer qu'il s'agit d'un poème héroïque, 
écrit dans un siècle où la guerre ét^t la principale préoccupation des 
peuples, que ce poème est consacré à un conquérant et qu'il était opportun 
qu'on s'occupât du héros principal. Au surplus, cette sorte de mono- 
tonie est rachetée par les fréquents discours des acteurs de ce poème, 
ce qui lui donne un aspect intellectuel qu'il n'eût pas eu, si l'auteur 
se IQt borné à raconter sèchement les faits, ainsi l'on peut dire que 
cette œuvre est remarquable, tout en faisant la part de certaines répétitions 
et de quelques imperfections de style. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



78 

Ses contemporains lui rendirent justice, car Lee chroniqueurs nous 
apprennent que le roman poétique VAlexandriade eut un grand succès et 
que, notanunent à Paris, Ums les gens de lettres et toutes les personnes 
de la cour l'avaient appris par cœur, et que les ménestrels allaient le 
raconter dans les châteaux de la province. 

Les étrangers en apprécièrent aussi la beauté, puisqu'il fut traduit en 
italien et en espagnol, langues qui dérivent, comme la langue firançaise, de 
l'idiome roman. 

Lambert Li>Cors fut donc à tous égards un écrivain distingué, et il a eu 
d'autant plus de mérite, qu'à l'époque demi-barbare où il brillait, les 
lettres, comme nous l'avons déjà dit, n'étaient pas encouragées comme 
elles l'ont été depuis, et comme elles le sont de nos jours. 

Nous répétons, en finissant, ce que nous avons déjà dit ; c'est que 
Lambert Li-Oors a eu le mérite de l'initiative en créant un ouvrage impor- 
tant, qu'il a eu celui d'honorer et de vulgariser la langue du peuple, et 
qu'enfin il a été l'inventeur d'un genre nouveau de poésie, en produisant 
les vers de douze syllabes, dits vers Alexandrins. Il a ainsi bit progresser 
la littérature, et à ce titre il a mérité d'être placé par la postérité au rang 
des écrivains qui ont illtetré le pays. 

La vttte de Gh&teaudun s'honore partieulièrement de lui avoir donné ie 
jour, aussi quand cet honneur lui est tardivement et inoptsément 
disputé par une autre cité, son devoir est d'affirmer que Lambwt li- 
Cors est un poète danois qu'elle est fière de compter au nombre de ses 
enbnts ( a ). 



(al Au moment «ù était écrite celte notice, la ville de ChAteandun s'anil fait 
aoBun Bcte en bveor de la mémoire de Uralwit LiCoT3,mais son Conseil municipat 
vient, pu- une déUbératian du 4 janvier 4867, de donner son nom à l'wie des rues 



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ESSAI SUR LA FLORE DUNOISE. 



En abordant la Flore Dunoise je n'entends m'occuper que des plantes 
Phanén^ames et des Gryptt^ames vascuUùres qui croissent spontanément 
iIaiib notre pays. 

Quant aux Cryptogames cellulaires, M. Vuez, le premier et le seul bota- 
niste qui en ait jusqu'ici courageusement entrepris l'étude à Ghftieaudun 
et dans les environs, nous fera connaître prochainement le résultat de ses 
consciencieuses recherches et de ses intéressantes découvertes. 

I 

La Flore Dunoise n'embrasse qu'une très petite contrée qui mesure du 
nord au sud, c'est-à-dire dans sa plus grande longueur, environ 40 kilomètres, 
et de l'est à. l'ouest, dans sa plus grande lai^ur, environ 60 kilomètres. 
En d'autres termes, selon moi, ses' limites sont simplement celles de 
l'arrondissement de GhAteaudun. 

On ne peut sans inconvénients lui en donner d'autres. 

Vouloir entreprendre l'étude et l'exploration de l'ancien Dunois, 
c'est-fc-dire du pays sur lequel s'étendait la juridiction des premiers comtes, 
du Pagus Dunensis des Capitulaires de Charles-le-Chauve, c'est courir le 
risque de substituer kdes bornes précises et bien connues, des limites très 
incertaines, s'imposer ie soin de recourir souvent à des cartes spéciales 
difficiles à se procurer, et enfin amener une confusion Slcheuse dans la 
statia|ique scientifique, en empiétant sur le domaine des Sociétés voisines. 



Une aussi petitâ contrée que notre arrondissement, on le comprend tout 
de suite, ne doit présenter ni une très grande diversité d'espèces végétales, 
ni une très grande richesse. 

Du reste, sous le rapport du climat et de la constitution géologique, 
l'arrondissement de Gh&teaudun est k peu prés dans les mêmes conditions 
que le Joa^in de Paris. 



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Il ne peut prétendre à une Flore particuUère proprement dite, car toutes 
ou à peu près toutes ses espèces sont décrites dans la Flore des environs 
de Paris. 

Cependant sa physionomie vitale se révèle d'sbord sous deux Êtces 
distinctes, qui correspondent aux anciennes divisions de Beauce et Perche. 

Ici le calcaire fendillé et poreux, là un terrain généralement glaiseux 
donnent tout naturellement naissance à des espèces différentes. 

Mais il ne Ikut pas croire qu'il y ait des caractères si nettement tranchés 
qu'on ne rencontre point dans la Beauce les plantes qui croissent dans le 
Perche et réciproquement. 

Seulement certaines espèces sont plus particulières à l'une ou à l'autre 
de ces régions. La transition n'a rien de brusque ; c'est plutôt par la rareté 
ou la richesse, que par Tfdisence complète de quelques bonnes espèces que 
les différences se manifestent. 



ni 

On sait que le même sol peut donner naissance à une certaine diversité 
d'espèces uniquement par suite de différences d'altitude. 

Ici ces différences sont trop peu sensibles pour que ce phénomène 
soit bien appréciable. 

Les dépressions de certaines vallées ne nous présentent plus, il est vrai, 
les mêmes plantes que les plaines et céteaux voisins. 

Mais cela tient plus à des conditions géologiques dissemblables qu'aux 
influences climatériques. Dans les vallées, en effet, c'est le terrain d'alluvlon 
qui règne, tandis que le calcaire domine sur les coteaux. 

Je dois cependant constater que les moindres ondulations de terrain, en 
donnant lieu à des expositions différentes, modifient nécessairement les 
effets de soleil et d'ombre, d'humidité et de sécheresse et sont certainement 
une cause de variété dans la Flore. 

A ces divers points de vue, la constitution physique du Dunois ne laisse 
pas que de présenter un certain intérêt, et son étude très sommaire me 
permettra de vous signaler quelques particularités. 

IV 

Le domaine de notre Flore est divisé en deux portions presque ^les 
par le Loir qui prend naissance en dehors de l'arrondissement, le traverse 
du nord au sud, et entre dans l'arrondissement de Vendôme. 

Tout le pays à l'est du Loir fait partie de l'ancienne Beauce. 

Presque toute la contrée à l'ouest de la même rivière peut être regardée 



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81 

comme faisant partie de l'ancien Perche, 

Les cours d'eau qui rompent l'uniformité de la plaine beauceronne sont : 
la Conie, qui coule sur une longueur d'environ 12 kilomètres avant de se 
joindre au Loir près de Marboué, et n'est, dans chacune de ses deux branches 
de Péronville et d'Orgères, qu'un vaste marais; puis l'Aigre, qui prend nais- 
sance près de Verdes et vient se jeter dans le Loir au-dessous de Cloyes, 
après avoir traversé, sur les communes de Charray, la Ferté-ViUeneuil et 
Romilly, des prairies très marécageuses. 

Le terrain du Perche, beaucoup plus accidenté, sillonné de vallées 
éb'oites et assez profondes qui, dans la saison des pluies seulement, débitent 
une assez grande quantité d'eau, n'est aussi traversé que par deux petites 
rivières : !• l'Ozanne, qui passe à Unverre, Brou, Yèvres, Dangeau et 
SauQieray pour se rendre dans le Loir au-dessus de Bonneval après avoir 
reçu deux ou trois petits ruisseaux, et 2° l'Yerre, qui passe à Arrou, Cour- 
talain, Saint-Pellerin et Saint-Hilaire où elle se rend dans le Loir après un 
parcours très sinueux dans un lit pierreux souvent à sec. 

Les bois sont très rares dans la Beauceet plus nombreux dans le Perche. 

La Beauce, pays de plaines et de grande culture, en remuant incessam- 
ment la terre, ne permet guère que la reproduction spontanée des espèces 
annuelles fort communes. 

Pour y trouver quelques espèces intéressantes, il faut aborder les rares 
terrains que la culture n'a pas encore envahis, quelques friches jetées çà 
et là, quelques petites mares disséminées aux environs des villages et les 
fossés, talus et banquettes de certaines routes. 

Les excursions les plus fructueuses sont celles des vallées du Loir, de la 
Conie et de l'Aigre, des coteaux et des quelques bouquets de bois qui les 
avoisinent. 

Les nombreux petits bois du Perche, les haies et fossés qui coupent 
incessamment cette contrée, une culture moins avancée et ^loins envahis- 
sante, beaucoup de p&tures, en un mot une surface très accidentée doivent 
appeler l'attention et les explorations des botanistes sur cette région. On 
peut s'y aventurer partout avec l'espoir d'une bonne récolte. 



En raison des données qui précèdent, les explorations botaniques ont été 
très rares dans les plaines de Beauce et plus fréquentes dans les vallées du 
Loir, de l'Aigre, de la Conie, et dans tous les environs de Chateaudun, parti- 
culièrement à l'ouest du Loir en avançant dans le Perche. 

Toutefois le Dunois, même dans ses parties les plus intéressantes et les 
plus riches, a éte bien incomplètement exploré. 



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Il y reste encore beaucoup à fiiire pour que sa Flore Pbanérogaroiqae 
soit bien connue. 

VI 

L'abbé Daënen, chapelain de Dreux, est à peu près le premier qui ait 
parcouru nos environs pour en étudier les richesses végétales. Ses explo- 
rations, qui remontent à plus de 30 ans, paraissent s'être bornées aux envi- 
rons de Courtalain où existait alors le riche étang Gallas, aux bois de Ja 
Roche, du Chapitre, de Saint-Martin et lieux circonvoisins. 

M. l'abbé Brou, curé d'Oullins, ami de M. Daênen, a exploré les mêmes 
sites. 

Quelques années plus tard, M. JuiTIard étudiait les environs de Sabit- 
CSiristophe, Marboué et Chftteaudun. 

Depuis dix ans environ, M. Marquis, curé de Saint-Denis-les-Ponts, par- 
court les alentours de sa résidence, les bois de la Roche, du Chapitre, de 
Saint-Martin, les vallées du Loir, de Douy â Cb&teaudun, et les marais de 
la Conie à Cormainville. 

M. Bellamy, alors qu'il était jardinier ù la Boulidiëre, a particulièrement 
exploré les environs de cette propriété et la commune de Douy. 

M. Duteyeul, curé de Varize,- il y a quelques années, a étndié avec beau- 
coup de soin les environs de Varize, Nottonville, Lutz, Bazoches-en-Dunois, 
PéronvilleetConie. Ses excursions se sontmême étendues jusqu'àBonneval, 
Dancy et Ch&teaudun, qu'il a toutefois moins explorés que les précédentes 
stations.. 

M. Lefôvre, auteur de la statistique botanique d'Eure-et-Loir, a feit 
quelques courses dans les vallées de l'Aigre, de la Conie et du Loir, et à 
Châteaudun, Bonneval, Cloyes et Orgères. 

rai fait moi-même depuis plusieurs années quelques excursions dans 
la plupart des localités ci-dessus signalées. 

TAais le botaniste qui jusqu'ici a exploré avec le plus de soin les stations 
botaniques les plus intéressantes de notre arrondissement est M. Vuez, qui 
nous donnera lui-même prochainement le résultat de ses investigations et 
de ses découvertes. 

vn 

n va SUIS dire que, dans l'énumératioD des localités explorées, je n'ai pas 
eu la prétention de donner le relevé exact des travaux des botanistes qua 
j'^ nommés. 

Je n'ai voulu que signaler somnuûremMit les endroits lea plus connus de 



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notre Flore, en y associant les noms de ceux qui se sont le plus occupé àe 
son étude et de ses meilleures stations. 



Vffl 



Do reste, si incomplètes que soient Picore les études botfuùques dans 
notre arrondissement, je dois dire que les explorations qui y ont été succes- 
sivement fûtes ont révélé peu» peul'existeDce d'espèces très intéressantes. 

ie suis donc très fondé à croire qo'an examen plus complet, et des 
excursions [rius fréquentes, notamment dans la partie du canton de Gloyes 
à l'ouest du Loir et dans le canton de Brou, amèneroat la découverte de 
nouvelles rictiesses. 

Maie en attendant que l'avenir nous révèle de nouveaux trésors pour 
aider à l'étude de notre Flore locale, j'indiquerai les plantes rares décou- 
vertes jusqu'à ce jour, leurs diverses stations, et les noms des botanistes 
qui les ont signalées. 

Cette courte nomenclature fera l'objet de mon prochain travail. 

ChÂt^udun, 24 décembre 1866. 



J'ai dit précédemment que presque toutes les espèces de la Flore 
danoise étaient décrites dans la Flore des environs de Paris. C'est pourquoi 
j'adopte dans la liste qui va suivre l'ordre, la classification et la synonymie 
de MM. Cosson et Germain dans leur Flore descriptive et analytique des 
environs de Paris. 

Je ne mentionne que les plantes très rares, rares et assez rares, qu'on 
peut considérer comme telles, non-seulement dans la région qui nous 
occupe, mais dans la France entière. 

L'indication de chaque localité sera donc précédée des abréviations sui- 
vantes : RRR, c'est-à-dire très rare et peu abondant dans la localité indi- 
quée ; RR, très rare ; R, rare ; et AR, assez rare. 

Cependant, pour être aussi complet que poseible, je dois dire que certaines 
plantes indiquées comme communes ou assez communes dans la Flore 
des environs de Paris et qui sont même fort abondantes dans certaines 
localités de notre département sont très rares dans les environs de Châ- 
teaudun. Ainsi le Tussilago farfara et le iftiecari racetnoaum, très abon- 



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84 

les environs de Chartres, sont rares dans l'étendue de notre 
lent. La Nepeta Cataria, assez commune partout, n'a pasencore 
rée ici. Mais ce sont là des exceptions, 

je possible les noms des localités seront suivis des noms des 
qui les ont indiquées pour la première fois ; et lorsque mes 
ns me permettront de douter de la valeur de certaines indica- 
li précéder l'habitat ou la station générale de la plante d'un point 
ion comme signe dubitatif. 

I étant entrepris surtout en vue de donner aux botanistes des 
ents sur les stations botaniques intéressantes de notre arrondis- 
'itérai de l'étendre inutilement en mettant en regard de chaque 
idiftations : annuelle, bisannuelle ou vivace, ou les signes con- 

de ces indications. Par la même raison je tairai les époques de 
de fructification, ainsi que la nature du terrain de chaque 



GÉTAUX DICOTYLÉDONES 
DIALYPÉTALES HYPOGYNES 



REHOWCVIiACEES (Jum.) 

utumnalis { L. ). 

B (Duteyeul). Bords de la route d'Oi^ères (Goudray). 

'lammea(Jacq,). 

i Dancy et Villiers-Saint-Orien. Entre Jailans et Varize (Du- 

:lus lingua { L. ). 

^onie à Cormainville, Varize, Conie (Duteyeul). Montigny-le- 

la Ferté-Villeneuil (Lefèvre). Moléans (Goudray). Marboué 

lus chaerophyllos (L.). 

îray (Daënen). La Boulidière (Bellamy). Varize et Conie 

. Saint-Maur, la Sablonnière (Goudray). 



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85 

5" Isopyrum thalictroides (L.). 

RR. Lanneray (Daënen). Bois des Coudreaux, près Saint-Christophe, 
(Juillard). Bois de Saint-Martin (Marquis et Vues). Bois de la Roche, 
près le Chalet, ( Coudray ), Bois-Raimbourg ( Hanqu^t ). 
6» Anémone pulsatilla(L.). 

AR. Pelouses du Mée par Verdes (Coudray). 
7" Anémone ranunculoïdes ( L. ), 

RR. Lanneray (Brou). 
8" Thalictrum flavum (L.). 

AR. Saint-Denis-les-Ponts (Marquis). 



CARTOPinTAEEB (JiiM.) 

9» Gypsopbila muralis (L.). 

AR. ValUères-sur-Conie, Nottonville (Duteyeul), 
10» Silène gallica(L.). 

AR. Plaine de la Varenne-Ferron (Coudray). 
H» Melandrium sylvestre (RochUng). 

R. Varize ( Duteyeul ). Bois de l'Abbaye à Saint'Denis ( Marquis ). 
12" Cerastium brachypetalum (D. C. ). 

R. Varize, Nottonville (Duteyeul). 
13" Stellaria glauca ( With ). 

RR. Vallée de l'Aigre entre la Motteraye et la Ferlé-Villeneuil (Lefèvre). 
i4!> Sagina nodosa (E. Meyer). 

AR. Nottonville, Vallières, Moléans (Duteyeul). 
1&» Spergula pentandra (L. ). 

AR. Varize, Nottonville (Duteyeul). 

iV 

lilNÉES ( D. C. ) 

16" Linum gallicum (L. ). 
RR. Montigny-le-Gannelon (Duteyeul). 



EliATIIIEEB (CambeM). 

17" Hatine liexandra (D. C. ). 
R. Mare près le chemin de Ch&teaudun à Lisambardière ( Vuez). 



D,oilizB<:byGOO<^le 



m 

VIII 



l (». C.) 

Pyrenaicum (L. ). 

it les environs de Cbâteaudun ( Desbans ). 
lucidum { L. ). 

Pommay (Duteyeul). Saint-Avit, cavée de la Reine à Ch&- 
lamy). La Ferté-Villeneuil , Ronneval, Saint-Christophe 



POIiTOAItEES (jriUM.) 

Linarella (Gesner). 
rtUe{Coudray). 

XVI 

i hypopitys ( L. )■ ■ 

l'Abbaye de NoUonville (Duteyeul). 

XVIl 

mrBRKCorÉEfl ( d. c. ) 

lustris (Spach). 

lu Orand'Gallas ? ( Daënen ). 

XVIII 
HOMlDiritÉES (Br<) 

palustris ( Toursefort ). 

Saint-Denis (Duteyeul). Cormainville (Lefèvre). Moléans, 

ly)- 

. XXI 
PAPAVEBACÉE9 ( Jau. ) 

omniferum ( L. ). 

tané. Gfa&teaudun (Marquis). | 

XXII 
PUMAMACÉES ( D. C. ) 

solida (Smith). 

f, bois de Moncelair, bois du moulin deBattereau (BcUamy ). 

/aillantii (Loisel). 

(Duteyeul). Orgères ( Lefèvre). 



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87 

xxni 
CTRVCiriaiEs ( J'mh. > 

26» Drabamuralis(L.) 

R. Environs de Châteaudun ( Duteyeal ). Châteaudun ( Vnez ). 
27» Camelina s)'lvestris { Wall. ). 

AR. Varize (Duteyeul). 
28" Camelina sativa ( Crantz). 

AR. La Varenne-Ferron, Gohory ( Goudray). 

XXIV 
CISTÉES (<1UM.) 

29° HelianthemuiD pulTerulentum (D. G.) 

AR. Bords de la route entre Jallans et Varize (Duteyeul et Goudray). 
Bords de la route entre le Hée et Verdes ( Goudray ). 

DlALYPÉTAiES PÉRIGYNES 

XXVII 1 



Kl"-) 

30° Coronilla minima (D. G. ). 

AR. Varize, Courbehaye, Gibraltar-Civry (Duteyeul). Le Mée (Goudray). 
31» Coronilla varia (L.). 

AR. Orgères (Goudray). 
32» Ononis Golummœ (Ail. ). 

AR. Varize, Péronville (Duteyeul). Lutz (Coudray). 
33» Genista pilosa ( L. ). 

AR. Bois de Moléans ( Vuez ). Saint-Maur ( Lefëvre ). 
3io Aâtragalus Glycyphyllos ( L. ). 

AR. Varize (Duteyeul). 
35° Trifolium rubens ( Jacq. ). 

AR. Ghàteaudun (Daënen). Bois de Sain^-Martin (Bellainy). Varize 
( Duteyeul ). 
36" Trifolium subterraneum ( L. ). 

R. Gonie (Duteyeul). La Sablière (Bellamy). 
37" Trifolium glomeratum ( L. ). 

RR. Lanneray ( Daënen ). La Boulidiëre ( Bellamy ). Montyon, près Saint- 
Christopbe, (Juillard). 
38" LatbyruB birsutus (L. ). 



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AR. Nottonville, Varize, bords de la route de Bonneval à Patay, à 2 kilo- 
mètres de Bonneval. ( Duteyeul ). 
:ï9" Lathyrus tuberosus (L. ). 

AR. Jallans, Varize, Orgères (Duteyeul). Environs de la gare à Châ- 
teaudun ( Vuez ). Lutz (Coudray). 
40» lathyrus angulatua (L. ). 

AR. Cloyes{Vuez). 
41" Vicia lutea (L.). 

R. Entre Varize et Eteauville-Lutz (Coudray). 
42" Orobus vemus (L. ). 

R. Bois deSaint-Martln(Bellainy). Villemore, boisde la Roche (Vuez). 

XXIX 
liTTHKARlÉES (Juw.) 

43» Lythrum hyssopifoba ( L. ). 

AR. Bords du chemin vicinal de Patay, à 2 kilomëtros de Bonneval, 
(Lefèvre). Dancy (Duteyeul). 

XXXIl 

44" Sedum elegans (Lej.). 
AR. Nottonville, bois de la Roche (Coudray). La Sablière (Vuez). 

XXXIV 
ROSACÉES (JWM.) 

45» Rosa Eglanteria (L. ) 

R. Naturalisé à Varize (Duteyeul). Le Mail & Châteaudun. 
46» Rosa Tomentosa (Smith.) 

R. Bonneval (Coudray). 
47» Fragaria magna (Thuilher). 

AR. Varize (Duteyeul). 
48" Fragaria collina (Ehrh. ). 

AR. Environs de Gh&teaudun (Coudray). 

XXXVI 
•NAfinARIÊi» (JuM.) 

49» Isnardia palustris (L. ). 

RRR. Fossé au bas des Gâts (Coudray). Brou (Duteyeul). La Perrine? 
(Juillard). 



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50> Œnotbera biennis ( L. ). 

AR. Parc des Daines blanches, k Chftteaudun ( Coudray). 
Si* Epîlobium palustre (L. ). 

AR. Conie (Duteyeul). 
5S° Epilobium spicatum (Lam. ). 

AR. Bords de la Ck)nie entre Varize et Nottonville ( Lefèvre ). 

XXXIX 
•MBBIjUFÈBEB ( «HM. ) 

53« Baplevrum rotundifotium ( L. ). 

AB. Villiers-Saint-Orien, Mottonville, Lutz(DuteYeul). 
54» Tiwgenia latifolia ( Hoff. ). 

AU. Jallans, Varize, Bazocbes-en-Dunois (Duteyeu) ). Lutz (Coudray). 
%o Œnantbe Lacbenali ( Gmel. ). 

AR. Bords de l'Aigre (Vuez). Marais du Mée (Coudray). 
56° ^gopodium podagraria ( L. ). 

AR. Varize (Duteyeul). 
57' Helosciadium inuodatum ( Koch ). 

R. Yèvres ( Duteyeul ). 
58* Helosciadium repens (Kocb). 

RR. Marais du Mée (Coudray). 
S0> Sison amomum (L. ). 

RR. Fossé près la gare, rue Fesdé à Gh&teaudun ( Coudray). Fossé près 
Usambardiëre (Vuez). Arrou (Coudray). 
60* Carum verticiUatum (Kocb). 

R. Laimer&y (Lefèvre). 
61* Carujn bulbocastanum (Kocb). 

R. Varize (Duteyeul). Assez abondant daus la Beauce dunoise. 

GAMOPÉTALES HYPOGYNES 

xuv 

ÉBHTUVÉES (m. Brawn. ) 



62<> Erica scoparia (L.). 
RR. Bois de l'Aumône (Bellamy). 



hyGocx^lc 



XI,V 
PBIHUIiACÉES (VentCB.) 

d3o Prïmula grandiflora ( Lamark ). 

AR. La Boulidière ( Bellamy). 
64" Samolus Valerandi < L. ). 

AR. Conie, Cormainville, Varize (Lefèvre), Vallée de l'Aigre (Vuez). 
Marais du Mée (Coudray). 
65» Hottonia palustris ( L.)- 

AR. Fossé au bas des Gâts (Coudray). Moulin de Ségiand (Bellamy). 
Fossés du Loir et de la Conie ( Vuez ). 

XLVU 
njAlKTACinnÉES ( «nw. ) 

66<> Plantago Carinata ( L. ). 

R. La Sablière (Vuez). Bonneval, Montboissier (Coudray ). Marboué, 
Saint-Christophe, AUuyes (Duteyeul). 

LU 
eEHTIAnnÉEK (JUM.) 

67> Menyanthes trifoliata ( L. ). 

AR. Varize (Duteyeul). Abondant dans les vallées du Loir et de la Conie 
(Vuez, Coudray). 
68" Villarsia nymphoîdes (Vent). 

AR. Saint-Christophe (Lefèvre). Canaux du Loir à Douy (Marquis, 
Bellamy ). 
e9« Chlora perfoliaU ( L. ). 

AR. Varize (Duteyeul ), Malmusse-sur-Conie, Ormoy (Coudray). 
70» Gentiana pneuroonanthe. 

AR. Vallée de la Conie. 

LV 
B«RBAeraÉES ( JTUM. ) 

71' Litho spermum purpureo-ceruleura ( L. ). 
AR. Bois de Saint-Martin ( Vuez ). Conie, Varize ( Duteyeul ). 



«•luUTEES ( J 

72° Physalis alkekengi (L. ). 



D,oilizB<:byGOO<^le 



■ AR. LaBois3ière(Vuez). Les Abrôs (Bellamy). Yèvres(Duteyeul). 
73° Atropa belladona (L. ). 
AR. Civry (Duteyeul). 

LVU 
VEHBASCÉBS (B»r«UlH«.) 

lif Verbascum blattaroïdes (Laan.). 
AR. VUtier(BeUamy). 

LVIII 
SCIMPHIJIuUlIlirÉKS ( B. Unmvnt. ) 

75» Veronica acinifolia ( L. ). 

AR. La Boulidière (Bellamy). Lanneray (Vuez), 
76" Veronica precox (Thuillier). 

AR, Varize, Dancy (Duteyeut). 
77<> Gratiola officinalis ( L. ). 

AR. Lanneray (Daënen ). Varize, Saumeray (Duteyeul)- Abondant dans 
le lit de l'Yerre prèa le bois de la Roche ( Goudray ). 
78» DigitaUsLutea(L.). 

AR. lia Roche près Douy. ( Bellamy ). Nottonville ( Coudray ). 
790 Linaria pelisseriana (Mill). 

R. Lanneray (Lelèvre). 
80» Linafia arvensis ( D. C. ). 

RR. Saint-Omstophe ( Duteyeul ). 
81<> PedîcuUris palustris (L. ). 

AR. Vallée de la Ck>Qie (Vuez). 

Lrx 
IiEflrTISIJI<ARIÉES (Bteh.) 

82<* Pinguicula vulgaris ( L. ). 
AR. Bords de l'Yerre ( Marquis ). 

83» Utriculariavulgari3(L.)- 

AR. Varize (Duteyeul). Vallée de la Conie à Molitard (Vuez). Dheury' 
(Coudray). 

LX 
•ROBANCMÉEB ( JUM. ) 

84° Pbehpea coerulera ( Will ). 
R. Beauce dunoise (Duteyeul). 

D,oilizB<:byGOO<^le 



85* Orobanche hœderi (L. ). 
RR. ChAteaudun (Coudray). 



liABIEES ( Jhm. ) 

86» Salvia sclarea ( L. ). 

AB. Holéans (Duteyeul). 
87' Melissa officinalis (L.). 

R. Rochers du château, Marboué ( Duteyeul ). 
88" Galeopsis ochrolenea (Lam. ). 

R. Saint-Denis, Châteaudun (Bellamy). Marboué (Coudray). 
89" Stachya alpina (L.). 

R. Honcelair (Bellamy). Bois du moulin de Battereau, Varize, Cooie 
(Duteyeul). 
90° Leonurus cardiaca (L. ). 

AR. Moulin de Saint-Avit (Bellamy). Les Chenardières, commune de 
Logron (Coudray). 
91« Bninella glandiflora ( Jacq. ). 

AR. Varize {Duteyeul). Friches de Lutz, Orgères (Coudray). 
92" Teucrium raontanum ( L. ). 

AR. Varize, Bonneval, Lutz ( Duteyeul). 
93" Teucrium scordium ( L. ). 

AB. Lanneray (Daënen). Abondant dans le lit desséché de l'Yerre 
( Coudray ). 

GAMOPÉTALES PÉRIGYNES 

LXV 
CAHPAJVVIiACÉES (JnuM.) 

94" Campanula rapunculoIde3,(L. ). 

AR. Moulins de Saint-Avit (Bellamy). Varize, Péronville (Duteyeul). 
95" Phyteuma spicatum ( L. ). 

AR. Bois de Saint-Martin (Bellamy, Vuez). Villiers-Saint-Orien, bois de 
l'Abbaye, Conie ( Duteyeul ). 
96° Phyteuma orbiculare ( L. ). 

AB. Entre Ch&teaudun et Jallans, Lutz, Gibraltar, Civry ( Duteyeul). 
Orgères ( Coudray ). 



ly Google 



93 

U1X 

nUBIACÉES ( JtuM. ) 

97» Aspenila odorata (L. ). 

R. Bois de Saint-Martin? (Lefëvre). Brou (Coudray). 
98° Aspemia arvensis ( L. ). 

AR. Cormainville, Dancy, Villiers-Saint-Orien, Jallans ( Duteyeul). Lutr 
(Coudray). 
99° Galium anglicum (Huds. ). 

AR. Spoy près Variza, Guillonville (Duteyetil). Lutz (Coudray). 
100> Rubia peregrina ( L. ). 

R. Bois de la Roche et de Saint-Martin ( ilellamy ). Le chemin des Abrés 
(Vuez). Cavée du Houx et coteau des Abrés (Coudray). Dancy, Conie 
(Duteyeul). 

LXX 

VAIiÉHIANÉE» (D. V. ) 

101» Centranthus ruber (D. C. ). 

AR. Yèvres ( Duteyeul ). 
102» Valerianella eriocarpa (Desv.). 

RR. Varize (Duteyeul). 

LXXri 

COntPOSÉES (AdMU) 

103» Petasites vulgari8(De3f. ). 

R. Chaussées des moulins de Moncelair et du Verger ( Bellamy ). 
104" Micropus erectus (L. ). 

AR. Lutz, Élumignon près Varize ( Duteyeul ). 
105" Senecio viscosus ( L. ). 

AR. La Sablière (Vuez). Saint-Maur-sur-le-Loir (Coudray), 
106» Inula heleniura (L.). 

R. Yèvres ( Duteyeul ). 
lO?" Inula graveolens(Desfon). 

RR. Lanneray, entre Douy et Cloyes (Lefèvre). Parc de la Perrine 
(Juillard). Grand chemin du bois de la Roche (Coudray). Chantemesle 
(Vuez). 
lOe* Chrysanthemum segetum ( L. ). 

AR. Logron ( Duteyeul ). Langey , Cloyes ( Coudray ). 
109» Amoseris minima ( Gaertn ). 

AR. La Boulidière ( Bellamy ). Conie, plaine de Saint-Denis ( Vuez ). 
HO" Tragopogon majus ( Jacq. ). 



ly Google 



AR. CormainviUe (Lefëvre). 
111° Gfaondrilla juncea ( L. ). 

AR. Beauce dunoise (Duteyeul). I^es RécoUets, Ozoir-le-6reuil (Coudray). 
lis** Lactuca perennis^('L. ). 

AR. Bonneval, Varize ( Duleyeul >. Lutz, Ozoir-le-Breuil (Coudray). 
113° Sonchus paluBtris ( L. ). 

R. Gourbehaye (Duteyeul)- 

LXXIll 
jUIBROSIACÉES ( UMh. ) 
114° Xanthium spinosum (L. ). 

RRR. Cour de la RainvUle ( Coudray ). 

APÉTALES NON AMENTACÉES 

LXXIV 
A91ARANTHACÉES ( Jiiaa. ) 

H&> Polycnemum arvense (L. ). 

AR. Variété majus. Bords de la route entre Jallans et Varize, Lutz 
(Duteyeul). Orgères (Coudray). * 

LXXVI 

roiiVeoivÉEs (jum.) 

116> Polygonum dumetorum (L. ). 
AR. Douy ( Bellamy ). 

LXXXII 
BAPHIV*U>ÉEft (VMi*.) 

1170 passerina stellera (L.). 

AR. Entre lallans et Varize ( Duteyeul ). Lutz, Autbeuil ( Bellamy ). 
118» Daphne laureola (L. ). 

AR. Bois de la Roche (Bellamy). Bois de Villemore (Vuez). Cpnie, 
Varize ((Duteyeul ). Courtalain ( Coudray ). 

LXXXII 1 



I (UMb.) 
119° Hippuris vulgaris ( L. ). 

AR. Cloyes, Montigny-le-Gannelon (Lefèvre). Douy (Bellamy ). Fossés 
de la Conie (Vuez). Dheury (Coudray). 
LXXXV 
AMSVOIiOCHlÉES ( JiUM. ) 
120° Arietolochia clematitis ( L. ). 



zBchy Google 



95 

AR. Courbebaye ( Duteyeul). BoirviUe, commune de Lutz (Coudray). 

LXXXVi 

EVPHORBIACÉI» (JwM.) 

131o Eupborbia platypbyllos (L. ). 

R. Chemin des Abrés près Saint-Denis (Bellamy). 
1220 Eupborbia I^thyris ( L. ). 

AR. Subspontané. Cbftteaudun, Holéans (Coudray). 
i23° Buxus sempervirens ( L. ). 

AR. Abondant près la Ferté-Villeneuil, dans les bois de la Roche et k U 
Grenouillère, commune de Nottonville ( Coudray ). 
LXXXVMI 

124" Ceratophyllum submersura ( L. ). 
AR. Nottonville, Courbebaye (Duteyeul). 

VÉGÉTAUX MONOCOTYLÉDONÉS 



AMMOÊACKE» ( JUM. ) 

1S&> Alisma ranunculoïdes ( L. ), 

AR. Vallée de l'Aigre (Vuez). Saint-Cbristophe, Poupry (Coudray) , 
126" Damasonium vulgare ( Cos. et Ger. ). 

AR. Mare près Lisambardière (Coudray). Mare k Péringondas ( Vuez). 
C 
IiIUACÉEti ( B. C. ) 
127" Omithogalum Pyrenaïcum (L. ). 

AR. Bois de Saint-Martin, cavée du Barry ( Bellamy ). Varize, Nottonville 
( Duteyeul ). Bois de Moléans ( Vuez ). 
128o Gagea arvensis (Scbult). 

AR. Varize, Nottonville (Duteyeul). 
129» Scilla autumnalia ( L. ). 

AR. Varize, Saumeray (Duteyeul). La Sablière, Lulz, Le Mée (Coudray). 
i30<> Scilla birblia(L.). 

R. Nottonville ( Duteyeul ). 
131<> Muscari racemosum (L.). 

AR. Abondant à la Natterie, commune de Nottonville, et à Thiville 
(Coudray). 



ZBchyGOCX^IC 



J 



96 

CJII 

IBIDÉES (Jiaw.) 

i32o Iris fœtidissima (L. ). 

AR. Varize, Pommay (Lefèvre). BoisdeUEoebeetdeViUemore (Vuaz). 
Bois du Croc-Marbot et la Grenouillère près Nottonvîlle (Coudroy ). 

cv 

•BCmilÉEfl ( ftuM. ) 

13»» Orchte ustulata <L. ). 

AR. La BouUdiëre ( Betlamy ). Lee bois de la Roche ( Coudray ). 
134» Orchis coriophora (L. ). 

AR. Yèvres, ChatUlon { Duteyeul ). 
135* Orchis simia ( Lam. ). 

AR. Varize, Nottonville ( Duteyeul ). 
i36« Orchis mUitaris ( L. ). 

R. Saint-Denis (Marquis). 
137" Orchis laxiflora ( Lam. ). 

AR. La Boulidière (Bellamy). Cloyes, vallée de l'Aigre. 
d38° Gymnadenia conopsaa (Rich.). 

AR. Moléans (Duteyeul). Cloyes (Coudray ). 
139" Gymnadenia viridis(Ricli.,). 

AR. La Boulidière ( Bellamy ). Yèvres ( Duteyeul ). 
140* Aceras pyramidalis (Rich. ). 

R. Varize ( Duteyeul ). 
141» Opbrys aranifera (Huds). 

AR. Conîe, Varize (Duteyeul, Vuez). Courtalain ( Coudray ). 
Hâ" Spiranthes autumnalis (Rich. ). 

R. Cloyes près le ruisseau d'¥ron ( Coudray ). Greslard (Desbans). 
143" Neottia nidus-avis (Rich.). 

AR. Varize (Lefèvre). 
144» Epipactis palustris (Crantz). 
AR. Conie, Moléans (Vuez). 

cvir 
JinvcAcoréiM ( lucii. ) 

itàf Tryglochin palustris ( L. ). 
AR. Douy (Bellamy, Vuez). Conie (Coudray). 



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07 

POTAnÉES ( JUH.) 
\4&> Potamogeton acutifolium (Link. ). 

RRB. Ctaàteaudun (Duteyeul). 
147» Potemogeton pusillum ( L. ). 

AB. NottOQville, vallée de l'Aigre (Lefèvre). 
i48* Potamogeton compre3suin(L.). 

BR. Fossé au bas des GAts (Vuez). 
CXll 
TTPHACÉEfl (J«us.) 
149» Sparganium natans (L. ). 

RR. Abondant dans les Fossés de la Conie à Molitard ( Coudray ). Conie 
(Duteyeul). Fossé au bas de GAts à Ghflteaudun (Vuez). 
CXIIl 
jrOBIۃE8 ( 0. C. ) 
150» Juncus pygmœus. (Thuillier). 

R. Bords d'une mare près Vlllemore ( Vuez). Poupry (Coudray). 
iErl» Luzulamaxima (L. ). 

HR. Abondant sur les coteaux des bords du Loir ( Juillard ). 
CXIV 
CTPÉRAClRBft ( J ww. ) 
ISS" Carex paradoia (Voild). 

R. La Conie à Vallières ( Coudray ). 
153» Heleocharis ovata (Brown). 

RR. Mare du Moulin-Rouge près Cloyes ( Vuez ). 
154*' Ëriopbonim angustifolium ( Roth. ). 

AR, La Conie (Vuez). La Mottraye, Romilly ( Lefèvre ). 
155° Eriophorum latifolium (Hoppe). 

AR. Vallée de la Conie ( Vuez ). 
156" Cyperus longus (L. ). 

R. Marboué (Duteyeul). Fossés des Abrés (Vuez). Moulin-à-Tan et la 
Boîssière ( Coudray ). 
IS?" Cyperus flavescens (L. ). 

AR. Vallée du Loir à Douy (Vuez). Vallée de la Conie i. Moléans, Saint- 
Ghristopbe ( Coudray ), 
158" Cyperus fuscus ( L. ). 9. 



DioilizBchyGOCX^IC 



du Loir à Douy (Vuez). Vallée de la Conie à Moléans, Marais 
dray ). 

compressus (Pers.). 
3udray). 

cxv 

C3RA]HinrÉES ( JuM. ) 

oryzoïdes(D. C. ). 
Christophe (Juillard). 
ccerulea (Arduin). 
uteyeul ). 
gigantea (Will). 
Varize (Duteyeul). 

ÈGÉTAUX ACOTYLÉDONÉS 

ACROGÈNES 

CXVI 
F«tteÈRKS ( JwM. ) 

t officinarum ( C. Bauh ). 

le l'église et vieux pont sur le Loir à Bonneval, église du 

(enis ( Coudray ). 

lium aculeatum ( Coss et Ger. ). 

la Varenne (Vuez). Unverre (Coudray). 

lium abbreviatuin ( D. C. ). 

i, la Varenne < Vuez). 

lium callipleris ( Coss et Ger. ). 

-enne de Molitard, marais entre Moléans et Molitanl ( Vuez ). 

lium thelypteris ( Stremp. ). 

; de la Conie ( Vuez ). 

CXIX 
CHAIkACÉeS ( II. ) 

yncarpa ( Coss et Ger. ). 
i(Vuez). 

Ii&teaudun, 2 juillet 1867. 



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ARNAUD DE BONNEVAL 

Son Abbaye. — Ses Contemporains. — Ses Œuvres. 



Au milieu du XII* siècle, de 1144 à 1156, tandis que Lambert Ucors 
louait à GhAteaudun lagloirede l'invention des vers héroïques, un religieux 
modeste, honoré de l'estime des esprits les plus distingués, écrivait non 
loin de là, dans le silence du cloître, des ouvrages dignes du respect de la 
postérité. 

ERNAtJD , et plus communément Arnaud , 14« abbé de Bonneval , n'a 
pas même pu conserver son nom dans l'histoire du pays que sa vertu et 
son talent méritaient d'illustrer : Bordas, suivant des errements antérieurs, 
l'a confondu avec le moine Godefroy, comme lui historien partiel de Saint- 
Bernard. Avec la propriété de son nom, une sorte de fatalité a condamné 
pendant longtemps l'abbé de Bonneval à perdre aussi la propriété de ses 
œuvres : une portion a été, pendant des siècles, attribuée à saint Cyprien, 
Erreur bien honorable pour celui qui en était l'objet : elle prouve quel cas 
l'on faisait de sa doctrine dans le monde savant. N'accusez personne de 
ces injustices Uttéraires : accusez-en seulement l'humilité d'Arnaud. Il 
adresse au pape Adrien IV son traité des Œuvres principales du Christ 
et il dit : a J'ai envoyé ce livre à Votre Paternité, en supprimant mon 
nom. » Et plus haut, dans le même prologue : « Je ne cherche point à 
me faire un nom, je ne demande à personne la célébrité : n'étant rien de 
moi-même, je ne m'avise pas de me croire quelque chose. » Vous le voyez, 
Messieurs, il voulait l'oubli, il l'a trouvé. 

L^ événements ont semblé seconder ses désirs. La vie d'Arnaud n'a 
jamais, que je sache, été écrite par personne et pour une excellente raison : 
Les documents qui eussent pu servir de base ont presque tous été 
brûlés par les Calvinistes dans le sac de l'abbaye au XVI» siècle. Je déplore 
amèrement cette perte : elle est irréparable. Les chartes et les annales de 
Bonneval devaient contenir des faits précieux pour l'histoire de Ch&teaudun 
et que l'archéologue chercherait inutilement ailleurs. 

Toutefois le soleil de l'immortelle vérité s'est levé sur cette noble mémoire 
si amie de l'obscurité. Ce nom qu'Arnaud avait banni de ses ouvrages a 
reconquis sa place dans les copies dues à la plume de ses amis et de ses 



DioilizBchyGOCX^IC 



100 

admirateurs. Des manuscrits jusque là inconnus ou peut-être oubliés sont 
venus trahir l'humilité de l'enfant de saint Benoist. Le nom d'Arnaud, abbé 
de Bonneval, brillait au frontispice. De ces découvertes faites non-seulement 
en France, mais encore à l'étranger, même par des mains protestantes, il 
résulta qu'à la Un du XVII^ siècle on était en possession de tous les ouvrages 
d'Arnaud. Ses lettres seules font malheureusement défaut et les. éloges que 
leur prodigue un savant évëque contemporain nous rend leurabsence encore 
plus regrettable. 

Avant d'énumérer ces opuscules, nous allons essayer de faire connaître 
cet homme qui fut honoré d'illustres amitiés : ce qui ne l'empôcha pas 
d'être en butte à l'animosité et à la persécution. Bemier, l'abbé le plus 
célèbre après lui dans ce monastère, alla selon toute probabilité chm'cher 
une retraite à Cluny vers 1140. U siégeait encore en 1135. Le successeur 
d'Arnaud, que les savants auteurs de la Gallia n'ont pu nommer avec 
certitude, est connu aujourd'hui, grâce au cartutaire de Notre-Dame. 11 
s'appelle Godescal, et on ûxe à 1160 la date d'une charte émanée de lui. 
C'est entre ces deux époques que l'éminent religieux qui nous occupe 
administra l'abbaye, sans qu'on puisse préciser ni son avènement ni sa Qn. 

Dom Mabillon pense qu'il sortait de Marmoutiers. Il me parait plus 
probable qu'il él^t du diocèse et peut-être même d'un monastère de la 
ville de Chartres. Le savant Trithéme l'appelle Arnaud de Chartres. Il 
a parlé de sûnt Bernard, de Geoffroy et du comte Thibaut, en homme bien 
instruit de leurs actes : il parait les avoir connus particulièrement. Or saint 
Bernard vint plusieurs fois à Chartres : il eut des relations non-seulement 
avec l'évéque, son inséparable ami, mais avec les abbayes. Les moines de 
Saint-Père lui écrivirent une lettre pour avoir son avis au sujet de l'obliga- 
tion de la règle, tl leur adressa en réponse son beau traité du Précepte et 
de la Dispense ; mais comme ils lui avaient écrit sans l'aveu de leur abbé, 
par respect pour l'autorité et les traditions monastiques, c'est & l'abbé de 
Coulombs qu'il envoie cet opuscule en forme de lettre. On ne voit pas 
qu'Arnaud eût eu à Tours les mêmes facilités de connaître ces grands 



D'accord avec l'histoire, je n'hésite point à donner cet éloge au comte 
Thibaut et à l'évéque Geoffiroy. 

L'un, entraîné d'abord dans des guerres désastreuses par le malheur et 
la force des circonstances, St ensuite autant de bien à ses peuples et surtout 
aux pauvres que d'autres leur faisaient de mal à la même époque. Les 
nécrologes des abbayes, des cathédrales, des hêpitaux, des léproseries 
racontent ses largesses et bénissent sa mémoire. Dans tous les documents 
que nous avons pu lire, son nom n'apparaît jamais qu'escorté d'une aumône, 
n budrait faire l'histoire des fondations religieuses de ce temps pour les 



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101 

énumérer toutes. A partir du jour oii il résolut de déférer aux sages avis de 
l'abbé de Claîrvaux (1), < il apprit à recbercher avec compassion tous les 
( malheureut : à donner aux uns des vêtements, aux autres des aliments ; 
< il s'accoutuma à visiter les hftpilaux et à ne pas reculer d'horreur en 
f voyant les plaies des malades. Réprimer les oppresseurs des pauvres, 
« défendre la veuve et l'orphelin, compatir et prêter, baser toutes ses 
t décisions sur la sagesse et pourvoir à la paix de l'Église... » fut ce 
que saint Bernard ne cessa de lui recommander. A Chartres comme à 
Ch&teaudun, il semblait avoir adopté les lépreux pour ses amis de prédi- 
lection. 

Il fut la providence de son peuple au milieu de la famine et des calamités 
de tout genre qui affligèrent la-France sous son règne. Son nom est resté 
légendaire, et dans la forêt de Marchenoir, non loin de l'Aumône qu'il 
fonda, un vieux chêne sept fois séculaire, dont la plantation lui estattribuée 
par la tradition, essaie encore de reverdir pour éterniser le souvenir du 
comte Tibaut I 

Qaant à l'évêque Geoffroy de Lèves, il fut pendant 15 ans légat du pape, 
présida des conciles, prononça comme arbitre dans les causes les plus 
importantes, donna dans sa ville ëpiscopale l'hospitalité aux rois et aux 
papes, et mérita en sortant de charge d'être cité par saint Bernard comme 
le modèle le plus accompli du désintéressement : chose assez rare en ces 
temps-là I 

Tels furent les deux hommes dont Arnaud eut le bonheur d'être le 
contemporain, l'ami et l'admirateur. 

Son histoire de saint Bernard où nous puisons en partie ces détails nous 
porte à conclure qu'il était de ce pays. Saint-Père, qui a fourni' des abbés 
à Bonneval à cette époque, a bien pu lui donner aussi celui-là. 

Un passage de sa préface .au pape Adrien IV ( De operibus Christi 
eardinalAus ) nous prouve qu'il n'accetita qu'en gémissant et malgré lui 
cette charge redoutable. C'était dans les monastères une coutume, 
louée par les plus saints personnages, de choisir l'abbé dans une autre 
abbaye : l'élu était pris dans les plus réguUëres. Mais il arriva au 
Xn* siècle que de fervents religieux, tirés de saintes maisons, enflammés 
de ce zèle qui avait restauré ou établi l'antique discipUne à Ctteaux et à 
Clairveaux parurent un peu trop austères dans les cloîtres qu'ils étaient 
appelés à diriger. Dans tous les temps, gouverner les hommes a été regardé 
comme l'art des arts. Et cette vérité a son application même dans l'Église 
et au milieu des sages de la solitude. Plus d'un abbé, pour avoir voulu 



H ) Vie de Bainl Bernard : Arnaud de Bonneval. 



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102 

imiter Clairvaux ou son abbaye mère, trouva les moines rebelles et fut 
obligé de chercher retraite ailleurs. 

Bonneval, plus que toute autre maison, nourrit pendant longtemps un 
esprit d'opposition et de tracasserie à l'endroit de ses supérieurs. Trois 
abbés, avides de la paix (jui leur était refusée, laissèrent la crosse si 
épineuse pour leurs mains, et se retirèrent à Saint-Benoist, à Marmoutiers 
ou à Cluny. Pierre le Vénérable, abbé de ce dernier monastère dont les 
religieux habitaient en cette ville le prieuré du Saint-Sépulcre, nous fait 
connaître la situation de Bemier, prédécesseur d'Arnaud. (Nos honorés 
confrères savent que ce fut du temps de Bernier et & sa demande qu'Yves 
de Chartres donna l'église de Saint-Pierre de Ch&teaudun à l'abbaye de 
Bonneval. ) 

Ce n'est pas sans un certain charme (jue je prononce le nom de Pierre 
de Montboissier dans une contrée et dans une compagnie ott ce nom est 
demeuré vivant après tant de siècles, et toujours aussi honorablement 
porté. Pierre écrit donc à l'évéque Mathieu : « L'abbé de Bonneval, qui est 
« situé près de Chartres, se propose de venir à Cluny avec bon nombre 
€ d'hommes réguliers et sages, si, par l'entremise de votre prudence, il 
« peut en obtenir ta permission du pape. Vous connaissez les moti& qui 
« font qu'il ne peut plus être retenu bien longtemps par les siens. Il vous 
« supplie de vouloir lui récrire à ce sujet, s Ce passage est remarquable. 
L'abbaye n'est point tombée dans un relâchement général. On y compte 
un grand nombre d'hommes vertueux et sages : mais l'humeur turbulente 
de quelques esprits insoumis leur rend la vie à charge, et Us veulent aller 
servir Dieu avec plus de ferveur à Cluny. 

Une autre preuve que cette maison n'avait point perdu sa bonne réputa- 
tion, c'est qu'il en sortit, en ce temps, des abbés distingués. Un gentilhomme 
du Perche, nommé Thibaut, disciple de Suger, avait porté l'habit noir de 
Bonneval : il devint abbé en Lorraine. Un autre, beaucoup plus célèbre et 
qui portait le même nom, fut honoré de la charge de prieur de Fontaine- 
lez-Blanches , au diocèse de Tours , devint premier abbé de Clermont 
dans le Maine , puis, élevé à la dignité épiscopale sur le siège de Rennes, 
après avoir rebAti sa cathédrale, il mourut en laissant après lui la réputa- 
tion d'un saint. 

La succession n'en était pas moins fort difficile pour Arnaud. Au dedans 
U trouvait des moines qui regimbaient contre la réforme ou tout au moins 
contre «ne application austère de la règle primitive : au dehors, la guerre 
et la spoliation. 

De 1140 à 1144, le roi Louis le Jeune est en lutte avec le comte Thibaut. 
Bien que la Champagne fdt le principal thé&tre des hostilités, le Dunois eut 



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108 

de lourdes charges k supporter. Mais un ennemi beaucoup plus voisin et 
plus nuisible fut Ebrard du Puisel. 

On eût dit que cette fômille était destinée à être le fléau de la Beauce. 

Tantôt Fresnay-l'Évêque, tantôt les dépendances de l'abbaye de Saint- 
Père dans ce rayon, étaient l'objet des déprédations du farouche vicomte. 
Chaque jour il.tombait chez les hôtes du monastère, depuis que l'histoire 
des revers de ses ancêtres lui avait appris à respecter le domaine de Toury. 
Sous le prétexte du droit de past et de gîte dont personne n'avait jamais 
entendu parler, il dévorait la substance des pauvres tenanciers. Pour faire 
diversion, il s'abattit sur le territoire de Cormainville et vint y piller les 
récoltes de l'abbaye de Bonneval en soumettant ses gens à de semblables 
vexations. Il fallut une charte de Louis le Jeune , datée du palais de 
Janville, en 1141, pour le débouter de ses droits prétendus sur la terre de 
Cormainville. Je doute qu'un parchemip même royal fût un rempart 
suffisant pour l'arrêter, car une patente en faveur de Saint-Père, émanée 
du même prince et donnée à Paris en 1143 avec menaces à l'appui, atteste 
que ses procédés à l'égard des biens d'église n'avaient pas encore changé. 

Pour mettre le comble aux calamités de notre illustre abbé, l'année 1144 
fut désolée par la famine. C'est à cette triste situation que semble se 
rapporter la première lettre d'Arnoul, évéque de Lisieux, à son ami 
Arnaud. 

Amoul, Messieurs, fut un des principaux personnages de son temps, 
une des gloires de l'Église. Orateur, il fut chargé du discours d'ouverture 
au concile de Tours en 1163; écrivain distingué, il dédia à notre évêque(l) 
l'un de ses livres. Quoique placé sous la domination des rois d'Angleterre 
et fidèle à leur dynastie, il fut attaché à son suzerain te roi Louis le Jeune. 
Avant la croisade, il lui prêta des sommes considérables. Il se croisa avec 
lui et le suivit en Orient en 1147. Le roi lui fit rendre les valeurs avancées 
en signifiant à son ministre Suger de faire don à &on ami Amoul de son 
meilleur vin d'Orléans. D'où l'on, peut inférer que Bordeaux était alors dans 
le GAtinais. 

Nous avons trois lettres de lui, en réponse à celles d'Arnaud. Ce sont 
les seuls documents qui nous révèlent quelques particularités de sa vie, et 
malheureusement ils sont sans date. 

Après mûr examen, nous assignerions l'an 1140 à la première ; les Béné- 
dictins font remonter la seconde à 1144 ou 1145 : pour nous, la dernière 
ligne, où il est fait allusion aux graves délibérations des deux rois de France 
et d'Angleterre réunis, nous oblige d'indiquer Tannée 1158. La troisième a 

m Geoffro}' de Lèves, êvéque de C.harlres. 



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104 

certainement trait au départ d'Arnaud pour Rome. U s'agit de son second 
voyage. Ce serait vers il55. 

Ainsi la première de ces lettres nous reporte au début de l'administration 
de l'abbé de Bonneval. L'évéque de Lisieux en a reçu de tristes nouvelles 
par l'intermédiaire de l'abbé Philippe. (C'était peut-être celui qui, sorti de 
Bomieval, fut appelé à gouverner l'abbaye de Clermont. J II apprend sa 
maladie, ses chagrins domestiques et enfin l'atroce persécution dont il est 
victime : penectUoria immanitas. Il est certain qu'Arnaud fut en butte à 
des tracasseries d'intérieur qui lui firent, pendant tout le temps de son 
administration, désirer l'abdication. Quant & l'agresseur du dehors, nous te 
trouverions dans la personne d'Ebrard du Puiset. 

Désireux de mettre sa conscience en repos et de faire taire les murmiu^s, 
Arnaud résolut d'aller & Rome exposer sa conduite au Souverain Pontife , 
avec la volonté de se soumettre entièrement à sa décision . Le pape Lucius U 
venait d'être intronisé sur la chaire de saint Pierre. L'accueil le plus 
honorable fut fait au pieux voyageur. On rendit pleine justice à son esprit 
religieux et à la droiture de ses intentions. Il obtint de la cour romaine la 
confinnation des privilèges de son abbaye. L'évéque de Lisieux, se trouvant 
à Tours, reçut un message de Bonneval. Arnaud lui Ëiisait conn^tre l'heu- 
reux succès de son voyage, et l'évéque d'Évreux, Rotrou. de Warwik, lui 
apportait en même temps la nouvelle du retour de son ami. On était alors 
en 1144 ou 1145, suivant les auteurs de la GaUia. Il s'empresse de lui 
répondre : « Je me suis réjoui et du succès de votre voyage et de ce que 
« l'Église a reconnu, avec l'honneur qui leur est dû, votre prudence et votre 
« intégrité. Vous mettez le comble à ma satis&ction en m' annonçant que vous 
( vous proposez de venir me visiter prochainement. » Nous doutons que ce 
projet se soit jamais effectué. Dans cet appel fait à l'impartialité et aux 
lumières de ce tribunal suprême de la Papauté, on volt que notre illustre 
compatriote poursuivait un doublebut. Aux détracteurs de son administration, 
à la faction rebelle en un mot, il opposait la sentence du chef de l'Église et 
le témoignage de son honorable approbation ; contre les envahissements 
du dehors, il s'armait de cette charte, émanée de l'autorité la plus révérée 
de la terre, portant confinnation des privilèges de son abbaye. 

La tendresse d'un ami tel que l'évéque Amoul dut adoucir plus d'une 
fois les peines de notre savant abbé. Les termes avantageux dont ses lettres 
sont remplies nous représentent l'abbé de Bonneval comme un esprit 
charmant, que l'on n'écoute jamais sans fruit et dont les entretiens ont ui^ 
incontestable agrément. « Je me rappelais, s écrit cet évéque, l'un des 
honmies les plus éloquents de son siècle, < je me rappelais le beau talent 
€ que la divine Providence vous adonné pour écrire : talentoù l'on ne sait 
c ce que l'on doit le plus admirer ou de la richesse du fond ou du bonheur 



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105 

c de l'expression. Chez tous, tout est en harmonie, tout se soutient : U 
( majesté des choses n'est point à l'étroit dans l'indigence de l'expression, 

< et la dignité du style n'est point accablée sous la grandeur de la pensée. » 
Cette appréciation d'un écrivain distingué a l'avantage d'être l'expression 
même de la vérité. Amoul a parlé comme la postérité. 

Dans les heures de calme qu'il put dérober aux tracas d'une grande 
administration, l'abhé Arnaud composa plusieurs ouvrages théolc^iques 
que noD& possédons. Il s'y révèle penseur profond et original, écrivain 
élégant et énidit, théolc^ien toujours exact et éminemment édifiant. Le 
traité de l'Œuvre des six jours, l'une de ses oeuvres capitales, est un bon 
commentaire du commencement de la Genèse. On y trouve cette pensée 
qui, & elle seule, vaut un livre : < Nous avons coutume de croire facile- 
c ment lorsqu'on nous conseille une chose que nous désirons. Si Adam 
« ou Eve, sachant que c'était le démon qui leur parlait, ont cédé à ses ins- 
« tigations et méconnu Dieu, dans cet acte pernicieux ce n'est pas seule- 
c ment un trait de désobéissance que je vois, j'y trouve la foi mise en 

< oubli et un acte véritable d'idolâtrie. On est idolâtre lorsqu'on se fait 

< Dieu soi-même ou lorsqu'on défère la divinité à d'autres qu'à Dieu. 
€ (Vous serez comme des dieux....) Auteur et inventeur de l'Idolâtrie, 
f déjà il apprenait à multiplier les dieux et semait l'erreur qui, gr&ce à 
* uneinfinité de vainesidoles,feraitméconnaitreruniqueetvraie Divinité. > 
— Plus bas il ^t cette réflexion : t Toute notre gloire est non dans le lieu 
« que nous occupons, mais bien dans notre esprit : c'est la vie et non le 
c lieu qui fait le bonheur, s 

Plus d'une fois, en le voyant remonter à l'étyraologie des termes de 
l'Ëcriture qu'il cite, il nous a semblé que la langue hébraïque ne lui était 
point étrangère. Pareillement nous inchnons à lui croire des connaissances 
médicales et anatomiques. On sait- que de son temps le cours complet 
d'études embrassait la médecine. Les monastères en particulier fournirent 
d'habiles praticiens, et saint Fulbert, avant d'être évêque de Chartres, était 
un grand médecin : il nous reste de lui une consultation. .Voici deux 
passages à l'apputde notre supposition (Arnaud). * Le même poison produit 

< des effets morbides différents, et la même diffusion qui engendre ici la 
t phrénésie, produit ailleurs l'apoplexie. Sous l'action d'un même virus, 
c vous voyez les uns mourir, d'autres se dessécher lentement. > Il établit 
une comparaison saisissante et originale entre le monde et l'homme qui est 
un diminutif de ce grand univers. « Le cerveau avec ses cellules est abrité 
c sous le crâne qui nous rappelle la voûte arrondie du firmament. Des 

< membranes appelées méninges enveloppent la masse cérébrale : ce sont 

< comme des réseaux de nuages qui tempèrent de leur humide contact la 
■ chaleur supérieure, de peur que par excès de sécheresse ce mouvement 



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106 

f vital ne s'épuise. A l'inatar du ciel, l'homme porte à sop front deux 
« remarquables flambeaux toujours lumineux du feu intime de la pensée. 
« L'air qui nous environne de ses courants se retrouve en petit dans 
• l'aspiration et l'expiration. Vous avez des ruisseaux dans ces liquides 
( qui, contenus dans les veines, comme dans leur lit, circulent dans tout 
t le corps par un mouvement incessant, perenni lapaw eireumferuraur , et 
•: tous les collecteurs inférieurs sont l'Océan où tout aboutit. Le coeur est 
c de feu ; il épuiserait les sucs du corps par son activité perpétuelle, s'il 
< n'était rafraîchi par le souffle du poumon qui fait l'ofBce d'un éventail, 
c Puis ta chair c'est la terre de ce petit monde, vivifiée et fécondée par la 
a chaleur du cœur... L'homme semble verdoyer dans l'enfance, il est dans 
« sa fleur & l'adolescence, il donne des fruits dans la vieillesse. » 

2. — Le deuxième ouvrage est un conunentaire sur le Psaume ISS*. 

3. — Un traité des Sept dons du Saint-Esprit. 

4. — Les Œuvres principales du Christ. Ce livre, un de ses oposcules 
les plus étendus, fut écrit après 1154 et composé à la demande du pape 
Adrien IV : il lui est dédié. 

On sent que l'auteur a voulu que la noblesse du style et des pensées 
s'élevassent & la hauteur d'un tel juge. 

5. — Paraphrase des sept paroles de N.-S. en croix. 

6. — Méditations. 

7. — Louanges de la Sainte- Vierge. Il a tracé la voie aux panégyristes 
qui veulent la louer d'une manière solide. C'est de ne s'appuyer que sur la 
vérité de l'Écriture. 

8. — Son histoire de saint Bernard, dont nous dirons un mot en son lieu. 
Cette oeuvre seule suflirait pour lui assurer une place honorable panni 

les écrivains. 

9. — Des lettres remarquables au dire d'Arnoul de Lisieux, malheureu- 



Qu'un homme d'une santé débile, sous le poids des aOkires, & travers les 
guerres et \es fléaux, malgré la longue absence causée par ses deux voyages 
à Rome, ait pu trouver en peu d'années le temps d'écrire autant et si bien, 
c'est assurément un grand mérite, la marque d'un génie studieux. 

Les occupations d'un abbé étaient f6rt multipliées. 

Bonneval posséda jusqu'à 28 cures et 18 prieurés, répandus sur une 
grande étendue de pays. Le chef de cette vaste administration avait à 
diriger un nombreux personnel. Grand propriétaire foncier, chaque 
métairie, un jour ou l'autre, lui créait une contestation : car toutes 
les affaires litigieuses et difficiles revenaient chercher une solution h son 
tribunal. Il intervenait dans toutes les transactions. C'est ainsi que nous le 
voyons vendre une petite terre à l'évéque Godefroy, son ami, dans levoisi- 



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107 

nage des prés deVévëché de Chartres. Godescal, son successeur ( cartulaire 
deN.-D. ), le qualifia ainsi dans la charte conlînnative : « Arnaud, ministre 
de l'Église de Bonneval. » 

L'abbaye exerçait l'hospitalité envers les princes, les prélats et les parti- 
culi»:^. Pierre le Vénérable nous apprend qu'il en était si obsédé qu'il lui 
restait à peine le temps d'écrire une lettre. Ce n'étaient là que les occupa- 
tions extérieures. Je ne parle pas de l'obligation de faire des levées 
d'hommes et de les conduire en guerre, de les faire subsister au loin et 
même de les équiper de chevaux : plusieurs abbayes étaient soumises à 
cette contribution. Je laisse également de côté la douloureuse nécessité de 
relever les prieurés et de reconstituer les fermes, après les ravages des 



A. l'intérieur, l'abbé avait d'autres soins qui faisaient comme le principal 
de sa chaîne. D avait à présider les ofiices de jour et de nuit. Il instruisait 
ses moines par de pieuses homélies et dirigeaittoute cette petite république. 
Il veillait au progrès des études des jeunes rel^eux. Les livres étaient 
rares, et il fallait pourvoir à leur multiplication par des copies. Comme 
spécimen de ces beaux vélins, on conservait à Paris, avant nos révolutions, 
un manuscrit de l'abbaye de Bonneval, contenant une collection d'anciens 
canons. De plus , eu 861 , époque où les retiques de saint FlorenUn 
et de saint Hilaire furent transportées d'Âinai à Bonneval, ce fut un moine 
de l'abbaye qui écrivit le récit de cette translation. Les Annales Bénédictines 
signalent encore une brève chronique composée dans le même monastère. 
Ces humbles débris, bien propres à nous faire regretter le reste, nous 
apprennent que les études n'y étaient pas négligées. 

Du reste l'abbaye en général n'était pas seulement un lieu de prière : 
toutes les professions, tous les procédés mécaniques, tous les arts s'y 
donnaient rendez-vous. « Ce refuge des livres et du savoir, dit dom Piolin, 
abrifait des ateliers de tout genre, et ses dépendances formaient ce qu'on 
appelle aujourd'hui une ferme modèle. Il y avait là des exemples d'industrie 
et d'activité pour le laboureur, l'ouvrier, le propriétaire. » 

Jusqu'au temps d'Arnaud les architectes des monuments religieux éfaient 
toujours des clercs ou des moines. Ses contemporains n'avaient point 
dégénéré. L'abbaye de Saint-Calais possédait des hommes habiles dans 
tous les arts. L'abbé Adaélelme était à la fois architecte et sculpteur. 
L'incendie ayant détruit l'église de Saint-Benoit-sur-Loire, ce fut lui qui 
dirigea les travaux de reconstruction. La Trinité de Vendôme possédait 
dans la personne du moine Jean un artiste consommé. L'évêque du Mans 
l'emprunta à son abbé afin d'en faire l'architecte de sa cathédrale : il fiit si 
ravi de son talent qu'il ne voulait plus le rendre. Des religieux voisins de 
Courville offrirent, dans ce même demi-siècle, de rebâtir les murailles de 



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cette ville, à la condition de jouir du prieuré, et la rivalité seule de Marmou- 
tiers vint mettre obstacle à leur projet. Saint-Laurent k Boi3ville-la-Saint- 
Père était au X* siècle une des rares églises b&ties en pierres : la grande 
abbaye avait mis là son cachet. A. la suite des ravages des Normands, en 
présence d'incendies sans cesse renouvelées, dans nos contrées en parti- 
culier, au souvenir de l'embrasement de Chartres et de Nogeot-te-Hotrou 
détruits dans la 1" moitié du XII* siècle, on recourut enfin h des matériaux 
plus durables. La plupart de nos églises remontent à cette époque. Mais 
dans les propriétés des riches abbayes on remarque des matières premières 
mieux choisies, plus d'art et plus de solidité. Les restes de constructions 
antiques de l'abbaye de Bonneval, les colonnes de l'ancienne église du mo- 
nastère et l'église parroissialê tout entière : les fenêtres & meneaux, les 
moulures saillantes et les impostes sculptés répandus dans la ville nous 
donnent le droit de penser qu'alors comme plus tard on cultivait l'archi- 
tecture chez les enfants de saint Benoit. 

Une lettre du docte Fulbert, évéque de Chartres, vient nous révéler 
la part que les moines de Bonneval prenaient à l'agriculture. L'abbé 
Salomon fut cité à comparaître avec ses religieux pour se justifier 
dans une certaine afEaire. L'envoyé ne ti^iuva personne à l'abMye, parce 
que tout le monde était aux champs : notification faite & l'abbé, il répondit 
qu'étant alors occupés à leur moisson, lui et ses moines n'avaient pas le 
temps de s'occuper de procès. Le contexte donne même à entendre qu'ils 
étaient à une certaine distance de Bonneval appliqués à ces travaux. 

Or, lorsqu'on jette un coup d'oeil sur l'ensemble des dépendances de 
Bonneval, on voit que le fleuron de la couronne abbatiale était le domaine 
et les dépendances de Cormainville. L'église, d'une architecture sévère du 
commencement du XII" siècle, n'était d'abord qu'un oratoire, surmonté 
d'un campanile oii trois clochettes s'agitaient dans des baies à jour. La 
ferme était contiguë, et les moines envoyés pour les travaux de la cam- 
pagne pouvaient suivre leur règle, réciter leur ofBce ; un cloître reliait les 
bâtiments d'exploitation à l'humble chapelle, et l'on voit encore une porte 
basse qui de ce cété leur servait d'entrée. L'architecture champêtre n'était 
point indigne de servir de modèle aux particuliers. La ferme monacale de 
Cormainville présente encore de belles constructions où ni les voûtes de 
pierre, ni les ceintres robustes ni tes nervures hardiment profilées ne 
furent épargnées. Sa grange monumentale , rivale de celle du chapitre & 
Presnay , fut pendant des siècles l'objet de l'admiration de ta contrée. A 
quelques pas de là, le monastère d'Arnaud possédait encore la belle 
métairie d'Ormoy. Un aspect féodal, une porte flanquée de deux tours, une 
clôture complète de bAtiments avec la Gonie pour rempart : telle apparaît de 
nos jours cette dépendance de Bonneval. Les eaux de la capricieuse rivière 



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1U9 

avaient été retenues danâ un bassin : on trouvait là un vivier trë^ poisson- 
neux qui fournissait une ressource assurée à la tabte des moines et des 
abbés; car Onuoy fut longtemps leur maison de campagne. Un oratoire 
ménagé dans te corps de logis leur permettait d'y retrouver l'abbaye. La 
fôçade générale avec ses fenêtres coupées de croisillons de pierre offre un 
aspect austère. On dirait à voir cet ensemble que les moines ont longtemps 
redouté les incursions du seigneur du Puiset et qu'ils se sont retranchés 
dans leur fenne, comme dans une citadelle. 

C'était dans ce pays, sans doute, qu'était retenu l'abbé Salomon, lorsqu'il 
s'excusa de ne pouvoir se rendre à l'invitation épiscopale. A une époque 
où toutes les céréales se coupaient à la faucille, il (allait pour recueillir de 
vastes moissons une infinité de bras. Or, si la camp^ne était à peu prés 
aussi étendue, les villages étaient beaucoup moins populeux qu'aujourd'hui. 
Près de là, le célèbre Suger léguait son exemple ulile aux méditations et à 
l'initiative industrieuse des agriculteurs Beaucerons : Toury avait vu tripler 
son revenu entre ses mains, et il créait à Guillerval une exploitation 
fbrtifiée, analogue à celle d'Ormoy. 

Ainsi la culture des champs, l'art de b&tir et la pisciculture (i) même 
étaient en honneur chez les religieux de Bonneval. 

Dans sa vie de saint Bernard, Arnaud nous décrit les merveilles d'activité 
déployées par les moines dans la constructiondeClairvaux; il nous apprend 
avec quelle industrie ils surent utiliser la force de l'eau : en le lisant il vous 
semble entendre le bruit des moulins et des machines mises au service de 
tous les métiers. Il est impossible que dans un monastère qu'environne le 
cours du Loir il n'ait pas appliqué lui-même ce qu'il a si bien décrit chez 
les autres. 

Cependant les années s'écoulaient et les bommes disparaissaient avec 
elles. Un jour Arnaud reçut un triste message. Son ami de cœur, le saint 
abbé Bernard, était gravement malade : la décomposition du sang, l'épuise- 
ment des organes, annonçaient une fin prochaine. Réduit à la plus grande 
Ëtiblesse, il avait voulu écrire une dernière fois à celui qu'il ne devait plus 
revoir. Il lui expose sa situation, afin de ne rien laisser ignorer à un ami de 
l'état de son ami : ce sont ses expressions. La chair souffre, mais l'esprit 
vit toujours. Il se recommande à ses prières : c Priez le Sauveur qui ne 
veut point la mortdu pécheur. Tai voulu vous montrer jusqu'à quelpointje 
vous aime en vous écrivant de ma main dans l'état où je suis. Il me serait 
plus doux de vous répondre que de vous écrire le premier. • Et ce fut la 
dernière lettre qu'il écrivit. C'était en 1153. — Pour juger Arnaud, il suCBt 



(1 1 Par ce mol aoua enlendons l'ari d'élefer ei de muUiplier les poiisoos. 

DioiiizBchy Google 



no 

de le placer entre l'éminent évéque de Lisieux et saint Bernard. Ces deux 
nobles amitiés fondées sur l'estime en disent assez. 

Dom MabiUon pense que l'abbé de Bonneval ne survécut guère à son 
ami, et place sa mort vers il54. La Gallia au contraire le suppose encore 
en possession de ses fonctions à Bonneval, en 1156. C'est à celte opinion 
que nous nous rallions. Et même il semble résulter des feiits qu'Arnaud 
a dû vivre au>delâi de cette date. Guillaume de Saint-Thierry avait 
laissé inachevée l'histoire de saint Bernard qu'il écrivait secrètement du 
vivant de l'illustre abbé. Les religieux de Clairvaux ne voulant pas, par un 
sentiment de déUcatesse , continuer eux-mêmes ce récit de la gloire 
paternelle, chargèrent de ce soin Arnaud de Bonneval. C'était une dette 
d'amitié à acquitter. Tout en s'excusant de son mieux, dans un délicieux 
prologue, tout en les déclarant responsables des faits de son incapacité, il 
dut se mettre & l'œuvre. Nous leur savons bon gré et la postérité les 
louera de leur importunité, car elle nous a valu de bien belles pages. Soit 
qu'il nous peigne Eugène m , toujours moine, toujours austère au-dedans, 
toujours vêtu de bure en secret, mais pontife et plein dedignitéau dehors; 
l'extérieur de son lit couvert de draperies et de pourpre, et la couche com- 
posée de balle et de paille ; soit qu'il mette en scène avec «ne sorte de 
complaisance le vertueux légatdu Sunt-Siége, Geoffroy son évéque, aussi 
équitable qu'incorruptible ; soit qu'il nous montre le comte Thibaut 
épuisant toutes les formes et toutes les inventions de la charité, courageux, 
résigné dans l'adversité, et plus .grand que ses malheurs eux-mômes ; soit 
enfin que, dans l'espace de huit chapitres, il nous initie à cette vie si pure, 
à cette attraction si universelle, à cet apostolat si fécond de saint Bernard, 
.\rnaud est toujours l'historien exact, lumineux et intéressant. La mort 
l'empêcha d'achever cet ouvrage qui finit au 2« livre. Il doitl'avoir composé 
après sa retraite. 

Quelque temps auparavant, toujours fatigué du fardeau de sa charge , 
il entreprit un second voyage à Rome. La dernière lettre d'Amoul semble 
indiquer ce départ. C'était sous le pontificat d'Adrien IV. Ce pontife ne 
trouva que des éloges pour qualifier l'administration d'Arnaud. Il ne voulut 
point accepter l'abandon qu'il désirait faire de sa dignité, pour rentrer dans 
l'obscurité. Bien plus, son estime alla jusqu'à lui commander d'écrire. Ce 
fut k sa demande qu'il composa , à son retour, le traité : Des œuvres 
principales du Christ : c Ce sujet relevé dépasse les forces de mon faible 
« esprit, mais vos ordres pressants. Père excellent, m'obligent d'essayer si 
« h force d'étude je ne pourrais pas ravir au sanctuaire quelqu'une de ses 
(t richesses.... Je me considère comme un être nul, moi qui vous ai 
n demandéavec beaucoup desupplicationsà n'être pas ce que jesuts, et qui ai 
« conjuré votre clémence de me délivrer de cette flammeoii je me consume. » 



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m 

Or Adrien IV ne fut élu qu'eD 1154. H lallut & l'abbé de Bonnevol le 
temps d'aller à Rome : un tel pèlerinage s'effectuait avec lenteur dans ces 
temps éloignés. Que l'on ajoute la durée de son séjour dans la ville étemelle, 
le retour, puis, i Bonneval, le délai sufBsant pour se mettre à l'œuvre et 
écrire un livre, on demeurera d'accord qu'Arnaud n'a pu quitter son 
abbaye avant 1156 au plus tôt. Il y a de grandes probabilités qu'il ne mourut 
qu'après l'année 1160. En effet le savant Trïthéme, qui vivait deux siècles 
après lui, en parle ainsi : < Arnaud de Gbartres floriasait vers l'année 
H60. » 

On pense qu'après la mort d'Adrien IV, si opposé k sa retraite , il profita 
de sa liberté pour suivre son inclination : on suppose, en le reU^uvimt 
parmi tes signataires d'une cbartre de Marmoutiers, sans qualification 
distinctive, qu'il se retira dans cette illustre abbaye où il aura enfin trouvé 
cette paix et' cette obscurité qu'il avait tant désirées. 

L'ABBÉ MARQUIS. 



LES PIERRES DRUIDIOUES 

DE L'ORHORICË ET M B0I8 DE L'ISLE 



COMMUNE DE M0NTB0IS8IER. 



C'était sur les confins occidentaux de la grande forêt Camute, séparée 
en cet endroit de la grande forêt du Perche (saltus Perticus), par une 
vallée peu étendue el une rivière assez paisible. Le sixième jour de la lune, 
de la dernière lune d'hiver qui commençait la première année de la dernière 
période trentenaire, avant la conquête des Gaules par les Romains, avait à 
peine lui (1 ). 



< 4 I Henri Marlio, HUiolre de France. lome 1 , page 6tl. 



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H2 

Les grands chênes de la forêt montraient partout leurs branches colo-i- 
sales dépouillées de feuillage. Sur deux ou trois seulement, le gui, c'est-à- 
dire la plante par excellence, qui ne se contente pas comme la plupart des 
parasites de s'enlacer autour de l'arbre nourricier, mais qui, loin de la 
terre, au sommet des arbres les plus élevés, s'implante dans leur écorce 
et se nourrit de leur sève, le gui offrait ses touffes épaisses de fleurs jau- 
nAU-es. 

Selon la belle expression d'un grand historien, c il présentât seuM'image 
' de la vie au milieu d'une nature stérile et morte » (1 ). 

Tout à coup le silence de cette solitude grandiose est troublé. C'est 
d'abord un munnure confus, puis des acclamations, des cris d'allégresse. 

Dans la vaste avenue de la forêt qui débouche sur la prairie, presque 
perpendiculairement au cours de la rivière, en face d'une grande e\ belle 
fontaine dont les eaux se perdent à quelques pas de là, voici venir une 
foule considérable. Elle s'arrête parfois auprès de grandes pierres fichées 
verticalement en terre à droite et à gauche de l'avenue. 
. Des prêtres vêtus de blanc se tiennent en tête, et l'un d'eux élève dans 
sa main droite une Ëiucille d'or. Ce sont des Druides qui célèbrent avec 
leur peuple le premier jour de la première année de la nouvelle période 
trentenaire, par la récolte du gui de chêne et l'accomplissement des fêtes 
et sacrifices usités. 

Bientôt le cortège arrive au pied du chêne le plus chargé de gui et ainsi 
désigné par la faveur céleste pour la récolte sacrée. Le Druide & la faucille 
d'or se détache des groupes, monte sur l'arbre et jette les rameaux de gut 
à d'autre Druides qui les reçoivent respectueusement dans une saie 
blanche, afin qu'il ne touche pas la terre ( 2 ). 

La récolte terminée, la foule continue sa marche vers la prairie sur les 
bords de laquelle se trouvent des groupes de pierres énormes. Alors, sur 
un autel colossal, sont immolés deux taureaux blancs dont les cornes 
viennent d'être liées pour la première fois (3). Pendant que le sang des 
victimes coule et que leurs entrailles fumantes sont avidement interrogées, 
la foule prie le dieu Gwyon ou Teutatès, dont le gui est la plante chérie, 
d'être propice à son peuple. 

La cérémonie se termine par un immense festin où l'on se réjouit d'avoir 
reçu du Ciel la plante qui guérit tout et donne la fécondité h tout être 
stérile. Les coupes faites avec les crânes des ennemis vaincus et dont 
plusieurs sont montées sur de riches métaux, circulent au milieu des 

1 1 1 Amédée Tbierry, Hiilolre de* GauloU, tonae II, page 82. 
|2) Amétiée Thierry, Histoire des Gaulois, (orne II. 
(3) Henri Martin, Hittoire de france, tome 1, page 69. 



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M3 

convives (i). On boit une infusion du gui qui prend, quand on l'a lait 
bouillir, une vertu fécondante ( 2 ) ; et les bardes sacrés s'accompagnant 
delarolte(3) et du thélen (4), célèbrent tour & tour les louanges de 
Gwyon, Teutatâs, le père des Gaulois, leur guide sur la terre, et la puis- 
sance d'Ësus le terrible, ce seigneur de la forât que le prêtre tremble 
de rencontrer dans les profondeurs des bois sacrés, soue la voûte des 
grands chênes. 

Enfin la nuit vient séparer les convives et couvrir de son ombre immense 
la grande fbrét Camute. Tout alors rentre dans un profond silence. 

Depnis, 2,000 ans ont passé sur les lieux témoins de cette scène. Les 
Druides et les Gaulois ne sont plus. La grande forêt Camute a presque 
complètmnent disparu ; et, au lieu du chant des bardes gaëls et celtiques, 
on n'entend plus que les bruits inséparables des travaux agricoles à la ferme 
et aux champs, dominés de temps & autre par le sifflet strident des locomo- 
tives dn chemin de fer de Vendême. 

Hais le Loir promène toujours ses eaux tranquilles & travers la prairie; le 
bassin de la belle fonUûne de Barboton conserve sa transparence et sa 
limpidité ; un léger bouquet de bois, rejeton rabougri des vieux chênes 
celtiques, couvre la rive gauche du Loir, et quelques blocs énormes, débris 
des anciens autels druidiques se montent çà et là dans la plaine, dans le 
bois et sur le bord de la prairie. 

Tous ces muets témoins d'un autre âge sont sur le territoire actuel de la 
commune de Montboissier; 

Et les monuments celtiques qui existent encore sont près de la ferme de 
l'Ormorice et dans le petit bois de l'Isle. 

Us consistent en deux menhirs ou peulvans (5) et plusieurs pierres 
de moindre dimension. 

Le premier peulvan est situé en plein diamp h 150 mètres de la ferme, 
sur le bord du chemin qui conduit au pont de l'Isle. n mesure trois mètres 
de hauteur sous forme d'une pyramide tronquée dont les angles sont très 
irrégulièrement accusés, deux surtout se trouvant très saillants. Il est en 
grès compact et siUceux, connu sous le nom de ladère, dont la contrée 
possède de nombreuses carrières. 



|l I 'nie Life, Ht. xxm-ixiT. 
12) Pline, cb. xri. 

(3) Viole. 

(4) Harpe. 

|S) Ces deux peulvans ont élë décrite très sommairement pnr M, de BoiiTilletie. 

10. 



ZBchyGOCX^IC 



14iU 

L'autr&peuly«ii est placé dans le bois de risie sur la gauche du chemin, 
à environ 650 mètres du précédent. Sa hauteur est de deux mètres soixante- 
dix centimètres sur une circonférence de près de 4 mètres. D aŒacte plus 
que le précédent la forme d'une pyramide quadrangulaire tronquée. Comme 
lui, il a été tulle dans le ladère du pays. 

La position verticale de ces deux énonnes blocs, leurs importantes 
dimensions, la manière dont ils sont fichés en terre, leur existence dans 
une vallée fort riche en moniunents celtiques, tout révèle leur origine et 
leur destination premières. 

Ce sont incontestablement des témoins de la scène que nous avons rap- 
pelée et les débris d'une importante station druidique. 

A environ 130 mètres du second peulvan, sur la gauche et dans le champ 
qui borde le bois de l'Isle, on remarque une pierre de moindre importance. 
Eïle est également en grès siliceux et verticalement fichée dans la terre, 
auHlsssus de laquelle elle s'élève à environ 80 centimôtres. L'examen du 
sol sur lequd elle se trouve, atteste qu'elle a été apportée en cet endrcHt; 
et sa forme quadruigul^re témoigne du travail de l'hocome. 

Sur la droite du chemin qui conduit au pavillon du bois de l'Isle, se 
trouvent plusieurs blocs de pierre d'assez grande dimension. La plupart, 
après avoir été enfouis, ont été découverts récemment Dans l'état où ils se 
mMivent, il estasses difficile d'afflrmar qu'ils fûent appartenu à des monu- 
ments celtiques, quoique l'absence d'un banc de même nature, dans la place 
oit ils giirent, établisse qu'ils ont été apportés en cet endroit Cependant 
une de ces pierres, moitié ladère, moitié poudingue, à quelques pas du che- 
min, me pajratt avoir appartenu k un dolmen encore reconnuseaJole k l' exis- 
tence de l'un de ses supports verticaux. 

ËDftit, ppte.de la fontaine de Barbotondont le baasin presque cirouhàre 
forme la partie basse et centrale d'un charmant amphithéâtre bordé par le 
bois de l'Isle, existe une lég^e éminence artificielle formée de blocs de 
pierre et de terre rapportée. Cette éminence est en plan , incliné et légère- 
ment circulaire. L'une de ses extrémités recèle une grotte voûtée de cone- 
tiiictioo moderoe ; mais l'autre est certainement très ancieoQe, car eUe 
suppiQrte d^ chênes dont le^ soudies remontent k une époque très éloignée.- 
Quant aux blocs de pierre qui l'accompagnent, ils ont été attwnés . là^ et ce 
n'est pas trop s'avancer que de dire qu'ils ont appartenu à un sanctuaire 
druidique important, surtout si l'on considère leur nature et l'emplacement 
qu'ils occupent. 

Maintenant, dans quel but les monuments que nous ven«ns de décrire 
ont-ils été élevés? Quel était l'usage du dolmen et pourquoi le menhir f 

Un jour que, le crayon k la main, j'esquissais les lignes de l'un de ces fiers 
peulvans qui ont vu naître et disparaître tant de générations, je me plus k 



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H5 

évoquer le souvenir du mystérieux passé des Gaulois, et la scène que j'ai 
commencé h raconter se présenta à mon esprit. 

Sous une forme peu scientifique, c'est à peu près la réponse aux ques- 
tions que nous venons de poser. 

En effet, la plupart des historiens et des archéologues sont d'accord pour 
reconnaître aux dolmens et aux peulvans Le caractère de monuments reli- 
gieux. Nous adoptons pleinement cette opinion. 

n est difRcile d'appliquer aux usasses de la vie civile des Gaulois ces 
énormes blocs dont l'extraction, le déplacement et la mise en œuvre sont 
le résultat des efforts et du travail d'un grand nombre d'individus. 

D'autre part, nous savons que les monuments auxquels toutes les 
nations barbares ou civilisées ont te moins marchandé leur temps et leurs 
peines, sont les monuments religieux. 

Les menhirs et les dolmens qui nous restent sont donc bien d'anciens 
monuments religieux des Gaulois. 

Mais à quels dogmes, b. quels rites, à quels usages religieux étaient-ils 
consacrés? Comme toutes les nations barbares, les Gaulois ont commencé 
par un polythéisme grossier ; ils ont adoré les pierres, les arbres, les fon- 
taines et les astres. Seulement, bien avant la conquête, leurs croyances 
s'étaient épurées et le do^e de l'immortalité de l'âme ne leur était point 
inconnn. 

Ils adoraient aussi le brillant Heol aux rayons de flamme, appelé encore 
Belen ou Bel ; Koridwen ( la Fée blanche ) , déesse de la Lune qui retient 
toute science dans la nuit première ; puis Gwyon-Teutatès, figure formi- 
dable et obscure, le véritable génie de la Gaule ; enfin Ësus ( le Terrible ou 
l'Inconnu) le véritable Jehovah gaulois, celui dont l'invisible présence 
remplit d'une terreur secrète les profondeurs des forêts sacrées. 

Avec la conquête romaine, les croyances des Gaulois se sont sensible- 
ment modifiées par l'adoption de certaines divinités des vainqueurs. 

Cétait surtout & Tentâtes qu'on offrait des sacrifices solennels et san- 
glants. ÉSU3, l'être nécessaire et universel, le principe de ta vie, la cause 
première, se contentait sans doute d'un culte plus symbolique, plus mysté- 
rieux et plus épuré. 

Dès lors les dobnens, nous semble-t-il, ont été tes autels nécessaires aux 
sacrifices et plus spécialement consacrés à Tentâtes. Nous devons dire, 
toutefois, que dans ces derniers temps il s'est produit une opinion nouvelle 
à cet égard. Pensant restituer aux dolmens leur véritable destination, des 
archéologues soutiennent que ces tables de pierre ne servaient qu'à recou- 
vrir leé morts et qu'elles étaient elles-mêmes ensevelies sous une tombelle 
ou tumulus. Et ils citent, à l'appui de leur opinion, différents textes assez 
obscurs, et la découverte d'ossements. 



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116 

Les raisons ci-dessus déduites, la circonstance que des débris d'osse- 
ments peuvent aussi bien se trouver sous les dolmens, parce c[u'ils étaient 
consacrés à de sanglants sacriâces, la position même de certains d'entre 
eux, tels que la pierre de Saint-Marc, placée au milieu du lit de la Conie, 
sur la commune de Péronville, éloignent selon nous l'idée exclusive de 
tombeau et nous rallient à l'opinion la plus ancienne et la plus accréditée. 

Quant aux menhirs, ils nous paraissent représenter les aspirations de 
nos pères vers l'infini, vers une vie meilleure, caractère que nous rencon- 
trons dans les monuments religieux de beaucoup de peuples. Ces ^guilles, 
cescolôtmes, ces pyramides, ces flèches si élancées, ces minarets si sveltes, 
quelle que soit la croyance qui les ait produits, ont été connus dans une 
môme pensée. 

Borné dans sa nalure, infini dans ses vœux, 
L'homme est un Dieu tombé qui se souvient des cieui, 
a dit un grand poète. 

Et toujours, lorsque la religion lui enseigne l'existence d'un être mysté- 
rieux, inconnu, maître absolu de ses destinées, lorsqu'il croit à une vie 
nouvelle au delà de cette terre, l'honmie traduit les élans de son âme vers 
les célestes demeures par des monuments qui s'élèvent vers le ciel. 

Les menhirs, nous semble-t-il, n'ont pas eu d'autre cause, ni d'antre 
but, et ils ont été plus particulièrement consacrés à Ésus , le Jehovah des 
Gaulois. 

Et cependant nous devons avouer que d'autres usages ont été assignés 
à ces monuments. On a dit notamment qu'ils étaient l'emblème de la divinité 
ou le signe commémoratif de quelque grand événement comme une bataille, 
une victoire, un traité, ou la marque de délimitation entre deux territoires. 
Enân, depuis quelques années, on les considère aussi comme des tombeaux. 

En l'absence d'inscriptions ou de vestiges indiquant leur destination 
exacte, il est évident qu'on ne peut se livrer qu'à des hypotbèses et qu'il 
est impossible d'affirmer que toutes les suppositions faites jusqu'à ce jour 
soient erronées. 

Seulement, quand les monuments gaulois présentent la plus grande 
analogie avec les monuments du monde patriarcal, quand la Gaule a cette 
unique gloire de représenter l'idée de l'immortalité de l'âme dans le monde 
antique, de même que la Judée représente l'idée du Dieu absolu, la Grèce 
et Rome l'idée de l'homme et de la société (1 ), nous sommes fondé à dire 
qu'ils ont été connus dans la môme pensée et qu'ils ont eu la môme desti- 
nation. 

L. CoimRAY. 

1 1 1 Jean Rejoaud . — Encyclopédie nouvelle ( Druidisme ). 



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EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX. 



Séance du 5 mars iS&l. 

M. Coudray, membre du bm'eau, est nommé secrétaire de la Société, en 
remplacement de H. Ballet, démissionnaire. 

Admission de quatre nouveaux membres. 

Admission de M. du Sonunerard, conservateur du Musée de Cluny, en 
qualité de membre honoraire. 

Admission, au nombre des Sociétés correspondantes, de la Société 
d'anthropologie de Paris et de la Société archéologique de Sens. 

Séance du i avril 1867. 

Admission de deux nouveaux membres. 

Autorisation au trésorier d'acheter, sur les capitaux de la Société, une 
obligation du chemin de fer d'Orléans au porteur, qui restera déposée 



Séance du 7 mai i861. 

Admission d'un nouveau membre. 

Admission de M. de Caumont, président de la Société des antiquaires 

de Normandie, en qualité de membre honoraire- 
Autorisation de lire è l'assemblée générale du i4 mai prochain, divers 

travaux par MM. Coudray, Marquis et Poulainide Bossay. 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

DU 14 MU 1M7. 

L'an mil huit cent soixante-sept, le mardi quatorze mai, la Société 
dnnoise s'est réunie dans une des salles de l'hâtel-de-ville de Gbftteaudun. 

Étaient présents : 

Au bureau, MM. de Belfort, président; Lemay, maire de Cb&teaudun, 
président honoraire ; Rayé du Perret et Poulain de Bossay, vice-présidents ; 
Brossier-Géray, trésorier ; Desbans, conservateur ; Coudray, secrétaire ; 



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il8 

Et MM. Allard-Vaumartel, Anthoine, Meunier, le docteur Raimbert, 
Raimbert-Guérinot, Alexis Lucas, Edgar Lucas, Perronne, Géray, Danlouz 
du Mesnil, Boucher, Jumeau, Teilleux, Marquis, Diard, Galloup, Sence, 
Auguste Lecesne, Pouilller, Montarlot, Bemot et Berger. 

M. le président donne lecture d'une lettre de M. Barbé, relative aux 
armes de la ville de Ghdteaudun, et dans laquelle l'honorable membre 
soutient que les armes gravées notamment sur les bulletins de la Société 
et le nouveau plan de ChAteaudun, sont inexactes et incomplètes, et que 
les seules qui doivent être adoptées à l'avenir sont celles du minot étalon 
de la ville et de l'inscription de la rue du Guichet. Plusieurs membres 
combattent l'opinion de M. Barbé en disant que sa critique ne s'attache 
qu'aux accessoires des armoiries, tandis que l'exactitude des blasons se 
rapporte plus spécialement à l'écu. Au surplus, pour mieux élucider la 
'tju^tion , une commission composée de MM. Rayé du Perret et Teilleux 
est chargée de présenter un rapport sur ce sujet à la prochaine réunion. 

L'assemblée approuve ensuite la nomination de MM. du Sommerard et 
de Gaumont, comme membres honoraires, et des Sociétés historique et 
arcbéologique de Semur ; polymatliique du Morbihan ; d'anthropologie de 
Paris et archéologique de Sens, au nombre dea Sociétés correspondantes. 
Elle remercie M. le docteur Raimbert du don d'un exemplaire de son 
étude historique sur le charbon, et M. Emile Raimbert, de Paris, d'avoir 
généreusement contribué pour partie & l'acquisition d'un manuscrit relatif 
aux comptes de la ville de Ghâteaudun. 

Dans le but de réunir tous les renseignements relatif & l'histoire du 
Dunois dont s'occupe activement M. Poulain de Bossay, M. le président 
propose la nomination d'une commission d'études et de recherches dans 
chacun des cantons de l'arrondissement. 

De son côté, M. Poulain de Bossay propose de former seulement, panni 
les membres de la Société, plusieurs sections spéciales qui s'occuperont 
particulièrement au point de vue de l'histoire du Dunois, de l'histoire, la 
géographie, l'archéologie et l'histoire naturelle, afin que chacune de ces 
parties soit traitée avec quelque valeur, dans son grand travail. 

Cette proposition étant adoptée, l'assemblée forme immédiatement Irois 
sections ainsi composées : 

1" Seciion. — Histoire et Géographie. — MM. Poulain de Bossay, Rayé 
du Perret, Bemot, Marquis, Barbé, Brossier-Géray et de BelforL 

2* Section. — Archéologie. — MM. Teilleux, Henri Lecesne, Raoul de 
Tarragon, Clément, Goudray et de Belfort. 

3» Section. — Histoire naturelle. — MM. Desbans, Léonce de Tarragon, 
Raimbert docteur, Achille Guenée, Anthoine et Coudray. 



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4d9 

Oniprocède ensuite k la lecture des travaux annoncés dans la précédente 
réunion du bureau de la Société. 

M. l'abbé Marquis lit un travail sur Arnaud de Bonneval ; M. Goudray, 
sur les pierres druidiques de l'Ormorice et du bois de l'Iale ; M. Poulain de 
Bossay, le commencement de son travail sur l'histoire du Dunois. 

Ces lectures sont accueillies par les applaudissements de l'assemblée qui 
se sépare, l'ordre du jour étant épuisé. 

.\vant de quitter la salle de la réunion, les membres des coromissions 
qui viennent d'être instituées procèdent à leur organisation ainsi qu'il 
suit : 

1" Section. — Histoire et Géographie. — Préaident, M. Poulain de 
Bossay ; vice-président, M. Brossier-Géray. 

2« Section, — Archéologie. — Président, M. de Belfort; vice-président, 
H. Goudray. 

3« Section, — Histoire naturelle. — Président, M. Achille Guenée ; vice- 
pré^dent, H. Desbans. 

Séance du 9 jmllet 1867. 

Admission de quatre nouveaux membres. 

Admission de la Société archéologique de l'Orléanais au nombre des 
Sociétés correspondantes. 

Nomination d'une commission pour visiter, à Ozoir-le-Breuil, une sablière 
dans laquelle des ossements fossiles ont été découverts. 

Séance du 97 acia 1867. 

Admission de cinq nouveaux membres. 

Acceptation de la démission d'un membre qui quitte le pays. 

Décision autorisant la mise en vente des deux dernières livraisons du 
bulletin de la Société. 

Le questionnaire adressé en 1857 aux maires du département par la 
Sociôté archéologique d'Eure-et-Loir n'ayant produit que des résultats 
incomplets, le bureau décide que ce travail sera recommencé en ce qui 
concerne l'arrondissement de GhAtcaudun. 

Séance du 5 novembre i867. 

Admission d'un nouveau membre. 
Démission de quatre membres de la Société. 

Admission de M. Alexandre Bertrand, conservateur du Musée gallo- 
romain de Saint-Germain, comme membre honoraire de la Société. 



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iSO 

Admission de H. l'abbé Bourgeois et de M. l'^bé Baudry en qualité de 
membres correspondants. 

M. le président annonce que M. Blondeau a &it don à la Société d'un 
fragment de tuyau de conduite en plomb, provenant de la fontaine de 
Médicis, au Luxembourg. Ce tuyau est accompagné d'une note intéressante 
émanant de M. Constant Dufeu, architecte du Sénat, ainsi conçue : 

a La tuyau dont je vous ai donné un fragment, a été retrouvé en mare 
1867, en opérant l'abaissement de la colline Est du jardin du Luxembourg, 
dans la partie située entre les parterres et le boulevart Saint-Michel. Ce 
tuyau était à sa place primitive, à environ 1» 60 au dessous du sol. Son 
diamètre intérieur, d'environ quinze h. seize centimètres, était obstrué par 
des concrétions calcaires qui avaient réduit le passage des eaux à un 
diamètre irrégulier de six à huit centimètres ; circonstance qui a dtk être 
cause de l'abandon de cette conduite. Elle était en plomb de six millimètres 
d'épaisseur, soudée longitudinalement à sa partie supérieure. 

c Ce tuyau est, à n'en pas douter, celui qui amenait les eaux de Rungis 
à Paris et tout particulièrement au Luxemboui^. 

« Cest en 1613, c'est-àrdire deux ans avant le commencement de la coqs- 
traction du palais, que la r^ente, Marie de Médicis, Qt entreprendre d'im- 
menses ouvrages pour amener dans le palais et pour les embellissements 
des jardins, les eaux de Rungis, qui, au temps des Romains, au troisième 
siècle, avaient été conduites au palais des Thermes, en passant sur on 
aqueduc dont on voit encore quelques vestiges, entre le village d'Arcueil 
et le hameau de Gachan. 

c Cetaqueducromainnepouvantétreutilisé, la régentedut en reconstruire 
un autre presque sur le même emplacement : c'est celui qu'on voit encore 
aiyourd'hui h Arcueil. La première pierre en fiit posée par la régente et par 
son âls, Louis XQI, alors âgé de 12 ans, le 17 juillet 1613. Les travaux 
furent terminés en 1624, c'est-à-dire sous Louis Xm, puisqu'il avait été 
reconnu majeur en 1614. Les travaux de l'aqueduc et les conduites d'eaux 
sont donc plutôt du commencement du règne de Louis XIII que de l'époque 
de la régence ; toutefois, c'est bien la régente qui a décidé le travail et fait 
amener 30 pouces d'eau, dont 18 pouces pour son palais du Luxembourg, 
et 12 pouces abandonnés par elle k la ville de Paris, qui les distribua au 
moyen de 14 fontaines dans les quartiers Saint-Victor et autres, situés dans 
la partie méridionale de la ville, qui depuis les Romains n'avait plus de 
fontaines publiques, b 

Le bureau charge son président d'œiprimer ses remerciements à 
M. Blondeau pour le don qu'il a bien voulu faire au Musée, et aussi 
pour l'intéressante note qui l'accompagne. 



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Sianee du S décembre iS61. 

Admission de la Société des antiquaires de Picardie au nombre des 
Sociétés correspondantes. 

Séance du 30 décembre i867. 

Admission de la Société d'émulation du Doubs et de la Société d'histoire 
et d'arcbéologie, au nombre des Sociétés correspondantes. 

Le préaident annonce qu'il a reçu de M. Le Vasseur, ancien ministre 
plénipotentiaire au Mexique, un don d'antiquités mexicaines et d'Haïti, au 
nombre desc[uelles se trouvent des objets très intéressants, entre autres 
un scel en terre cuite provenant des Aztèques et deux fétiches d'Haïti. 
H. Le Vasseur a ajouté à ce don quelques échantiUona de minéralogie et 
de botanique. 

M. Hanquet a Clément donné à la Société un vase mexicain très 
intéressant. 

Le bureau charge son président de témoigner sa reconnaissance à ces 
deux donateurs. 

Le iH^dent donne connaissance au bureau d'une lettre par laquelle 
M. le président de la Société archéologique d'Eure-et-Loir met à la dispo- 
sition de la Société dunoise une somme de 50 h'ancs, pour l'aider dans les 
fouilles entreprises k Saint-Denis-les-Ponts, dans les tumulus de Hontgas- 
teau. 

Le bureau de la Société dunoise, heureux de voir cette nouvelle preuve 
de bonne entente entre les deux Sociétés, chai^ son président d'envoyer 
à la Société archéologique d'Eure-et-Loir l'expression de sa vive recon- 
naissance. 

Le bureau se livre ensuite à l'examen des comptes du trésorier qui se 
balancent par un excédant de recettes de 61 fr. 09. 

Puis il dresse le projet de budget de l'année 1868, qui devra être soumis 
à l'approbation de l'assemblée générale dont la réunion est fixée au 7 jan- 
vier 1868. 

Le bureau autorise la lecture à la prochaine assemblée générale de divers 
travaux présentés par MM. Raimbert-Sevin, Vuez et Raoul de Tarragon. 



AVIS AUX MEMBRES DE LA SOdÛTÉ. 

La Société s'occupe de réunir tous les matériaux nécessaires pour faire 
ultérieurement l'histoire du pays Dnnois. Les personnes qui pourraient 



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rtâs 

donner des indications sur les questions comprimée dans le progranune qui 
suit, sont instamment priées de les adresser aux membres du bureau en 
ayant soin d'indiquer les sources où lerf renseignements fournis ont été 
puisés. Le bureau de la Société recevra avec reconnaissance tous les rensei- 
gnements qui lui seront adressés. 

Origine de la ville de Chiteaudun. Existait-elle du temps des Camutes? 
Son premier emplacement. Changements et agrandissements successife. 
Murs d'enceinte: Histoire et description de ses monuments religieux et 
civils aux époques gauloise, romaine, mérovingienne, carlovingienne et 
capétienne jusqu'à la an du règne de saint Louis. 

Description et plan de la ville k diverses époques, particuUèrement avant 
l'incendie de 1723. Noms des places, des rues, des portes, etc... avec l'ex- 
plication de ces noms. Description et plan de la ville actuelle. 

Limites du Dunois à diverses époques. Pagua dunensia, comttotus <iH- 
nensis, pays Dunois, comté de Dunois sous les comtes de la maison de , 
Blois et sous les comtes de la maison de Longueville, etc. Topogra^ie du 
pays de Dunois : géologie, orographie, hydrc^rapbie, drymographie ( des- 
cription des forêts). 

Monuments celtiques : monuments religieux : dolmens, menbirs, tom- 
belles, etc...; monuments civils : villes, refiles, habitations, annes, uslesi- 
siles, bijoux, vases, monnaies, chemins, ponts. 

Monwnents de l'époque romaine : villes, mansions, villas, ( mosaïques, 
bains ) aqueducs, souterrains, vases, statues, édifices, armes, ustenales, 
b\joux, monnaies, voies militaires, camps, pcmts, chemins. 

Monuments de l'époque mérovingienne. 

Monuments depuis l'époque mérovingienne jusqu'& saint Louis. Histoire 
du Dunois, depuis le temps des Carnutes jusqu'à saint Louis, d'après les 
monuments trouvés sur son territoire, d'après les chroniqueiu^, les traités 
de paix, les chartes, les cartulaires, les pouillés, les actes de donations, les 
ventes, les mariages, les obits, les actes judiciaires, les monnaies, les divi- 
sions religieuses ( doyennés, archidiaconés), les établissements religieux 
et civils. 

Commerce, industrie, ( forges, verrerie, moulinsfteau, autres industries). 
Valeur des denrées et des salaires. Histoire des âe&, des ch&tellenies, des 
seigneuries, des abbayes, des prieurés, des couvents, des hospices, des 
maladreries, des aumônes. 

Nomenclature des fomilles nobles, des personnages illustres ou simple- 
ment distingués, des bourgeois qui ont laissé un nom. 

Liste des comtes, vicomtes, curés, abbés, baillis, prévôts, maires, écbe- 
vins, etc... Compte des recettes et des dépenses de Châteaudun à diverses 
époques. 



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Sceaux de la ville de Cb&teaudun et des soigneurs. Notices sur tous les 
lieux habités du Dunois. 

Religion, justice, juridiction religieuse, juridiction civile de diverses 
natures, instru<;tion publidue, tribunaux, ofBcialité, impôts, monnaies, 
bune et flore du Dunpis- 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 
idmlg dapdt le 1« janvier 18«T. 



MEHBBES HONORAIRES. 
MM. 
Do SOHHERARD, cooservateuT du Musée des Tbennes et de l'hôtel de 

C3uny. 
De Gaumont, président de la Société des antiquaires de Normandie. 
Alexandre Bertrand, directeur du Musée de Saint^ïemiain. 

MEMBRES FONDATEURS. 

MM. 

Dbsormeaux, chef de bureau à la Compagnie du chemin de fer d'Orléans. 

Jumeau, notaire honoraire à Bonneval. 

Lemonieb, notaire honoraire à CLoyes. 

Marquis de Montboissieb, propriétaire h Cbanteroesle. 

MEMBRES rrrULAIRES. 

m- 

Blondeau, pharmacien à Paris. 

Bordas, juge suppléant à Ch&teaudun. 

L'abbé BouDEviLLAiN, curé de Ruan ( Loir-et-Cher ). 

L'abbé Boyeb, curé de Gohory. , 

Gandrujle, notaire à Bonneval. 

Gatineau, avocat à la Cour impériale de Paris. 

Groisy (Alfred), clerc de notaire à Châteaudun. 

Goujon, conducteur des ponts et chaussées à Chftteaudun. 

GuÉnm ( Jules ), conservateur à la Bibliothèque impériale. 

Jacottet, paysagiste à Bonneval. 

LEVEAU-VmoN, négociant à Paris. 



ZB<:hyGOO<^le 



124 

LORIDE, coltivateur & Bonneval. 

L'abbé LuBm, curé de Dangeau. 

L'abbé Habquis, curé de Saint-Denis-les-Ponts. 

MONTARLOT, substitot du procuTeuT impérial & CbftteauduD. 

Teilleux, directeur de l'asile d'aliénés de Bonneval. 

MEMBRES DÉCÈDES EN 1867. 
Comte D'AuBBUN, baron de Pibrac, GaudichB;, Richard. 

MEMBRES DÉMISSIONNAIRES. 
Dagron, Durand du Grossouvre, Ballet, Housset, E. Lecohte. 



Oivrages tlTerts à la Sociélé en 4867. 

I. — Par les Aih'eurs. 

M. BoucEiER de Perthes. Des idées innées, de la mémoire, de l'instinct. 

Brochure in-8". 
Discours aux ouvriers lors de l'Exposition de 

1833. Brocbure in-8». 
M. l'abbé Bouroeois. Note sur le diluvium de Venddme. 

Note sur la prétendue contemporanéité des 

sables de l'Orléanais et de la Touraine. 
• Notice sur la grotte de la Chaise. 
M. DE CAimoNT. Alnianach de l'archéologue français. 

Congrès provincial de Coutances en 1865, cté- 

ture de la session. 
Rapports faits en 1859 & la Société française 

d'archéologie. 
Rapports sur divers monuments. 
Annuairedel'Institutdes provinces, des Sociétés 

savantes, des congrès, etc., années 1886 et 

1867. 
M. l'abbé Cochet. Le Tombeau de Sainte>Honorine à Groville, près 

le Havre. Brochure in-8». 
Note sur un bracelet en bronze trouvé & Cau- 

debec-lès-Elbeuf. Brochure in-8». 



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135 

Notice sur une sépulture gauloise trouvée dans 
La basse forât d'Eu en 1865. Brochure in 8>. 

M. A. FiLUOtJX. Description supplémentaire des médailles gau- 

loises trouvées à Pionsat et à Bridiers. Bro- 
chure in-8». 

U. Lefèvre. Botanique d'Eure-et-Loir, 1 vol. in-8<*. 

H. Radcbert. Étude historiquesur le charbon, brochure in-^. 

H. Rey. Essai sur la domination française en Syrie, 

durant le Moyen-Age, 1 vol. in-4». 

n. — Pah les Soci^és savantes. 

ABBEvnxE. Mémoires de la Société d'éroulatioQ d'Abbeville, 

années 1849 & 1866, 5 vol. in-8<>. 

Besancon. Mémoires de la Société d'émulation du Doubs, 

années 1865 et 1866, 2 vol. in-8<>. 

BAziEBS. Bulletin de la Société archéologique, scienti- 

fique et Utléraire de Béziers , tomeiv, 
2" livraison, 1 vol. in-S". 

Boime. Société d'émulation de l'Ain, journal d'agricul- 

ture, sciences, lettres et arts, année 1867, 
numéro de novembre. 

C&EN. institut des provinces. 

Nice. Société des Alpes maritimes. Annales de la 

Société, tome i, 1 vol. in-S» 

Orléans. Société archéologique de l'Ortéanais, numéros 

bietS6. 

Paris. Société d'anthropologie, tome il, xi* série, 1*' 

fascicule. 
Bulletin de la Société parisienne d'archéol<^ 
et d'histoire, tome i, 1 vol. in-8». 

Sehur. Société des sciences historiques et naturelles. 

Bulletin des années 1864, 1865 et 1866, 2 vol. 
in-8". 

Senlis. Comité archéologique. Comptes rendus et mé- 

moires, année 1866. 

Sbks. Société archéologique. Bulletin de la Société, 

tome IX. 

Vannes. Société polymatique du Morbihan. Bulletin des 

années 1864 et 1865, 4 brochures in-8°. 
Histoire naturelle du Morbihan. Botanique, une 
brochure, in-8». 



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126 

III. — Par le Ministère de l'Insthuction publique. 

Revue des Sociétés savantes des départements, année 1867, 1 vol in-8°. 
Congrès archéologique de France, xxxn' et xxxui« sessions, 2 vol. in-8°. 
Mémoires lus à la Sorbonne en 1866 ; archéologie, histoire, 2 vol. in-^. 
Distribution des récompenses accordées aux Sociétés savantes, le 27 avril 
1867. Brochure in-8°. 



r»«Bs offerts h la S«iété es iS67. 

KM. 

Anthoine, un heurtoir du xvi« siècle. 

De Belpobt, un silex taillé, une perle en terre cuite, un mortier romain 

et un lot de crustacés. 
BiABD, diverses pièces manuscrites et imprimées. 
Billard, un fossile. 

Billard de SAiNT-LAtiHER, une médaille gauloise en or. 
Blondead, un tuyau de conduite en plomb. 
Du BoDAN, deux médailles romaines. 
Bordas, deux médailles, un poids, un autographe. 
BouDEviLLAiN ( l'abbé ), deux monnaies. 
Brossieh-Géray, divers objets antiques. 
CAMns, un objet antique en fer, 
Chasles, un lot de fossiles. 

ChëdoeR, un miroir métallique, une salière émaiUée, un fossile. 
Chenahd Frëville, une pyrite. 
Glëhent, fossiles, un celtas. 
CoFFiN, divers'silex taillés. 
CoNTY, deux médailles et une cuiller romaine. 
Cotn>RAT (Iules), ossements fossiles. 
Dabout, un couteau et une clef. 
Danlodx du Mesnil, une monnûe et un diplAme. 
Déballe, deux dessins archéologiques. 
Decœdr { l'abbé ), un jeton. 
Diabd, empreintes tbssUes. 
Drecx, une clef. 

DucHANOY, un chapiteau sculpté. 
Duval(M"' veuve), autographe du bailli de Suffren. 
FoucBÉ, un fossile. 



DioilizBchyGOCX^IC 



FoDRHONT ( H'« veuve ), un diptiqoe. 

GuoffliLLE, 9 jetons. 

Garnieb, deux sUex taillés. 

Gayot, deux meules gallo-romaines. 

GiitAY, trois médailles et une gourde gravée. 

Ciliées, un fossile. 

Ghindelle, un casque et une cuirasse. 

GuESNiER, deux médailles. 

GuËRiN, ciseaux romains. 

Hanqikt, un vase mexicain. 

JosiAS, deux pétrifications. * 

iDiCE;A.u, quatre médailles. 

Lacohbe, une clef. 

L&8NIER, diverses pièces manuscrites et imprimées. 

Lasseur, quatre médailles. 

Leleu, une pétrification. 

LEHAmE, une monnaie. 

Lehay, une clef. 

Lepaqe, une clef. 

Lescarbault, poteries en terre et en verre. 

Le Vasseur, antiquités du Mexique et d'Haïti, minéralogie. 

Uhueb-Lhuiluer, une hachette en serpentine. 

Lucas (Edgar), insectes du Mexique. 

MORA, coquilles vivantes, fossiles, minéraux. 

MOTTOT, un lot de fossiles. 

Ricois-ToucHAJU), 2 jetons. 

SiLLY (l'abbé), une médaille. 

De Tabragok (Léonce), une monnaie de Cb&teaiidun. 

Tbhpuer, une médaille. 

TiLurrE D'AcHEUX, deux tableaux. 

Vicaire, un échantillon minéralogique. 

VuEz, collection de cryptogames des environs de Ch&teaudun. 

YvoK, une charte. 



DECOUVERTE DE SOBSTRUCTIONS fi\LL040IIAINBS 

A ARROU. 

Pendant l'hiver 1866-67, ie sieur Gayot, propriétaire au Grand-Crochet, 
commune d'Arrou, labourait un de ses champs au lieu dit les Riettes ou 
Rillettes, lorsqu'il fut arrêté dans son travail par la présence d'une grosse 



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138 

pierre qu'il se mit aussitôt en devoir d'enlever. La première pierre enlevée, 
il en trouva une seconde, puis une troisième, et enfin un énorme tas au 
milieu duquel se trouvaient des débris dectiarbon. Le travail commencé fut 
poussé avec activité et enfin le sieur Gayot mit à jour une cavité entourée 
de murs en grande partie démolis et qui figurait le périmètre d'une salle 
ayant appartenu à une construction remontant à une époque très reculée. 
Prévenu de ces laits, je me rendis sur les Ueux et je reconnus que les 
substructions découvertes par le sieur Gayot faisaient partie d'une habita- 
tion romaine. La cbambre mise à jour mesure 2 m. 95 c. de longueur sur 
3 m. 66 c. de largeur. Le sol de cette chambre est à 1 m. en contre4>asdu 
sol environnant, et les murailles qui l'entourent conservent une hauteur qui 
varie de m. 66 c. à 1 m. Ces murailles ont une épaisseur de m. 41 c. 
et sont construites d'une manière toute particulière. Les parois extérieures 
étaient composées de moellons en pierre tendre connue dans le pays sous 
le nom de pierre de Montigny; et les parois intérieures, de rognons de silex 
noyés dans un mortier d'une extrême dureté. 

L'un des murs est garni à l'intérieur d'un enduit recouvert d'une pein- 
ture rouge qui formait autour de la pièce une large bande de m. 67 c. de 
hauteur à partir du sol. A l'angle de la salle se trouvait une raie verticale 
de même couleur qui se prolongeait très-probablement jusqu'au haut de la 
pièce. 

Dans un des angles de la pièce se trouve une baie qui sans doute était 
une porte communiquant à une salle voisine qui n'a pas encore été fouillée. 
Au milieu de cette baie se trouvait une meule en granit de m. 50 c. de 
diamètre, sur une épaisseur de m. 30 c. à l'extérieur, et de m. 12 c. 
seulement au milieu. Près de cette meule se trouvait une soucoupe en 
poterie rouge dite de Samos, qui fut malheureusement brisée involontaire- 
ment par un coup de pioche. 

Le reste de la fouille a produit un fragment de bois de cerf, des ossements 
de divers animaux, des tuiles à rebords brisées, des fragments d'amphores 
et de poteries diverses, et enfin une seconde meule, complément de celle 
indiquée ci-dessus, mais en pierre appelée griaon dans le pays. 

Cette fouille n'a qu'un modeste intérêt, mais le sieur Gayot doit la conti- 
nuer l'hiver prochain et il serait utile que la Société désignât quelqu'un de 
ses membres pour surveiller les travaux et lui faire connaître les découvertes 
qui pourraient être faites. * 

Bbossieb-Gêrat. 



* Une commissioQ, composée de MU. Poulain de Boasay, de Baulny, etLelong, t. 
ité chargée de suneiller lei travaux du sieur Gayot. 



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TABLETTES 



SAINT-AVIT* 



tu vBni jouir du prastiga de It scène, 
t pas te placer dans le» cooUwes. 



L'homme est assez bon juge de ses propres œuvres, qi^oi qu'on en 
dise; mais ce juge-là n'admet pas toujours le public dans l'enceinte 
de son tribunal. 

Ainsi, il s'absout volontiers de ses bonnes actions, toutes portes 
ouvertes ; quant aux mauvaises, c'est à huis-clos qu'il les condamne. 



Sans doute, il serait téméraire de prétendre imprimer aux lois qui 
régissent les peuples le sceau d'immutabilité que Dieu a mis aux lois 
qui gouvernent les mondes ; mais il serait dangereux aussi de s'habituer à 
considérer les institutions humaines comme des œuvres éphémères. D faut 
du temps pour que la loi mûrisse et pour qu'elle commande ainsi le respect 
qui lait sa force. 

La loi, si elle n'est pas respectée, sera toujours mal exécutée. 



La loi est une petite Providence de convention. 

Faisons des vœux pour qu'elle soit inspirée toujours par la grande. 

' Ce travail n'était pas destiné â la publicité ; toutefois, Bur les inBlances du bureau 
de b Société dunoise, l'auleur a bien voulu autoriser son insertion au Bulletin. 



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L'amour-propre et la modestie font entendre rarement le même langage. 
Us sont d'accord cependant pour conseiller à l'homme de n'accepter 
jamais une position que son mérite ne puisse dominer. 



Vous appelez bète fëroce l'animal affomé qui &it couler le eang humain !... 
Quel nom infligerez-vous donc à l'ambitieux conquérant, qui s'en va 
partout semant le carnage, sans avoir, lui, le prétexte de la Ëiim? 



Quand le Nil déborde, il fertilise les terres qu'il a conquises ; puis il se 
r^ire. 
Voilà un étrange conquérant !11 



Les guerres civiles et religieuses, injustes et légitimes, occupent une 
place immense dans les annales des peuples. Puis, quand l'histoire aperçoit 
un espace vide, un petit coin bien Irtete et bien obscur, elle y jette, en 
courant, le nom d'un bienfaiteur de l'humanité. 



Henri IV renonça un jour à s'wnparer d'une place de guerre, afin 
d'épai^er le sang de ses soldats. 

Le peuple, qui a gardé ta mémoire du bon roi, hii aura sans doute 
pardonné cette petite feùblesse. 



L'homme ose-t-U bien regretter de ne pouvoir ouvrir le livre àeravffllirV 
N'a-t-il dcn£ pas assez du souvenir de ses m^ux passés? N'a-t41 donc 
pas assez du poids de ses douleurs présentes 1 



Un drame smible sans intérêt & celui qui d'avance en connaît toutes les 
péripéties. 

Ainsi nous paraîtrait la vie, si Dieu, dans sa sagesse, ne nous eût dérobé 
la connaissance de l'avenir. 



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151 

Songes-y bienl Si le livre de l'avenir s'ouvrait devant vous, avec le 
tableau de tous les maux qu'il recèle, la vie deviendrait pour vous un 
abîme de douleurs, un effiroyable supplice ; la vie de l'homme serait comme 
l'enfer du Dante : l'espérance ne pourrait plusy entrer.... l'espérance, cette 
douce et fidèle compagne, qui nous soutient, qui nous console, qui nous 
trompe même avec tant d'amour H! 



Si tu partages les travaux d'un plus puissant que toi, ne prétends pas à 
partage sa gloire. 

Sonviens-toi que les eaux de la rivière perdent leur nom, en se mêlant 
avec les eaux du fleuve. 



Le soleil réjouit tous les points du globe qu'il inonde de sa lumière, 
(^lacun de ses rayons est comme un doux sourire que Dieu nous envoie. 



Les grandes cboses de ce monde ont toujours leur petit côté. 
Les grands hommes, aussi. 



On accorde plus £acilem«it des Ésveurs, en vue des services i vsnir, que 
des récompenses, en considération des services passés. 



La liberté ilUmilée pour chacun ne serait autre chose que le despotiame 
contre tous. 



Combien ne soufBrent jamais la moindre objection, qui se prétendent 
pourtant les amis de la liberté. 

Combien se croient de bonne foi les partisans de l'^ahté, qui ne sont, 
à vrai dire, que les ennemis de toute supériorité. 



Rien n'effarouche autant la liberté que le bruit des arme». Tout peuple 
qui se passionne pour la guerre ne comprend pas la liberté. 



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La liberté a ses inconvénients et ses avantages, comme la langue dont 
parle Ésope. 

Dans l'ordre physique, comme dans l'ordre moral, le bien et le ma) se 
coudoient. 

Le vent déracine les arbres, et fait tourner les moulins; 

L'eau dévaste le vallon, et fertilise la plaine; 

L'ambition engendre les crimes, et en&nte les belles actions. 



Quand la vapeur ne trouve pas d'issue, elle renverse, en se dilatant, 
tout ce qui s'oppose i. son expansion. La vapeur donne ainsi le mouvement 
ou -la mort, selon qu'elle est habilement contenue, ou imprudemment 
comprimée. 

Voilà ce que sait bien tout mécanicien qui conduit une machine, et ce 
que doit savoir tout Souverain qui gouverna un État. 



On n'a pas plus de raison de se dire l'ami du peuple, quand on l'approuve 
toujours, que J'ami du roi, quand on le flatte sans cesse. 



Un honmie ne doit pas être réputé recommandable par cela seul qu'il a 
des manières polies. 
La politesse est un indice, non pas une preuve. 



Quoique le cercle des connaissances humaines ait ses limites, il n'est 
donné à personne d'en embrasser toute l'étendue. Le plus savant des 
savants ignore encore plus de choses qu'il n'en sait. 



Mieux vaut encore conscience que sdence. 



Dans les débats publics, il arrive parfois que l'orateur continue la lutte, 
non plus pour faire triompher une cause dont il désespère, mais pour se 
ménager une issue, si étroite qu'elle soit, par où son amour-propre puisse 
s'échapper. 

.... Laissons-le passer! 



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Le sage ne se livre pas imprudemment à l'espoir. Il sait qu'après un 
espoir trompé les chagrins paraissent encore plus profonds ; comme, la 
nuit, après l'éclair, les ténèbres paraissent encore plus épaisses. 



L'espoir est une caresse de l'imagination. 



L'inQuence du moral sur le physique est un &it inexpUcable, mais dont 
on ne saurait contester la vérité. 

Heureusement, cette influence a ses limites posées par la prévoyante 
nature; car les profonds chagrins détruiraient fatfriement l'enveloppe 
matérielle de l'homme, si le corps avait été créé aussi impressionnable 
que l'âme. 



Les hommes Mbles ne craignent rien tant que d'être accusés de faiblesse. 
Ds se feront violents au besoin pour déguiser leur nature, sans s'apercevoir 
que, par cela même, ils la trahissent. 

En effet, la violence est bien réellement une faiblesse. 



Les faibles ont cela de commun avec les intrigants, qu'ils sont toujours 
prtis & voler an secours du plus fort. 



Le Ëiible est tyrannisé par l'homme puissant... quelquefois; l'homme 
puissant, par son propre pouvoir... toujours. 



Tout menteur veut qu'on s'en rapporte à sa parole, excepté le &uz 
modeste. Le faux modeste est un menteur qui serait bien fiSché d'être pris 
au mot. 



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« Quiconque s'abaisse sera élevé s se dit tout bas le faux modeste. Puis, 
exploitant habileaieiit la sainte maxime, il se Mt un marchepied de 
l'humilité. 



Le pubUc des salons a deux sortes d'applaudissements à son usage. 
Les uns servent à exprimer le plaifiir qu'il vient d'éprouver ; les autre^^ 
ont pour but de faire plaisir à ceux qu'il vient d'entendre. 
Les virtuoses ne croient qu'à la première espèce. 



Au théâtre comme au salon, le silence est le sifflet de la bonne 
compagnie. 



Secourir l'infortune pour satisËùre un besoin du cœur, c'est vraiment 
donner ; mais, semer des bien^ts pour récolter de la reconnaissance, 
c'est prêter. 



Si tu parles de tes bienMts, personne n'en parlera plus. 



Un prétendu bon mot qui ne Mt sourire personne est plus honteux 
qu'une fianche bêtise. 



Un bon mot a rapporté quelquefois plus qu'une bonne action. 



Sans doute, llndifférence peut conduire à l'impartialité ; mais on n'y 
arrive sûrement et dignement que par la droiture. 



L'impartiahté a ses mérites, à des degrés divers. 

Quand on la pratique, en sacrifiant au devoir ses penc)iants ou se» 
préférences naturelles, l'impartialité s'élève ainsi à la hauteur deti vertu» 
les plus méritoires. 



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iSK 

L'homme assez grand pour se montrer impartial dans sa propre cause 
mériterait assurément d'être cité pour l'élévation et la noblesse de ses 
sentiments ; mais il trouvera peu d'admirateurs, parce que ceux-lJi seuls 
l'admireront, qui seraient capables de l'imiter. 



Le luxe aurait peu de détracteurs, si tous ceux qui en proâtent voulaient 
bien ne pas l'attaquer. 



Qui peut user, peut abuser. 

Le luxe a donc, comme toute chose humaine, ses écarts et sa marche 
régulière. 

Toutefois, on peut comparer le luxe à un vaste réservoir placé au 
sommet de la montagne et dont le trop-plein bienfaisant apporte l'abon- 
dance à tous les terrains de la vallée. 



Quels effets bizarres '. L'aumône, cette sainte ûlle de la pitié, &vori&e 
parfois la paresse, la paresse qui avilit ; tandis que le luxe, cet enfont de la 
vanité, favorise toujours le travail, le travail qui ennobht. 



On se Sait si souvent des ennemis, en voulant rendre service, qu'il faut 
se montrer presque reconnùssant envers celui qui se contente d'oublier le 
bienfaiteur et le bienfait. 



Pardonnons au vieillard une petite dose d'égoïsme. 

La vieillesse amène les soufh-ances, les infirmités qui exigent des soins 
incessants. Or, quand ta nécessité se tait sentir de s'occuper toujours de 
soi, on est bien exposé à rapporter tout à soi. 



Ne comptez jamais sur l'indulgence des sots. Si vous la rencontrez 
quelque part, ce sera chez l'homme intelligent, quand il est aussi grand de 
cœur que d'intelligence. 



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Nous serions très indulgents si nous avions, pour les défauts d'autrui, 
seulement la moitié de l'indu^ence que nous avons pour les nôtres. 



La plupart des orateurs qui réclament l'indulgence du public s'imaginent 
bien n'en avoir pas besoin. 

Aussi, l'indulgence est une aumône que nous ne pratiquons guère, 
chacun se disant : a Pourquoi ferais-je l'aumône h. des gens qui se croient 
plus riches que moi? > 



Ombre que mon corps projette là, sur )e sable, ombre capricieuse, 
fugitive, insaisissable, tu m'apparais comme un par&it emblème de la feusse 
amitié 1 

Tu suis fidèlement mes pas, quand aucun nuage ne menace ma tète ; 
mais vienne myour de pluie et tu disparaîtras soudain ; revienne un jour 
de soleil et tu reviendras. 



L'honune est vicieux, sans doute, mais il porte en lui le gerfne du bien. 
Le remords du coupable n'est autre chose que ie réveil de sa nature primi- 
tive, qui se soulève enfin, lutte contre l'ascendant du mal, et s'efforce de 
lui ravir un empire injustement usurpé. 



A l'état fébrile succède l'atonie, h l'exaltation succède l'abattement. On 
ne puise la vraie force, la force durable, que dans la modération. 



Encore un peu d'expérience des hommes et des choses, et l'on ne verra 
plus de dupes en politique que ceux-là qui auraient la prétention de faire 
des dupes. 



Les moralistes qui font la chasse à tous les travers du genre humain ont 
coutume de ne chas-ser que sur les propriétés d'autrui. 
Est-ce qu'il n'y aunût pas de gibier sur leurs terres ?. . . 



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137 

Assurément, nos auteurs de drames et de romans s'entendent fort bien à 
fabriquer de beaux préceptes de morale ; mais certains d'entre eux, dit-on, 
agissent comme les pères de la Chartreuse, qui fabriquent d'excellentes 
liqueurs et qui s'en privent. 



Aux yeux du monde, un ridicule est parfois plus compromettant qu'un 
vice. 



Les ridicules ne pénètrent pas jusqu'au cœur. Comme les chifires gravés 
sur l'écorce du chêne, ils ne vont pas au delà de l'épiderme ; ce qui ne les 
empêche point de croître avec le sujet, comme les chiffres gravés sur 
l'écorce du chêne. 



Des défauts, on peut encore en guérir ; des vices, on n'en revient guère ; 
des ridicules, on en meurt... subitement. 



Ce que lu femme gagne en force, elle le perd en grâce ; les allures viriles 
ne vont pas à sa nature délicate. 
Si la femme veut plaire, il faut qu'elle reste femme. 



La tendresse d'une femme pour son amant n'égale jamais la haine qu'elle 
a pour sa rivale. 



Il y a, chez certaniea femmes, un désir plus vif encore que le désir de 
plaire, le désir que d'autres femmes ne plaisent pas. 



Avec de l'esprit et du tact, une femme laide peut parvenir à se créer un 
nombreux entourage. 

Les hommes oubheront sa laideur, grâce au charme de son esprit ; les 
femmes lui pardonneront son esprit, en considération de sa laideur. 



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138 

L'hoDune vaut surtout ce que vaut sa tête ; k femme, ce que vaut son 
cœur. 



Quand on voit ce que la femme sait dépenser de patience, d'babileté, de 
persévérance pour arriver à ses fins ; quand on voit ce qu'elle sait déployer 
de dévouement, d'énergie, de courage, pour conjurer les malheurs qui 
menacent sa &tmille, on se demande ce que pourrait faire de mieux l'autre 
sexe, celui qui s'est proclamé lui-même le sexe toril 



Les manièresafFectées n'appartiennent qu'au commun des coquettes. 
Le triomphe de l'art est l'imitation du naturel et de la simplicité. 



Parmi ses parures, la jeune fille ne compte pas cette ravissante petite 
gaucherie que donne l'innocence. C'est que l'innocence est un trésor dont 
elle ignore la possession. 



L'amour vit par les désirs, comme l'arbre vit par les racines. 

Quand les racines ne trouvent plus d'aliments, l'arbre languit et meurt. 



Les hommes légers s'accusent volontiers d'être distraits, de peur qu'on 
le les accuse d'être étourdis. 



Les hommes sérieux sont responsables de leurs discours ; la parole des 
étourdis n'est soumise à aucune espèce de responsabilité. 

Aussi, les uns s'imposent-ils le devoir de ne parler qu'à propos, tandi.<< 
que les autres s'arrogent le droit de parler à tout propos. 



Nous serions plus disposés à faire l'aveu de nos torts, si cet aveu devait 
les faire oublier ; mais c'est ft peine s'il les lait pardonner. 



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(59 

L'avaiice est un égoïsme sans prolit. 



La folie de l'avare consiste k se séparer de ce qu'it aime, à s'en séparer 
pour toute sa vie, à enterrer des trésors qu'il ira rejoindre un jour... 
précisément le jour oii il n'en aura plus besoin . 



Le laboureur enterre un grain de blé : il en récolte vingt. 
L'avare enfouit des monceaux d'or : il ne récolte que du mépris. 



L'avare aime trop sa cassette pour Eùmer autre chose. Si, par impos^^ible, 
l'avare avait un coeur, il ne s'y trouverait de place pour personne. 



Quand l'égoïste souffre, il faut bien qu'il supporte seul le poids de ses 
douleurs. 

Sans compassion pour les maux d'autrui, il a perdu le droit de dire à 
ses semblables : « Aidez-moi donc et souffrir ! > 



L'égoïsme passe pour le meilleur élixir de longue vie. 
Il est du nombre des substances qu'on prend sans l'avouer, parce qu'on 
rougit d'en faire usage. 



On serait bientôt réconcilié avec son ennemi, si l'on pouvait venir à bout 
de lui pardonner le mal qu'on lui a fait. 



Par une illusion providentielle, à mesure que nous marchons dans la vie, 
le terme fatal parait s'éloigner de nos yeux ; absolument comme l'horizon 
fuit devant ngs pas, k mesure que nous marchons dans la pleine. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



Demeurer calme au milieu des dangers, ou s'y élancer avec audace, voilà 
deux effets bien différents du courage : c'est que le courage vient de la tète 
ou du cœur. 



Le soldat donne sa vie, sans hésiter, pour défendre un petit morceau 
d'étoffe placé au bout d'un bâton. 
Quelle preuve éclatante de l'ascendant d'un grand symbole !'.! 



Le bonheur n'accompagne pas toujours la gloire dont l'éclat l'importune. 
La gloire aime le bruit et te plein soleil ; le bonheur aime le calme et le 
demi-jour. 



Si le bonheur a pu entrer par ta petite porte, n'en fais pas ouvrir une 
plus grande, de peur qu'il ne sorte par la porte cochère. 



Le bonheur des grands existe surtout... d<uis l'imagination des petits. 



Sans doute, il est bon d'avoir des amis; mais il est prudent aussi 
d'entretenir quelques connaissances, afin de n'être pas réduit à médire de 
ses amis. 



Je veux bien, comme tant d'autres, avoir des amis par centaines, la chose 
étant à la mode ; mais alors, j'aurai, si vous le permettez, mes amis que 
j'aime, mes amis qui me sont indifférents et mes amis que je ne puis 
souf&ir. 



Convenons-en ! les ennemis de nos ennemis sont bien un peu nos amis. 

DioilizBchyGOOgle 



Les maisons de jeu sont comme ces puissantes et redoutables machines 
dont il est si dangereux de s'approcher. Il suffit que le petit doigt s'y 
engage pour que tout le corps y passe. 

Eh bien! n'y mettons pas le petit doigt. 



La bonté jouit d'un privilège dont la beauté doit se montrer jalouse : la 
bonté n'a jamais de rides. 



Les éloges qui coûtent le moins et les reproches qui touchent le plus 
sont ceux qu'on s'adresse tout bas à soi-même. 



L'ingratitude émane plus souvent de l'o^ueil que de l'indifFérence. 



On ne manque jamais de raisonnements concluants, pour expliquer les 
choses inexplicables ; non plus que de remèdes souverains, pour guérir 
les maux incurables. 



Pour paraître, au haut de l'échelle sociale, aussi grand qu'on semblait être 
plus bas, il faut rtécessairement grandir à mesure qu'on s'élève. 



On rencontre parfois des gens à l'esprit faux, si ftanchement, si invaria- 
blement faux, qu'ils deviennent par cela même des guides aussi sûrs que 
les esprits les plus éclairés. U suffit, en effet, de diriger ses pas au rebours 
de leurs pas, pour être certain de marcher droit dans la voie de la logique, 
du bon sens et de la vérité. 



Avoir cent fois raison, en temps inopportun, c'est avoir mille fois tort. 

DioiiizBchy Google 



us 

»uvhr un mensonge, il faut au moins deux mensonges. 



irime mal ce que Von sent froidement ou trop passionnément. 



fera plus de tort, dans un salon, en disant du bten de 90iy qu'en 
I mat de tout le monde. 



lie ne connaît pas d'entraves, et le plus vaste cercle n'est pour lui 

rison. 

nme s'éteint faute d'air ; le génie, faute de liberté. 



mne réputation ne s'acquiert pas en un jour ; elle se perd en une 
plus de temps pour bâtir une maison que pour la démolir. 



tment, nous avons des dé&uts, beaucoup de défauts. Nous en 
is hautement et cet aveu ne nous coûte rien, tant qt^il ne s'applique 
lais, le défaut dont on parle, oh I ce dé&ut-là, il est toujours du 
de ceux que nous n'avons pas. 

voilà qui est bien entendu : noua sommes remplis de défauts, en 
nous n'en avons pas un seul, en particulier. 



me se dessine nettement en présence de» (^tacles. 

, il les déplore ; adroit, il tes évite ; courageux, il les affronte. 



[ vertu trouve dans le for intérieur sa meiUeure récompense, et 
^ressèment lui-même, tout compte fait avec la conscience, rapporte 
p plus qu'il n'a coûté. 



ly Google 



Le suicide est l'acte le plus contraire à notre nature. Le vieillard lui- 
même, si infirme, si misérable qu'il soil, se cramponne au peu qui lui reste 
de vie ; il veut enr^iatrer toutes ses pertes une à une ; il demande à 
mourir, de son vivant, le plus longtemps qu'il se pourra. 



La timidité qui s'évanouit au bruit des applaudissements émane de 
l'amour^propre ; la timidité qui survit au succès vient de la modestie. 



Celui qui discute avec colère déserte sa propre cause: c'est un ctwabattant 
i]ui passe à l'ennemi. 



Quand l'ignorant adopte une idée, si fausse qu'elle soit, c'est pour ne 
jamais s'en départir. Plus virement voos insisterez, pour Fen détacher, 
plus fortement il s'y attacbera. 

La raison en.est simple : on tient d'autant plus à son bien qu'on en a 



Nous sommes plus indulgents pour les défauts de l'âme dont on pourrait 
le guérir, que pour les défauts du corps dont la cure est impossible. 



Certaines passions se calment nécessairement avec l'Age, mais non pas 
toujours la passion des richesses. 

Le Pactole donne une soif de plus en plus ardente & qui vient trop 
souvent pour s'y désaltérer. 



L'homme enfante des projets jusqu'à son avant-dernier jour; un pied 
dans la tombe, il sème encore du gland pour avoir des cbénes. 



Cotobien de discoureurs seraient moins ardents à défendre même les 
causes les plus justes, si le triomphe de la cause ne devait amener le 
triomphe du défenseur ! 



ly Google 



L'imagination est un don précieux ou funeste, utile ou dangereux. C'est 
le feu : il réchauffe ou il brûle. 



l^ méchant fadt preuve d'habileté quand il choisit les plus mauvais 
terrains pour y semer la calomnie ; ces terrains-là rendent alors le cen- 
tuple de la semence. 



L'homme ne sait pas jouir du temps présent, sans désirs ou sans regrets ; 
le matin da sa vie, il a les yeux fixés sur l'avenir, et le soir, sur le passé. 



Le monde appelle méchant celui qui n'a pas assez de finesse pour n'être 
que malin. 



La douleur morale est toujours digne de respect, soit qu'elle s'exhale en 
cris déchirants, soit qu'elle se manifeste par une morne stupeur. 

Disons pourtant, d'accord avec une grande loi de la nature, que la douleur 
muette doit avoir une plus longue durée que la douleur expansive. 



Il y a deux sortes de gens ofBcieux, les uns par calcul, les autres par 
bon naturel. 

Les premiers sont nombreux et fort empressés; les seconds sont plus 
calmes et assez clair-semés. 

Ceux-ci vous donnent bien volontiers leur concours; ceux-là vous le 
prêtent. 



On sait que l'attente du plaisir vaut mieux bien souvent que le plaisir 
lui-même. 

Pourtant, la veille d'un plaisir frivole ne vaut pas le lendemain d'une 
bonne action. 



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L'aiguillon de la critique stimule les hommes supérieurs, ble<t3e les 
médiocres et tue les incapables. 



Vous trouverez peu d'hommes intelligents, qui n'aient un grain de 
lespotisme dans la tâte. 
Qui conçoit avec force, veut avec énei^e. 



Ce qu'il y a de plus certain, dans l'héritage de nos pères, c'est le lot d 
misères humaines; il ne saurait nous échapper. 



Si tu veux être heureux, fais des heureux. 



On ne pardonne les naïvetés qu'aux tout-petits enfants ou bien 

encore aux hommes de génie. 



Hier, par un temps calme, ce passager était un grand prince; cet autre, 
un pauvre soldat. 

Aujourd'hui que la mer est furieuse, et qu'elle menace, à chaque 
instant, d'engloutir le vaisseau, il n'y a plus Si bord ni soldat, ni prince ; il 
n'y a plus que des malheureux , tous égaux devant le naufrage. 

Ainsi, la mort, même avant d'avoir consommé son œuvre, étend son 
fatal niveau sur tous ceux qu'elle va frapper. 



La passion peut mener au bien comme au mal ; l'indifférence ne mène 
à rien. 
L'indifférence est la paralysie du cœur. 



L'or a fait plus de mal à l'homme que le fer et le plomb. 

DioiiizBchy Google 



110 

Quoique la (latlorie soit mie rau:Jse-inonnaie, on ne craint guère de la 
mettre en circulation. 

D"abord, la loi civile ne punit pas l'émission de celte monnaie-là; ensuite, 
celui qui la reçoit ne manque jamais de la trouver de très bon aloi. 



IjH niusique règne despotiquement sûr notre âme ; elïe y sème à son gré 
1b valme ou la tempête. Sa voix puissante commande à nos passions 
comme la voix de Dieu commande aux flots ; elle les soulève ou les apaise. 



On enferme ce pauvre insensé qui se croit pape ou sultan ; on laisse en 
liberté cet autre fou qui se croit sage. 



Oh ! certainement, on n'est pas vieux tant qu'on a le cœur jeune. Ce 
qttî Bo«s vieilli*, es son* bien moti^ tes années qui viennerrt que les 
illusions qui s'en vont. 



Gh citera bien quelques èires privilégiés, qui sont arrivés au terme Ai 
grand voyage de la vie, sans avoir perdu sur la route aucune dies iïlusiïms 
du jeune âge ; mais, il faut remarquer qiïe ces rares privilégiés ont voyïigé 
comme les courriers d'autrefois, sans mettre jamais pied à terre. 



Nous sommes plus ou moins enivrés par les vapeurs de l'encens, quand 
c'est pour nous qu'il brûle. Les uns affichent publiquement leur ivresse, 
on les nomme ptésomptueux ; les autres la combattent autant qu'il se 
peut ; on les appelle modestes. 



I! n'y a pas de solitude pour le penseur; le penseur ne se trouve jamais 
;n si nombreuse compagnie que lorsqu'il est seul. 



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U7 

Jean prétend que l'œuC est venu avant la poule. 

Jacques soutient que la poule est venue avant l'œuf. 

Une longue et savante discussion s'engage ; après quoi, Jacques et Jean 
se séparent, Jean tenant de plus en plus à son œuf, Jacques tenant de plus 
en plus à sa poule. 

Merveilleux effet du choc des opinions ! Chacun y apporte la sienne et... 
et la remporte. 



On discute, afin de s'éclairer mutuellement ; voilà la fiction. La réalité, 
c'est que chacun s'imagine bien n'avoir pas besoin d'être éclairé. 



Ne dites pas, même d'un vieillard, qu'il a passé Ip temps des folies. 
Attendez encore un jour et vous écrirez cela... sur sa tombe. 



Quand une pensée vous va droit au cœur, dites qu'elle vient du cœur. 



La mère qui cède aveuglément à tous les caprices de sa jeune f 
oublie assurément qu'elle aura un gen<ke. 



Aux yeux de la jeune fille indocile, te mari le plus débonnaire ne ^ 
jamais qu'un affreux tyran. 



C'eet dans l'intârët de la jeune famille que le pouvoir paternel est étabh, 
et non dans l'intérêt de celui qui exerce ce pouvoir. Voilà pourquoi le père 
de famille B'a pas le droit d'abdiquer son autorité, pas plus qu'il n'a le 
droit d'en abuser. 



Noue (ïsons quelquefois d'un auteur qu'il est le père de son œuvre, Il_ 
est 1%cheux qu'on ne puisse pas dire la mive; ce serait plus juste et pour 
cause. 



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148 



ue le père aime son enfant ; on trouve blâmable que 
Buvre, C'est de l'inconséquence, en vérité. Est-ce que 
:tuelle ne coûte absolument rienf 



bien que nous pensions tout haut, mais à la condition 
t, nous aurons réfléchi tout bas. La sagesse approuve la 
blâme que l'inconséquence et la légèreté. 



nd homme ne va pas & la taille de tous ceux qui sont 
ins qu'il rehausse, combien en est-il qu'il écrase 1... 



i homme hérite nécessairement du glorieux nom de son 
nécessairement de ses qualités éminentes. 
avantage de la filiation, et contre lui le danger de la 



Té, qui porte un nom illustre, ressemble h un sac vide 
étiquette. 
ne ce que le sac avait contenu. 



volontiers nos bons offices à qui vient adroitement 
i bons conseils, 
oit le piège, plus d'un renard s'y laisse prendre. 



e le vieillard se plaigne de la marche inégale du temps, 
lour lui, quand il pense à ses maux; trop rapide, quand 
ochaine. 



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148 

Savez-vous pourquoi ce bon vieillard répète sans cesse qu'il est bien 

Cest parce qu'on lui répond sans cesse qu'il n'en a pas l'aif- 



Trop souvent, on est k la fois jaloux et jalousé. Le second étage, qui 
porte envie au premier, excite l'envie du troisième. 



La persévérance perd son nom quand elle échoue ; on l'appelle alors 
entêtement. 

L'entêtement cbange de nom quand il réussit; on le nomme alors persé- 
vérance. 

Ne pas réussir... quel affreux dé&utl Du reste, chacun foit tout ce qu'il 
peut pour s'en corriger. 



Un discours prétentieux déplait d'autant plus au public qu'il semble 
plaire davantage à l'orateur. 



Il faut que l'oiateur soit doué d'un tact particulier, qui lui indique le 
moment précis où l'attention du public va lui faire défaut. Il doit alors se 
hâter d'aborder sa péroraison ; car il sait (ce quertout le monde sait) qu'on 
essaierait vainement de faire tenir une goutte d'eau de plus, dans le vase, 
quand il est plein. 



Nous sommes généralement indulgents, b. la vue d'une tombe entr'ou- 
verte. On ne larde guère à la fermer. 



Si les bavards réfléchissaient, ils auraient bien moins de temps pour 



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re littéraire a de gravité, plus le style doit en être dair. 
charrie des eaux troubles, comment l'œil pouna-t-il < 
>adeur? 



lirez l'importance d'un personnage, rien qu'à l'air important 
chambre. 



omte est traité par monsieur le duc sur le pied de l'égalité ; 
rez jamais comprendre au cocher de monsieur le duc que 
nsieur le comte soit son égal. 



st une vertu relative ; les faibles sont patients par nécessité. 



produire de l'effet est si impérieux, de nos jours, que nous 
guère usage que d'expressions extrêmes. Tout est délicieux 
aonstrueux ou adorable , épouvantable ou ilivin. Pas un 
ou poète, qui ne soit célèbre, éminent ou illustre, 
oyons tout... à la loupe. 



•iser les humbles, l'homme supérieur devrait rendre grâce 
'élèvent îias à sa taille. Le fleuve semble plus majestueux, 
îseau ; et le palais plus splendide, comparé à la chaumière. 



ice une statue dans un palais, on avise à ce qu'elle soit en 

ilévation du lieu qu'elle doit occuper. 

■ait-il pas d'en faire autant, quand il s'agit de placer un 



îs de tout genre, les tièdes ne sont jtiniais le^" derniers à 
ivea de la victoire. 



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Le swig-froid dans le danger est une anue bien précieuse , 
un bras robuste pour porter cette arme-là. 



Croyez-le bien ! Vous desservirez vos amis , si vous les louez sans 
mesure. Toute louange outrée amène fatalement une réaction. 



Si tu as taché ton habit, couvre-le de broderies dorées ; l'or fait dispa- 
raître les taches. 



Voyez un ^eu ! 

Les ap(4audissementâ sont pour Sapajou, qui fait des grimftc«îB et des 
gambades, à la foire ; les sarcasmes sont pour le pauvie Robin, qui couvre 
l'homme de sa laine, et qui l'alimente de sa chair... 

Ah ! si la gent moutonnière prenait la plume, comme elle écrirait de 
beUes tirades sur l'ingratitude des hommes!!! 



Les vieux roués tiennent à leurs vices, tout autant que les marins tiennent 
k leur cargaison. Us ne les jettent à la mer qu'au plus fort de la tempête, 
quand le navire fait eau de toutes parts. 



Le chien s'attache au maître ; le chat s'attache à la maison. Les palais 
sont pleins de âdélités félines. 



Les esprits chagrins croient au mal sur parole et au bien sur (H'euve. 



Nous ne sommes pas tous appelés k jouir des avantages que donne 
l'expérience. 

Ce fi-uit-lâ vient si tard à maturité parlaitc, (|ue beaucoup s'en vont sans 
l'avoir récolté. 



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Si les homme!: sont atiii:: jusqu'à la bourbe, les feniiues sont inlime^ 
jusqu'à l'amour. 



L'itnagination et le jugement n'ont pas même allure. 
Le jugement marche à pas lents ; l'imagination galope ; aussi les voit-on 
rarement cheminer de compagnie. 



On prétend que le jour approche, 0(1 nous ne condamnerons plus à 
mort ni empoisonneur, ni assassin, pas même le monstre qui aura égorgé 
père et mère. 

Dès lora, il faut espérer que, ce jour-là venu, nous ne condamnerons 
plus à mort des miUiers d'innocents, pour conquérir une province. 



La nature nous a donné des yeux, pour voir.., et aussi, pour parler. 
Dans certains cas, même, les yeux sont plus éloquents que la bouche; 
et, en outre, les yeux parlent toutes les langues. 



Pour user de sa force avec modération, il faut être deux fois fort. 



Admirons la machine à vapeur '. Elle peut à son gré, grâce à un précieux 
régulateur, stimuler son zèle, quand il se ralentit ; ou bien le calmer, quand 
il se passionne. Elle a donc assez d'empire sur elle-même pour vaincre son 
apathie ou son emportement. 

Quel bel exemple offert par la machine à vapeur à ta machine 
humaine 1 1 1 



Dites du mal des journaux tant qu'il vous plaira ; mais 1 
qu'ils ont produit deux avantages incontestables : la publicité, qui a bien 
son mérite, et l'abonnement, qui a son prix ! 



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165 

Si les journaux allaient se mettre en grève, quel désappointement serait 
le nôtre I 

Qui donc nous donnerait, tous les jours, des nouvelles du monde entier ? 

Qui donc nous apporterait, chaque matin, notre opinion sur la question 
i l'ordre du jour? 



Il faut reconnaître les services que nous a renduiî la presse périodique. 
Avant la création des journaux, il n'existait d'autre mode de publicité 
quotidienne que les confidences. 



Si la mère de lamille renonce h conduire sa fille au théâtre, même quand 
la pièce du jour a pour but moral le triomphe de la vertu, c'est parce 
qu'elle redoute le spectacle des épreuves un peu trop accentuées auxquelles: 
la vertu sera soumise, avant de triompher. 



Au théâtre, la mauvaise toi finittoujours par être démasquée etméprisée; 
la probité unit par être reconnue et récompensée. 11 y a de ces choses 
qu'on ne voit qu'au théâtre! 



L'enfant gâté ne mérite aucun blâme ; il suit la voie qu'on lui ouvre, ce 
cher enfant. Il mène ceux qui le gâtent, en attendant qu'un jour il les 
malmène. 



En Turquie, l'autorité conjugale ne tombe guère en quenouille. 
Le mari o'ttoman a sous la main certaine ressource que possèdent seuls 
les peuples polygames : il peut diviser pour régner. 



Si on semait des républicains sur le sol de la Vendée, il y pousserait 
des royalistes ; et des royalistes sur la terre américaine, on y récolterait 
des républicains. 

L'homme est souvent redevable de ses croyances au coin de terre sur 
lequel le hasard a déposé son berceau. 



ZBchyGOCX^IC 



J 



154 

relations de peuple à peuple ne sauraient porter aucune atteinte à 
hement que chacun doit avoir pour son pays. 

contraire, ces relations tendent à f^re disparaître, par le frottement, 
os préjugés qui n'ont rien de commun avec le piUriotisine. 



/rai patriotisme consiste à aimer, à servir son pays, et non pas à 

■er toujours les poings à l'étranger. 

3t ridicule de dénigrer systématiquement tout ce qui se trouve en 

s de la ligne des douanes ; il est injuste de mépriser ces populations 

es, par cela seul qu'elles sont campées là, de l'autre côté du fleuve ; 

iourire vient aux lèvres, quand on songe que ces mêmes populations, 

iment les mêmes, auraient droit à toutes nos sympathies, si le fleuve 

ipare les deux états s'était avisé de couler un peu plus loin. 

I, ce n'est pas là le grand, le noble patriotisme ; c'est le patriotisme 

ige du cabaret. 



aratt bien que la modestie collective n'est pas de rigueur, car chaque 
e s'attribue le monopole de toutes les qualités imaginables et parti- 
eraent de la bravoure. 

prétentions réciproques se trouvent ainsi détruites les unes par les 
1, et le résultat flnal est absolument le même que si tous les peuples 
ent bien s'entendre, pour être un peu plus modestes. 



Bour ne peut vivre qu'à l'état fébrile. Quand l'amour n'a plus la 
, il se meurt, il est mort. 



James Thwarting, un des opposants quand même de la chambre de.« 
lunes, se laissa choir, un jour, dans la Tamise, el il s'y noya, 
quelque temps de là, on aperçut sir James ballotté par les flots. 



ly Google 



Mort, il était resté fidèle aux habitudes de sa vie entière; au lieu de 
suivre le fil de l'eau, le corps de l'honorable opposant remonlait naturel- 
lement le cours du fieuve. 



Nous vivons dans le siècle des découvertes. Blh bien! Si on allait décou- 
vrir le moyen de lire dans les cœurs, aussi couramment qu'on lit dans les 
livres tl! 

On Ërémit, rien que d'y penser. 



Mon petit-iils ne rêve que hussards, chasseurs, dragons; ii se croit 
colonel ou général, quand il est attelé à mon grand sabre. 

Mon cousin ne rêve que donjons, tourelles, écussons; il se croit comte 
ou marquis, depuis qu'une particule est attelée devant son nom. 

Mon petit-fils est un enfent de cinti ans ; mon cousin est un enfent de 
cinq pieds. 

n Eenit que les eafenta s'amuaent. 



Avez-vous remarqué cette inconséquence de la plupart des auteurs 
comiques '? 

Jamais ils ne laissent échapper l'occasion de tourner en ridicule le 
mariage, et c'est toujours par un mariage qu'Us terminent leurs pièces. 



Si vous pensez qu'un poète ait du talent, vous pourrez bien le lui dire; 
mais vous ne pourrez jamais le lui apprendre, si matin que vous vous 



Autrefois, on n'épousait qu'à de certaines conditions ; on recherchait 
une jeune fille, après avoii- dament constaté l'importance de ee» propriétés 
foncières; de ses domaines en Beauce, en Périgord, en Normandie. 

Aujourd'hui, nos jeunes-hommes sont moins exclusifs; ils savent qu'il 
existe d'autrp biens aussi précieux que les richesses du sol : l'esprit, la 

bonté. In douceur, la modestie Il y a bien aussi les actions, obligations 

et rentes sur l'État. 



ZB<:hyGOO<^le 



186 

Le flis de famille, impalient de secouer le Joug paternel, avait imaginé 
jadis un ingénieux moyen de s'airranchir de toute soumission : il se EEÛsait 
soldat pour être libre. C'est avec non moins de succès qu'on s'em^le dans 
un parti, pour être indépendant. 



Voyez-vous ces braves gens (jui se promènent, la canne à la main, là- 
bas sur la place publique? Eh bien ! ce sont de profonds politiques, qui 
font mouvoir les armées, qui gouvernent les empires avec une habileté 
merveilleuse, et surtout avec une étonnante facilité. 

Ce qui prouve que la chose est vraiment des plus simples... la canne à 



Le poète ne connaît rien de supérieur à la poésie ; le musicien à la 
musique ; le peintre à la peinture. Chacun admire ainsi ce qui fait son 
principal mérite ; voilà pourquoi ce jeune fet a tant d'adbiiration pour 
son tailleur et son bottier. 



« Cet homme a eu tort de dévorer en silence certain fdTront qu'il était 
de son honneur de venger, b 

«: Cet homme a eu tort de venger publiquement certain aflWtnt qu'il 
était de son honneur de cacher, u 

Autant vaudrait dire que le pauvre homme a eu toK d'avoir été trompé. 



Vivre d'abord pour l'amour; puis, pour l'ambition; après quoi, vivre... 
pour bien vivre : tel est le destin d'un assez grand nombre. 

La vie, ainsi menée, ressemble à une pièce de théâtre dont le premier 
acte se passe dans le cœur, le second dans la tète, et le troisième, hélas ! 
dans l'e: 



Là où les peines sont personnelles, il est logique que les récompenses 
soient individuelles. 



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137 

11 faut qu'une femme soit dépourvue de tout mérite personnel, pour 
qu'on ne trouve à louer en elle que la perfection de sa coiffure et la 
richesse de ses ajostements. 



Une jeune femme sera toujours flattée dans son amour-propre, si vous 
lui dites que tout le inonde admire la distinction de sa toilette et l'éclat de 
ses parures. 

Pourtant, si la jeune femme voulait bien réfléchir, un instant, le com- 
pUment lui semblerait peu flatteur, car il peut se résumer ainsi : <: Ce que 
tout le monde admire en vous, c'est... ce qui n'est pas vous. » 



Déflez-vous de votre miroir. Madame. Il vous parle sans cesse des roses 
de votre teint, des perles de votre bouche ; mais il se gardera bien d'ajouter 
que la bouche est assez grande pour qu'on en aperçoive aisément les 
perles. Non, non assurément, il ne vous dira pas une telle impertinence. 
C'est que, voyez-vous, votre miroir se conduit en vrai courtisan ; quand 
vous le consultez, il vous donne son avis, 'seulement sur les choses qui 
soDt à votre avantage. 

Déâez-vous de votre miroir. Madame. 



Le sexe fort a aussi ses coquettes, qui savent tirer parti de l'indifférence 
bien jouée, habiles comédiens qui s'abstiennent d'attaquer, afin de donner 
l'envie qu'on les attaque. 



Amener le cœur d'un indifférent à se rendre, c'est forcer une place 
réputée imprenable k capituler. 

Aussi, la défaite d'un bel indifférent passe-t-elle pour le. plus éclatant 
triomphe que puisse rêver l'ambition d'une grande coquette. 



La mémoire est une &culté qui seconde l'homme merveilleusement, 
dans les travaux de l'intelligence ; mais elle n'y joue qu'un rûle passif et 
ce serait bien à tort qu'on la considérerait comme faisant partiedu domaine 
intellectuel. 



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[>érez pas d'une mémoire ingrule, pas plus que d'une terre 
mauvais terrain peut toujours être amélioré par la culture. 



mémoire heureuse, on arrive bcilanent à orner son esprit ; 
ssi à pouvoir colporter l'esprit des autres. 



avoir une mémoire qui fOt tout à la fois — Rdèle, pour nous 
services qu'on nous a rendus, — ingrate, pour oublier le mal 
ifoit. 



cité pénétrait toute espèce de matiêa-e, le télégraphe âactrique 

laible ; au premier soutien du fil de fer, l'étinc^le irait se 

le sein de la teire. 

lient, certains corps refusent d'admettre l'éleclricité sur leurs 

t ils contribuent ainsi, par œt acte d'oppoeatkm, à noua dot&r 

lerveilleux de communication. 

tes, un genre d'opposition qui a du bon ! 



{es nous donnent rarement tout ce qu'ils nous ont promis, 
est un plaisir qui ne fait jamais défaut au voyageur, quoique le 
f songe guère au moment du départ, c'est le plaisir de rentrer 



î pour se procurer la satislaction de voir, et la satisfaction 
ive de raconter ce qu'on a vu. 



slons puriste, m^me l'homme très modeste, s'il parle un peu 
Bment que nous. 



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Cest par vanité qu'on veut des titres ; c'est par orgueil qu'on prétend 
n'en vouloir pas. 



Le plus beau privilège de la royauté, c'est assurément 1» droit de faire 
grâce. Toutefois, de graves considérations empêchent, dans certains cas, 
le souverain de faire usage de cette douce prérogative. 

Comme un bon roi doit souffrir, quand il se voit contraint de sacrifier la 
clémence à la politique ! 



On ne croit jamais aux épines qui hérissent le pouvoir, tant qu'on n'y 
a pas mis la main . 



L'homme étant d'une nature perfectible, celui qui se vante de n'avoir 
jamais modifié ses opinions, ne prouve qu'une chose : c'est que l'orgueil 
lui a fait dédaigner les enseignements de l'expérience. 

Et s'il en est ainsi, nous ne voyons pas qu'il y ait là de quoi se vanter. 



Le sentiment de l'envie appartenant de droit à la nullité, le plus envieux 
doit être précisément celui qui ne possède absolument rien qu'on puisse 
lui envier. 



On prétend que, de tous les animaux, l'homme est le seul qui ait été 
créé raisonnable. 
Serait-ce point raisonneur qu'on a voulu dire? 



Combien de gens déplorent les misères de la vie, qui, par leur incon- 
duite, la rendent plus misérable encore ! 

Étrange inconséquence ! Ils se plaignent de l'amertume du breuvage, et 
ils ne cessent de verser du tiel dans la coupe ! 



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160 

Donne ta bourse à garder aussi souvent |qu'il te plaira; ton secret, a 
rarement qu'il se pourra. 



On rencontre encore assez souvent une volonté ferme ; mais le rare, le 
rarissime, c'est une volonté ferme et persévérante. 
Voilà pourquoi Diogëne n'éteignait pas sa lanterne. 



Les vérités qu'on découvre dans l'étude du cœur humain ne sauraient 
compenser les illusions qu'on y perd. 



Si tu tiens & conserver tes illusions, ne va pas soulever les plis et les 
replis du cœur humain. 
Si tu veux jouir du prestige de la scène, ne va pas te placer dans les 



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PRIX MOYEN 

DES 

GRAINS VENDUS 

SUR LE 

MARCHÉ DE CHATEAUDUN 

DEPUIS L'ANNÉE 1583 



Des difficultés d'exécution ne nous ayant pas permis de reproduire le 
tableau graphique du prix des grains annoncé précédenunent (1), nous 
. avons cru devoir publier le résultat des prix consignés sur les mercuriales 
des arctùves de la mairie de ChAteaudun, en l'exprimant en monnaie 
actuelle. 

Nous donnons ci-après le rapport de la livre tournois au franc, d'après 
lequel notre travail a été établi. 

La réduction rigoureusement exacte des anciennes monnaies n'étant pas 
possible en francs et centimes, nous croyons devoir faire observer ici que 
les fractions de centimes ont été négligées ; en d'autres termes : les prix 
indiqués dans ce travail sont exacts & un centime près. 

Les prix inscrits dans chaque colomie représentent la valeur moyenne 
d'un hectolitre. 

Le prix moyen d'une année s'entend d'un jour de Saint- Rémy 
(1" octobre) à l'autre; ainsi, l'année 1584 comprend le prix moyen des 
mercuriales depuis le i" octobre 1583 jusqu'au 1" octobre 1584, et ainsi 
de suite. 



(1 ) Voyei luprà, page 50. 

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RAPPORT 

DE LA LIVRE TOURNOIS AD FRANC 



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PRIX MOYEN DES GRAINS 

VENDUS SUR LE MARCHÉ DE CHATEAUDUN DEPUIS L'ANNÉE 1583. 



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1 97 


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1595 


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5 43 




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1596 


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2 02 


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1666 


6 94 


6 21 


6 33 


3 77 


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2 93 


2 43 


1667 


5 70 


5 14 


2 90 


2 46 


2 35 


1 92 


1 94 


1668 


4 32 


4 04 


2 89 


2 46 


2 22 


2 04 


1 90 


1669 


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3 71 


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2 37 


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1 48 


1670 


4 32 


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2 68 


2 46 


2 04 


1 53 


1671 


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1 26 


1672 


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2 17 


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2 22 


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1 78 


1678 


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6 18 


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1679 


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2 01 


1681 


5 39 


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3 34 


2 85 


2 29 


2 09 


1682 


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2 96 


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1683 


5 72 


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2 75 


1 74 


1684 


5 61 


5 17 


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4 49 


3 75 


2 89 


1 53 


1685 


7 28 


6 78 


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4 98 


4 44 


4 22 


2 37 


1686 


4 45 


4 06 


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3 11 


2 78 


2 19 


1 97 


1687 


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3 45 


3 06 


2 71 


2 37 


2 27 


1688 


3 26 


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2 41 


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1 81 


1 90 


1 87 


1689 


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2 14 


2 02 


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^^ 




^^ 




Iiaàl 








Timni. 


Seigle. 


Orge. 


Avoine. 




litte. 


MimntKf. 


mitoïen. 














1839 


rr. r. 

23 97 


22 27 


17 25 


14 06 


12 


60 





74 


6 46 


iSiO 


26 75 


26 20 


21 12 


17 70 


13 


64 


12 


78 


6 69 


1841 


18 75 


17 46 


15 23 


13 12 


9 


17 


8 


31 


7 27 


18i2 


19 82 


18 39 


13 95 


11 41 


9 


43 


7 


93 


7 13 


1843 


21 37 


20 32 


16 28 


13 92 


12 


60 


10 


93 


8 94 


1844 


21 45 


20 26 


17 68 


13 23 


11 


71 


11 


34 


7 33 


1845 


19 04 


18 08 


15 95 


13 68 


11 


35 


9 


37 


6 66 


184e 


23 35 


22 29 


18 86 


16 05 


13 


64 


11 


47 


8 46 


1847 


36 64 


34 93 


30 10 


27 80 


17 


49 


20 


77 


11 OT 


1848 


18 42 


17 13 


15 « 


13 20 


9 


62 


9 


58 


8 23 


1849 


16 34 


16 42 


12 29 


10 22 


8 


00 


6 


85 


6 03 


1850 


15 10 


14 . 


11 68 


9 78 


7 


10 


8 


60 


5 54 


1851 


14 99 


13 36 


11 85 


9 18 


7 


89 


6 


81 


5 80 


1852 


20 64 


19 07 


15 92 


13 36 


11 


07 


9 


77 


7 22 


1853 


19 61 


18 37 


15 50 


10 61 


10 


35 


9 


.34 


7 03 


1854 


32 77 


30 47 


26 99 


22 27 


17 


08 


15 


90 


9 30 


1865 


29 70 


28 20 


24 22 


18 77 


15 


70 


14 


18 


9 04 


1856 


34 77 


32 46 


27 99 


23 09 


16 


77 


14 


75 


8 ■ . 


1857 


28 26 


25 75 


23 74 


18 87 


U 


62 


14 


.» 


8 97 


1858 


18 13 


16 97 


14 20 


12 61 


11 


19 


10 


18 


9 «7 


1859 


16 07 


14 79 


12 65 


11 35 


10 


54 


9 


75 


9 34 


1860 


21 09 


18 98 


16 99 


14 38 


13 


23 


10 


69 


8 14 


1861 


25 09 


23 55 


21 06 


17 08 


16 


23 


12 


46 


9 55 


1862 


25 50 


23 27 


19 33 


17 04 


12 


27 


11 


38 


8 63 


1863 


21 80 


20 28 


16 43 


13 57 


10 


05 


9 


69 


7 24 


1864 


18 36 


17 33 


14 94 


13 06 


9 


75 


9 


80 


7 48 


1865 


17 36 


16 46 


13 74 


11 43 


9 


03 


S 


13 


7 08 


1866 


18 72 


17 17 


13 86 


12 21 


11 


99 


10 


58 


9 72 


1867 


28 20 


26 12 


23 67 


20 86 


16 


59 


13 


69 


10 76 



„ Google 



NOTES ET MATERIAUX 

POUR SERVIR A LA FLORE 

DES ENVIRONS DE CHATEAUDUN 



Le déparlement d'Eure-et-Loir, malgré sa proximité de Paris, a été 
encore bien peu exploré par les botanistes. La conformation et la nature 
du sol, le climat et l'extension de la culture des céréales ne contribuent 
pas, il est vrai, à en faire un territoire riche en productions naturelles et 
attrayant pour un naturaliste. 

La botanique, surtout dans la partie cryptogamique, a été assez négligée ; 
les seuls documents que nous ayons sur cette partie de la science se 
trouvent à la fin du catalogue des plantes d'Eure-et-Loir, publié par 
M. Leièvre, sous les auspices de la Société archéologique de Chartres. Ce 
travail renferme un grand nombre de renseignements et d'indications 
précieuses sur la flore du département, mais il ne suffit pas encore pour 
donner une idée complète de la végétation du pays, tant pour le nombre 
des espèces que pour leur aire d'habitation. Malgré le zèle de l'auteur et 
de ses collaborateurs, plusieurs cantons, les plus riches peut-être, n'ont 
pas encore été explorés et tiennent sans doute en réserve bon nombre 
d'espèces intéressantes pour le botaniste qui les visitera. D'un autre côté, 
la partie explorée ne l'a été sur beaucoup de points que d'une manière 
fort imparfaite, de sorte qu'il y a beaucoup de plantes dont la présence n'a 
été signalée que dans une seule localité et qui passent pour rares, bien 
qu'elles aient un habitat relativement étendu où elles sont abondantes ; 
exemple : leGeraniumpyrenatcumetVIsopymmthalictroides.En revanche, 
d'autres espèces, fort abondantes sur quelques points, manquent absolument 
dans le reste du département où elles sont indiquées comme communes, 
par exemple le Lepidium graminifolium dont je n'ai pu encore constater 
la présence dans les environs de Châteaudun. 

L'intéressant travail de M. Coudray met en relief d'une manière plus 
spéciale la végétation de l'arrondissement de Ch&teaudun en multipliant les 



D,oilizB<:byGOO<^le 



i72 

indicaUons de localités et en constatant la présence de quelques bonne.s 
espèces nouvelles pour notre llore. Nos environs n'ont guère été mieux 
explorés que le reste du département : la vallée du Loir, de Bonneval à 
Cloyes, et celle de la Conie, de son embouchure îi Varize, sont assez bien 
connues ; mais nous ne savons que bien peu de choses sur le reste de 
l'arrondissement; le canton de Brou, notmmnent, n'a jamais été visité. 

Quelques genres de plantes ontétéétudiés d'une manière bien imparfaite; 
je citerai entre autres les genres liosa et liubvs. Je ne suis pas un partisan 
bien convaincu de la multiplication excessive d'espèces dont ces plantes 
ont été l'objet ; cependant, en attendant que l'expérience ait prononcé sur 
la validité de ces nouvelles créations, il serait bon d'observer, de recueillir 
et de mentionner les principales formes de ces plantes, dans l'espoir que 
la lumière se fera un jour dans'ce chaos qui s'obscurcit de plus en plus, et 
qu'alors ces renseignements pourront être de quelque utilité. 

Un simple catalogue parait être chose facile aux personnes étrangères 
aux sciences naturelles; il exige cependant la réunion et le classement 
d'une multitude de faits, des observations réitérées pour lesquelles il faut 
beaucoup de temps et de patience, un travail sérieux et un zèle éprouvé. 
La cryptogamie surtout, avec ses espèces innombrables, est d'une étude 
très difificile. Un polymorphisme désespérant, une synonymie presque 
inextricable poiu* un grand nombre d'espèces et la rareté des bons ouvrages 
spéciaux, augmentent encore cette difficulté. 

Dans la première année de mon séjour à Chàteaudun, j'ai recueilli un 
certain nombre de plantes que j'ai envoyées à M. Lefèvre, qui les a &iit 
entrer dans son catalogue des plantes d'Eure-et-Loir. ' Depuis l'im- 
pression de ce travail, j'ai continué mes recherches et j'ai pu récolter 
({uelques plantes nouvelles pom' le pays. En outre, j'en ai nommé 
que je possédais déjà depuis quelque temps et corrigé des déterminations 
fautives d'autres espèces déjà publiées. Pavais d'abord le projet de 
ne donner que la Uste de ces additions et corrections ; mais, d'après les 
conseils de quelques membres de lu Société, je me suis décidé à y joindre 
les espèces les plus intéressantes du pays dunois. Je donne aussi en entier 
la liste des urédinées et des algues récoltées dans les envirouB de 
Ghdteaudun, en modifiant un peu la nomenclature et la classification, et 
en corrigeant de mon mieux les erreurs qui s'étaient glissées dans mon 
premier travail. 

* Je me permettrai ici une observation i|ui pourra avoir son uHlité les malenaux 
de l'Addenda ( p. 293 à 297 ), sauf une espèce, le Seligena /.alcarea, ont lous ele 
fournis par moi. M. Lefèvre, pressé de livrer à l'imprimcui les deinières feuilles de 
son travail, a oublié de mentionner cette particularilé et ne rael on mon nom que le 
tiere environ des espèces ou localités citées dans cet appendice 



ly Google 



175 

Je fais précéder ce catalogue de l'extrait du journal des herborisations 
faites dans les environs de Châteaudun, en 1S36<37, par M. Robin-Massé, 
de remarques sur l'habitat de quelques espèces dans l'arrondissement et 
sur leur station géologique et de notes sur quelques plantes phanérogames. 
Le petit nombre des herborisations que j'ai pu faire ne m'a pas permis de 
recueillir beaucoup de fiuts, mais des observations ultérieures pourront les 
augmenter et les compléter. J'ai fait tout mon possiblo pour ne placer dans 
les notes ci-dessous que des renseignements d'une scrupuleuse exactitude ; 
cependant les déterminations cryptogamiques sont souvent si âifQciles, 
qu'il ne serait pas impossible que, même dans mes corrections, on trouvât 
à corriger encore. 



PLANTES RÉCOLTÉES PAR M. ROBIN-MASSÉ. 

Je dois à l'obligeance de M. le D"" Raimbert la communication de notes 
très intéressantes sur la botanique et la géologie de l'arrondissement de 
Châteaudun. Elles sont extraites du journal des herborisations faites en 
1836-37 par M. Robin-Massé, qui résidait alors à Saint-Avit. Pendant son 
séjour dans ce pays, il avait commencé h recueillirdes matériaux pour une 
description physique du département ; son départ lui a fait abandonner ce 
projet. Pai trouvé dans ces notes la mention d'un grand nombre d'espèces 
intéressantes, dont quelques-unes nouvelles pour l'arrondissement et 
beaucoup de localités inédites. Parmi celles déj!\ connues il y en a qui, 
dans la Botanique d'Eure-et-Loir, de M. Lefêvre, sont mises au nom de 
MM. Duteyeul, Marquis, Bellamy, ou au mien. Ayant eu la bonne fortune 
de découvrir les indications de M. Robin-Massé, je m'empresse de les lui 
restituer, car il a sur nous une priorité de près de trente ans, et j'espère 
que, plus tard, les auteurs de nouveaux travaux sur les plantes du pays 
dunois en tiendront compte. J'attache une importance toute particulière ;\ 
l'exactitude de l'attribution des découvertes, quel que soit d'ailleurs leur 
mérite. Je donne ci-après un extrait des indications de M. Robin-Massé, 
avec quelques remarques. J'espère que l'auteur voudra bien me pardonner 
ces emprunts qui pourront aider à compléter la statistique botanique du 
département, dont, le premier peut-être, il avait eu l'excellente idée. 

J'engage les botanistes dunois à vérifier avec soin l'existence des espèces 
nouvelles. Les indications suivantes sont dignes de la plus grande confiance ; 
mais nous n'avons pas sous les yeux d'échanlillons de quelques-unes de 
ces provenances, et on ne saurait s'entourer de Irop do preuves quand il 
s'agit de constatations scientifiques. 



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174 

Thalictrum flavum, L. — Bords du Loir à Saint-Avit, 
Ranunculus lingua, L. — Marais de la Conie ; Bussard, Ségland. 

— chœrophyltos, L. — La Sablonnière; bois de Bussard. 
Isopyrum thalictroïdes, L. — Bois entre Villemore et Tboreau ; bois du 

Cbapitre, 
Berberis vulgaris, L. — Haie près du bois de la Roche. * 
Corydalis solida, Smith. — Entre Bois-Raimbourg et Courtalain; h^es 

entre Châteaudun et Saint-Avit; bois entre Villemore et Thoreaii. 
Neslia paniculata, Desv. — Champs ii Saint-Avit. 
Iberis pinnata, L. — Pâture sèche et pierreuse & droite du chemin de 

Saint-Avit à la Varenne. " 
Pamassia palustris, L. — Marais près de Conie, 
Spergula nodosa, L. — Entre Marboué et Écoublanc, 

— pentandra, L. — Pâture à droite du chemin de Saint-Avil à la 
Varenne. 

Sagina erecta, L, — Même localité, *" 

Genista sagittalis, L. — Bois des environs de Chateaudun, 

— tinctoria, L. — Bois de la côte des Abrés. 

Cytisus capitalus, Jacq. — Bois au-dessus du moulin de Battereau, 

Ononis natrix, L. — Romilly-sur-Aigre. 

Trifolium subterraneum, L. — La Sablonnière. 

Omithopus perpusilius, L. — La Sablonnière. 

Phyteuma spicatum, L. — Bois du Chapitre. 

Erica tetralix, L. — Pente sèche entre le bois du Chapitre et la route de 

Courtalain. 
Utricularia vulgaris, L. — Fossés à gauche de la route de Chateaudun à 

Marboué ; étang de Galas près de Courtalain. 
Hottonia palustris, L. — Mare de la ferme de la Querellerie entre 

Chateaudun et Marboué. 
Prûnula grandiflora, Lam. — Bois de Chatay et du Chapitre. 
Samolus Valerandi, L. — Conie. 

ora perfoliata, L. — Bords du bois de la côte des Abrés. 

itiana pneuraonanthe, L. — Marais des bords de l'^Ugre. 

lyantes trifoliata, L. — Bords du Loir à Marboué, et entre la Sablonnière 

t Villemore. 

manthemum nymphoïdes, Link. — Ëtang de Galas. 

licularis palustris, L. — Marais de la Conie. 

Probablement eubsponlané. 

J'ai herborisû bien souvent dnns la localité indi<{uéc et je n'ai jtunats rcnconlrc 
î plante ; ne serait-ce pas plutôt nberia amara? 
* Abonde dang tous les lerrains secs et sablonneux des environs de Cbâlcaudun- 



ZBchyGOCX^IC 



17S 

Veronica acutellata, L. — Fossés entre Ghâteaudun et Marboué. 

Leonurus cardiaca, L, — Abonde dans les cours, h Saint-Avit. 

Plantage carinata, Scbrad. — Commun à la Sablonniëre. 

Anneria plantaginea, WUld. — Environs de Ghâteaudun. 

Daphne laureola, L. — Bois des Aires, de la Roche, de Chatay, de Saint- 
Christophe. 

Alisma ranunculoides, L. — Étang de Galas. 

Gagea lutea, Duby. * — Bois de Bois-Raimbourg, entre le moulin et la 
maison d'habitation. 

Galanthus nivalis, L. — Dans deux haies à Saint<Avit. 

Epipactis palustris, Crantz. — Marais de la Conie. 

Orchis ustulata, L. — Allées herbeuses de l'enclos de Saint-Avit ; partie 
supérieure du bois entre Villemore et la Varennc, 

Gymnadenia conopsea, Rich. — Vallée de lA Conie. 

Opbrys aranifera, Huds. — Montigny-le-Gannelon. 

Spiranthes festivalis, Rich. — Marécages de l'Aigre. 

Triglochin palustre, L. — Marais près de Conie. 

Potamogeton acutifolius, Link, — Fossés entre Ch&teaudun et Marboué. 

Eriophorum latifolium, Hoppe. — Marais de la Conie. 

Aira ilexuosa, D. — Entre Marboué et Écoublanc. 

<7iTP<«Si><Mca cellwliilrea. 

Agaricus muscarius, L. — Bois de Saint-Martin ; bois entre Villemore et 

Thoreau. 
Agaricus pectinaceus, D. C. — Bois de l'a Roche. 

— tortilis. — Allées do Saint-Avit. 
Boletus edulis, Bull. — Bois de Saint-MartJn. 
ScbyzophiUum commune. — Troncs d'artH-es abattus. 
Bulgaria inquinans. Pries. — Troncs d'arbres abattus. 
Hydnum repandum, L. — Bois près de Villequier. 
Asterophora lycoperdioïdes, Dittm. — Sur un agaric en putréfaction, 
Cantbarellus comucopioïdes, Fries. — Bois du Barry. 
Leotia gelatinosa, Hill. — Chemin do Douy. 
Clavaria.... plusieurs espèces indéterminées. 

U. 

VËGéTATION DU VEMDOMOIS ET DU DUNOIS. 

L'intéressant travail de M. Franchet sur la distribution géc^raphique des 
plantes phanérogames, dans le département do Loir-et-Cher, fournit des 

' Ou plutôt le G. arvensis, Scbullz (G. villosa, Duby). 

DioilizBchyGOOgle 



176 

renseignements curieux sur la végétation du Vendomois et permet de la 
comparer à celle du Dunois. Deux promenades rapides dans les environs 
de Vendôme m'avaient fait penser que la flore de cette contrée doit être 
plus riche que celle des environs de Châteaudun; les citations de 
M. Franchet me confirment dans cette opinion. Parmi les espèces qui 
sont communes aux deux localités, j'ai remarqué : Stachys alpina, Draba 
muralis, Lathyrus sylvestris que j'ai récoltées à Prélevai, Cyperus îongm, 
Carex fulva, Ononia coltannœ, Prunella grandifîora et surtout Ertca sco- 
paria. Il est intéressant de relier la station de la forêt de la Gaudinière, oii 
M. Franchet indique cette dernière espèce, avec celle du bois de l'Aumdne 
signalée par MM. Lefèvre et Bellamy et oh je n'ai pas été assez heureus 
pour la rencontrer moi-même malgré des recherches réitérées. Les coteaus 
qui bordent la vallée du Loir, dans le Vendomois, sont habités par de 
nombreuses espèces qui n'ont pas été récoltées jusqu'à présent dans les 
limites de notre flore. La végétation du coteau et de la vallée de la Cissc 
parait avoir la plus grande analogie avec celle de la vallée de l'Aigre. Dans 
les deux localités on rencontre en abondance : Bxtxus sempervireiis, Ononis 
columnœ, Coronilla minima, Carex ampultacea eiparadoxa, Polystichum 
thelypteris, etc. Je n'ai pas encore rencontré dans les friches de la Beauce 
dunoise le Linum Leonii signalé parM. Franchet dans la Beauce vendomoise; 
en revanche, le Linwm tenuifoUum y est tort abondant. 



REMABQUES SUR QUELQUES STATIONS BOTANIQUES. 

La nature chimique dq sol et la formation géologique à laquelle il appar- 
tient exercent sur la végétation une influence remarquable et très facile à 
observer. Beaucoup d'espèces habitent exclusivement les terrains calcaires, 
et, parmi elles, les unes préfèrent les terrains crétacés, les autres la formation 
lacustre. D'autres plantes recherchent les terrains où domine la silice, soit 
à l'état sablonneux, soit mélangée à une proportion d'argile plus ou moins 
forte. L'étude de ces particularités ofi're quelques difQcultés dans les envi- 
rons de Châteaudun, car le terrain calcaire et le terrain siliceux se montrent 
assez rarement bien isolés. La craie tuffau de la vallée du Loir renferme 
une assez grande qumitité de silex spongiaires qui forment souvent des 
bancs assez puissants ; dans la formation lacustre de la Beauce, on trouvt 
des bancs do calcaire très purs, d'autres plus ou moins siliceux, d'autres 
enfin, composés de conglomérats de silex. 

Sur le calcaire on remarque les Cladonia endiviasfolia, Endocarpm 
hepaticum, Vcmicaria nipesMs, Leâdea cakivora, et dans les excavations 



ly Google 



177 

plusieurs algues placées aux dernières limites du r^e végétal (Chroo- 
coccus, Aphanocapsa, Gleocapsa, etc.) qui paraissent habiter spécialement 
les roches crayeuses. 

Les rocbers siliceux sont habités par un grand nombre de mousses ; je 
citerai les Tortuîa muralis et ruratis, Bartramia pomiformis, Hedungia 
cUiata, Hypnum cupresstforme, Var, etc. La végétation phanérogame 
présente aussi des particularités intéressantes. 

Dans la vallée du Loir, le terrain diluvien est formé de graviers et de 
galets siliceux mélangés d'un peu d'aigle. Dans les endroits oii ce terrain 
n'est pas soumis £l la culture, il se recouvred'une végétation caractéristique 
facile à distinguer de celle des terrains pierreux et incultes qu'on rencontre 
çà et là dans la Beauce, et différant aussi notablement des sables ocracés et 
de l'argile à silex des collines du Perche. Toutes les localités où se 
rencontrent ces affleurements de graviers ne sont pas également richeâ en 
espèces, bien que le fond de la végétation soit toujours le même. La plus 
favorisée parmi celles que j'ai pu visiter est celle de la Sablonnière, entre 
la Varenne-Ferron et Saint-Denis-les-Ponts ; là, sur un espace d'un demi- 
kilomètre carré à peine, j'ai fait d'abondantes récoltes. Malbeureusement 
pour la flore du pays, on défriche et on met en culture ce petit coin de 
terre où déjà on ne retrouve plus des plantes qui peut-être ne se rencon- 
traient que là dans la vallée du Loir. Les espèces caractéristiques de ces 
terrains sont : IHgitalis purpurea, PUtntago cartnata et SciUa autumnalis. 
On peut y rencontrer de plus ; Ranuncultis chœrophyUos, Myosurus 
minimua, Polygala oxyptera, P. vulgaris, P. depressa, Bypericum humi- 
fusum, DiarUhua carthusianorum, forme pauciflore et même uniflore , 
D. prolifer, Cerastium quatemeUum, TrifoHum arvense Var., T. glome- 
ratum, T. scabrum, T. repens, T. stàiterraneum, T.- fragiforme floribm 
' albis, T. procumbene, L., T. minus, Rehl., Omithopua perpmiUue, 0. 
intermeditts, Lotu3 comiculattts, Vicia angusHfoHa, V. aegetalis, Thuill., 
V. Boiartii, Forst., V. heterophilla , Presl., Ermim tetraspermum, E. 
gracile, E. hirsutum, Montia minor, Hemiaria gîabra, H. htrsuta, Sedum 
reftexum, S. elegans, Gnaphalium luteo-album, Senecio viscosus, Amoseris 
pusilla, Ehinanthuê minor, Theaium prateme, Rumex acaosella, Jasione 
montana, Saxifraga granulata, etc., etc. Je pourrais augmenter beaucoup 
encore cette liste qui pourra suffire pour caractériser la végétation remar- 
quable do diluvium de la vallée du Loir. On voit que la famille des légu- 
mineuses y est richement représentée et y compte quelques espèces 
intéressantes. La cryptogamJe occupe aussi une large place sur ces 
terrains. Outre les champignons parasites des plantes phanérogames 
{ Uredinées et Sphteriacées), quelques agarics, pezizes et lycorperdons, 
on y voit les nombreuses mousses qui habitent les terrains argilo- 



ly Google 



178 

arénacés, la terre de bruyère et les pierres siliceuses : Phaacum, Pteu- 
ridium, Weissia, Fisaidens, PoUia, Anacahjpta, Barbuîa, Grimmia, 
liacomitrium, etc., etc. On peut y recueillir aussi quelques bonnes 
espèces de lichens et des algues humicoles et muscicoles : Zygogonium 
ericetorum, Vaucheria terrestris, Chroolepus aureum, divers Chroococcua 
et Gleocapsa, des Diatomées. 

Voici maintenant un aperçu de la végétation des friches de la Beauce dont 
le sous-sol est le calcaire lacustre plus ou moins pur. Au premier coup 
d'œil on remarque une ditTérence notable dans la végétation de ces terrains 
comparée avec celle qui recouvre les graviers diluviens de la vallée du 
Loir; dans lesmëmes conditions d'exposition et d'humidité, la flore a presque 
complètement changé. La difierence est moins sensible pour les côteaui 
crayeux qui bordent la vallée du Loir ; là, en effet, le sous-sol renferme 
une grande quantité de rogitons de silex accusés à la sur&ce par la présence 
de quelques plantes silicicoles : Pteris aquilina, LathyT^us sylvestris, Erica 
cinerea, Calluna vtUgaris, Solidago virga-aurea, etc., croissant avec les 
plantes calcicoles. Dans la Beauce, au contraire, la présence du silex est 
beaucoup plus rare, et la végétation a un caractère plus franchement 
accusé. Je donne ci-après la liste des plantes caractéristiques qui croissent 
dans les friches, les cultures et les marécages des vallées de l'Aigre et de 
la Conie; j'aurais pu l'augmenter beaucoup, mais quelques exemples 
suffiront pour différencier les deux terrains que j'ai principalement en vue 
dans cette note. 



Plantes des hois et des friches. 



Aceraa hircina. 
Antbyllis vulneraria. 
Âsperula cynanchica. 
Aira prsecox. 
Avena pratensis. 
Bromus arvensis. 
BruneUa alba. 

— grandiflcffa. 
Coitaurea scabiosa. 
Cirsium acaule. 
Convolvulus arvensis. 
Dianthus prolifer. 

— carthusianorum. 
GardonceUus mitissimus. 
Coronilla minima. 
Erytbrea centauhum. 



Hippocrepis comosa. 
Linum tenuifolium. 
Onopordou acanthium. 
Ononis procurrens. 

— coluranœ. 
Phyteuma orbiculare. 
Plantago média. 
Potentilla reptans. 
Rhinantbus minor. 
Rubus serpens. 
Scabiosa columbaria. 
Stachys recta. 
Teucrium cbamsedrys. 

— montanum. 
Trifolium rubens. 

— scabrum. 



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Plantes des terrains cuitives. 



Adonis œstivalis. 
Ajuga chameepytis. 
Anagallis cïerulea. 
Asperula arvensis. 
Camelina saliva. 
Carum bulbocastanum. 
Caucalis daucoïdes. 
Iberis amara. 
Galîum tricorne. 
Lactuca perennis, 
Lepidium campestre. 



Linaria minor. 
Litbospermum arvense. 
Melilotus arvensis. 
Metampyrum arvense. 
Medicago talcata. 
Neslia paniculata. 
Picris hieracioïdes. 
Ranunculus arvensis. 
Bhinanthus major. 
Sinapis arvensis. 
Thlaspi arvense. 



Pkmtes de$ terrains humides. 



Cirsium oleraceura. 
Cladium mariscus. • 
Juncus obtusiflorus. 
Lysimachia nummularia. 



Potentilla anserina. 
Schœnus compressus. 
Ranunculus lingua. 
Tussilage far£ara. 
Vateriana dioica. 



NOTES SUR QUELQUES PLANTES PHANÉROGAMES. 



Sagina ciliala, Fries (S. depressa, Sehultz. — S. patula, Jord. ). — Cette 
espèce, voisine des S. procumbens et apetala, s'en distingue facilement à 
ses tiges non radicantes, h ses feuilles ciliées à la base, aux sépales du 
calice toujours appliqués après t'anthèse, ne s'écartant que lorsque la 
capsule s'ouvre à la maturité, et dont les deux extérieures sont terminées 
par un petit raucron infléchi. J'y réunis les S. depressa, Sehultz; et S. 
patula, Jord,, d'après l'opinion récemment émise par M. Grenier dans sa 
flore de la chaîne du Jura. Cette plante est assez abondante dans les 
jachères des terrains argilo-siliceux, k Lanneray, SainUDenis, Marboué, etc. 

Gytisus capitatus, Jacq. — Cette plante , déjîi récoltée en i837 par 
M. Robin-Massé, est très abondante au bord d'un chemin et à la lisière 
du bois de l'Aumône au-dessus du moulin de Battereau entre Douy et 
Cioyes. C'est une bonne acquisition pour la flore du département et 
même de la région, si cette espèce est bien réellement spontanée et 
indigène. Sa station habituelle en France est bien plus austro-occidentale. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



180 

et dans le bois de l'Aumône elle ne se rencontre que dans un rayon 
assez restreint où elle est, il est vrai, assez abondante. JCai trouvé au 
même endroit un pied isolé de Rom pimpinelUfolia, plante qui n'avait 
pas encore été signalée dans le département et qui pourrait bien aussi 
avoir une origine étrangère. 

Dans la Flore de France, de MM. Grenier et Godron, je vois à la 
diagnose du C. capitatus ; « lèvre supérieure du calice à trois petits 
lobes triangulaires acuminés, un peu courbés de côté. » Je ne vois rien 
de semblable dans la plante du bois de l'Aumône, ni dans mes échan- 
tillons de Besancon et de Lyon. Je crois qu'il y a erreur dans cette 
phrase et qu'il faut préférer celle de la flore de la chaîne jurassique de 
M. Grenier, oii l'on voit : « lèvre supérieure lar^çement tronquée- 
échancrée et obscurément à deux lobes aigus. > 

Vicia gracilis. Lois. — Terrain sablonneux, moissons ; dans une sablière 
près du faubourg Saint-Jean & Châteaudun (1866) ; — moissons ma^es 
à Trizay près Bonneval (Coudray et Vuez). 

Latbyrus sylvestris, L. — Ruines de Bois-Ruffin. 

— hirsutus, L. — Moissons entre Trizay et Bonneval (Coudray et 
Vuez). 

Orobus vernus, L. — Cette plante n'ewste pas dwis les environs de Châ- 
teaudun ; c'est par erreur que je l'ai mentionnée dans le catalogue de 
M. Lefèvre comme croissant dans les bois de Saint-Martin. Je n'ai ren- 
contré dans cette localité que l'O. tuberosus, L., et j'ai de fortes raisons 
de croire que c'est aussi l'O. tuberostis que M. Bellamy a récolté dans 
les bois do la Roche. * 

Callitriche hamulata, Kutz. — Fossés de la forêt de Bois-Rufûn. 

— stagnalis, Scop. — Fossés de la vallée de l'Aigre sous Villefleur. 

Montia minor, Gmel. — Champs sablonneux siliceux humides de la vallée 
du Loir ; faubourg Saint-Jean près la ferme de Saint-Martin. Mai 1866. 

Arenaria leptoclados, Guss. Syn. 2. p. 824. — Diffère de VA. serpyllifolin 
par ses sépales lancéolés-acuminés à 1-3 nervures, ses pétales inclus, 
sa capsule oblongue-coniquc, plus allongée et non renilée à la base, et en 
ce qu'elle est plus grôle dans toutes ses parties. J'ai rencontré celte espèce 
mélangée à VA. serpylUfolia dans les moissons maigres et les jachères 
entre Maslainvilie et Touchaillou; elle se trouve probablement dans 
beaucoup d'autres endroits. 

Rosa alba, L. — Naturalisée au Mail avec la lî. lutea, 

' n y a aussi confusion pour l'attribution des localités dans le catali^uc de 
M. Lefèvre ; il faudrait lire : Bois de la Roche cl de Villemorc ( Bellamy). Bois de 
Saint-Martin (Bellamy et L. Vuez). 



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48i 

Rosa pimpinellifolia, Ser. m D. C. — A la lisière du bois de l'AumAne au- 
dessus de Battereau. R. 
Rosa tomentosa, Smith. — Haies entre Arrou et Bois-RuRtn. 

— collina, D. C. (R. tomentosa mult. auct. iton Thuill. — li. canina 
? dumetorum, Gren. Godr.). — Environs de GhÂteaudun; haies de la 
[■oute de Chartres, etc. 

Rosa andegavensis, Bast. (R. canina f. hirtella, G, G. ). — Haies. A. C. 

— canina, L. — Haies. C. C. 

Var. «. genuina. G. 

Var. p. nitens (R. nitens, Deav.). 

Var. f. glaucescens (R. glaucescem, Desv. ). 

Var. S. ramosissima, Rau. 

— sepium, Thuili. — Haies du Perche et des environs de Chateaudun. 

— dumalis, Becbst. (R. ramulosa, Godr. fl. lorr. éd. 2. — Rosa sttpu- 
laris, Merat, éd. 1. ). — Dans une haie à Maslainville. R. 

Rosa rubiginosa, L. — A. C. dans les haies et surles collines. 

— micrantha, Smith (R. nemorosa, Libert non Desegl. ). — Çà et là 
dans les haies de la Beaucc et de la vallée du Loir. 

Rubus serpens, Gren. et Godr. — Cette espèce est très abondante dans 
les environs de ChUeaudun, dans des stations très différentes, depuis les 
marais de l'Aigre et de la Conie, jusqu'aux friches les plus arides, sans 
varier autrement que dans la quantité des aiguillons et des poils glandu- 
leux des turions. 

Rubus hirtus, Weihe et Nées (non W. et K.) ; R. glandulosus, Rchb. (non 
Bell. ). — Bois entre Bonneval et Trizay ; par^t assez rare. 

Rubus discolor, Weihe et Nées ; R. fruticosus, Smitb ; R. candicans, 
Fries (non Rchb.)- — G. C. dans les haies. 

Rubus thyrsoideus, Wimm ; il. candicana, Rchb. (non Fries). — Dans les 
baies près du moulin de Cholet à Cb&teaudun. A. R. 

Helosciadium inundatum, Koch. — Fossés près du Poislay (Coudray et 
Vuez), 

Nardosmia fragrans, Rchb. — Cette plante, originaire du sud-ouest de la 
France, est cultivée dans beaucoup de jardins, se rencontre souvent à 
l'état subspontané et se propage facilement dans les lieux où le hasard 
l'a transportée. Elle se trouve en abondance derrière le mur de l'enclos 
du couvent des Sacrés-Cœurs, h. Châteaudun. 

Taraxacum. — On rencontre dans les cultures de la Beauce dunoise une 
forme remarquable de Taraxacum. Voici ses caractères : Folioles exté- 
rieures du péricline lancéolées, non calleuses au sommet, simples, 
rougeAtres et réfléchies ; akènes gris-olivâtres ; feuilles dressées, roncinées, 
à lobes triangulaires dentés au bord supérieur, le terminal assez grand 



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182 

et arrondi, hérisBées sur les deux faces; pédoncules dressés hér^és. 

Verbascum lychnitis, L. var. p. ( Verbascum album, Mill.). — Abonde 
dans les environs de Cloyes et de Montigny-le-Gannelon. 

Rhinanthus. — Nous n'avons dans les environs de Châteaudun gue les R. 
major et minor, "EitTh.; c'est la variété angustifolius àe cette dernière 
espèce que j'ai mentionné à tort dans la Botanique dfEure-et-Loir, de 
M. Lefèvre, comme le R. angustifoUus, Gmel. Le type et la variété du 
R. minor abondent dans les prés et les clairières des bois des vallées du 
Loir et de la Conie. 

Potamogeton acutifolius, Link. — M. Coudray indique par erreur le P. 
compressus, L., comme ayant été récolté par moi; je n'ai jusqu'à présent 
trouvé aux environs de Chftteaudun que le P. acutifolius, Link. (P. 
compressus, D. C. non L. ). Le P. compressus, L., a été indiqué dans le 
Loiret non loin de nos limites, mais n'a pas encore été trouvé dans notre 
département. 

Potamogeton Huitans, Roth. — Dans l'Ozanne près de Trizay (Coudray et 
Vuez). Ma localité de l'Yerre n'est pas très certaine; je n'en ai pas 
conservé d'échantillons, et mes souvenirs sont assez peu précis pour 
réclamer une nouvelle vérification. 

Neottia nidus avis, Rich. — Forêt de Bois-Ruflin ( Coudray et Vuez). 

Tulipa sylvestris, L. — Châ.teaudun au Mail ( Desbans). 

Muscari racemosum, D. C. — Nous avons probablement dans le déparle- 
ment le M. neglectum, Guss., qui peut-être y remplace sur quelques 
points le M. racemosum. Je n'ai pu encore étudier suffisamment la plante 
que M, Coudray a rencontrée dans plusieurs localités des environs de 
Chateaudun, ni la comparer avec celle de Chartres; j'ai cependant 
quelques motife de croire qu'elle diffère de cette dernière. 

Cladium mariscus, R. Br. \ 

Eriophorum latifolium, Hoppe. I Vallée de l'Aigre, de la Canche à la Ferté- 

Scirpus compressus, Pers. 1 Villeneuil. 

Carei paradoxa, Willd. ' 

Pilularia globulifera, L. — Assez abondante dans le lit desséché de l'Yerre, 
de la fontaine du Vivier h Arrou, et probablement plus loin. 



ADDITIONS ET C0BREGTI0N3 FOUR LA FLORE CBYPTOGAMIQUE 
DES ENVIRONS DE CHATEAIJDUN. 

A. Stmmmatm. 
Pleuridium altemifolium, Br. et Sch. — Sur la terre argilo-sableuse, à 
Greslard, près de Marboué. R. 



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18S 

Leucobrywn glaucum, Hampe. — La Boulidière(Lefèvre);boi8 du Chapitre, 
Mont-Gasteau sur les tumulus, et forêt de Bois-Buflin ; dans ces trois 
localités j'ai récolté cette mousse couverte de finictiilcations. 

Barbula Homschuchiana, Schultz. — Talus des chemins sablonneux ; la 
Boissière. B. 

Grimmia apocarpa, Hedw. 

Var. p. gracilis, Schimp. — Sur un iQur humide àNermont. 

Aulacomnium androgynum, Schwacgr. — Abonde dans le bois de Moléans. 

Buxbaumia aphylla, Hall. — Bois des Gâts. 

Neckera crispa, Hedw. — Bochers ombragés entre les Gûts et le Croc- 
Marbot. Cette mousse, qui fructifie assez rarement, est couverte de fruits 
dans cette localité. 

Neckera complanata, Br. et Sch. — Bois de Villemore. 

Leplodon Smithii, Mohr. (Hijpnum, Dicks, — Pterogonium, Swartz. ) — ■ 
Cette espèce, assez commune dans les départements de l'ouest et du 
sud-ouest, rare dans le centre, est assez abondante dans la môme localité 
que le Neckera crispa. Je ne l'ai jamais rencontrée qu'à l'état stérile. 

Homalia trichoraanoïdes, Br. et Sch. — Dans les bois de Montigny-le- 
Gannelon, où elle se couvre de fructifications. 



Fruîlania tamarisci, Ekart. ( Jungermannia, L.) — Vallée de Saint-Martin. 
Metzegeria furcata. De Not. (Jungermannia, L.) — "Sur ki terre des rochers 

ombragés ; le Croc-Marbot. 
SphEerocarpus Michelii, Bell. — Sur la terre ai^euse humide; talus 

des fossés du chemin de fer près du château de la Varenne. 
Biccia glauca, Hedw. — Même localité que le Sphaerocarpus. 

— natans, L. — Sur les eaux stagnantes parmi les Lemna, à Cloyes. 



Calicium claviculare, Achar. — Sur une vieille barrière dans les vignes 

des Abrés. 
Bœomyces rnfus, D. C. — Talus des chemins ; bois de Villemore. 

— roseus, Pars. — Bords des chemins et des fossés dans les bois 
de la Boche, de Saint-Martin, etc. 
Usnea barbata, Fr., var. hirta, Fr. — Sur les vieux bouleaux ; assez rare 

dans les environs de Châteaudun. 
Comicularia aculeata, .4char. — Bois secs, bruyères, friches. 
Var. p. muricata, Achar. 
Var. f. edentula, Achar. 



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Peltigera canina, Hoffm. — Sur la terre, les rochers, les troncs. T. G. 
Var. p. sorediata, Schaer. — Bois du Croc-Marbot. 
Var. f . tectorum. — Murs d'argile et toits de chaume à 
Marboué, 

— polydactyla, Ach. — Bois de Villemore. 

— horizontalis, Hoffra. — Sur les rochers couverts de mousse ; bois 

des Cats etJe Villemore. 
Parmelia saxatilis, Achar. — Sur les rochers h Gh&teaudun, Gorbuchet, 

Courtalain, etc. 
Physcia chrysophtahna, D. G. 

Var. a. denudata, Achar. — Sur le prunier épineux, bois 
des Gâts ; sur le chêne, bois de Villemore ; sur le peuplier 
blanc à Thoreau. 
Parmelia stellaris, Ach. — Sur les troncs d'arbres. T. G. 
Var. p. leptalea, Ach. — Peupliers. 
Var. -f. tenella, Schier. — Pruniers épineux, chênes, 
peupliers. 
Pannaria triptophylla, Nyl. 

Var. p. nigra. — C. sur les pierres dans les triches. 

— nebulosa, Nyl, — Talus des chemins ; bois de Villemore. 
Squammaria saxicola, Nyl. — Murs. 

Var. p. argillicola, Malbr. — Murs de terre à Saint-Lubin- 
d'Isigny. 
Lecanora subfusca, Ach. — Sur les écorces. C. G. 
Var. p. albella, Nyl. 
Var. Y. argentata, Moug. 
Var. S. muralis, Nyl. — Sur le mortier des murs. 

forma argillicola. — Murs de terre à Saint-Lubin 
et Marboué. 
Var. t. sorediata, Schaer. — Sur le vieux'bois. 
Var. ï. arundiniûola, Grogn. — Sur les toits de rouche; les 
Gâts, Marboué. 

— cerina, Achar. — Sur les peupliers. 

Var. f. rupestris, Nyl. — Rochers calcaires ; Civry. 

— varia, Ach. — Siu- le vieux bois. 

Var. p. lutescens, Achar. — Sur le tronc des pins. 

— cinerea, Nyl. — Sur le mortier des murs. 

— atra, Achar. — Pierres, tuiles, écorces. 
Lecidea vemalis, Nyl. — Sur la terre et les mousses. 

— uliginosa, Achar. — Sur la terre humide dans les bruyères ; bois 

du Ghapitre. 



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185 

Lecidea albo-atra, Schaer. — Sur les écorces. 

Var. a. corticola. — Écorces. 

Var p. aiiiylacea, Schœr. — Sur ie chêne. 

Var 7. epipolia, Schœr. — Sur les murs. 

Var S. saxicola, Nyl. — Rochers calcaires. 
Lecidea platycarpa, Achar. — Sur les rochers. 
■;— albo-ccerulescens, Achar. — Sur les murs et les rochers calcaires. 

— exanthematica, Nyl. — Rochers du Croc-Marbot. 
Opegrapha scripta, Dill. — Écorce des arbres. 

Var p. recta, Pries. — Sur les merisiers dans les bois, 
Var Y- pulverulenta, Schœr. — Sur les chênes. 
Var S. serpentina, Pries. — Chênes et charmes. 

— bapalea, Ach. — Écorces des frênes et des houx ; bois des Gâts. 
Phlyctis sgelea, Wallr. — Saules et peupliers. 

Endocarpon hepaticum, Ach. — Sur la terre des rochers de calcaire lacustre 

à Jallans, Civry, etc. 
Pyrenotheca vennicellifera , Kunze (Lichen colliculosus , Hoffm. teste 

Dufour ). — Sur le tronc d'un vieux chêne à Villemore. 

Nota. Je possède en outre de nombreuses espèces recueillies notamment 
sur un mur en terre argileuse à Saint-Lubin-d'Issigny. et dont plusieurs 
sont nouvelles pour le département. Leur détermination demandant de 
nouvelles études, je les publierai dans une autre note. 

D. Hrp«srlé«s. 

J'ai observé et récolté autour de Gh&teaudun de nombreuses hypoxylées 
appartenant aux genres Sphceria, Henderaonia , Dothidea, Aateroma, 
Vermiculana, Pkoma, Phacidium, etc.; mais le temps m'a manqué jusqu'à 
présent pour m'occuper de leur détermination. U sera facile d'augmenter 
de quelques centaines d'espèces la liste des cryptogames du Dunois, quand 
on voudra se Uvrer à l'étude de ces végétaux microscopiques. Ces parasitas 
attaquant très souvent les plantes vivantes ou languissantes, il serait à 
souhaiter que, dans l'intérêt de l'agriculture et de l'horticulture, les 
botanistes s'occupassent d'une manière plus suivie qu'Us ne le font habituel- 
lement de ces petits ennemis qui trop souvent détruisent dans nos champs 
ce que la gelée, la grêle et les insectes y ont respecté. Beaucoup de ces 
parasites ont pour mission de désorganiser les tissus frappés de mort des 
plantes qui ont terminé toutes leurs fonctions et de les &ire rentrer plus 
rapidement dans le torrent de la circulation ; la plupart des hypoxylées 
remplissent ce rôle. Malheureusement, d'autres champignons (Urédinées, 
Mucédinées, Érysiphés) attaquent les plantes vivantes, envahissent 

15 



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les organes de la reproduction, de la nutrition et de la respiration, 
quelquefois même l'écorce das arbres et des arbrisseaux, et les font péril' 
rapidement. 

SphEeria hederajcola, Desmz. — Feuilles de lierre à la Crois-Rousseau. 

— ostmthii, Frie3. — Feuilles mourantes de VAngelica sylvestris h la 

Boissière. 
Depazea hedenecola, Fries. ' — Feuilles de lierre. 

— buxicola, Fries. — Feuilles de buis ; le CrooMarbot. 

^- (phyllosticta) laureolœ, Desme. — Feuilles àe Daphne laureola ; 
Montigny-le-Gannelon. 

— (phyUoatiaa) attiplicis, Desmz, — Feuilles de Chenopodes; La 



— mercurialis, Math . ( PhyUosticta, Desmz. ) . — Feuilles demercuriale 

annuelle. C. G. 

— fragarisecola, Wallr. (D. purpuraacens, var. fragarieecola, Kiokx.). 

— Feuilles de fraisier. 

— scabiosascola, Desmz. — Feuilles de Knavtia ayUxttica. 

— primulEecola", Math, ( PhyUostieta, Desmz. ). — Feuilles de Primui*! 

acauiia; Villemore, R. 

— violse, Math. (Phyllosticta, Desmz.). — Feuilles de violette odorante. 

— digitalis (PhyUostieta, Bellv. )'} — Feuilles de digitale pourprée ; 

la Sablonniëre. 
Septoria anthirrini, Desmz. — Sur les feuilles du muflier. 

— ari, Desmz. (S. dealbata, var. ari, Lev. ). — Sur les feuilles du 

gouet ; Montigny-le-Gannelon. 

— brilidicola, Desmz. — Sur les feuilles de la pâquerette. 

— betae, West. — Feuilles de la betterave. 

— ■ castanesecola, Desmz. — Feuilles mourantes du châtaignier. 

— cerastii, Rob. — Feuilles des ceraistes. 

— cheiranthi, Desmz. — Feuilles de giroflée des murailles. 

— chelidoniœ, Desmz. — Commun sur la chelidoine ; au Mail. 

— cruciata, Desmz. — Feuilles de gaillet croisette ; bois des Gâts. 

— convolvuli, Desmz. — Feuilles des liserons des champs et des 

haies. 

— dianthi, Desmz. — Feuilles de l'œillet barbu dans les jardins. 

Var. B. Saponariae. Feuilles de saponaire ; les Garennes. 

— ebuli, Desmz. — Feuilles du sureau yèble. 



' le classe dans les genres Depazea et Septorùt les espèces que j'avais indiquées 
dans In catalogue de M. Lefèvresous la dénomination collective de Spheria lichenoides, 
D. C. Ces plantes ne font pas partie du genre Spherie. 



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187 

Septoria epilobii, West — Feuilles des épitobes ; le Croc-Marbot. 

— eryngii, Desmz. — Sur le panicaut. 

— euphodiiaB , Desmz. (S. l»mcte(M*um, Mn^. ). — Feuilles et 

bractées de pliisieurs euphorbes. 

— ficarise, Desmz. — Sur la âcaire. 

— mbra, Desmz. — Feuilles des arbres fruitiers. 

— gei, Roberge. — Feuilles du (feum urbanum. G. 

— heterochrca, Desmz. — Sur diverses plantes. 

Var. p. Malvœ. — Sur les mauves. 

Var. Y' Plant^inis, Desmz. — Sur le grand plantain. 

— lycbnidia, Desmz. — Sur le lydinis (leur de coucou. 

— medicaginis, Desmz. — Sur la luzerne. 

— melissœ, Desmz. — Sur la mélisse officinale; la Croix-Rousseau. 

— menyanthi, Lib. — Sur le trèfle d'eau ; le Croc-Marbot. 

— oleandri, Mont, et Dur. — Sur le laurier rose cultivé. 

— orchidearum ( Phyllosttçta, West, ; Sept orchidia, Rabh.). — Sur 

VOrchia mititaris; bois de Saint-Martin. 

— ranuDculi, West. — Feuilles des renoncules. 

— scrophulariee, West — Feuilles de la scrophulaire noueuse. 

— stellarise, Rob. — Feuilles du mouron des oiseaux. 

— tusalaginis, West. ~ Feuilles du tussilage ; Villemore. 

— vicàae, West. — Feuilles des vesces. 

— vinca), Desmz. — Feuilles de pervenche. 
Ectostroma hederse, Desmz. — Feuilles de lierre à Nermont. 
Phacidium medica^oie, Lib. — Feuilles de luzerne. 

— radians, Rob. — Feuilles de la campanule à feuilles de pécher ; 



ranunculi, Fries. — Sur les renoncules. 



Tubercukiria vulgaris, Tode. — Sur les rameaux morts. G. 

— sambuci, Corda. — Sur le sureau noir. 
Fusarium roseum, Link. — Tiges mortes des herbes ; ortie. 

Var. p. Conii. — Sur la grande ciguë. 

Var. T- Dipsaci. — Sur le cardère. 

Var. S. Vincœ. — Sur la petite pervenche. 

— graminum. Corda (F. heterosporum , Nées.). — Sur les épis 

mourants de l'ivraie vivace. 

— ulicis, Grogn. — Sur les branches sèches de l'ajonc. 

— pezlzoides, Desmz. — Sur les feuilles du lierre ; bois des Gâts. 



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, Exosporium dematiuin, Link ( Sphœria,Vers. ). — Sur les tiges sèches des 
herbes. 

— eryngii, Chev. — Tiges et feuilles sèches du panicant. 

— hispidulum, Link. — Sur les feuilles sèches de i'Iris laui-acore. 
Didymosporium betulinum, Qrev. — Sur le bouleau. 

Melanconium sphseroideum, Laik ( StUbospora microtperma, Pers. ). — 
Rameaux de saule et de bourdaine. 

— sphœrospermum, Link. — Chaumes secs des roseaux & Moléans. 
Blennoria buxi, Fries. — Sur les feuilles mortes du buis ; les Gflts. 
Septaria ulmi, Fries, — Sur les feuilles vivantes de l'orme. 
Nemaspora crocea, Lib. — Sur l'écorce du hêtre et du charme. 
Lj^ertella betulina, Desmz. — Écorce du bouleau. 

Phragmidium obtusum, Schm. et Kunze. — Sur les feuilles des potentilles 
printanière et faux-fraisier. 

— intermedium, Link. — Sur les feuilles des pituprenelles. 

— incrassatum, Link. 

Var. o. mucronatum, Link. — Feuilles des rosiers. 
Var. p. bulbosum, Link. — Sous les feuilles des ronces. 

— bullatum, "West. — Sur les rameaux des églantiers qu'il 

déforme et fait périr. 
Triphragmium ulmarise, Link. — Sur les feuilles de la reine des prés. 

— isopyri, Duby. ' — Sur les feuilles et les tiges de l'isopyre 

thalictroïde ; bois de Saint-Martin. 
Puccinia caryophyllacearutn, Wallr. etnend. 

Var. a, Arenarise trinerviae ( P. arenarice-trinerviœ, WalU". ). 

— Sur les feuilles et les tiges de la sabUne trinerviée. 
Var. p. StellariEe holosteae; Desmz. —Feuillesdelastellaire 

holostée. A. C. 
Var. Y- Malachii aquatici, Nob. — Sur le Malachium 

aquaticum. 
Var. S. Arenariee serpillifoliEe, Nob. — A. R. 

— steUarïse, Corda. — Feuilles du mouron des oiseaux. 

— buxi, D; C. — Sur les feuilles du buis. A. G. 

— clinopodii, D. C. — Sur le clinopode; Cloyes. 

— menthse, Pers. — Feuilles des menthes. A. C. 

— gendanse, Link. — Sur la gentiane pneumonanthe dans les marais 

de l'Aigre à Charray. " 

' Celte plante, que je croyais inédite, est décrite par Duby. 

Celte espèce est souvent mélangée d'un Uredo qui est VU. gentiancB, D. C. 
FI. Fr. parlim. Ces deux parasites sont fréquemment placés sur le même clinode ou 



DioilizBchyGOCX^IC 



i88 

Puccinia stellatarum, Duby. — Sur plusieurs gaillets. 

— glechomse, D. C, (P. verrucosa, Link ). — Sur le lierre-terrestre. 

— aviculariee, Pars. ( P. vaginaliuniy Link ). — Sur le Polygonum 

aviculare. 

— graminis, Pars. — Sur les céréales et d'autres graminées. 

Var, p. spiculorum, West. — Sur les épis des graminées. 

— arundiiiacea, Hedw. (P. phragmitis, Kunza). — La type qui 

croît sur les gaines des feuilles du roseau à balais est moins firé- 
quent àChâteaudun que sa variété epiphylla, Wallr. ( P. atriola, 
Schultz, non Liiik) qui croit sur les feuilles; on le remarque 
aussi sur les pédoncules et les glumes des fleurs. 

— coronata, Corda. ' 

Var. ?. Lolii, West. — Sur les feuilles d© l'ivraie vivace ; 
Cbâteaudun. 

— caricis, D. C. (P. striola, Strauss). — Sur les feuilles des carex. 

— junci, Desmz. — Sur les chaumes des joncs ; vallée de la Conie. 

— polygoni-convolvuli, Hedw. — Feuilles et tiges de la renouée- 

liseron. 

— polygonorum , Link ( P. polygoni-amph&iii, Pers. ). — Sur les 

feuilles de la renouée amphibie. 

— compositarum, Schlecht. — Sous les feuilles de plusieurs com- 

posées : Lappa, Serratula, Cirsium, etc. 

— umbelliferarum, D. C. — Sous les feuilles et sur les tiges des 

ombellifëres : Chœrophyllum, Coniunti etc. 

— valantiae, Pers. (P. galii-cruciati, Duby). — Sous le gaillet 



— pruni, D. C. — Sur le prunier épineux et les p. cultivés. 

— adoxse, D. C. — Sur l'adoxe musquée ; garenne de la Sablonniére. 

— anémones, Link. — Sur les feuilles de l'anémone des bois. A. C. 

— violte, D. C. — Sous les feuilles de la violette hérissée ; bois des 

Gâts. 

— fragariastrï, D. C. — Sous les feuilles de la potentiUe fàux- 

fraisier. 

lur des clinodeB confluents, ce qui fait qu'on a quelque peine à les distinguer nette- 
ment. Aussi plusieiu^ auteurs confondent ces deui plantes : Herat, entre autres, donne 
VU. gentianœ, D. C., en synonyme â la P. gentiana; de Link. 

* J'ai observé sur les feuilles desséchées de l'Hordeum mvrinum à h Chau- 
mière, près de ChAteaudun, une Puccinie voisine dp la P. coronata, mais qui s'en 
distingue làcilement par ses sores plus petits, allongés, placés entre deux nervures, 
«es spores fuligineuses, courtement pédicellées, i article supérieur gros, aplali au 
sommet, de forme assez irréguUère et non couronné d'apicules. 



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190 

Puccinia liliacearum, Duby. — Sur les feuiUes Au muscari à toupet; 

avirons de Bonneval (Coodray). 
Endophyllum Persoonii, Lev. (Uredo sedi, D. C). — Sur les feuilles du 

Sempervivum tectorum k la Ferté-ViUeneuil (Coudray). 
Uredo candiàa, Pers. — Sur les crucifères. 

Var. o, Erysimi barbareee, D. C. — Sur la barbarée ; bois 

de Saint-Martin. 
Var. y. Tblaspeoe, D. C. — Sur la capeelle bourse-ii-pasteur. 

— linearis, Pers. — Sur les feuilles des graminées. C. 

— qu^xus, Brcmd. — Sous les feuilles du chêne ; bois de Saint- 

Martin. R. 

— senecionis, D. G. — Sous les feuilles des séneçons vulgaire et 

visqueux. 

— sonchi, Pers. — Sous les feuilles et sur les tiges des laitrons. C. 

— tuBsilaginis, Pers. — Sous les feuilles du tussilage pa»<l'âne. C. 

— rosœ, P««. — Sous les femlles des rosiers h c«it-feaiUes et des 

églantiers. * C. 

— miniata, Pers. Var. egtanterica, Opiz. (V. pinguis, D. C). — Sur 

les feuilles, les pétioles et les jeunes tiges de £vers rosiers : 
il. arvensis, cantna, lutea, etc. 

— ruborum, D. C. — Soua les feuiUes des ronces. A. C. 

— potentillarum, D. C. — Sur diverses rosacées. A. C. 

Var. o. Potentillœ vema;, D. C. 
Var. T. Potfirii sanguisorbse, D. C. 
Var. î. Potentillse fragariastri, D. C. 
Var. C- Agrimonia; EupatoriEe, D. C. 

— campenulœ, Pers. — Sous les feuiUes de plusieurs espèces de cam- 

panules ; la Boissière. 

— rhinantbacearum, D. C. — Sur les mélampyres et les euphraises. 

— longicapsula, D. C. (U. populina, Pers.) — Sous les feuilles des 

peupliers. C. C. 

Var. p. Betubna, D. C. — Feuilles de bouleau ; bois des 

Coudreaux. 
Var. y. Carpini. — Sur le charme ; bois de Saint-Martin. 

— saKcis, D. G. — Sous les feuilles de divers saules. C. 

— vitellinse, D. C. — Sous les feuilles et sur les jeunes pousses des 

osiers. 



' Dans mes cenluries de cryptogames épiphylles et dans le catalogue des plantes 
d'Eure-et-Loir, j'ai par erreur distribué et mcnlionné sous le nom d'(7. roftr et 
U. miniata, VU. rosœ croissant sur les Rosn canina et cenlifolia. 



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1M 

Uredo caprEearum, D. C. — Sous les feuilles du saule marceau. C. 

— euphorbiœ, Rebent, ( V. helioscopiœ, D. C.)- — Sur plusieurs espèces 

d'euphorbes. C. 

— poterii, Spreng. — Sons les feuilles de la pimprenelle. 

— lini, D. C. (Uminiata, var. p., Pers.). — Sur le Un purgatif. A. R. 

— galii, Duby. — Sur le gaillet fisse. 

— scutellata, Pars. — Sur les feuilles des euphorbes. 

— cichoracearum, D. C. — Sous les feuilles de plusieurs composées. 

— làbse, Pers. (V. leguminosarum, Desmz. )■ — Sur les feuilles des 

fèves. 

— vicife, Rellk. (U. leguminosarum, Wallr. non Desmz.). Sous les 

feuilles de plusieurs vesces. 

Var. p. ViciaB-craccEB (U. viciœ-craccœ, Bellk.). 
Var. f. Ervi (Uromyces ervi, West.). — Sur VErvum 
tetraspermum. 

— ^pendiculata, Pers. (V. pisi, D. C). — Sous les feuilles des pois. 

Var. a. Phaseolorum, D. C. — Sous les feuilles des haricots. 
Var. p. Lathyrï. — Sous les feuilles des Lathynta sylvestris 
et aphaca. 

— onobrychis, Desmz. — Sur les feuilles de l'esparcette. 

— geranii, D. C. — Sous les feuilles de plusieurs géraniums. 

— valerianse, D. C. — Sous les feuilles de la valériane dioïquc. 

— rubigo-vera, D. C. — Sur les feuilles et les tiges des céréales. C. C. 

— evonymi, Mart. — Sur le fusain ; Marboué, Molitard. 

— genistarum, Duby. — Sur le genêt ailé. A. R. 

— polygonorum, D. C. — Sur les feuilles de plusieurs renouées. C. 

— nunicum, D. C. — Sur les feuilles des patiences. C. 

— trifolii, D. C. — Sous lea feuilles des trèfles. 

— punctata , D. C. — Sous les feuilles de VEvphor^a sylvatica à 

ViUemore. 

— ulmariae, Grev. — Sous les feuilles de la reine des prés. 

— lychnidearum, Dewnz. — Sur la lychnide dioïque. A. C. 

— menthse, Pers. — Sous les feuilles des menthes. 

. — gentianœ, D. C. — Sous le-i feuilles de la gentiane pneumonanthe 
dans la vallée de l'Aigre. 

— pruni-spinosœ, D. C. — Sous les feuilles du prunier épineux. 

— fllaginis, Vuez in Lefev. catal. p. 270. — Cette espèce se trouve en 

abondance à l'automne sous les feuilles des Filago germaniea et 
Jussiwi aux environs de Châteaudun. Je ne l'ai trouvée mentionnée 
dans aucun des auteurs que j'ai pu consulter. 



DioilizBchyGOCX^IC 



192 

Uredo umbelliferarum, Cbev. — Sous les feuilles de VAnthrisctta aylvettrit 
et du Conium mactUatum. A. C. 

— angelicœ, Vuez in Lef. cal. — Cette espèce diffère bien certainement 

de VU. cynapii, D. C. Ses spores sont plus foncées, plus lisses, 
d'un dixième environ plus grosses ; les groupes sont moins 
longtemps recouverts par l'épiderme et sont souvent envahis par 
la puccinie des ombeliiièrea. Je n'ai pas encore pu comparer cette 
espèce avec VU. pimpinellœ, Bellink. 

— suaveolens, Pers. — Sur la sarrette des champs. C. 

— caricina, D. C. — Sur les feuilles des carex. C. 

— ficaris, Alb. et Schw. — Sur la ficaire ; bois de la Varenne. 

— oblongata, Grev. — Sur la luzerne. 

— ranunculacearum, D. C. ( U. anémones, Pers. ). — Sur l'anémone 

Sylvie; bois de Saint-Martin. A. R. 

— luzulse, Desmz. ( V. oblonga, Babh. non Grev,). — Sur les feuilles 

de la luzule de Forster ; bois de Moléans, R. 

— longissima, Sow. — Sur les feuilles du palurin aquatique. A. C. 

— olivacea, D. C. — Détruit les fruits du carex des rives. 

— carbo, D. C. — Sur les épis des céréales. 

— receptaculorum, D. C. — Sur les réceptacles des chicoracées; sur 

la scorsonère à Saint-Maur-sur-Loir (Coudray). 
Uredinaria rufa, Chev. ( Uredo alnea, Pers.). — Production mal connue 

qui pourrait bien n'être qu'un état pathologique de l'écorce de l'aulne ; 

sur les jeunes branches de l'aulne dans la prairie des G&ts. A. B. 
i£cidium cancellatum, Pers. — Sous les feuilles du poirier. 

— mespili, D. C. — Sous les feuilles du néflier; bois de l'Aumône. R. 

— pini, Pers. — Sur les feuilles et l'écorce du pin ; bois de Saint- 

Martin. A. C. 
~ ranunculacearum, D. C, — Sur les renonculacées. 
Var. p. Ficariae, D. C. — Sur la ficaire. 
Var. f ■ Calthœ, West. — Sur le populage ; marais de la 
Conie. A. B. 

— crassum, Pers. — Sur les feuilles du nerprun bourdaine ; bois de 

Moléans, forêt de Bois-BufSn. C. 

— rhamni, Pers. — Sur les feuilles et les jeunes rameaux du neiTprun 

pui^atif ; forêt de Bois-Buffin. B. 

— orobi,' Pers. — Sur les feuilles et les tiges de l'orobe tubéreux ; 

bois de Saint-Martin. 

— asperifolii , Pers. — Sur les feuilles de la bourrache et de la 

lycopside des champs. B. 

— rumicis, Pers. — Sur les feuilles des rumex. C. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



195 

iGcidium periclymeni, D. C. — Sous les feuilles du Lonicempmc/ynïenH»!; 
bois de la Varenne-Ferron. R. 

— violamm, D. C. — Soua les feuilles et sur les tiges de la violette 

canine ; bois de Saint-Martin. R. 

— leucospermum, D. C. — Sur les feuilles de l'anémone des bois. 

— ervi, Wallr. — Sous les feuilles de YErvum tetraapermum ; 

Marboué. R. 

— euphorbiarum, D. C. — Sous les feuilles de l'Euphorbiacyparissia». 

A. C. 

— evonynii, Gmel, — Je n'ai pas encore rencontré dans nos environs 

cette espèce que j'avais mentionnée par erreur dans le catalogue 
de M. Lefèvre. 
Cronartium vincetoxioi, Fie. et Schub. — Sous les feuillesdu Vincetoxicuni 
officinale; vallée de l'Yerre près de la ferme du Carreau (Coudray). 

F. HneédlMéM. 

Erineunt nibi, Pers. — Sous les feuiUes des ronces ; bois de VtUemore. R. 
Stilbum rigidum, Pers. — Sur le bois pourri. 

Botrytis parasitica, Pers. ( B. ramulasa, Link ). — Sur le Thlaspi bursa- 
pastoris attaqué par VUredo candida. 

— lignifraga, D. C. — Sur l'écorce du bouleau. 

Perenospora. — Plusieurs espèces indéterminées sur diverses plantes : 
Ervum tetraspermum, Angelica sylvestris, Alsirie média, CerasHum, 
Antirrhinum orontium, Veronica teucrium, etc. 
Sporotrichum ollare, Link. — Sur un mur humide. 
Fusisporium lacteum, Desmz. — Sur les feuilles mourantes de la violette 
odorante. 
— (Fusidium) foliorum, West. — Sur les feuilles de diverses 



Var. «. Ranunculi, West. 
Var. p. Geranii, West. 
Arthriniura puccinioïdes, Schm. et Kunze. — Sur les feuilles mortes des 

carex, 
Polythrincium trifolii, Schm. et Kunze. — Sur les feuiUes vivantes des 

trèfles. 
Chloridium viride, Link (Dematium asserculorum, Pers. ). — Sur le bois 
pourri ; dans les sables creux ii la Boissière. A. C. 

' Les Fiisùipofiiitn crobsenl sur les feuilles encore vivanles, mais sur des parties 
où la cirrulation a cessé, comme les macules produites par les Depaiea et Septoria. 



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194 

Racodium cellare, Pers. (Byssus cryptarum, D. C. ). — Sor les tonneaux 

dans les caves. 
Brachycladium penicillatum, Corda. — Sur les tiges sèches da pavot. R. 
Cladosporium herbanim, Link (Demaiium, Pers. ). — Sur les tiges des 

herbes mortes. C. 
Oidium monilloides, Link (^fonil^a hyalina, Fries). — Feuilles de grami- 
nées. 

Var. B. Rosse, Dub. (Oidium leuconiwm, var. roace, Desmz.). 
— Sur les feuilles et les jeunes pousses des rosiers. C. " 

— erysiphoides, Fries. — Sur le trèfle incarnat. C. 

— fusisporoldes, Fries. 

Var. a. Lamii. 
Var. p. UrticEe, Desmz. 
Var. Y- Humuli, Desmz. 
Var. î. Parietariae. 



Craterium pedunculatum, Dittm. (C. vuigare, Dktm. in Starm, — Cyathus 
mtnutto, Sow. ). — Sur les feuUles mourantes de la violette ; bais des 
Gàts. 

Podosphseria Kunzei, Lev. (Erysiphe tridactyla, Rabh. ). — Sur les feuilles 
du {H-miier épineux. 

Erysipbe knautite, Daby. — Feuilles de knautia arvensis. 

— communis, var. Calendutae, West. — Sur le souci des cbamps. 
Perisporium ilbrillosum, Desmz. 

Var. n. Ballotœ, Desmz. — Sur la ballote fétide. G. 

Coniosporium violœ, IJbert. — Sur les pétioles et les feuilles de la violette 
odomnte. A. R. 

Sclerotium clavus, Tode. " — Sous ce nom on réunit un certain nombre de 
productions cryptoganâques assez «ËfTérentes et dont quel- 
ques-unes ne sont pas des Sclerotium. Dans les environs de 
Chàteaudun, je les ai observées sur le seigle, l'ivraie vivace, le 
roseau à balais et un scirpe : cette demièrej que j'ai récoltée 
au bord de l'étang de Bapaume, serait le mycélium scléroïde 
du Claviceps nigricans. 

— durum, P&cs. — Tiges sèches d'ombellifêres : Angeïica, 

Eryngium, Daucvs, etc. A. C. 

' N'eal probable menl que le mycélium du Sphcvrotkeca pannosa, Lcv. 
'■ Dans la Botanique d'Eure-et-Loir, il est dit que le S. clavui se trouve sur loules 
les parties du seigle. Cette espèce ne croit que sur l'é)>i où elle attaque les ovaires. 



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H. Ckamplgaao». 

Cenangiura quercinuœ, Fries (Hypodema quercinitm, D. C). — Sur >e& 

rameaux secs do cbéne. C. 
PistiUaria micans, Fries. — Snr tes grandes herbes sèches : Eryngium, 

Dipeacua, Carlina, etc. G. 
Thelephora incrustai», Fr. (Th. saaeea, Pers.)' — Sar les graminées 

qu'il enveloppe ; forât de Bois-Ruffln, 
Qavaria amethystea, Bull. — Sur h terre dans les bois ; bois des G&ts. R. 
TubOT cibarium, BuU. — La truffe a été rencontrée, il y a quelques années, 

dans un bois près de Varize. ' 

S, Al0M«a. 

Oyptococcus vini, Kutz. — Sur le vin. ' 

— carevisiae, KotE. — Sur la bière. 
Leptomitus eleophylus, Kutz. -r- Dans l'huile d'œillette. 

— tiliœ, Kutz. — Dans l'eau distillée de tilleul. 

Hygrocrocis fenestralis, Kutz. — Sur les (wiêtres dans les lieux humides. 

— naph», Biass. ~ Dans l'eau de fieors d'oranger. 

— vini, Ag, — Sur le vin exposé à l'air. 

— malina, de Breb. — Sur le cidre. 

— meliloti, Kutz. — Dans l'eau distillée de méBlot. 

— atramenti, Ag. — Sur fencre. " 

Aphanotece Nagelii, Wartm.t — Sur les planches des toits hunâdes à 
Chàteaudun. 

— pallida, Rabenh. (Palmdla, Kutz). — Parmi les mousses. A. C. 
Gleocapsa magma (Br^. ), Kutz (Protococcna, Deanz. ). — Avec la précé- 
dente. 

Microcystis rupestris, Menegh. (Gleocapsa poUjdermatica , Babh.). — 

Excavations des rochers crayeux au Croc-Marbot. 
Leptothrix ochracea, Kutz. — Dans l'ea» des fossés en hiver. C. 
Oscillaria antliaria, Jurgens ( 0. parietîna, Vauch. ). — Sur la terre et les 
murs humides dans les endroits sombres. C. 

— nigra , Vauch. ( 0. nigrescena , Moug. et Nestl, ). — Eaux 

stagnantes ; dans la Conie. ■ 

Phomnidium vulgare, Kutz. — Sur la terre humide. 

* JtiéBJle & placer dans les algues les Cryptococcus, L^tomitus et Hygrorocù, 
qui ont beaucoup d'analogie avec les algues leptolrichées, mais que plusieurs auteurs 
placent parmi les r.liampignons. 

" N'est probablement que le mycélium du Peiticiilum glaucum. 



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196 

Phormidiiun membranaceum , Kutz. — Sur les pierres du déversoir de 

Villemore. 
Nostoc commune, Vauch. — Sur la terre au bord des chemins. 

— verrucosum, Vauch. — Sur les pierres des ruisseaux. 

— lichenoides, Vauch. — Sur la terre sablonneuse et les rochers. 

— cseruleum, Lyngb. — Sur les mousses humides au bord des fossés. 
Gonferva glomerata, L. — Sur les pierres dans le Loir. 

— parasitica, D. G.' — Parasite sur l'espèce précédente. 

— crispata, Roth. — Dans le Loir. 

Vaucberia lerrestris, Lyngb. — Sur la terre, les murs et les rochers 

humides ; rochers du Mail, etc. 
Drapamaldia plumosa, Agardh. — Sur les plantes dans les ruisseaux. 
Zygogonium Agardbii, Rabenh., forma terrestria (Z. ericetorum, Eutz). 

— Sur la terre, dans les bruyères ; la Sablonnière, R. 

Cbroolepus aureum, Kutz (Lichen aureus, Ach. — Byasus aurea, L.). — 
Sur les rochers ombragés et les vieux murs humides ; la Boissiëre, les 
Gàts. 

Bulbochœte setigera, Agardh. (Conferva, Roth.). — Sur les plantes 
aquatiques dans les fossés des bords du Loir. 

Ulothrix radicans, Kutz ( Lyngbia muralis, Ag. ). Sur la terre, les murs et 



— parietina, Kutz. — Troncs d'arbres ; bois des Coudreaux. 
Ghcetophora endivi«efolia , Agardh. ( Batrachospermum fasciailatum , 

Vauch. ). — Sur les pierres dans le Loir au Croc-Marioot. R. 
Porphyridium cruentum, Nœg. (PalmeUa, Ag. ). — Au pied des murs 

humides dans les rues sombres ; rue des Fouleries. G. 
Batrachospermum moniliforme, Roth. — Sur les pierres dans les eaux 

limpides ; dans le l«ir à Douy, et dans la Conie à Moléans. 



GfaAteaudun, 15 juin 1888. 



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ÉTUDE 

SUR LES 

BEAUX-ARTS 

Ltiirmonîe est l'ii 
de la vie universelle. 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 



L'origine des Beaux-Arts repose, en grande partie, sur le fait universel 
suivant : L'homme éprouve de la répulsion pour Vuniformité et la mono- 
tonie, tandis qu'il ressent une émotion agréable à l'aspect du Beau, c'est- 
à-dire de ('Harmonie. 

Le jour oU rhomme a remarqué ce phénomène, il a consacré une partie 
de son activité à la réalisation du Beau, qui répond & un besoin de son 
organisation. Un seul exemple sufOra pour démontrer l'existence de ce 
besoin. 

Lorsqu'un voyageur parcourt l'Océan ou une vaste plaine déserte, il 
éprouve une souffrance morale qui est l'ennui. S'il traverse des vallées, 
des prairies, des ruisseaux ; s'il rencontre des rochers, des arbres, des 
futaies, il éprouve au contraire une satisfaction, une jouissance morale. 
Dans le premier cas, la souffrance est due h la monotonie du tableau ; dans 
le second, la jouissance est causée par la variété des objets dont l'ensemble 
constitue une harmonie. A chaque instant, on peut constater des faits ana- 
logues ft l'aspect de toutes les choses qui nous environnent, et remarquer 

' Cette étude fat commencée en 1866, à la suite d'une question proposée par 
l'Académie des Beaui-Ârte et ainsi congue : « Rechercher et démontrer le degré 
€ d'influence qu'exercent sur lei Beaux-Arts les milieux nationaux et politiques, 
* moraux et religieux, philosophiques et scientifiques. Faire ressortir dans quelle 
« mesure les artistes les plus éminenti se sont montrés affranchis ou dépendants 
a de cette influence, n 

C'est ce programme, que noua n'avons fait qu'effleurer, qui a servi de base à notre 
tranil. 



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le soin que nous apportons à éviter la monotonie dans les objets qui nous 
entourent : il suffit d'examiner nos habitations à l'extérieur et à l'intérieur 
surtout, pour y trouver, sous les formes les plus diverses, les traces d'une 
harmonie. 

n 

L'harmonie, dans son acception la plus générale, est Taccord de 
parties différentes. Cet accord implique nécessairement l'unité dans la 
variété, l'ordre, la proportion. 

L'harmonie est le principe visible qui régit l'univers : elle préside à la 
marche des inondes et à l'enchaînement de tous les phénomènes de la 
nature ; le végétal, l'animal et l'homme lui-même sont soumis à ses lois. 
Cette vérité est manifeste dans la fleur, où l'on admire un dessin parfai- 
tement ordonné et des couleurs bien nuancées ; si l'on pénètre dans son 
organisation intérieure et dans celle de la vie animale, on trouve des 
harmonies plus sublimes encore. En un mot, l'hannonie est l'âme delà vie 
itniverselle. 

Quelques esprits ne voient dans la nature qu'un sublime désordre ; s'il 
en était ainsi, l'homme, être faible et fragile, ne pourrait pas vivre un seul 
instant au milieu des forces incommensurables répandues dans l'univers. 
Le désordre n'est qu'accidentel, et il n'atteint jamais, quoi qu'on dise, le 
degré d'intensité dont il serait susceptible si tous les éléments étaient 
déchaînés. 

L'homme, dont l'intelligence s'élève à la connaissance des lois générales 
de l'univers et dont l'âme est une harmonie, possède, à des degrés divers, 
une faculté sublime : le sentiment de l'harmonie universelle. Cette &culté 
engendre le sentiment du Beau on de l'harmonie en général, et la notion 
du Bien, qui est le sentiment de l'ordre universel appliqué aux actions 
humaines. Le Vrai est intimement lié au Beau et au Bien, parce qu'il 
embrasse tous les phénomènes et toutes les lois de la nature. La puissance 
du sentiment de l'harmonie est tellement grande chez l'homme, qu'elle 
lui a fait pressentir, à l'origine de la civihsation, des vérités qui ont été 
confirmées plus tard par la science. 

La définition de Platon est donc exacte : le Beau est la splendeur du 
Vrai. En effet, dans son acception la plus élevée, le Beau est la splendeur 
de l'harmonie des lois de l'univers. 

La corrélation qui existe entre ces trois choses, le Beau, le Bien et le 
Vrai, a pour conséquence de les faire réagir les unes sur les autres. C'est 
ainsi que les Beaux-Arts, qui ont pour objet de réaliser le Beau, influent 
sur le sentiment du Bien, c'est-à-dire sur le>sens moral ou la conscience 
humaine, et réciproquement. 11 est donc intéressant d'examiner l'influence 



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exercée sur les Beaux-Arts par les milieux moraux et religieux, qui 
recherchent le Bien, et par les niilieux philosophiques et scientifiques, qui 
poursuivent le Vrai. 

m 

L'impression agréable ressentie par l'homme, en présence du Beau, 
résulte de la conformité qui existe entre l'essence intime de son être et 
l'harmonie extérieure qui le frappe. Cette affection n'est pas autre chose 
que Vamour, pris dans le sens le plus général et le plus élevé. Ainsi, 
l'amitié, qui est une forme de l'amour, se développe entre deux personnes 
qui ont des idées et des sentiments communs, c'est-à-dire dont la nature 
morale est identique ; l'afTection sera d'autant plus vive que l'identité et la 
conformité seront plus parfaites. Cette conformité, diSicile à rencontrer, 
rend précisément l'amitié très rare. Le phénomène contraire engendre 
l'inimitié, la haine. 

Cest en vertu du même principe que l'enfant recherche la société de 
l'enfant, et le vieillard, celle du vieillard ; c'est lui encore qui cause le 
plaisir que nous éprouvons à la vue des objets qui ont frappé notre jeu- 
nesse, parce que notre cerveau en a conservé l'image et l'impression. Ce 
rapprochement par la conformité n'existe réellement qu'avec des qualités 
morales, car la conformité dans les défauts produit, le plus souvent, l'anti- 
pathie — ce qui montre que le mal est incompatible avec l'amour, comme 
il l'est avec la beauté dans sa pure expression. Nous rappellerons, à ce 
sujet, que la plupart des principes formulés, en morale comme en esthé- 
tique, ne peuvent s'appliquer, en général, qu'à un certain type idéal de la 
nature humaine, type qui ne se réalise que chez les flmes d'élite. 

L'intensité de nos affections, pour toutes choses, varie en raison de leur 
conformité plus ou moins grande avec nous-mêmes. Ainsi, abstraction faite 
de tout intérêt scientifique, nous sommes insensibles à une masse inerte 
du règne minéral ; le monde végétal nous impressionne plus agréablement ; 
l'animal nous touche encore davantage par sa sensibilité et son intelli- 
gence ; enfin, l'homme, qui est notre semblable, occupe le premier rang. 
Or, cette gradation n'est que la conséquence des formes de plus en plus 
parfaites de la vie, dont le sommet appartient à l'bomme. * 

' Lorsqu'on se tronve seul, même au milieu d'un site enchanteur, on aspire â 
sortir de ceUe solitude, qui cepeodant charme un moment, mais qui finit par causer 
de l'ennui. C'est que les objets qui nous entourent sont encore trop loin de nous 
revembler pour remplir notre cœur. Nous ne sommes complètement satisfaits qu'au 
milieu d'êtres vivants, de nos semblables, de notre famille surtout, car elle est un 
reflet de nous-mêmes. Aussi, le tableau le plus agréable qui puisse frapper nos yeux 
doit-il comprendre tous les régues de la nature dans leur accord harmonieux. 



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âoo 

Les élans de l'âme qui ravissent en extase les hommes de génie pro- 
viennent d'une communion intime avec l'harmonie universelle : Newton, 
découvrant une loi de la nature, est aussitôt absorbé dans une contem- 
plation profonde ; le savant éprouve un sentiment analogue, lorsque l'étude 
et l'expérience viennent l'initier aux mystères du monde. Les Beaux-Arts 
procurent une émotion de même nature, car le Beau élève l'âme ver» 
l'harmonie universelle. 

IV 

La perception du Beau a lieu par deux sens seulement : la vue et l'oiûe. 
La vue perçoit les vibrations de la lumière ; l'ouïe, les vibrations du son. 
Toute vibration qui émane d'une œuvre d'art est «ne vibration harmo- 
nique ; transmise au cerveau, elle imprime à l'oi^anisme une vibration 
correspondante. Alors elle développe la vie en exaltant son principe, et il 
en résulte une dilatation du cœur, une émotion de l'àme. Cette vibration 
tend à communiquer les mouvements qui animment l'&me de l'artiste au 
moment de l'inspiration ; en excitant la sensibilité du cœur, elle développe 
l'amour et la force morale. 

L'harmonie, de même que l'amour, a pour caractère la douceur; et il 
est évident que le besoin d'harmonie, chez l'homme, se confond avec )e 
besoin d'amour et de poésie qui réside au fond de son cœur. L'amour 
conjugal, l'amour de la famille, l'amour de la patrie et de l'humanité, sont 
autant de sentiments commandés par l'harmonie des choses. 

Dans l'ordre intellectuel et dans l'ordre moral, l'homme peut e'élever 
vers l'idéal, la perfection et l'infini, en reculant les bornes du réel, de 
l'imperfection et du fini qui l'entourent, guidé par le sentiment intime de 
l'harmonie pure qu'il a dans l'âme, au moyen duquel il dégage le réel de 
toutes les imperfections ou dissonnances qui se produisent accidentellement 
au milieu de l'infinie variété des phénomènes. 

Les hommes qui possèdent le sentiment du Beau au plus haut d^;ré 
sont des hommes de génie. S'inspirant dans le monde qui les environne, 
ils lui empruntent les éléments de leurs compositions, qu'ils idéalisent 
ensuite conformément à leur sens intime du Beau. L'homme de génie subit 
la loi commune des milieux, mais il domine généralement son temps, au 
moins dans une direction ; pénétré de l'essence immuable des choses, il 
suit une voie élevée, à l'abri des changements superficiels qui se mani- 
festent aux différentes époques. Dans cette voie, il réalise les chefs-d'œuvre 
ûnpérissables de l'art, ou, dans un autre ordre d'idées, il dicte au monde 
les lois morales qui doivent durer autant que l'humanité. 

Les artistes de talent, en plus grand nombre, traduisent mieux leur 
temps, parce qu'ils appartiennent à la généraUté des hommes qui s'arrêtent 



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201 

à la superficie des choses et se moulent entièrement sur ta société 
environoante. 

Chez les artistes, le sentiment du Beau est plus ou moins développé, de 
même que, chez tous les hommes, la beauté physique et morale est plus 
ou moins parole. Chacun d'eux choisissant le sujet le plus conforme à son 
sens intime, il en résulte une grande variété dans les productions de l'art. 
Au point de vue de l'exécution, on peut admirer les écoles les plus opposées ; 
il pourra même arriver qu'une œuvre d'un genre inférieur renferme plus 
de science dans l'exécution qu'une composition élevée- Mais ce n'est là 
qu'un des côtés de l'art, celui qui s'adresse à l'intelligence. Si l'on considère 
le sujet en lui-même, au point de vue du Beau, c'est-à-dire dans ses 
rapports avec le cœur de l'homme, on ne saurait regarder avec la même 
impartialité les caractères les plus opposés et les tempéraments les pliu 
variés — car il y a de bons et de mauvais tempéraments, au moral comme 
au physique — sous prétexte qu'ils sont des manifestations de l'esprit 
humain. Dans cette voie, on confondrait les œuvres les plus fantastiques 
et les plus immorales, avec les créations les. plus pures et les plus sublimes 
de l'art ; on serait conduit à accepter avec le même empressement le bien 
et le mal, parce qu'ils montrent aussi l'intelligence humainesous des aspects 
infiniment variés, et que, dans beaucoup de circonstances, le mal donne 
lieu à des elîorts intellectuels trës-remarquables. Mais le cœur humain pro- 
teste contre une pareille indifférence, et cette protestation suffit' pour 
condanmer la doctrine dont nous venons d'indiquer les tendances , 
laquelle prétend se rattacher à la nature et & l'histoire *. 

11 n'y a qu'un examen superficiel des choses qui ne fasse voir, dans la 
nature, que la manifestation pure et simple de phénomènes successif se 
transformant d'une manière indéfinie sous l'influence des milieux, car au 
fond de toutes les transformations et au-dessus de la variété infinie des 
personnes et des choses, réside l'Unité harmonique, force directrice 
permanente qui assure la stabilité et la beauté des fonnes de la vie dans 
l'univers. C'est ce principe essentiel, base de l'unité morale du genre 
humain, que doit refléter toute œuvre d'art qui s'inspire d'un idéal élevé. 

D'ailleurs, les œuvres de l'homme et celles de la nature ne peuvent être 
comparées en tous points ; la perfectibilité donne aux premières une valeur 
relative qui n'existe pas dans les secondes. Le travail de l'homme se modifiant 
tous les jours dans le sens de la perfection et du bonheur de l'espèce, il en 
résulte que l'œuvre qui se rapproche le plus de cet idéal plane sur 
l'humanité à toutes les époques. 

L'histoire peut analyser et expliquer les œuvres d'art comme tous les 

' Voir la PhUoiophie de l'Art, par M. Tatne. 

16 

DioiiizBchy Google 



autres événements ; mais pour apprécier la valeur morale ou esthétique 
des laits, elle a besoin de se placer à un point de vue général se rattachant 
au principe supérieur que nous venons d'indiquer. Bien qu'ii soit toujours 
intéressant de savoir comment, à des époques différentes, l'esprit humain 
a interprété le Beau, il l'est encore davantage de pouvoir juger et signaler 
à l'admiration publique ses œuvres les plus parfaites. 

Ia science, qui étudie dans leurs plus petits détails tous les phénomènes 
de la nature et de l'homme, n'envisage les choses qu'avec le sang-froid de 
la raison — tandis que l'art, qui s'adresse à la sensibilité, entraine à l'action. 
Or, il importe beaucoup que l'humanité, dont l'ignorance native (cause 
première de ses maux ) et les instincts sensuels primordiaux tendent à faire 
oublier la vie supérieure que procure la contemplation du Beau, — il 
importe, disons-nous, que l'humanité soit entraînée vers un idéal de per- 
fection qui voile les éléments brutaux de sa nature, pour en Taire ressortir 
tous les éléments moraux et harmoniques. 

En résumé, la science est le résultat de l'étude successive des bits ; sa 
méthode est Vanalyse. L'art, au contraire, procédant par synthèse, est le 
produit de l'inspiration et d'une intuition supérieure. Aussi le progrès des 
sciences dépend-il en quelque sorte de l'Age de l'humanité, tandis que les 
progrès de l'art, plus spontanés, devancent parfois l'humanité de plusieurs 
siècles. 

n faut donc admettre que toutes les œuvres d'art peuvent être jugées, au 
point de vue de la perfection ou de l'idéal, par les hommes les plus éminents 
de toutes les époques. De même que les sages de tous les temps et de tous 
les lieux ont reconnu les principes universels de la morale, de même aussi 
les hommes d'un goût élevé s'accordent sur les lots générâtes du Beau. S'il 
arrive que des hommes s'approchent de la perfection par les Eacultës 
exceptionnelles dont ils sont doués, le plus grand nombre s'en éloigne 
davantage ; mais, en vertu de la perfectibilité humaine, les premiers 
montrent aux seconds l'idéal à atteindre et leur indiqueîit les moyens d'y 
parvenir : c'est ainsi que les efforts humains fertilisent un sol, et lui font 
produire en abondance des liruits que la nature ne fournit d'elle-même 
qu'en petite quantité. 

Dans une œuvre d'art, il faut distinguer deux choses : 1" la diynnée 
générale, qui traduit la pensée et les besoins de l'humanité à une certaine 
époque, fournissant ainsi des matériaux à l'histoire * ; 2< l'ordonnancement 

' Primitivement, les arts ne satisfont qu'à cette première condition; par letir 
caractère aymboUque, ils tendent tous à exprimer la pensée humaine sans préoccu- 
pation de la beauté qui leur est propre. Ce n'est qu'à l'époque moderne que nous les 
voyons abandonner cette voie et chercher la beauté en dehors de l'homme, c'est-à- 
dire dans la nature entière. 



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des parlm, lequel constitue l'art proprement dit, et appartient à toutes les 
époques, car le Beau; le Bien et le Vrai sont immuables comme les lois de 
rbariDonie universelle dont ils sont le reflet. Toutefois, cette distinction 
n'est pas bien tranchée en peinture et en poésie principalement, oti l'art 
exprime la pensée elle-même ; c'est ce qui a fait quelquefois placer la poésie 
dans un domaine à part. 



La loi qui a présidé au développement des Beaux-Arts correspond 
presque toujours à celle du progrès général de la civilisation. Les 
. connaissances humaines étant fondées sur l'observation de la nature, les 
éléments primitif de ces connaissances furent nécessairement k forme, le 
côté matériel et superficiel des choses, puisque ce sont les premières 
impressions que l'homme reçoit du monde extérieur. Ce n'est qu'à la suite 
des siècles, après de nombreuses observations et expériences transmises 
de génération en génération, que l'homme a pu saisir le mouvement intime 
de la matière révélé par k science moderne. Dans l'ordre moral, le même 
phénomène s'est produit : au régime de k force et des mœurs brutales des 
premiers Ages, a succédé un état de choses rendu meilleur par tout un 
ordre d'idées et de sentiments profonds qui ne se sont développés qu'à la 
suite des temps, bien qu'ils fussent en puissance dans l'âme humaine dès 
l'origine, ainsi que l'attestent les monuments les plus antiques delà pensée. 
L'hont-me lui-même, dont le sens du Beau et le sens moral ne se développent 
qu'avec l'âge et l'expérience, procède de la même loi. Le progrès consiste 
précisément à assurer de plus en plus la diffusion de ces sentiments parmi 
tous les membres de la société. 

Les Beaux-Arts ont été cultivés, tout d'abord, dans les contrées les mieux 
favorisées par le climat et par l'oi^nisation politique, là où les besoins 
physiques, laissant beaucoup de loisirs à l'activité humaine, ont permis de 
rechercher la satisfaction des besoins moraux. Dans chaque grande époque 
de la civilisation, ils affectent généralement trois périodes caractéristiques : 
Vauatérité, la beauté et k décadence. La première période renferme l'essai 
des principes encore incertains du Beau; la force y est exagérée. La 
deuxième contient k sobriété et k perfection. Enfin, dans la troisième, 
l'élégance devient maigreur, les formes sont tourmentées et excessivement 
variées ; il y a exagération dans la délicatesse. Ainsi l'austérité et k déca- 
dence, dans deux voix opposées, s'éloignent également de k Beauté. Un 
fait analogue se produitdans l'ordre moral ; l'extrême pauvreté etl'extrême 
richesse sont aussi très-souvent un obstacle à k réaUsation du Bien, 
laquelle ne peut avoir lieu que dans une condition moyenne, ob l'exercice 
de toutes les kcultés assure l'équilibre harmonieux de la vie. 



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204 

Les arts qui brillèrent à l'origine furent ceux où la forme matérielle joue 
le principal rôle, tels que l'architecture et la sculpture. Les autres arts, 
dont le domaine est plus profond, se ressentirent des tendances matérielles 
prédominantes ; on fit de la peintura sculpturale, de la poésie rhythmique 
et de la musique de danse. Plus tard, la peinture et la poésie de sentiment, 
la symphonie musicale, ont exprimé les aspirations les plus élevées du 
cœur humain. 

Nous allons examiner l'objet de chacun des arts et leurs principaux 
caractères aux différentes phases de la civilisation. 



ARdHITECTDBE ET SCDLPTURE. 



L'Architecture édiQe des constructions et en ordonnance les éléments 
conformément aux lois de l'harmonie gravées dans l'âme humaine. Ces 
éléments sont les lignes formées par la rencontre de plans géométriques 
et rendues sensibles par l'opposition de la lumière et de l'ombre. 

Tout édifice doit satisfaire à deux conditions d'un ordre différent : à 
Yutilité matérielle, c'est-à-dire aux convenances de la destination, et à 
Yimpression morale de beauté qui résulte de l'ordonnancement harmonieux 
des surfaces et des lignes. A ce dernier titre seulement, l'architecture se 
range parmi les Beaux-Arts, car le besoin matériel seul n'exige que l'appli- 
cation de la science à l'art de bâtir. 

La Sculpture a pour but de représenter les formes de la nature organique, 
et de réaliser l'harmonie dans les surfoces qui les composent. Ces surfaces 
se relient les unes aux autres par degrés insensibles qu'on ne distingue 
qu'à l'aide des intensités différentes de l'ombre et de la lumière. Il y a la 
sculpture d'ornements, qui est intimement liée à l'architecture, et la 
statuaire, qui s'applique spécialement à la reproduction des êtres animés. 

Mous nous occuperons simultanément de ces deux arts, qui ont atteint 
l'idéal dans la civilisation grecque. 

U 

Bmmi w de quelques prlnel|ieB du B«»u en ImlilHiilMiii 

Les lois du Beau sont généralement celles du bon et de la solidité ; nous 
aurons plusieurs fois l'occasion de le constater dans l'examen des éléments 
de l'architecture. 



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La première condition consiste à assurer la stabilité. Mettant en œuvre 
la matière inoi^anique, l'architecte doit se conformer aux lois qui la 
régissent. Les lois de la pesanteur sont satisfaites par tes lignes verticales 
et horizontales : elles sont aussi les plus belles. Pour s'en rendre compte, 
il suCBt de se représenter, dans la façade d'un édifice, la ligne oblique que 
dessinerait, par exemple, la rampe d'un escalier intérieur ; l'efTet en serait 
désagréable. Ou voit donc qu'il n'est pas toujours possible de concilier la 
beauté extérieure avec les convenaBÔes intérieures, c'est-à-dire le Beau avec 
l'utile, principe adopté au Moyen-Age etainsi formulé par M. Viollet-le-Duc : 
< Rendre totd besoin et totU moyen de construction apparents * ». A l'origine, 
il est probable, en effet, que les éléments de la construction elle-même se 
sont présentés les premiers à l'esprit des architectes pour introduire une 
certaine variété dans l'aspect des édifices ; mais plus tard, le goût ayant 
acquis plus de finesse, ces moyens, toujours simples, ont été complétés et 
enrichis par les conceptions propres de l'&me de l'artiste qui réclamait 
une harmonie plus parfaite. Nul inconvénient, d'ailleurs, à ce que l'aspect 
extérieur d'un édifice, qui doit satisfiùre à un besoin tout moral, ne corres- 
ponde pas à sa disposition intérieure, commandée par des besoins d'un 
autre ordre. 

La ligne droite, élément essentiel de la cristallisation de la matière, est 
la Ugne architecturale par excellence. Toutefois, on emploie les lignes 
courbes, parmi lesquelles le cercle, qui est la courbe la plus simple, est 
aussi la plus belle. La forme circulaire a surtout pour objet d'augmenter la 
résistance des points d'appui ; elle convient aux soubassements et aux 
arcades monumentales. Employée au sommet d'un édifice, elle donne un 
aspectde lourdeur qui résulte du sentimentde force qu'onyattache; le fron- 
ton circulaire, qu'on adopte pour satisfaire au besoin de variété, est moins 
élégant que le fronton droit. Après le cercle, on se sert des formes exp- 
liques, qui ont moins de noblesse. Enfin, par degrés insensibles, on arrive 
à la ligne ondulée qui sort du domaine de l'architecture proprement dite. 

En effet, la ligne ondoyante, absente dans le minéral, se rencontre dans 
les formes végétales et animales. Au point de vue général du Beau, elle 
est d'un ordre supérieur à la ligne droite, de même que, dans la série des 
êtres, le végétal et l'animal occupent un degré supérieur au minéral ; 
d'ailleurs les plus belles lignes ondoyantes se trouvent dans les formes 
humaines, placées au sommet de l'échelle. Mais si on imagine un édifice 

' Dictionnaire d'Architecture, tome i", page 319. 

L'escalier du château de Blois peut of&ir un exemple de ce que nous disonE. Nouk 
citerons encore les obliques dont on décore le fût de certaines colonnes; elles sont 
choquantes également. 



ZBchyGOCX^IC 



avec des lignes principales ondulées, le sentiment sera choqué; il 
réclame la ligne droite, qui est la ligne rationnelle conforme aux lois de ia 
matière mise en œuvre. On admirera la ligne ondoyante dans l'ornementation 
et dans le profil des moulures, à cause des effets adoucis de lumière et 
d'ombre qu'elle engendre ; on en sentira toute l'infériorité dans la colonne 
torse par exemple. 

Pour détruire la monotonie des surfaces planes, déjà atténuée par les 
lignes de joints, on introduit des bossages, des pilastres et des chaînes 
verticales, qui, en ajoutant à la solidité, produisent une certaine variété 
dans l'intensité des ombres. Le pilier rectangulaire se présente d'abord 
comme support le plus simple et le plus (acile d'exécution ; mais en l'exa- 
minant, on sera choqué par une arête vive qui sépare brusquement 
l'ombre de la lumière ; on est donc conduit à adopter la forme circulaire 
pour obtenir une transition plus douce. Cette forme permet aussi de réduire 
& leur minimum les dimensions du support, tout en lui assurant une solidité 
suffisante. L'ombre qui se fond sur la colonne unie a encore quelque chose 
de plat qui laisse à désirer ; on y remédie au moyen de cannelures qui 
tranchent les ombres et les dégradent d'une manière progressive : c'est en 
quelque sorte un son unique qui est remplacé par des sons détachés, et l'on 
s'explique, dès lors, la différence d'impression reçue dans l'un et dans l'autre 
cas. Afin d'augmenter la grâce des colonnes, on leur donne un léger ren- 
flement vers le milieu, ce qui se rapproche d'un solide d'^ale résistance. 

I^ partie inférieure et la partie supérieure de la colonne rencontrent un 
élément horizontal avec lequel il importe de les relier d'une manière 
agréable ; la base et le chapiteau, dont ta forme évasée renferme quelques 
lignes de moulures, offrent une transition adoucie entre l'élément vertical 
et l'élément horizontal . En outre, la forme du chapiteau augmente la 
résistance d'appui. 

Les colonnes sans base manquent toujours de grAce vers leur partie 
inférieure, parce qu'elles se trouvent brusquement arrêtées par une surface 
horizontale ; dans les monuments grecs où il en existe, cet inconvénient 
est atténué par les lignes horizontales de t'emmarchement, qui s'élargit 
et s'évase en approchant du sol. Mais c'est surtout pour une colonne isolée 
que la base est indispensable ; on y ajoute môme un piédestal, élément qui 
serait disgracieux au pied des colonnes d'un édifice. 

Immédiatement au dessus du chapiteau, se place l'architrave avec 
quelques lignes régnantes convenablement espacées ; vient ensuite la frise, 
qui reçoit l'ornementation. Enfin, pour couronner l'édifice, une corniche 
très-saillante arrête le regard au moyen d'un ombre vivement accusée. 
Celte saillie elle-même se relie à la frise par des moulures qui forment une 
dégradationetunevariétéheureusesdans l'intensité desombres. N'attribuer 



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207 

à la corniche que le rôle qui consiste à renvoyer les eaux pluviales, c'est 
la proscrire de l'intérieur des habitations, où elle rehausse l'effet des 
ameublements et adoucit la rencontre des plans verticaux avec les plans 
horizontaux des plafonds. 

L'ornementation s'ajoute aux lignes générales pour compléter l'effet 
harmonique. A l'extérieur, le spectateur se plaçant toujours à une certaine 
distance, l'ornementation doit être sobre pour ne pas amoindrir le c^actère 
des lignes principales. C'est pour cette raison que l'emploi de différentes 
couleurs, dans les détails extérieurs, a toujours été considéré comme un 
obstacle à la beauté architecturale dans sa noble simplicité *. A l'intérieur 
au contraire, le point de vue étant plus rapproché, l'œil ne saurait embrasser 
de grandes lignes, tandis qu'il distingue Êtcilement les détails de l'orne- 
mentation, laquelle, d'ailleurs, doit toujours être r^ifermée dans de justes 
limites. 

La profusion des détails caractérise les époques de décadence. Il fout 
remarquer, du reste, que l'art dans les petites choses est d'un ordre 
inférieur. D a été généralement l'apanage des peuples peu civilisés qui 
n'auraient pu produire des œuvres d'un style élevé : tel est l'art chez les 
Arabes et les Orientaux. Chez les peuples barbares, on le trouve aussi 
appliqué aux choses les plus mesquines : les vêtements, les armes et les 
ustensiles sont surchargés de dessins et d'arabesques où l'on reconnaît un 
travail prodigieux et une imagination féconde; mais, en résumé, ce ne sont 
que les productions enfantines des hommes dont les horizons sont encore 
restreints. 

ni 

De q«eU|u«» |M4nclpe* «Im Bean en Sculptwe. 

Le statuaire s'inspire directement dans la nature ; il lui emprunte ses 
plus belles formes pour les idéaliser, c'est-à-dire pour les dégager de tous 
les éléments étrangers à Tharmonie qu'il conçoit. Les formes humaines 
sont les plus belles. Pour réaliser le beau idéal, la statuaire doit représenter 
l'homme dans une attitude digne et naturelle : la position verticale ou à peu 
près, déjà commandée par les lois de la pesanteur, répond à ces deux 
conditions. Une attitude tourmentée présente de grandes difficultés d'exé- 
cution et offre presque toujours quelque côté choquant. 

Les formes de l'homme et celles de la femme ont un caractère différent. 



Toutefois nous dirons que la teinte de brique, raélangée sans confueion avec la 
pierre qui l'entadre admirablemeul, donne de beaux résultats, surtout à la campagne, 
au milieu de massifs de verdure qui en rehaussent l'effet. 



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Chez l'homme le tronc, vu de face, est limité par deux lignes presque 
parallèles ; les muscles sont accusés par des contours vigoureux : c'est le 
type de la force physique. Chez la femme, les éléments, quoique plus 
saillants, forment des dépressions mieux adoucies que chez l'homme; 
l'ensemble en est aussi plus varié : c'est le type de la grâce. La déUcatesse 
des formes de la femme j'évèle en quelque sorte la délicatesse de ses bbd- 
timents. 

IV 



En résumé, l'architecture et la sculpture ont pour but de réaliser l'har- 
monie dans les fonnes de la matière. Cette harmonie est abstraite et sans 
détermination, car elle ne représente pas telle pensée ou tel sentûnent 
particulier de l'âme. Toutefois la statuaire peut, dans une certaine mesure, 
rendre une situation déterminée au moyen du geste et des principaux traits 
du visage; mais dans cette voie ello s'expose k manquer à son programme, 
qui consiste à harmoniser les formes à tous les points de vue. Or, l'attitude 
conmiandée par un sentiment spécial et déterminé sera souvent un obstacle 
à la réalisation de cette harmonie complexe ; en outre, il lui manque le 
regard, pour traduire complètement un mouvement de l'âme. Elle ne peut 
qu'exprimer, et encore avec beaucoup de modération, certains sentiments 
généraux tels que la joie ou la douleur. Son véritable rôle est la reproduction 
du type humain dans toute sa ibeauté sereine et vivante, laquelle reflète 
extérieurement l'harmonie intérieure qui l'anime, c'est-ft-dire l'essence de 
la vie dans sa généralité. 



l" Antiquité . 

A l'origine, l'architecture n'est qu'une industrie grossière destinée à 
satisfaire des besoins matériels, besoins qui ont été naturellement la 
première préoccupation des hommes; dans ce cas, elle n'exige que la 
superposition pure et simple d'éléments informes. Mais lorsque les besoins 
moraux commencent à se faire sentir, ils réclament aussi leur satisfaction ; 
alors les surfaces unies et irrégulières des premiers âges sont remplacées 
par l'ordonnancement et l'ornementation dans les constructions. 

La donnée générale est fournie par la destination de l'œuvre à édifier. 
Les premiers édifice ont été consacrés à la Divinité et aux souverains : ce 
sont presque toujours des temples, des palais et des tombeaux. 



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Chez les Indoua, on rencontre des excavations profondes et des masses 
énormes recouvertes d'une profusion d'ornements : c'est un art qui épou- 
vante plus qu'il ne charme. Le style est aussi invariable que les institutions 
politiques et religieuses. 

Les monuments égyptiens renferment les premiers rudiments de l'art ; 
on y remarque d'abord des piliers rectangulaires aux foces unies, suppor- 
tant une architrave divisée par quelques lignes. Jusque là, aucune saillie 
importante ne détruit la monotonie de l'œuvre colossale ; il n'exista que des 
hiéroglyphes ou des statues monstrueuses nullement en harmonie avec 
l'ensemble, et qui n'ont de valeur que comme symboles. Le couronnement 
seul a une forme évasée qui arrête le regard par une ombre fortement 
accusée : c'est le rudiment de la corniche. Ailleurs, les formes anguleuses 
ont disparu ; des colonnes circulaires sont cannelées et couronnées d'un 
chapiteau. Ces colonnes, généralement massives, sont en outre revêtues de 
filets coloriés : c'est la superposition du mesquin et de la lourdeur. 

La sculpture égyptienne, essentiellement symbolique, reproduit le plus 
souvent des formes fabuleuses et monstrueuses, d'oii la vie est absente. 

Le caractère de l'art égyptien est la puissance ; on présent que le r^ne 
de la force brutale a inspiré toutes ses conceptions. Le régime théocratique 
lui imposant des règles traditionnelles, en a entravé l'essor. 

"if ËpoQUE Grecque. 

En Grèce, l'art prit plus de développement sous un régime plus libéral. 
La forme générale des temples est dictée par les besoins du culte et les 
mœurs de l'époque; l'intérieur a de petites dimensions parce qu'il ne doit 
être accessible qu'aux prêtres ; les portiques extérieurs sont destinés à 
recevoir la foule. 

Le temple de Neptune, à Psestum, est de la première époque ; c'est une 
œuvre empreinte de simpticité et de solidité, qui offre une certaine lourdeur 
par l'exagération de ses dimensions. Par amour de la vérité on indigue 
extérieurement les' éléments intérieurs de l'édiâce : telle a été l'origine des 
triglyphes dans la bise. 

Le Parthénon correspond à l'apogée de l'art grec, au siècle de Péridès. 
En le comparant au temple de Psestum, on y trouve des proportions plus 
beureases : les colonnes sont plus élancées, la hauteur de l'entablement 
est moins grande et l'ornementation plus riche. La sculpture vient y 
compléter l'architecture ; les couleurs qui en font ressortir les détails étaient 
sans doute commandées par la tradition, car on s'en afiranchit plus tard. 

Dans les œuvres de la décadence, laquelle n'a pas été complète en 
Grèce, les colonnes sont trës-élancées, et l'ornementation vient étouffer 
les formes. 



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2t0 

La statuaire grecque, d'abord hiératique comme celle des Égyptiens, 
s'émancipe progressivement et ne se propose d'autre but que le Beau. 
Alors elle enfante des chefe-d'œuvre qui ont atteint l'idéal dans rbarmonie 
des fonnes vivantes. Les exercices gynuiastiques, commandés par les 
nécessités politiques, développent et exaltent la beauté physique ; on con- 
sidère la perfection du corps comme un caractère de la divinité. I^es plus 
belles statues des Grecs n'ont presque jamais indiqué que le repos pour 
exprimer cette suhhoiilé sereine dont nous avons parié. Avec Phidias, 
simplicité et grandeur dans la représentation des dieux, œuvres colossales 
où la couleur joue un rôle — ce qui indique que l'artiste n'est pas complè- 
tement dégagé de la tradition. Une statue coloriée, quoique plus vraie, 
produit un effet mesquin, parce que l'objet de la statuaire est de se ren- 
fermer dans l'harmonie des contours, laquelle constitue, seule, la véritable 
beauté du type humain. On y ajoute quelquefois une draperie dont les 
plis laissent deviner les formes et se prêtent aux combinaisons les plus 
heureuses de la lumière et des ombres. 

Polyclète et Praxitèle, en reproduisant les formes purement humaines, 
enfantent les chefe-d'œuvre de l'art tels, que la Vénus de Milo. Ensuite la 
noblesse des formes se transforme en expression sensuelle; on tombe dans 
les attitudes tourmentées qui, nous le répétons, sont un obstacle à la 
Beauté. Plus tard, la statuaire brilla de nouveau ; elle produisit la Vénus 
de Médicis qui est d'un caractère moins élevé que la précédente. 

Il fkut bien remarquer, d'ailleurs, que le ciel pur et la lumière vive du 
climat, qui font admirablement ressortir la netteté des lignes et la délicatesse 
des profils, ont dû contribuer pour une lai^e part à la réalisation de l'idéal 
grec en architecture et en sculpture. 

Dans l'art étrusque, on retrouve le caractère oriental : lourdeur dans les 
proportions et richesse dans l'ornementation. 

3» ÉPOQUE Romaine. 

Après la conquête de la Grèce, l'art romain s'inspira à la fois de l'art 
étrusque et de l'art grec, en y ajoutant des éléments de décoration. Le 
théâtre de Marcellus est de l'ordre dorique restauré par les Romains ; le 
larmier est couronné de denticules qui n'existaient pas dans le dorique 
grec. Les Romains ont excellé surtout dans l'emploi des arcades, forme 
nécessaire, du reste, pour assurer la stabilité de leurs monuments gran- 
dioses destinés aux plaisirs publics, tels que le Colysée et les thermes de 
Caracalla, ob ils déployèrent tout le luxe imaginable. Ils se servirent encore 
de la voûte en plein cintre dans les coupoles, les ponts et les aqueducs, 
attestant ainsi leur puissance dans les formes architectumles. 

La sculpture romaine est due aux artistes grecs. Elle flit souvent absorbée 



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su 

parla décoration des monuments que firent édifier les Empereurs. Toutefois, 
elle produisit quelques cheË-d'œuvre. Sous l'Empire/l'art est obligé de se 
plier aux goûts sensuels qui dominent ; on remarque des statues colossales 
d'empereurs comains qui r^piaient par la force et qu'on divinisait par 
reconnaissance ou par crainte. Les bustes et les statues commandés par 
les souverains avaient phit6t pour objet de perpétuer ta gloire des noms 
que l'art proprement dit. Avec Adrien, l'art jette un dernier éclat : il four- 
nit l'AntinoOs. 

Sous les monarchies régulières, le monde avait cru trouver l'ordre et la 
paix ; mais les citoyens devenus sujets s'abandonnèrent & l'inertie et au 
luxe, ce qui amena la décadence dans l'art, et bientôt après une décadence 
générale. 

*■ Moyen-Age. 

Les premiers chrétiens, obligés de recourir aux basiUques romaines, y 
remarquèrent les arcades sur colonnes qui devinrent plus tard le caractère 
fondamental d'une nouvelle architecture. 

Après la décadence romaine se forma l'art byzantin. Le christianisme, 
qui dirigeait alors les aspirations de l'homme vers le ciel, devait employer 
des formes nouvelles. Une rehgion universelle qui s'adressait à tous néces- 
sita de grands vaisseaux. La voûte élancée et la prédominance des lignes 
verticales sur les lignes horizontales furent les éléments essentiels de l'art 
chrétien. Commençant au style byzantin, ces formes acquièrent leur plus 
haute expression dans l'art gothique. Elles répondent bien, d'ailleurs, à la 
donnée générale de l'époque, en ce qu'elles tendent h élever les regards 
vers le ciel. 

Le monument de S'«-Sophie à Constantinople produit tout d'abord un 
effet saisissant lorsqu'on pénétre à l'intérieur ; mais il faut bien se rendre 
compte de cette impression, qui est plutôt due k la grandeur imposante de 
l'édifice qu'à l'harmonie des lignes. L'aspect des pyramides d'Egypte, celui 
d'une haute montagne même, produisent des impressions de même nature, 
parce que ces masses montrent à l'homme la manifestation d'une grande 
poissance. L'intérieur de S'^-SopMe renferme de belles divisions, mais 
l'œil est chatoyé par une profusion d'ornements polychromes qui con- 
trastent avec le caractère de grandeur de l'édifice. A l'extérieur, toutes les 
arêtes, dépourvues de moulures, sont pleines de sécheresse ; dans l'élé- 
vation latérale on ne voit régner aucune ligne de division générale. 

L'architecture moresque emprunta beaucoup d'éléments h l'art byzantin. 
Ces deux styles ont, du reste, des principes communs, tels que la profusion 
des ornements et l'emploi des couleurs éclatantes ; ces dernières sont ins- 
pirées par la nature orientale, oii la lumière engendre des tons vife. Au 



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2ia 

Vni' siècle, les Mores d'Espagne exécutent des merveilles qui captivent 
les yeux sans parler à l'Ame ; ils recherchent surtout le plaisir des sens, 
qui est aussi l'idéal de leur religion. La multiplicité et la finesse des détails, 
rehaussés du contraste des couleurs les plus vives, forment un tableau qui 
frappe toutes les imaginations ; mais il ne satisfait que celles qui admirent 
le joU sans se préoccuper du Beau. Il faut remarquer que malgré la pro- 
digieuse variété des dessins et des couleurs de l'architecture moresque, 
l'ensemble a encore un certain aspect monotone, & cause de l'unifomûté 
des surfaces et de l'absence des vides et des saiUies ; tout l'art est appliqué 
aux détails. Dans ia musique arabe on retrouve le même caractère : fond 
monotone parsemé de variations insignifiantes. 

L'art roman, qui reproduit l'ornementation byzantine, a des proportions 
monumentales quoiqu'un peu lourdes : c'est l'époque d'austérité de 
l'architecture chrétienne. Elle correspond k une péiiode d'immobilité due â 
la concentration exclusive des connaissances humaines entre les mains 
des moines chaînés d'édifier les églises. Les constructions féodales de cette 
époque ne renferment que des éléments de force brutale ; aucun profil n'est 
adouci. Le sens du Beau était aussi obUtéré que le sens moral, et l'essor 
de l'art était complètement entravé par les misères politiques et sociales. 

Au commencement du XII« siècle, le pays étant délivré des invasions, 
il se manifeste un réveil général des esprits. L'architecture entre dans le 
domaine laïque ; des modifications sont apportées dans la structure et les 
détails des édifices religieux. Les plans anciens sont respectés, mais les 
nefe et les colonnes sont plus élancées ; on emploie la voûte (Rivale, qui 
forme un angle aigu au sommet. L'ornementation s'affranchit des traditions 
byzantines et puise ses motifô dans la flore du pays. Le style gothique se 
développant surtout dans les contrées du Nord, od la lumière a peu d'éclat, 
on multiplie les moulures avec des profils très-refouillés, pour obtenir des 
jeux sensibles de lumière et d'ombre. 

Mais ce style remplit moins le but de l'art proprement dit, qu'il ne 
satisfait l'imagination. Comme toutes les œuvres de l'époque, il se ressent 
du mysticisme, idéal qui consiste à dégager l'homme des liens terrestres 
et des lois de la nature en général, pour l'absorber dans une contemplation 
factice qui annihile une partie de ses facultés. Cette direction de la pensée 
humaine était la conséquence des misères de toutes sortes qui accablaient 
l'homme et qui lui faisaient prendre la vie en horreur. Le malheur, en 
remuant profondément les Âmes, avait exalté la sensibilité, de sorte qu'au 
lieu de sentiments moyens qui seuls assurent l'équilibre de la vie, il se 
développa un amour exalté contraire aux lois harmoniques de la nature : 
l'amour mystique et l'amour chevaleresque. 

Dans l'art gothique, les lois qui régissent la matière ne sont pas toiyours 



DioilizBchyGOCX^IC 



215 

observées. Pour assurer la stabilité, il faut introduire le fer, ou avoir recours 
à une superposition d'arcs-boutants et de contreforts qui troublent l'unité 
extérieure de l'édifice et semblent être des éléments étrangers à la cons- 
truction elle-même. Ailleurs, on dissimule les dimensions indispensables 
sous des colonnettes multipliées. Mais, il faut le reconnaître, l'aspect 
sombre et majestueux des cathédrales convenait bien au recueillement des 
Ames accablées par la tristesse régnante. 

A la suite du mouvement philosophique inauguré par Abélard, la dialec- 
tique d'Aristote fut étudiée, et il se forma l'école scolastique. A l'époque 
gothique, la pensée portait exclusivement son attention sur la logique ; 
l'observation de la nature était considérée comme inutile, même pour 
découvrir les lois du monde physique : aussi l'abus des mots et la subtilité 
des formules amenèrent-ils la ruine de la scolastique. De même, l'abus des 
formes élancées et tourmentées amena la décadence gothique avec le style 
flamboyant, où la ligne ondulée est répandue avec profusion ; on fit des 
denteUes de pierre, choses qui impUquent contradiction au point de vue 
des lois de la matière inerte. 

Le style gothique, dans plusieurs de ses éléments, heurte donc le senti- 
ment déhcat du Beau. La proportion n'y est pas toujours observée ; 
l'élément vertical efface trop souvent la ligne horizontale; les formes 
pointues, qui se répètent fréquemment, sont d'un aspect dur ; la décoration 
emploie des formes fantastiques, souvent hideuses et obscènes, c Ces 
< piles, ces moulures qui affectent des formes prismatiques, curvilignes, 
« concaves avec arêtes siùllantes et se pénètrent en reparaissant toujours, 
t Eatiguent l'œil, préoccupent plus qu'elles ne charment, forcent l'esprit à 
c un travail perpétuel qui ne laisse pas de place k cette admiration calme 
€ que doit causer toute œuvre d'art * >. 

D est à remarquer, que cette architecture, aux formes tourmentées, frappe 
vivement les masses ; c'est qu'en effet ellç les séduit de la même manière 
qu'une musique dont le rhythme est accentué vigoureusement. Les esprits 
qui cherchent dans les monuments l'état intellectuel d'une époque, 
s'intéressent avec raison au style gothique, parce qu'il traduit, plus que 
tout autre peut-être, la pensée individuelle. Nous ajouterons que la science 
et l'art s'y trouvent intimement liés pour réaliser des prodiges d'équilibre 
dans la construction, — en faisant remarquer, toutefois, que les efforts d'es- 
prit dépensés dans une œuvre d'art ne sont pas toujours en raison directe 
de sa beauté, et qu'en soumettant la matière à l'idée, l'architecture sort de 
son râle pour entrer dans le domaine de ta peinture et surtout dans celui 
de la poésie. 

' M. TioUet-le-Duc. — Dictionnaire tP Architecture, tome i", page iiS. 

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2U 

Au commencement du XV« siècle, )a forme gothique se répaudit dans 
les palais, les hôtels-de-ville et les maisons bourgeoises, oii l'on rencontre 
de véritables beautés ; les ameublements et les habits en furent empreints 
également. Les fonnes maigres de l'oroementatioa gothique, qui choquent 
lorsqu'elles sont découpées à jour et employées comme déments de 
stabihté, produisent au contraire un bel effet quand elles ont simplement 
pour objet de détruire la monotonie des surfaces où elles sont appliquées. 
Dans ce cas, le sentiment n'est plus préoccupé de la stabilité, mais de la 
décoration seulement : l'élément architectural est rentré dans son véritable 
rôle. Alors la crudité des formes anguleuses est atténuée par le mur qui 
leur sert de fond, de la même manière que des sons aigus se trouvent 
adoucis par un accompagnement. 

A la an du XV» siècle, l'art gothique finit. 11 disparut avec le régime 
féodal, à l'avènement des monarchies modernes. 

Le christianisme, dont le domaine est essentiellement spiritualiste, ne 
put engendrer de belles formes en sculpture. La statuaire chrétienne ne 
cherchait qu'à exprimer le mysticisme au moyen de formes grêles et 
osseuses, symboles du mépris de la chair. Elle ne commença à reparaître 
qu'au XII« siècle avec Nicolas de Pise, dont le maître était grec d'origine. 
A cette époque, on se rapprocha des formes antiques en architecture et en 
sculpture, préludant ainsi à la renaissance des arts. 

50 Renaissance. 

A la Renaissance, la pensée de l'homme s'affranchit du domaine religieux 
où elle s'était esclusivement renfermée au Moyen-Age, pour s'appUquer 
aux choses plus humaines et plus conformes aux lois de la nature. Tout en 
respectant l'art religieux, l'architecture édiUa des constructions civiles et 
déploya toutes ses magnificences dans les palais des souverains. Elle reprit 
les traditions antiques, qui renferment les principes fondamentaux du Beau 
dans les lignes. Mais la donnée générale étant différente, il en résulta des 
combinaisons nouvelles qui constituent l'originalité de cette période de 
l'art. A cette époque, dans toutes les habitations en général, on se préoccupe 
davantage du confortable qu'au Moyen-Age. En. un mot, le but est plus 
humain. 

Les chefs-d'œuvre de la Renaissance se trouvent dans les châteaux 
royaux et dans les édifices civils, 0(1 la beauté dans toute sa grftce a remplacé 
le caractère tourmenté et quelquefois grossier du Moyen-Age. Ce style fiit 
importé d'Italie en France au commencement du XVI« siècle par Jean 
Bullant, Pierre Lescot et Philibert Delorme, architectes qui nous ont laissé 
les œuvres les plus remarquables dans la cour du Louvre et la partie 
centrale des Tuileries. Le style de la Renaissance était tellement dans le 



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SI» 

gotlt de l'époque, qu'on alla même jusqu'à le combiner avec le style 
gothique, comme k Saint-Eustache et à Saint-Gervais, œuvres hybrides 
qui, avec des beautés de détail, ofTrent une dissonnance dans l'ensemble. 

Vers la fin du XV» siècle, la statuaire rentre aussi dans son domaine et 
reproduit les belles formes humaines. Tout en continuant l'art religieux, 
elle y ajoute quelque chose de plus naturel, de plus vrai. Elle s'mspire de 
la beauté physique de l'antiquité, mais en l'animant des sentiments mis en 
lumière par le christianisme. En Italie, on. sculpte d'abord des scènes de la 
Bible et de l'Évangile, ouvrages de petite dimension, mais d'une grande 
patience et d'une grande habileté : la ciselure a remplacé la statuaire 
proprement dite. Au XVI» siècle apparaît Michel-Ange, le père de la 
sculpture moderne. Il crée des œuvres puissantes et origimdes au moyen 
desquelles il veut traduire la pensée profonde qui, à cette époque, avait 
déjà pris un grand développement dîuis l'humanité. Peintre et sculpteur à 
la fois, il fusionne ces deux arts, s'écartant ainsi des lois du Beau antique, 
gui attribuait aux formes du corps une dignité propre, sans se préoccuper 
de l'expression. 

En France, Jean Goujon touche à la perfection grecque par ses gracieuses 
conceptions de la fontaine des Innocents; dans la Diane, il cède aux 
exigences d'une cour mondaine. La statuaire compose des œuvres allégo- 
riques telles que les Trois-Gràcea de Germain Pilon, qui sont destinées 
aux tombeaux des princes. 

Sous Louis XIV, époque où le Esiste étouffe souvent le bon goût, les 
formes architecturales tendent à réaliser un aspect imposant, qui, nous le 
répétons, est étranger au sentunent délicat de l'art. Celui-ci ne réclame pas 
de grandes dimensions pour se manifester dans toute sa splendeur, — de 
même que la beauté d'un paysage, par exemple, n'augmente pas en raison 
de son étendue, car au contraire il produit un meilleur effet si l'ceil peut 
en distinguer tous les éléments et embrasser d'un seul coup leur 
ensemble '. Cependant, on ne peut nier l'impression causée par l'étendue; 
mais c'est une émotion différente de celle produite par le Beau, par 
l'harmonie. Une personne d'un goût peu exercé éprouvera une certaine 
émotion en présence d'une œuvre grandiose qui frappe par sa niasse ou 
son étendue, tandis qu'elle en ressentira peu ou point à l'aspect d'un chef- 
d'oeuvre de l'art dont les dimensions sont ordinaires. 

A cdté d'œuvres d'un goût élevé, telles que la colonnade du Louvre, à 
laquelle on peut contester l'utilité matérielle sans nier l'impression morale 

* La locution suivante : i Tout ce qui ett petit est gentil > n'a pas d'autre origine. 
En effet, lorsque nous embrassons à la fois une grande quantité d'objets, ou tous les 
élémenu d'un même objet, noua sentons au plus baut degré l'unité datu la variété, 
cette condition ewentielle de la Beauté. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



316 

qu'elle Ikit naître, on trouve l'emphase dans les façades du bord de U 
Seine édifiées par Levau ; elles sont loin d'offrir la grftce et l'élégante 
simplicité de la Renaissance : l'architecture est pompeuse comme le roi et 
sa cour. 

A Versailles, les jardins et les arbres sont dessinés et taillés suivant 
des formes géométriques, ce qui indique un oubli complet des lois de la 
nature végétale. Sans doute, au pied d'un monument, la ligne droite est 
conmiandéB par l'architecture elle-même, avec laquelle il faut ménager des 
transitions; mais en voulant donner k la végétation un caractère architec- 
tural. Le Nôtre confondait le monde végétal avec le règne minéral. Une 
longue avenue en Ugn^ droite produit un effet grandiose au premier 
moment, mais elle n'offrira aucun charme pour la promenade, qui est le but 
spécial des jardins. Les lignes et les surfaces ondulées, qu'on adopte de nos 
jours, s'harmonisent mieux avec les formes végétales ; la rigidité monotone 
de la ligne droite est ainsi remplacée par une grande variété de courbes 
aux combinaisons gracieuses. 

La sculpture de cette époque est représentée par Girardon, Nicolas 
Coustou et Coysevox, qui furent les interprètes des goûts du moment 
A cdté d'eux, ressort la personnalité de Pierre Puget, qui reprend les 
traditions de Michel-Ange et ramène la statuaire dans la voie des temps 
modernes, laquelle consiste h exprimer les sentiments les plus énei^ques 
de l'âme, sans s'attacher exclusivement à la beauté corporelle. 

Au commencement du XVIII° siècle, l'architecture est sans caractère et 
sans grandeur, ainsi qu'on peut le constater dans la hç&de de Saint-Roch. 
Plus tard, on revint aux formes grecques qu'on superposa à d'autres styles. 
Le portail de Saint-Eustache, manqué quant aux proportions, produit un 
effet disgracieux k côté du style gothique, diamétralement opposé au style 
grec, hd portail de Saint-Sulpice, d'un bel ordonnancement, est peut-être 
le meilleur ouvrage de l'époque; Servandoni, itahen d'origine, était pénétré 
des formes pures de l'antiquité et n'avait pas subi l'influence du goût 
régnant. La décoration secompostdt d'ornements nombreux et contournés. 
La statuaire recherchait le joU et ta gr&ce affectée ; toutefois Guillaume 
Coustou, Pigatle et Rouchardon ont laissé de belles compositions. Uais la 
corruption générale devait amener une décadence complète de l'art. 

Vers la fin du XVUI* siècle, une réaction eut lieu. L'architecture cons- 
truisit la Madeleine, l'Ëcole de Médecine; on copia l'antique sans tenir 
compte des différences de mœurs et de climat. La statuaire imita l'art 
romain sans remonter à l'antiquité grecque. Formés en ItaUe, Canova et 
Hoodon fijrent les artistes les plus remarquables de l'époque. Sous l'Em- 
pire, les œuvres sont sans souplesse ni vérité, l'exécution en marbre 
est abandonnée aux praticiens. 

Au commencement du XIX* siècle, les arts marchent sur les tracas de 



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217 

l'époque précédente, la sculpture reproduit l'antique entre les nuùns de 
Pradier ; Rude et David d'Angers reviennent aux traditions fortes et élevées. 
Ensuite l'art est tout à lait éclectique : il reproduit une basilique à Saint- 
Vincent de Paul, une église gothique à Sainte-Clotilde. Au nouveau Louvre 
et dans tous les édifices civils, il reprend le style de la Renaissance, lequel, 
sans être irréprochable dans toutes ses parties, est cependant le plus 
susceptible de s'universaliser. Sorti de la réaction du monde nouveau sur 
le Moyen-Age et appliqué à l'habitation de l'homme, c'est l'art qui 
pourra se perpétuer dans l'humanité. 

Les générations nouvelles, avec leurs besoins multipliés et leur amour 
pour l'intérêt public, n'exécuteront plus, comme dans le passé, une 
quantité d'œurres colossales qui absorbaient une grande partie de l'activité 
humaine, au préjudice de besoins légitimes qu'on négligeait dans la classe 
la plus nombreuse de la société. On y perdra peut-être quelques impres- 
sions sublimes et grandioses, mais la nature noua en fournira toujours de 
supérieures dans certains spectacles dont la grandeur est inimitable. En 
compensation, l'art nous offrira l'aspect harmonieux du Beau dans un plus 
grand nombre de constructions ordinaires. 

Les lois générales de' l'ot^^sme humain et celles qui régissent la 
matière étant les mêmes qu'autrefois, on ne peut pas créer indéfiniment de 
nouvelles formes architecturales, sans dénier aux lois immuables du 
Beau. Les applications en seront plus nopibreuses et plus variées, mais 
elles reposeront toujours sur les principes qu'on trouve dans les chefs- 
d'œuvre de la Renaissance qui, eux-mêmes, reflètent ceux de l'Antiquité. 
Les époques de décadence nous montrent qu'une recherche excessive de 
nouveauté dans les formes amène souvent des bizarreries désavouées par 
le bon goût. 

En examinant la marche des constructions, on remarque que les points 
d'appui tendent toujours à diminuer. Dans cette voie, le fer est appelé à 
rendre de grands services. Les progrès de la science ont contribué poiu* 
une lai^ part dans cette transformation, en soumettant au calcul les 
conditions de stabilité de tous les éléments d'un édifice. Mais les con- 
structions en fer, qui réduisent considérablement les dimensions de la 
matière, n'offrent plus de belles proportions architecturales; avec ce 
système, l'art ne peut se manifester que dans la décoration et l'ornemen- 
tation. Si l'art y perd quelques occasions de se produire, la société pourra 
y trouver d'autres avant^es. 

On ne doit pas oublier, d'ailleurs, que les tendances modernes sont 
dirigées principalement vers' l'art social, au moyen duquel on cherche à 
assurer k la société tout entière la satisfaction de ses besoins physiques 
et moraux. Le développement du cœur humain conduit nécessairement 

17 



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218 

dans cette voie, car tout homme qui possède des sentiments élevés est 
douloureusement impressionné à l'aspect de la misère et de la souflhince, 
tandis qu'au 'contraire son coeur se dilate en voyant l'épanouissemenl 
complet de la vie chez tous les êtres en général et chez ses semhlables en 
particulier. Ainsi s'élargira le champ des nobles émotions ; elles ne seront 
plus seulement causées par l'harmonie des formes de la matière inerte, 
mais encore par le bonheur du genre humain, qui est l'harmonie par 
excellence et l'idéal suprême que l'homme poursuit à travers les âges. 

Le domaine de la statuaire n'est plus le même que dans l'Antiquité ; le 
beau physique ne suffit pas aux aspirations modernes. La pensée, s'étendanl 
de plus en plus, cherche à s'exprimer dans un art qui, à l'origine, n'avait 
pas cette destination. Le but poursuivi de nos jours consiste à exposer, aux 
yeux de tous, les traits des hommes qui ont poussé l'humanité dans la 
voie du progrès. C'est ainsi qu'on peut montrer à la société tout entière 
l'idéal et tes nobles aspirations de U vie, et éveiller dans les cœurs les 
principes qui ont animé l'Ame des grands hommes. 



PEINTURE ET POÉSIE. 



La peinture et la poésie se caractérisent par l'expression des idées et des 
sentiments les plus profonds qui se sont développés dans l'Ame humaine, 
sous l'influeDce des progrès de la civilisation. 

Nous avons dit que l'architecture et la sculpture réalisaient spécialement 
le Beau dans les formes ; la peinture et la poésie doivent s'en préoccuper 
également, puisque la forme est un des aspects du Vrai ; mais leur domaine 
est plus étendu. Considérés au seul point de vue de la beauté plastique, 
laquelle consiste dans l'ordonnancement harmonieux des lignes et de la 
couleur ou des sons du langage, ces deux arts ont un caractère indéter- 
miné comme l'architecture, la statuaire et la musique, caractère qui 
s'adresse au sentiment universel de l'homme pour l'hfuinonia. Mats les 
sentiments partiouli^? de l'Ame, Les affections spéciales de la vie, ren- 
ferment aussi des harmonies qui réclament leur expression dans les arts 
susceptibles de les traduire. Ces arts sont la peinture et la poésie, les 
seuls capables de reproduire des situations déterminées du cœur humain. 



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219 .i 

Cest Ut ce qui impose au peintre et au poète ie choix d'un sujet moral et 
élevé ; leurs compositions seraient incomplètes si elles ne satisbisaient qu'à 
la beauté de la forme, sans préoccupation de la beauté morale qui résulte 
de l'apidication des lois harmoniques aux actions humaines '. 

La peinture, par l'expression des yeux et l'attitude du corps, peut tra- 
duire une action déterminée, un mouvement particulier et intime de 
l'âme ; en donnant l'homme en spectacle à lui-même, elle excite en lui 
un mouvement analogue et des sentiments élevés. La poésie, au moyen de 
la parole, entre aussi dans le domaine intime de l'honune ; mais su lieu 
d'exprimer un sentiment unique et l'action d'un moment, elle «nbrasse 
tout un ordre de pensées, agrandissant ainsi le spectacle offert par la pein- 
ture. La poésie ne précise pas, comme cette dernière, la forme et les 
détails des objets ; ^les'attadie surtout & rei»résenter, d'une manière suo- 
ces^e, le sentiment dans ses manifestations les plus variées, tandis que 
la peinture ne nous en montre que l'aspect extérieur h un seul moment. La 
supériorité de la poésie sur les autres arts vient aussi de la paroU, qui est 
le mode d'expression par excellence de la pensée. 

Noos parlerons peu de la poésie, parce qu'elle ne rentre pas absolument 
dans la catégorie des Beaux-Arts proprement dits. 



1» AHTIQniTÉ. 

Les peintures ^yptiennes qui nous sont parvenues revient l'art à son 
enbnce : ce sont des figures toujours de profil avec teintes plates, des 
formes raides et bizarres. 

On sait peu de chose sur la peinture des Grecs. Les notices qui la font 
connaître nous portent à croire qu'elle visait surtout à la reproduction des 
belles formes humaines, conformément au goût dominant de l'époque ; 
la Vému Anadyomène d'Apelles était considérée parles anciens comme le 
chef-d'œuvre de la pwnture. 

La forme poétique, qui se rattache à la musique par l'harmonie du 

* Tonte scène, toute action qui ne se rapporte qu'à un aeui être, manque toujours 
de poésie. Ainsi la satiafoction des besoins physiques ne peut ottrir aucun sujet éleré, 
parce qu'elle ne s'étend pas au-deli de l'individu ; tandis que les actes de la Tie 
morale, qui exigent, comme dans la famille, l'accord de plusieurs êtres et la fusion 
dfi« cœurs, remplissent au contraire toutes les conditions d'harmonie que nous 



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rhytbme et des sons de la parole, fut le principal caractère de la poésie 
antique. La versification prosodique des anciens est d'un caractère plas- 
tique qui n'a rien de commun avec la poésie moderne; l'attention n'est pas' 
attirée par la signification des mots, mais par leur forme extérieure, par 
l'élément musical. La tragédie apparaît à l'époque héroïque où les Grecs 
assurent leur indépendance ; elle disparaît après la conquête, quand les 
caractères s'affaibUssent. 

A Rome, la peinture était peu en honneur. Les œuvres de cette époque 
reproduisent le nu, qui eat plutôt du domaine de la statuaire ; on traduit 
des scènes de la vie sensuelle régnante. 

En poésie, Lucrèce s'élève h de hautes conceptions sur l'universalité des 
choses; mais elles sont entachées d'erreurs qui résultent de la science peu 
avancée de l'époque. Dans le genre épique, Virgile s'inspire des traditions 
grecques ; il tait en outre de la poésie descriptive. Nous retrouverons la 
poésie de la nature dans les temps modernes, mais avec un sentiment 
beaucoup plus profond. La sensualité de la civilisation antique s'opposa aa 
développement complet de la peinture et de la poésie. 

2» MOTEN-AOE. 

Le christianisme devait tair» entrer ces deux arts dans une voie nouvelle. 
Il engendra la peinture religieuse, qui exprime les émotions les plus 
intimes de l'&me; empreinte de mysticisme à l'origine, elle réalisa le vrai, 
l'idéal humain, A la Renaissance. Les artistes se bornèrent d'abord à la 
représentation des sujets sacrés en se conformant aux traditions immuables 
des Byzantins. On négligea la forme corporelle pour s'attacher à l'expres- 
sion du visage, qui révèle une grande ardeur ascétique. Mais les procédés 
d'exécution sont encore dans l'enfance ; l'absence de perspective et de 
clair-obscur résulte de l'ignorance scientifique. 

A cette époque, la poésie se composait exclusivement de légendes mys- 
tiques. Il y eut une période d'immobilité correspondant à celle que nous 
avons déjà signalée en architecture ; la situation anormale de l'homme ne 
pouvait favoriser l'essor de toutes ses facultés. 

Au Xin« siècle, la peinture commence & prendre une nouvelle direction. 
Cimabue, Giotto, Angelico, s'aCranchissent des traditions byzantines pour 
se rapprocher de la nature. Dans le fond des'lableaux, on renonce à l'usage 
exclusif de l'or pour le remplacer par des ciels et des paysages. Les artistes, 
nourris des poésies du temps, donnent encore à leurs personnages des 
expressions mystiques. Mais peu à peu la peinture grandit en s'inspirant 
de plus en plus de la nature et de la vérité. La poésie, avec le Dante, traite 
aussi les sujets sacrés, et renferme déjà des pensées profondes sur l'huma- 
nité. 



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3" Renaissance en Itaue. 

Au milieu du XV* siècle, les Beaux-Arts brillent de tout leur éclat en 
Italie. Les princes attirent k leurs cours les plus hautes intelligences de 
l'époque ; les savants enseignent la perspective et tes procédés se perfec- 
tionnent. La peinture à l'huile est découverte. L'imprimerie et la gravure 
multipUent les chefs-d'œuvre et servent & la propagation de la pensée, 
inaugurant ainsi les principes des sociétés modernes. La vie de cour, qui 
tavorisa cet essor, se développa d'abord en Itahe et en Espagne. 

L'école florentine, représentée par Léonard de Vinci et Michel-Ange, 
nous montre un dessin plein de vérité et de correction, des compositions 
élevées avec expression de force et de grandeur. Les œuvres de Dante et 
de Michel-Ange, qui ont beaucoup d'analogie quant au fond, furent inspi- 
rées par les croyances religieuses. 

Au XVI» siècle, l'école romaine réalise la suprême beauté des formes et 
la justesse dans l'expression des sentiments humains. Raphaël, qui per- 
sonnifie cette école, produit d'abord des œuvres légèrement empreintes de 
mysticisme, d'après la manière de son maître le Pénigin. Ensuite son génie 
se développe et se rend indépendant des influences de la tradition ; c'est 
alors qu'il réalise ses che&-d' œuvre, où la science du dessin et de la compo- 
sition nous révèle l'idéal de la figure humaine dans l'expression des senti- 
ments les plus élevés. La Vierge à Ut chai3e représente à la fois l'amour 
maternel dans sa plus douce sérénité et l'exquise beauté du visage de la 
femme. L'École cP Athènes, où se trouvent réunis tous les types du m^tre, 
est en quelque sorte le poème de l'humanité: des entants et des adolescents 
aux figures charmantes rayonnent de bonheur; ils viennent écouter, avec 
une curiosité toute naturelle, des vieillards qui leur transmettent le fhiit 
de leur expérience et les vérités nécessaires à la vie. Des hommes isolés, 
dans l'attitude de la méditation, recherchent cette vérité, but constant des 
eiforts humains. Enfin, la femme, par la beauté qui reflète son amour, 
vivifie le groupe absorbé par le travail. 

L'école lombarde produit le Corrége, d'une suavité de pinceau sans égale. 
L'école vénitienne, représentée par le Titien et Pau! Véronèse, se distingue 
par l'éclat et !a richesse du coloris. Fonnée au milieu d'une vie sensuelle 
où les goûts pittoresques et pompeux dominent, elle ne traite pas en gé- 
néral les sentiments profonds ; la beauté des formes est également négligée. 
Or, le dessin se rattache davantage à l'expression de la pensée que le 
coloris, qui est plus propre à reproduire les apparences de splendeur exté- 
rieure. Ceci peut expliquer le caractère sensuel qu'on rencontre fréquem- 
ment chez les coloristes; ils briUent principalement dans le portrait, genre 
qui exige beaucoup de vérité dans les détails et dans la couleur. Les peintres 
dessinateurs sont généralement les interprètes du sentiment, tandis que les 



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coloristes, qui ont souvent plus de science dans l'exécution que d'idéal 
dans la composition, s'adressent aux sens sans émouvoir l'âme. Il est facile 
de s'en rendre compte en examinant les œuvres de la gravure, qui tra- 
duisent les sujets du peintre sans coloris proprement dit. Cette infériorité 
de la couleur se manifeste d'ailleurs bien clairement dans l'univers ; elle 
caractérise surtout les êtres inanimés dont les formes indécises n'ont aucune 
beauté. La couleur ne peut donc occuper qu'un rang secondaire dans la 
reproduction du type humain, dont la beauté réside dans la forme, c'est-à- 
dire dans le dessin complété par Vexpression morale. On adoiirera la cou- 
leur dans une p^nture de paysage, parce qu'elle y joue le principal rôle. 

n résulte de ce qui précède, que l'harmonie des couleurs donne lieu à 
des impressions toutes différentes selon les circonstances : c'est ainsi que 
le goût excessif de la parure dans les habits est sensuel, tandis qu'au con- 
traire, le goût des beautés de la nature, où sont renfermées toutes les 
parures rêvées par l'imaginatiou, éveille des sentiments élevés et profon- 
dément moraux. 

A la fin du XVI» siècle, le Tasse en Italie avait revêtu la poésie d'une 
forme antique, tout en s'inspirant dessentiments religieux et chevaleresques 
de son temps. 

Au XVn* siècle, la peinture italienne, représentée par l'école bolonaise, 
devient éclectique; elle tomba dans une décadence complète au XVIII" 
siècle. 

A l'époque florissante de l'Espagne, la monarchie et le catiiolici^ne 
enthousiasment les artistes : ils exaltent la religion et la royauté. Morales 
continue la tradition du Moyen-Age par des formes maigres qui consacrent 
l'anéantisaement du corps et le mépris de la vie humaine. Ribera affectionne 
les martyrs et les vieillards, qu'il reproduit avec une et&ayante vérité. 
Vélasquez, peintre de la cour, ne suit pas la même voie : il Sait le portrait 
des grands qui l'entourent. Enfin, Murillo aborde à la fois l'idéalisme mys- 
tique et un réalisme grossier, tant il est vrai qu'un extrême en touche un 
autre ; ses types de vierge sont bien inférieurs à ceux de Raphaël : les yeux 
et les cheveux noirs, qui appartiennent au type espagnol, engendrent tou- 
jours une certaine dureté dans l'expression. 

La poésie de Lope de Vega, de Calderon, traite les sujets sacrés avec 
une imagination déréglée qui vise surtout à l'effet. Cervantes raille les sen- 
timents chevaleresques de son temps. 

Au XVII" siècle, l'Espagne tomba épuisée aux pieds de l'Europe et ne 
produisit plus d'œuvres remarquables. 



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&> ÉCOLES DU Nord. 

L'école allemande rompit ses traditions byzantines avec Albert Durer 
pour recbercher la nature réelle ; elle montra peu d'élévation dans le cboix 
de ses types et ne dépassa pas le XVI« siècle, époque où la réforme arrêta 
l'essor de la peinture et de la bttérature. 

L'école flamande se caractérise par une grande vigueur d'expression 
dans la réalité ; elle est sensuelle parce que la population riche et active 
est exubérante de vie et de cbair. Rubens, qui vécut au miUeu des cours, 
fit de nombreuses compositions allégoriques pour flatter les princes ; 
peintre colonste par excellence, il vise k l'effet extérieur et se complaît 
dans les draperies tourmentées et les étolFes lustrées qui éblouissent les 
yeux. Dans ses tableaux de genre, il reproduit souvent des types brutaux 
et des mouvements grossiers. 

L'école hollandaise a fourni Rembrandt, le peintre supérieur du clair- 
obscur. Gérard Dow s'applique au fini du travail et recherche les scènes 
de la vie commune. Le Hollandais préfère le joli au beau ; il est minutieux 
dans toutes ses actions. La Hollande est aussi" la terre classique de l'éru- 
dition, ce qui s'accorde bien avec le goût du réel et du positif qui domine 
dans toutes ses productions. Le dogme calviniste favorisait également le 
réalisme. 

Les paysages de Berghem, de Ruisdaël et d'Hobbema sont les œuvres 
les plus remarquables de cette école ; nous en parlerons plus loin. La 
peinture hollandaise s'était développée avec l'indépendance et la prospé- 
rité du pays ; elle déchoit au commencement du XVIH' siècle en perdant sa 
liberté. 

En Angleterre, la peinture religieuse fut bannie par le protestantisme ; on 
se livra seulement à la peinture de genre, de paysage et de portrait. 

En résumé, les écoles du Nord ne sont pas pénétrées d'un idéal élevé ; 
eUes s'attachent surtout aux détails de la vie réelle et à 1^ science de l'exé- 
cution. Les cbmats froids et brumeux, exigeant de l'homme une grande 
activité intellectuelle et matérielle pour satisfaire ses besoins physiques, 
peuvent expliquer, en partie du moins, comment les œuvres d'art, inspirées 
surtout par la contemplation, n'ont pu atteindre un grand développement. 

6" Renaissance en France. 

La France allait peut-être former un style national sous l'influence des 
maîtres flamands, lorsqu'au XVI» siècle les événements politiques et la 
guerre en Italie révèlent la beauté des édifices et le luxe des décorations 
dans cette contrée. Les princes appellent auprès d'eux tes artistes itaUens 
qui apportent les germes de la Renaissance en France. Léonard de Vinci 



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224 

quitte l'Italie ; Raphaël et Michel-Ange envoient des chefs-d'œuvre. Hais 
notre pays devaitaussi fournir des hommes célèbres en peinture. 

Le Poussin étudia à Rome toutes les connaissances de son art ; il recher- 
chait dans les grands écrivains le caractère moral et les affections de l'âme. 
Aussi, dans ses œuvres, voit-on dominer l'expression profonde de la pensée 
et des sentiments. Ses tableaux des Saisons sont des paysages qui encadrent 
des scènes d'une grande portée philosophique. Le Déluge ou l'Hiver noue 
montre l'amour de la famille triomphant au miheu des calamités terrestres. 
Dans la F^nme adultère, il traduit l'une des plus belles scènes de l'Évan- 
gile : les paroles tracées par le Maître et dictées par un amour profond du 
prochain enseignent que la faiblesse a besoin d'indulgence et qu'elle peut 
être victime de la sohdarité qui existe, dans certaines limites, entre toutes 
les actions humaines dont l'exemple est contagieux. 

Claude Lorrain travailla aussi h Rome et fit des paysages incomparables. 
A cette occasion, nous allons faire ressortir le caractère de la peinture de 
paysage en général, et indiquer sa physionomie particulière en Italie, en 
France et en Hollande. 

A l'époque oii nous sommes arrivé, nous constatons un grand dévelop- 
pement dans les sentiments humains. Parallèlement, devait aussi se mani- 
fester le sentiment de la nature, qui offre au cœur de l'homme sensible de 
sublimes harmonies. De là le rôle important rempU par le paysage dans la 
peinture moderne. L'Antiquité ne l'a pas connu ; rapportant tout à l'homme, 
elle personnifiait la nature dont elle ne sentait pas toutes les déUcates et 
poétiques beautés. 

En Italie, oii la lumière et les couleurs sont vives, ce qui frappe l'artiste, 
c'est la ligne, parce qu'elle ressort vigoureusement de l'opposition de la 
lumière et de l'ombre, et de toutes les couleurs tranchantes. Dans le fond 
des tableaux des grands maîtres italiens, le paysage se compose de lignes 
très-accusées : ce sont des ruines, des monuments, des rochers. Dans les 
œuvres de l'Albane, les arbres se découpent comme pour un décor ; dans 
celles de Salvator Rosa, la prédominance de la ligne se manifeste par des 
couleurs dures dans les nuages, les rochers et les ruines, toutes choses 
d'ailleurs très-répandues sur le sot italien. 

Les premiers paysagistes français s'étant formés en Italie, on retrouve 
le même caractère dans leurs œuvres. Les tableaux du Poussin contiennent 
une nature abrupte et des monuments aux effets très-pittoresques ; les 
paysages de Lorrain renferment un éclat éblouissant de lumière et 
beaucoup de lignes architecturales. Dans les paysages hollandais, au 
contraire, l'éclat de la lumière est bien atténué, car sous le ciel nuageux 
du Nord, les effets de lumière charment sans éblouir. Ils représentent 
généralement un terrain peu accidenté , avec quelques ondulations 



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Beulement ; ils sont animés par des troupeaux qui indiquent la vie plantu- 
reuse du pays. 

Au XVII' siècle, la peinture en France est représentée par Leeueur. En 
étudiant Raphaël et le Poussin, il sut s'affranchir des procédés académiques 
que lui inculquait Vouet, son maître. Dans un style chaste et gracieux, il 
conserve la profondeur de sentiment des beaux temps de l'art. Le Père de 
Tobie est une scène touchante de l'amour paternel : un vieillard, avec l'at- 
titude de gravité qui convient à l'âge et & l'expérience de la vie, d<Hme des 
instructions à son fils, jeune homme & la figure charmante qui écoute avec 
une soumission toute filiale. Jéaw portant sa croix nous montre la bonté 
secourant la faiblesse qui succombe ; un homme vient au secours de la 
force physique ; la femme, au coeur plus sensible, essuie le visage du Sau- 
veur et lui ofii'e un regard de tendresse pour consolation morale. 

Lebrun, peintre du roi, subit l'influence de la cour ; dans ses œuvres, 
il vise à la grandeur et à l'effet théâtral. Hignard est aussi de son époque, 
dont il traduit le raffinement par le soigné de ses tableaux ; il fait une allé- 
gorie à Louis XIV et le portrait des grands. 

Aa XVU* siècle. Bacon et Descartes posent les fondements de la philo- 
sophie moderne. Cette philosophie, qui rejette tout surnaturalisme pour 
suivre la voie de l'observation directe de la nature, ne se manifesta par 
des écoles bien tranchées qu'au XVIII" siècle. La véritable astronomie était 
fondée également : Kepler devinait l'harmonie du monde planétaire. L'at- 
traction universelle découverte par Newton permit plus tard b. Laplace de 
confirmer, par le calcul, la vérité pressentie par Kepler. En un mot, dans 
toutes les branches de son activité, l'esprit humain pénètre plus profon- 
dément dans le domaine de la nature. 

En Angleterre, la poésie dramatique s'élevait à une grande hauteur avec 
Shakespeare, génie sublime, qui, au milieu de scènes terribles et de per- 
sonnages violents, révèle les sentiments les plus profonds ducœurhunain. 
Dans la Tempête, un de ses derniers ouvrages, on trouve par exemple ces 
belles paroles, dictées par la dignité morale de l'homme : < Pardonner est 
une action plus rare et plus noble que celle de se venger t . 

La tragédie française apparîdt sous la monarchie régulière avec la vie 
de cour. Toute la noblesse qui la compose se soumet à l'empire de la bien- 
séance et des conventions ; on recherche les formes pompeuses et le beau lan- 
gage. Corneille reprend d'abord tes traditions espagnoles ; ses productions, 
pleines d'énergie et de sublimité, reposent quelquefois sur des préjugés 
de l'époque. Ainsi, le sentiment de l'honneur, qui subordonnait la dignité 
de l'homme à un fait tout matériel (contraste frappant avec les paroles que 
nous venons de citer), exigeait une vengeance matérielle et sanglante — 
comme si un fait brutal ne dénotait pas, au contraire, toute l'indignité morale 



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de son auteur, indignité qui renferme en eUe-mëme son propre cb&tiiuent. 

Racine prend les Grecs pour modèles et s'adresse plus particulièrement 
à la sensibilité du cœur en esaltant les passions ; son style est la perfection 
même. A cette époque, le beau style était bien répandu ; la tragédie, qui 
en fut la plus haute expression, s'inspira de l'antique pour réaliser l'idéal 
dans la forme du langage. Mais son cadre est conventionnel, et la plupart 
des sentiments qu'elle met en scène résultent d'idées que la civilisation 
tend à foire disparaître. Les sentiments héroïques, par exemple, qui 
occupent une grande place dans l'Antiquité, lorsque les sociétés neeontpas 
solidement assises, n'auront aucune signification le jour où les peuples 
s'entendront pour vivre en paix, aân d'adoucir leur condition et de jouir de 
toutes leurs facultés. Or, on ne peut nier que ce ne soit là l'idéal poursuivi 
aujourd'hui, et que réalisera tAt ou tard la civilisation, car il doit résulter 
naturellement des progrès de la vérité et de la justice, éléments essentiels 
de l'harmonie des choses. Dans la tragédie encore, les passions extrêmes, 
les actions et le langage exagérés, répondent surtout au goût spécial d'une 
époque, mais non au goût universel auquel s'adresse toujours une œuvre 
qui met en jeu le fond immuable de la nature humaine dans sa merveilleuse 
unité. En résumé, on peut dire de la tragédie, que si la forme poétique 
reste toujours belle, le fond vieillira, car il a déjà vieilli. Dans la haute 
société de l'époque, la forme aussi était d'une apparence bien séduisante, 
mais elle recelait des défauts qui devaient amener sa dissolution. On ne 
saurait donc trop répéter que c'est dans le fond, c'est-à-dire dans le mou- 
vement intime des choses, que réside la force qui régit le monde ; la forme 
n'est qu'une manifestation éphémère et superficielle à laquelle il est dange- 
reux de s'attacher exclusivement. 

Molière a été à la fois poète et philosophe ; dans la comédie, il n'a pas 
seulement peint Jes ridicules de son temps, il a peint aussi l'homme : c'est 
ce qui donne à ses œuvres un caractère de durée et d'universalité. 

Au commencement du XYin» siècle, le talent de la peinture se répand, 
les procédés sont à la portée d'un plus grand nombre. Watteau peint les 
fêtes galantes. Avec Boucher, la peinture s'abaisse dans les sujets les plus 
hcencieux ; dans ses pastorales, les couleurs sont factices. En tqptes choses, 
on se folt une nature de convention susceptible de s'accorder avec la 
corruption répandue dans les mœurs. 

Greuze réagit sur cette tendance par des sujets moraux puisés dans le 
cœur humain ; mais il subit l'influence de la réaction littéraire tentée par 
Diderot contre la tragédie, en introduisant le genre mélodramatique dans 
ses œuvres. Venet soutint le sentiment vrai de la nature dans ses paysages 
et ses marines — résultat d'impressions reçues pendant sa jeunesse *. 

' Nous ferons remarquer que les tableaux de marine of&«nt souvent moins d'inlérél 

DioilizBchyGOOgle 



3S7 

A la fin du siècle, Vien et son élève David ouvrent une direction nouvelle 
h la peinture. Les sujets héroïques tirés de l'histoire ancienne remplacent 
les scènes femilières et les divinités de boudoirs. En traitant le nu, David 
déplaçait le domaine de la peinture pour le faire entrer dans celui de la 
statuaire : la réaction dépassait le but. Mais il y eut une secousse générale 
donnée aux coutumes, secousse qui fut aussi fhvorisée par la Révolution 
française ; les vêtements, les mobiliers, tout se mit & la mode romaine. 
Sous l'Empire, David se complut dans la pompe des cérémonies. L'art fut 
ramené dans ses limites par Gros, Girodet, Prud'hon et Géricault. 

Nous avons vu que le sentiment de la nature se manifestait déjà au 
XVn» siècle dans le paysage ; il se développa dans le siècle suivant sous 
une autre forme. Delille, en traduisant la poésie descriptive de Virgile, 
se conformait au goûtde son temps pour l'antique. Mais J.-J. Rousseau, au 
moyen d'une prose admirable, décrivait les sentiments les plus profonds 
que l'Ame humaine puisse éprouver à l'aspect des magnificences de la 
nature ; jamais les beautés de l'univers n'avùent été sentiesaussi vivement 
ni interprétées aussi éloquemment. Dans cette nouvelle poésie, le rbythme 
et l'harmonie des mots s'efiacenl devant l'expression supérieure des senti- 
ments causés par les harmonies de la nature. Avec la poésie ancienne, 
l'homme se bomfùt à la description des formes extérieures perçues par les 
sens ; dans la poésie moderne, il décrit les impressions que les sens 
transmettent & son &me devenue plus sensible : la première empruntait ses 
él^uents à la sensation, tandis que la seconde les puise dans le sentiment, 
dans le cœur humain. 

Les premières années du XIX» siècle, qui avaient décomposé les vieilles 
monarchies, avaient aussi achevé la décomposition de tous les grands 
systèmes philosophiques. En vertu de la loi du progrès tracée d'une manière 
remarquable par Condorcet, on devait marcher vers une fusion plus intime 
de tous les éléments politiques et philosophiques. L'esprit humain avait 
découvert de nombreuses vérités, mais elles se trouvaient disséminées 
dans plusieurs doctrines dont l'exclusivisme résultait, en grande partie, 
d'un examen incomplet des choses. D'ailleurs, il faut bien le reconnaître, 
avec la multiplicité de ses aspects, la vérité est toujours difficile à saisir ; 
il arrive bien souvent que le langage spécial de chacune des écoles fait voir 
des divergences là oii il n'en existe point au fond ; par contre, le même 
langage tenu par deux personnes peut avoir deux sens b'ès-difTérents. Le 
plus grand obstacle à la découverte de la vérité vient donc surtout de la 

que les passages terrestres, aiiendu que l'arttete ne penl reproduire cette mobiUté 
ince«eanle qiii constitue la principnle beaaté de la mer en rappelant les pulsation» de 
l'élre animi' — tandis que U terre renferme des lignes el des nouletirs variées mix 
effets les plus pitloresques. 



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difficulté de s'entendre sur la signification précise des mots, car la raison 
commune à tous les êtres pensants devrait aider, au contraire, à réaliser 
l'accord en toutes choses. D'ailleurs, cet accord existe déjà dans la vie 
pratique, lors même qu'il ne se rencontre pas dans les doctrines. 

On vit apparaître la philosophie éclectique. Les penseurs de cette école, 
pénétrés d'un vif amour de l'humanité, furent les continuateurs des grands 
écrivains du XVIII« siècle, qui avaient déjà indiqué ou plutôt renouvelé cet 
idéal dans le monde. Cette philosophie tend à iaire disparaître le goûl 
exclusif qu'on a eu pour certaines écoles et certaines formes de l'art qui 
s'accordaient plus spécialement avec les moeurs d'une époque. 

La philosophie scientifique commentait à jouer un rôle également. Par 
l'observation de plus en plus approfondie des lois de la nature, elle viendra 
confirmer les vérités que l'homme a pressenties, et couronner ainsi l'édiAce 
des connaissances humaines. L'ignorance des premiers Âges avait fait 
méconnaître la nature, parce que l'homme luttait contre elle en aveugle ; 
mais aujourd'hui que la science lui révèle ses harmonies, il agit de concert 
avec elle. Sachant se mettre à Vahri des phénomènes qui le gênent acci- 
dentellement, il (ait concoiuir à son bien-être les forces supérieures qui 
sont les éléments mêmes de l'ordre universel. L'harmonie assure l'intérêt 
général des êtres sans satisfaire tous leurs besoins particuUers ; mais 
l'activité départie à chacun d'eux complète l'œuvre de ta nature. Il en est 
de même dans les affaires humaines qui ontpourohjet les intérêts généraux 
de la société : elles laissent toujours à l'initiative individuelle le soin de 
féconder l'oeuvre d'ensemble. 

Le grand mouvement d'idées du XIX* siècle nous a donc rendus à la 
nature, source inépuisable de beauté et de vérité. Nous voyons plusieurs 
écoles de paysage, qui, de nos jours, occupent la plus grande place dans 
la peinture. Après avoir traité les sujets historiques et religieux dans la 
période éclectique, la peinture prend de l'extension dans les tableaux de 
genre, où la mise en scène des sentiments les plus doux de la vie augmente 
l'élévation du sujet et atteste les progrès du cœur humain. L'êcueil du 
genre est peut-être la banalité et la trivialité, mais l'artiste de goût saura 
toujours l'éviter en écartant ce qui est accidentel et individuel , pour 
n'exprimer que le sens général et élevé des choses. 

L'activité scientifique qui caractérise notre temps paralyse peut-être 
l'essor de l'art, en laisant prédominer la raison sur le sentiment ; mais ce 
n'est là qu'un sommeil passager qui sera suivi d'un réveil inévitable, car 
l'humanité tendra toujours vers ses aspirations étemelles. Ainsi, la vie des 
peuples, qui est aujourd'hui la préoccupation du monde politique, 
pourra certainement inspirer encore des sujets sublimes, ceux par exemple 
qui correspondent à chaque phase éclatante du progrès, soit dans l'ordre 



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matériel, soit dans l'ordre moral : c'est là un champ vaste à explorer par 
la peinture historique. 

La poésie de notre époque s'est inspirée dans la nature ; elle eut pour 
précurseurs Bernardin de Saint-Pierre et Gh&teaubriand, qui suivirent la 
voie ouverte par Î.-J. Rousseau. Dans leurs conceptions poétiques, les 
anciens étaient obhgés de tout emprunter à l'imagination ; aujourd'hui la 
fiction peut faire place à la réalité, car la science ouvre de vastes horizons 
à la poésie en dévoilant les sublimes hannonies de l'univers. 

Mais on peut dire que L'art, dans son acception la plus élevée, reposera 
toujours sur l'essence immuable des sentiments humains ; seulement les 
manifestations en seront de plus en plus nombreuses, à mesure que 
l'homme pénétrera plus profondément dans le domaine mystérieux et infini 
de la nature. 



MUSIQUE. 



La musique a été définie L'art qui a pour but d'émouvoir l'àme au moyen 
' de la combinaison harmonique des sons *. 

Nous avons déjà constaté que la poésie ne représentait pas d'une manière 
précise, comme la peinture, la forme et les détails des objets, et que 
cependant son domaine était plus étendu et plus profond. La musique 
précise encore moins que la poésie, mais elle éveille le sentiment dans son 
universalité. La peinture et la poésie ont pour caractère la détermination, 
tandis que te domaine de la musique est l'indéterminé, caractère qui lui 
est commun avec l'architecture. Mais à la différence de cette dernière, où 
l'art est enfermé dans d'étroites limites par les lois de la matière inerte, 
la musique possède un champ immense pour se développer. De même que 
la statuaire, elle peut exprimer vaguementdes sentiments généraux tels que 
la joie ou la douleur ; au moyen des sons de la voix et du geste, elle 
reproduit, dans une certaine mesure, une situation particuUère et déter- 
minée de r&me, comme dans la musique dramatique ; mais ce n'est là 
qu'une partie de son domaine. Avec les ressources de l'instrumentation, 
elle multiphe les sons et obtient les effets les plus saisissants qu'il soit 

' L'architecture pourrait reuTOir la même déAnition en remplaçant < des «ont > 
par f de» liçne» ». Auaai at-elle appelée quelquefois a une musique de pierres >. 



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2S0 

donné à l'art de produire sur le cœur humain ; alors elle réalise VharmotUe 
dans toute sa généralité, et traduit les mouvements les plus intimes et les 
nuances les plus fugitives de l'âme : c'est sous ce rapport qu'elle dépasse 
la poésie, car il arrive que le poète se déclare impuissant pour exprimer 
tout ce qu'il éprouve dans certaines circonstances, comme par exemple 
lorsqu'il s'extasie devant une grande scènede la nature. La musique éveille 
donc dans l'&me des émotions analogues à celles qu'on ressent à l'aspect 
des harmonies de la nature, émotions qu'il est souvent impossible de 
traduire complètement par la parole, & cause de leur indétermination même. 

Par son caractère générique, la musique peut développer, au plus 
haut degré, le sentiment du Beau dans toutes ses manifestations, et par 
conséquent initier & tous les arts. En un mot, l'art musical, plus que tout 
autre, élève l'&me vers l'harmonie universelle. « Il semble qu'en écoutant 
•; des sons purs et délicieux, on est prêt à saisir le secret du Créateur, à 
« pénétrer le mystère de la vie. » ( M"« de Staël, Corinne. ) 

La religion chrétienne a bien senti la puissance de la musique en 
l'introduisant dans les cérémonies du culte; elle a reconnu qu'elle élève 
l'âme et l'entraîne vers Dieu. C'est aussi l'art le plus propre & calmer la 
violence des passions, en apportant dans l'&me la sérénité et la douceur 
qui sont l'essence même de l'harmonie. 



Au point de vue technique, la musique comprend Ut mélodie et l'harmonie. 
La mélodie est une succession de sons variés qui se Uent et s'enchaînât de 
manière à former une pensée musicale, reflet de l'état de l'ftme du compo- 
siteur k un certain moment d'inspiration : c'est par la mélodie que le 
musicien crée une forme musicale. L'harmonie est la combinaison, suivant 
certaines lois, de sons simultanés qui se fondent et s'adoucissent les uns 
par les aub'es ; elle se compose quelquefois de plusieurs mélodies simulta- 
nées, et alors elle se confond avec l'inspiration mélodique elle-même ; 
mais le plus souvent elle résulte de la science des accords. Dans ce dernier 
cas, si la mélodie est absente, la musique s'adresse plutAt à l'intelligence 
qu'au sentiment. 

Ici nous ferons remarquer encore une fois combien l'hannonie a d'affinité 
avec l'àme humaine. Lorsque nous entendons une belle mélodie seule, 
nous sommes déjà charmés ; mais lorsque cette mélodie est reproduite 
simultanément par plusieurs timbres ou avec ses accords, nous sommes 
saisis dans les parties les plus profondes de notre être ; au contact de la 
vibration harmonique qui nous pénètre, nous sentons tout notre organisme 
vibrer et éprouver une plénitude de vie qui ^gendre quelquefois l'extase. 
C'est pour le même motif que la réunion des couleurs variées de l'automne 



DioilizBchyGOCX^IC 



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fonne un tableau qui nous impressionne plus délicieusement que celui du 
printemps, à l'époque 0(1 la végétation luxuriante revêt ime teinte uniforme. 
Cette puissance extraordinaire de t'harmonie faisait direàLéonard de Vinci 

< que le visage acquiert une gr&ce et une beauté singuUères, par la futUm 

< des Iwmières et des ombres >. Dans ce cas, la mélodie se compose des 
lignes du visage, et l'harmonie résulte de l'adoucissement mutuel de la 
lumière et des ombres, atmosphère moelleuse qui nous fait sentir tout le 
charme des formes. ■ 

La symphonie est l' expression la plus haute de fart musical, parce qu'elle 
peut se déployer dans le champ de l'indétermination et de l'harmonie dans 
toute son universalité. La musique de danse est d'un ordre inférieur ; le 
rhythme, qui est son principal élément, lui donne un caractère matériel et 
grossier, A l'audition de cette musique, nous faisons instinctivement des 
mouvements avec le corps, qui correspondent aux mouvements accentués 
de la musique elle-même. Sous le charme d'une musique supérieure, nous 
restons au contraire dans l'immobilité la plus parfaite : l'&me seule vibre, 
et involontairement nous levons la tète vers le ciel, comme pour contem- 
pler l'harmonie des sphères, la plus sublime que l'homme puisse embrasser, 
— ou bien encore pour obéir à cette loi universelle des êtres qui les dirige 
toujours vers la lumière, vers l'élément de la vie. Tout le monde a pu 
remarquer aussi que la musique exécutée sous les voOtes gothiques, aux 
lignes élancées vers le ciel, favorise beaucoup l'expansion des sentiments 
religieux. 

La musique est une traduction des mouvements intimes de l'Âme. La joie, 
qui correspond à un épanouissement de la vie, peut se manifester chez 
l'homme par la danse et par le chant. La danse l'exprime matériellement 
au moyen des mouvements rhythmés du corps ; le chant, avec les modu- 
lations de la voix, reproduit mieux les nuances délicates du cœur. Maia il 
faut distinguer la joie grossière, qui se traduit par un rire bruyant, d'avec 
la joie du cœur, qui est douce et n'engendre jamais que le sourire; aussi le 
grand style, dans tous les arts, s'éloigne-t-il de toutes les expressions vio- 
lentes, parce qu'elles sont contraires & la dignité de l'art et au principe de 
l'harmonie. 

C3iez les peuples sauvages, le chant et la danse sont grossiers conune la 
vie elle-même. Les hommes dont le sens musical est peu développé sont ' 
touchés par la grosse musique, par celle qui provoque le geste ; dans ce 
cas, le corps perçoit la vibration par le tact et n'éprouve qu'un plaisir exté- 
rieur tout matériel. La musique élevée, qui s'adresse aux parties intimes 
de l'organisme, n'est goûtée que par les hommes qui possèdent une grande 
délicatesse, dans les sentiments. Chacun, en un mot, est plus ou moins 
impressionné, suivant la conformité plus ou moins grande qui existe entre 



D,oilizB<:byGOO<^le 



sa nature morale et la vibration musicale. Cette vibration, n'étant elle-même 
que la reproduction du sentiment du compositeur, nous touchera d'autant 
plus que notre oi^nisation morale se rapprochera davanta^ie de la sienne : 
c'est ainsi qu'on peut expliquer comment les grands musiciens sont plus 
vivement émus que le pubhc h L'audition d'une œuvre musicale. La même 
observation s'applique, d'ailleurs, à tous les aits en général. 

m 



La musique grossière, qu'on trouve chez tous les peuples barbares, est 
la conséquence des mœurs des premiers ftges, où l'âme humaine n'a pas 
encore éprouvé ces mouvements intimes qui caractérisent les temps 
modernes, et qui ont laissé leur empreinte dans tous les arts. Les instni- 
mants primiti& ont toujours pour objet de produire des sons bruyants. 
Sous ce rapport, l'enfance des peuples a beaucoup d'analogie avec l'en&ace 
de l'individu, chez laquelle nous rencontrons les goûts des t^nps primitife ; 
ce phénomène, commun à l'homme et k l'humanité, est le résultat d'une 
oi^nisation encore incomplète qui a besoin de tout son développement 
pour être apte à sentir le Beau et le Bien. 

En Grèce, la musique était essentiellement mélodique; avec son rhythme 
elle s'appliquait & la danse et aux chants : des chœurs étaient chantés à 
l'unisson pour la célébration des fêtes de Bacchus. Les Romains Vont peu 
cultivée. On s'accorde à dire que l'harmonie était inconnue aux anciens. 

Au Moyen-Age, la musique de plain-chant, avec ses notes graves et sans 
rhythme, a un caractère sépulcral qui traduit bien la tristesse de la vie à 
cette époque. Les notes graves, de même que les couleurs sombres, sont 
peu sympathiques à l'homme, parce qu'elles résultent d'unmouvementI«R< 
de la matière, en désaccord avec son organisme '. 

D'après M. Fétîs, les premières traces de l'harmonie se font apercevoir 
seulement vers le IX' siècle ; mais elle resta dans un état de barbarie jusque 
vers le milieu du XIV*, époque oti quelques musiciens italiens commen- 
cèrent h lui donner des fonnes plus douces. Vers le XVI» siècle, Palestrina 
dégage la musique religieuse de ses Uens ecolastiques. La science de 
l'harmonie des sons, restée longtemps stationnaire, fit un grand pas h. la 
' fin du XVn» siècle entre les mains de Sauveur, célèbre géomètre français ; 
mais ce ne fut qu'à la fin du XVQI» siècle que la musique réalisa ses plus 
grands chefs-d'œuvre. 

L'école italienne fiit surtout mélodique. L& encore, on retrouve le carac- 

' C'est en conBéqoence de ce principe qu'un chant exécuté lentement porte A la 
Il méUmcolie, tandis que le m6me chant précipité exdle la joie. 



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tère que nous avons déjà s^alé dans la peinture de paysage, c'est-à-dire 
la prédominance de la ligne, car la mélodie forme en quelque sorte le 
dessin mtmcol. Le caractère enjoué de l'italien, favorisé par une lumière 
vive qui porte à la gaieté, devait engendrer une musique pétillante et 
pleine d'entitiin parfois qualifiée de sensualité. 

En Allemagne, où la lumière procède par tons adoucis, l'harmonie fut 
cultivée de préférence, car en musique elle a pour effet d'atténuer la cru- 
dité du son unique. C'est aussi le pays de la rêverie, des sentiments 
vagues et indéterminés de la nature, toutes choses qu'on tenta vainement 
d'exprimer au moyen de la peinture et de la poésie, parce que leur langue 
véritable est la musique. Il ne faut pas, cependant, exclure la mélodie de 
t'hannonie, comme cela est arrivé à l'origine, car la mélodie est indispen- 
sable pour lier les sons et former l'unité musicale. 

L«s premiers compositeurs allemands firent de la musique reUgieuse, où 
les conventions traditionnelles empêchent quelquefois de traduire les 
véritables émotions du cœur humain. On peut adresser le môme reproche 
à la musique de féerie, qui n'est souvent inspirée que par une imagination 
individuelle toute fontastique. 

La musique de Gluck avait pour but de seconder la poésie afin de fortifier 
l'expression des sentiments dramatiques : c'était la renfermer dans le 
domaine restreint de la détermination, où elle montre quelquefois son 
impuissance. Cette école appartient à l'art français, qui recherche toujours 
la vérité et la clarté dans l'expression de la pensée ; elle tient le milieu ' 
entre la fantaisie mélodique itaUenne et l'abstraction harmonique allemande, 
formes musicales qui devaient se fusionner dans d'immortelles sym- 
phonies. 

Avec le concours du progrès dans les instruments et dans l'exécution, 
Haydn, Mozart, Beethoven, devaient porter la musique à sa toute puis- 
sance. Dans leurs symphonies, ils ont traduit les impressions que la nature 
laissait dans leur cœur. Beethoven disait que la nature est la véritable 
école du cœur : aussi était-ce dans ses promenades solitaires qu'il trouvait 
ses grandes inspirations harmoniques — ce qui montre que la nature est 
la grande école de l'harmonie. 

Quel est donc le lien mystérieux qui fait vibrer le cœur de l'homme, 
lorsque, par exemple, il entend le chant des oiseaux? C'est que ce chant 
exprime l'épanouissement complet de la vie et l'harmonie d'un être orga- 
nisé. Or, cette harmonie a son écho dans le cœur humain, foyer qui 
répercute l'harmonie imiverselle. 

En présence d'un beau ciel aux couleurs harmonieuses, d'un paysage 
aux nuances variées et aux ondulations pittoresques, le musicien dont le 
sens intime est touché imagine aussitôt une forme musicale, de même 

18 



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354 

qu'en présence d'nne personne aimée, son cœur lui dicte un c)iant d'amour. 
D'ailleurs, le spectacle de la nature à l'époque de la végétation est lui- 
même un vaste concert d'harmonie. En effet, les formes et les couleurs 
des végétaux composent un dessin, une mélodie pittoresque qui se fond 
sur le ciel ; l'ombre et la lumière se jouent capricieusement à travers le 
feuillage agité, dont les bruits nous arrivent d'abord en grandissant pour 
s'affaiblir ensuite dans l'éloignement ; les ruisseaux, à la surface limpide et 
animée, reflètent et vivifient toute la végétation sur leurs bords : tableau 
splendide qui montre partout le mouvement, la vie. 

Nous avons dit que l'essence de l'harmonie, en général, est la douceor ; 
en musique, la recherche des effets adoucis peut expliquer comment un 
bruit léger perçu au miheu de la nature, tel que le murmure des eaux, le 
frémissement des feuilles dans les bois, est une sorte de fond d'accom- 
pagnement qui permet au musicien d'essayer un thème musical, car sur un 
fond, même monotone, tes sons d'une mélodie se nuancent et s'harmonisent 
avec facilité. Ce fond monotone ne remplit-il pas, d'ailleurs, le même 
rôle que la lumière voilée et indécise à travers laquelle le peintre nous 
montre toute la grâce de ses figures *? 

I^ plus simple mélodie chantée te soir, au miheu du calme de la vie 
champêtre, captive immédiatement notre oreille et notre cœur : c'est que 
le spectacle perçu par les yeux, étant harmonique lui-même, se combine 
avec les sons pour pénétrer l'intimité de notre ftme. L'homme qui possède 
j]uelque sens . poétique et musical est généralement excité par un bruit 
monotone à composer immédiatement une mélodie, pour faire diversion à 
cette monotonie qui lui est antipathique : aussi a-t-on vu quelquefois 
des musiciens trouver une forme musicale au milieu du bruit causé par 
le roulement d'une voiture. Le peintre peut être inspiré dans des 
circonstances très-bizarres également : ainsi, on raconte que Léonard de 
Vinci recommandait à ses élèves de regarder les taches accidentelles des 
vieilles murailles, parce qu'elles peuvent provoquer des combinaisons 
originales de lignes et de formes. C'est aussi à travers les mille bruits 
confus et les mouvements infiniment variés de la nature, que le poète 
s'imagine être en présence de formes vivantes et croit entendre des voix 
humaines : de là le langage qu'il prête à toutes choses. 

IV 



On peut constater un développement presque parallèle de la musique 
instrumentale et de la peinture de paysage. Ces deux arts traduisent bien 
en effet, sous deux formes différentes, les harmonies de la nature. Le 
paysage les représente par l'imitation directe au moyen de la ligne 



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235 

pitbM'esque et des coulâurs. L'arliste choisit les sites qui renfenneiit les 
plus belles hannonies, celles qui t'impressionnait vivement; il réunit, 
dans un cadre restreint, des beautés disséoùnées dans l'étendue, et rend 
ainsi leur unité plus s^aissable ; en un mot il supprime tout élément 
discordant qu'il peut rencontrer dans le monde réel, où la multiplicité 
des phénomènes n'est pas sans causer quelques dispwates au point 
de vue de la perfection qu'il cherche. ' Mais l'œuvre du peintre sera 
toujours au-dessous de la beauté naturelle, car non-seulement il ne peut 
reproduire la limpidité des couleurs, mais encore est-il impuissant à 
rendre les ondulations des masses de verdure tour à tour éclairées par 
les rayons de lumière qui glissent entre les nuages; le bruit des 
cascades, le gazouillement des oiseaux, lui échappent aussi. H manque 
donc & son tableau la vie en action , c'est-à-dire le mouvement. La 
poésie et la musique sont les seuls arts susceptibles d'exprimer le 
mouvement dans sa succession ; mais avec cette différence, que la poésie 
ne possède que le nombre restreint des mots d'une langue pour se déve- 
l<q[>pfflr, tandis que la musique se meut dans le champ illimité des sons. 

Le spectacle de la nature inspire également le musicien. Doué 
d'une sensibilité qui perçoit l'harmonie dans toutes ses manifestations, il 
se sent porté à traduire son impression par une forme musicale qui, à son 
tour, communiquera à l'ftme de l'auditeur le sentiment qui l'a dictée. Dans le 
silence d'une belle nuit étoilée comme en foce de la tempête, c'est-à-dire 
en présence de tout beau spectacle en général, le cœur de l'artiste entre 
en vibration et cherche à s'épancher sous une forme quelconque : telle est 
la source de l'inspiration dans tous les arts, car chacun d'eux exprime, 
dans une langue spéciale, les mouvements intimes du cœur humain. 

La condition essentielle est de posséder d'abord une grande sensi- 
bilité ; cultivée dans une bonne direction, elle devient capable de 
saisir toutes les harmonies qui nous environnent. Ensuite, l'artiste qui a 
étudié particulièrement l'art le plus conforme à ses aptitudes traduira ses 
émotions, soit par les Ugnes et les formes, soit au moyen de la parole 
ou des sons. 

Aucun art n'agit aussi puissamment sur la sensibilité que la musique ; 
une fois développée dans sa généralité selon les lois de l'harmonie, cette 
sensibilité permet de sentir vivement la poésie et la peinture, arts qui, 
en précisant les sentiments et les affections morales, peuvent laisser une 
empreinte durable et avoir une influence sérieuse sur 1^ actions humaines ; 
enfin elle rend apte à sentir l'harmonie sous toutes ses formes, en archi- 
tecture, en sculpture, et surtout dans !a nature entière, source inépui- 
sable d'émotions délicieuses pour le cœur sensible et d'inspirations pour 
l'artiste. 



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Par la création de nombreuses sociétés orphéoniques, on comprend 
aujourd'hui que l'harmonie musicale est l'art ie plus propre à développer 
dans les masses cette sensibilité qui entraîne l'Ame vers toutes les choses 
élevées, au Ueu de la laisser se complaire dans les affectioiis sensueUes et 
égoïstes qui rapprochent l'homme de la brute et lui enlèvent les meilleures 
consolations de la vie en le privant de ses plus nobles jouissances. 
Cette sensibilité du cœur, sur laquelle nous insistons, est la chose la 
plus importante à développer pour le progrès moral de l'humanité, car 
elle seule fait trouver le bonheur dans l'accomplissement du bien, et peut 
graver dans l'&me le sentiment d'harmonie qui la met en communion 
intime avec la vie universelle, aspiration suprême du cœur de l'homme'. 



CONCLUSION. 

La phase de progrès matériel que nous traversons enivre beaucoup 
d'esprits et leur feit perdre de vue l'idéal moral vers lequel l'âme aspire 
toujours. Absorbés longtemps par les jouissances sensuelles, il arrive 
pourtant un moment où leur &me réclame des satisfactions élevées ; mais, 
comme il les ignorent, une tristesse vague causée par le vide de leur cœur 
s'empare d'eux : ils voient alors que les sens ne procurent à l'homme 
que des satisfactions éphémères, incapables de remplir l'existence. Seules, 
les jouissances intellectuelles et morales répondent k toutes les aspirations 
humaines ; or, elles n'existent que dans une activité dirigée vers le bien 
public, et incessanmient vivifiée par la contemplation du Beau dans la 
touille, dans l'humanité et dans la nature entière, toutes choses inter- 
prétées et idéalisées par les conceptions de l'art. 

Nous avons vu que le Beau a des principes fondamentaux qui ont été 
depuis longtemps mis en lumière. Il sera donc toujours nécessaire de 
recourir à ces principes dans les œuvres de l'avenir. Les formes plus 
variées de l'industrie humaine donneront heu à des appUcations nouvelles, 
mais elles reposeront toujours sur celles des données antérieures qui ont 
réalisé l'idéal le plus élevé que l'homme puisse concevoir. 

De môme que le savant et le philosophe affirment l'immutabilité du Vrai, 
de même aussi l'artiste et le moraUste affirment que les lois du Beau et du 
Bien sont immuables. Le sentiment de l'harmonie des choses, arrivé au 
développement que comporte l'organisme humain, est nécessairement 

* La musique vocale, qu'on pourrait facilement enseigner dans les écoles pri- 
maires, seconderait puissamment l'éducation morale en développant le goût du 
Beau. Lee réunions chorales offriraient en outre de nobles délassements au public. 



DioilizBchyGOCX^IC 



257 

immuable comme la loi des chosesSeile-mâme. Le progrès dans l'idéal de 
l'art n'est donc pas iDdéfini, car le sentiment du Beau, ainsi que la force 
intellectuelle et morale, est arrivé à sa plus haute puissance étiez certains 
hommes d'élite. Le progrès n'a pour objet que de cultiver et de propager 
ces acuités dans l'humanité ; il ne saurait rien ajouter à la nature même 
de l'homme, dont le type est invariable au physique et au moral. 

Le sentiment d'harmonie qui existe à l'état latent dans le cœur de 
tous les honmies étant développé, il en résultera une conformité plus 
grande entre les individus, conformité qui les rapprochera et les fera 
s'aimer les uns les autres pour leur bien commun. Toute âme sensible à 
l'harmonie possède un fond d'amour qui se manifeste dans toutes les cir- 
constances de la vie, et on peut dire que cette vibration harmonique de 
l'âme s'assimile toutes choses pour les purifier et les idéaliser. 

Initier l'humanité aux harmonies et à la poésie de l'univers, telle est la 
mission élevée que les Beaux-Arts sont appelés à remplir dans la civili- 
sation. 



Ghàteaudun, le 15 mars 1868. 



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NOTE SUR UN STATÈRE D'OR 

TROUVÉ A MOISY (LOIR-ET-CHER). 



Au commencement de l'amiée 1868, un cultivateur de Moisy (Loir-et- 
Cher), en labourant un champ dépendant de la ferme du Plessis-MaiUy, 
découvrit une pièce gauloise d'une superbe conservation. 

Cette pièce est en or et pèse sept grammes quatre-vingts centigrammes. 
Elle porte k l'avers la tête laurée d'Apollon à droite ; au revers, un char 
attelé de deux chevaux galopants h droite et conduits par un aurige ; au- 
dessous, une trisquèle cantonnée de trois points et un épi placé horizon- 



Cette pièce est évidemment une pièce au type dégénéré des Arvemes. 
Toutefois, M. Hucher, auquel elle a été soumise, dit qu'il en possède une 
semblable trouvée àLa Ferté-Bemard, sur laquelle se trouve, en surfrappe, 
un hippocampe et qu'il attribue aux Aulerkes Cénomans. Ce numismate 
pense que la trisquèle cantonnée de points pourrait bien être aussi la con- 
tremarque d'un autre peuple et qu'il serait possible que cette pièce fût une 
monnaie camute imitée de celle des Arvemes. 

On ne peut rien affirmer pour ou contre l'opinion émise par M. Hucher, 
mais nous avons cru utile de l'indiquer ici, dans la pensée que ce rensei- 
gnement pourrait ultérieurement servir à éclairer cette question. 

Le statère dont il s'agit est entre les mains d'un honorable habitant de 
Chàteaudun, qui, nous l'espérons, consentira un jour à le céder à notre 
Musée. 

Mai 1868. 

A. DE BelFOHT. 



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EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX. 



SÉANCE GÉNÉRALE 
DD T JANVIER 1»S8. 

L'an mil huit cent soixante-huit, le sept janvier, la Société Danoise s'est 
réunie dans une des salles de l'bOtel-de-ville de Ghàteaudun. 
Étaient présents: 

Au bureau, MM. de Belfort, président ; Lemay, président honoraire ; 
Rayé du Perret, vice-président; Brossier-Géray, trésorier; Desbans, con- 
servateur; Lecesne et Coudray, secrétaires; 

Et MM. Teilleux, Sence, Raimbert-Guérinot, Géray, Perronne, Achille 
Guenée, Meunier, Marquis, PouiUler, Gougeon, Dorsemaine, Clément, Au- 
guste ' Lecesne, Bairobert, Boret, de Beauvivier, Darreau et AUard-Vau- 
martel. 

M. le président déclare la séance ouverte et expose que le nombre des 
membres de la Société était, en 1867, de 195, mais que cinq décès ont eu 
lieu, savoir : MM. Gaudiche, baron Duiaur de Pibrac, Richard, comte 
d'Ambrun, et Boulay, et que MM. Ballet, Ernest Lecomte, Dagron, 
Durand de Grossouvre, Pavie et Mousset sont démissionnaires, de sorte 
qu'il n'est plus resté que 184 membres. 

Seulement, continue M. le président, la Société a acquis vingt nouveaux 
membres, ce qui porte son chifRre actuel ii 204 membres, et la majorité né- 
cessaire pour délibérer à 22 voix. 

Au commencement de 1867, le nombre des membres honoraires était de 
onze. Un seul ayant été admis dans le courant de cette année, et M. le duc 
de Luynes étant décédé, le chifTre des membres honoraires est resté le 
même. L'assemblée aura 'd ratifier la nomination de M. Alexandre Bertrand, 
directeur du musée de Saint-Germain, comme membre honoraire. 

Les membres correspondants étaient au nombre de cinq ; ils sont aujour- 
d'hui sept, dont deux nominations, celles de M. l'abbé Bourgeois et de M. 
l'abbé Baudry, sont à rectifier par l'assemblée. 

La Société correspondait et échangeait ses bulletins avec cinq sociétés 
savantes; elle correspond maintenant avec quinze. L'assemblée aura à rec- 
tifier l'admission des dix nouvelles sociétés correspondantes, qui sont: 

!<■ La Société d'antbropologie de Paris. 

2<* La Société archéologique de Sens. 



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240 

3" La Société polymatique du Morbihan. 

4» La Société des sciences historiques et naturelles de Semur. 

5» La Société archéologique de l'Orléanais. 

6» La Société archéologique, scientifique et bttéraire de Béziers. 

7" La Société des Antiquaires de Picardie. 

Sf> La Société d'histoire et d'archéologie de Ghftlons-sur-Saftne. 

9» La Société d'émulation du Doubs. 

10> La Société d'émulation d'Abbeville. 

Après cet exposé, il est procédé à l'élection de trois membres du bureau, 
en remplacement de MM. Poulain de Bossay, Brossier-Géray et Léonce de 
Tarragon, membres sortants. Ces trois membres sont réélus à l'unanimité 
des membres votants. 

L'assemblée approuve ensuite les comptes de l'année 1867, et le projet 
de budget de l'année 1868, tels qu'ils sont présentés par le Bureau, et 
ainsi qu'il suit : 

CamiMM ém «»•«. 

RECETTES. 

l" Reliquat de l'exercice 1866 129 fr. 49 

2° 9 cotisations arriérées de l'année 1866 45 > 

3» 195 cotisations de l'année 1867 975 » 

4» Sommes reçues exlraordinaireraent 20 72 

5° Intérêts de fonds placés 12 » 

6» Un semestre d'intérêt d'une obligation du chemin de fer 

d'Orléans 7 30 

Total des recettes - . 1189 fr. 51 

DÉPENSES. 

1" Frais de bureau 12 fr. 75 

2" Frais de garde et d'entretien du Musée 60 j ' 

3» Entretien de la collection ornithologique t » 

4" Achat de mobilier 7 25 

5» Achat de livres 60 05 

6" Achat d'objets de collection 133 20 

7" Impression du bulletin 181 » 

8" Dépensesimprévues 131 05 

9» Solde de l'exercice 1866 543 12 

Total des dépenses 1128 fr. 42 

Reliquat actif à porter en recette en 1868 ...,■.. 61 09 



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241 
■««•C« «• !»•«. 

RECETTES PRÉSUMÉES. 

1" Reliquat actif de l'exercice 4867 M fr. 09 

2» 2 cotisations arriérées de l'exercice 1866 10 » 

3" 6 cotisations arriérées de l'exercice 1867 30 » 

4» 180 cotisations exercice 1868 900 » 

&<> Intérêts de l'obligation d'Orléans 14 58 

6« Intérêts de capitaux placés 8 » 

Total 1023 fr. 67 

DÉPENSES PRÉSUMÉES. 

i» Frais de bureau 50 > 

2° Frais de garde du Musée 60 i 

30 Entretien de la collection omitliologique 25 > 

ie Achat de mobilier 250 » 

50 Achat de hvres . . • 50 » 

6» Achat d'objets de collection 238 67 

1" Impression da bulletin 250 > 

80 Dépenses imprévues 100 > 

Total 1023 fr. 67 

L'assemblée approuve les admissions de membres honoraires et corres- 
pondants et de sociétés correspondantes provisoirement prononcées par 
son bureau; ellecharge le président d'exprimer à la Emilie de feu M. le 
duc de Luynes, victime du plus noble dévouement, les regrets que lui fait 
éprouver la perte d'un amateur aussi éclairé et d'un savant aussi distingué, 
que CMteaudun s'honorait de compter comme propriétaire et restaurateur 
du plus remarquable édifice de la cité. 

M. le président donne lecture : 1" d'un rapport de M. Denizart, de Brou, 
sur les monuments celtiques et gallo-romains de plusieurs communes des 
environs de Brou ; 2« d'un choix de pensées dues à la plume élégante de 
M. Raimbert-Sevin ; 3» de notes de M. Raoul de Tarn^n, relatives aux 
curiosités découvertes dans les communes de Romilly-sur-Aigre, Charray, 
Autheuil, Cloyes et La Ferté-Villeneuil. 

L'assemblée décide la publication de ces travaux ainsi que celle des 
consciencieuses recherches sur les cryptogames de l'arrondissement de 
Châteaudun, par M. Vuez. 

M. le président fait verbalement un rapport sur les fouilles des tumulus 
de Montgasteau, arrêtées en ce moment, mais qui seront reprises dès que 
les ressources de la Société le permettront. 

Ce rapport est accueilli avec beaucoup d'intérêt, et la Société donne la 
plus complète approbation aux travaux entrepris sous son patronage, tout 



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24â 

en exprimant à la Société archéologique d'Eure-et-Loir ses remercienients 
pour sa généreuse contribution aux dépenses. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée. 
Séance du S mara i868. 

Le président annonce la découverte de tombeaux gallo-romains, biXe à 
Cloyes dans les fouilles destinées à établir les fondations de la maison de 
M. Gonunault, pbannacien. 

Admission provisoire au nombre des sociétés correspondantes de trois 
nouvelles sociétés. 

Le bureau charge le président d'adresser des remerciements à M. de 
Caumont, qui a bien voulu Éaire don à la Société de vingt volumes. 

M. de Belfort est désigné pour représenter la Société Dunoise au congrès 
des sociétés savantes de la rue Bonaparte en 1868. 
Séance du Si mara 1868. 

Examen des publications reçues pendant le mois dernier, et rapport sur 
ces publications par MM. de Belfort, Bayé du Perret et Coudray. 
Séance du 5 mai 1868. 

Admission de trois nouveaux membres titulaires. 

Compte-rendu du congrès de la rue Bonaparte, par M. de Belfort. 

Admission provisoire du Comité archéologique de la Seine-Inférieure au 
nombre des sociétés correspondantes. 

Acceptation de la démission d'un membre titulaire. 

Compte-rendu de découvertes archéologiques par MM. le docteur Teilleux 
et Aubert, géomètre. 

Examen des lectures qui seront faites dans la première assemblée géné- 
rale. 

SÉANCE GÉNÉRALE 



L'an mil huit cent soixante-huit et le dix-neuf mat, la Société Bunoise 
s'est réunie dans une des salles de rhdtel-de-ville de Ch&teaudun. 
Étaient présents : 

Au bureau, MM. de Belfort, président, Lemay, président honoraire. Rayé 
du Perret et Poulain de Bossay, vice-présidents, Brossier, trésotier. Des- 
bans, conservateur, Coudray et Lecesne, secrétaires ; 

Et MM. Raimbert-Sevin, Gougeon, Gallou, Allard-Yaumartel, Lelong, 
Bemot, Gorteau, Montarlot, Géray, Lecesne père, Pouillier, Jacottet, 
Raimbert-Guérinot, Anthoine, Guesnier, Teilleux, Jumeau et Boucher. 

Le président ouvre la séance et donne la parole à M., Coudray, qui Ut une 
notice sur la commune de Lutz. Après cette lecture, une discussion s'en- 



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245 

gage entre divers membres sur la valeur et l'étendue de l'épithète Méga- 
lithique employée par M. Coudray, et sur la destination de la Croii- 
Torse. 

M. de Belfort lit ensuite un travail, dont il est l'auteur, sur la décou- 
verte d'un cimetière mérovingien à Gloyes , et une étude sur les Beaux- 
Arts due à M. Goageon. 

L'assemblée, après avoir applaudi ces travaux, se sépare et quitte la 
salle des réunions générales pour visiter le Musée. 
Séance du S juin i868. 

Admission de deux membres titulaires. 

Le président fait connaître au bureau divers dons fkits k la Société. Le 
bureau se charge d'exprimer ses remerciements aux donataires. 

Admission provisoire de la Société d'émulation de l'Ain, au nombre de 
sociétés correspondantes. 

M. de Belfort Ut une note sur un statëre d'or découvert à Moisy, et une 
notice sur la commune de Pré-Saint-Martin. 

M. Brossîer-Géray lit un travail de M. Gougeon, sur la forteresse de Boi's- 
Ruffîn. 

• Séance du iijuin i868. 

Admission provisoire d'un membre correspondant. 

Le bureau décide que la Société publiera le cartulaire Dunois du monas- 
tère de Marmoutiers, dont la connaissance donnera de précieux détails 
historiques sur le pays Dunois. 

Les frais d'impression de ce travail, dû à. M. Emile Mabille, seront sup- 
portés par le budget de 1869. 

Séance du 3 août i868. 

Admission d'un membre titulaire. 

Admission provisoire d'un membre correspondant. 

Admission provisoire comme sociétés correspondantes de la Société Sa- 
voisienne d'histoire et d'archéologie et de la Société archéologique et histo- 
rique du Limousin, 

Demande d'une subvention en fovem: de la Société, au cons^ général 
d'Eure-et-Loir. 

Séance du 6 octobre i868. 

La séance est ouverte par la lecture d'une lettre par laquelle M. le 
vicomte Reille annonce que le Conseil général a accordé une subvention 
de 200 francs à la Société. 

Le bureau charge son président d'exprimer sa reocmnaissance au Conseil 
général. 

Admission de trois membres titulaires. 



D,o,l,ze<:by Google 



Admission provisoire, au nombre des sociétés correspondantes, de la 
Société d'émulation de Montbéliard. 

Séance du 3 novembre i868. 

Admission d'un membre titulaire. 

Admission provisoire de l'Académie du Gard au nombre des sociétés cor- 
respondantes. 



USTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 
Admit depaii le f jat^ier 1866. 

MEMBRES CORRESPONDANTS. 

MM. 

L'abbé Baudry, curé du Bernard (Vendée). 
L'abbé Bourgeois, directeur de Pontlevoy (Loir-et-Cher). 
De Ferry, géologue à Bussières (Safine-et-Loire). 
Lacroix, pharmacien h M&con (Saône-et-Loire). 
Mabille, Emile, conservateur à la Bibliothèque impériale. 

HEHBRES FONDATEURS. * 

M. le vicomte Reille, député au Corps législatif. 

MEMBRES TITULAIRES. 

M. Bigot, Louis, instituteur à Bonneval. 
Madame veuve Boussenot, propriétaire à Ghftteaudun. 
M. Ghenabd Fréville, notaire à Brou. 
M. Daiialix, propriétaire à Courtalain. 
M. Delafuye, procureur impérial à Chàteaudun. 
M. l'abbé Desnoyehs, vicaire général d'Orléans. 
Madame veuve Gérard, propriétaire à l'Orme-Guignard. 
H. lebaronDELALLEHAND des Marais, propriétaire à la Pacaudière 
(Allier). 
M. Lefèvre, ancien chef de division de la Préfecture, à Chartres. 
M. Reynabd, notaire à Courtalain. 
M. Vaudecraine, libraire à Orléans. 

MEMBRES DÉCÈDES EN 1868. 
MM. le duc DE LuYNEs, Boucher de Perthes, Barbé, Chaussidieb, 
Deniau, Bordas et U'» veuve Boussenot. 

MEMBRES DÉMISSIONNAIRES. 
MM. Besseteaux Adelmard, Durand de Grossouvre, Isahbert, Isah- 

BERT-PÉAN, MOUSSET, "YVON LouiS. 



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itë 



Onvrtges offerts i l« SoeiéU en i868. 



i. 



- Pab les Auteurs. 



M. l'abbé Baudry. 



M. l'abbé Bourgeois. 
M. DE Cauhont. 



Rapport sur l'ouverture des 7» et 8» puits 

funéraires de Troussepoil. Broch. in-S», 
Note sur un éperon du Xll" siècle trouvé au 

Bernard. Broch. in-8". 
M. Boucher de Molandok. Nouvelles études sur l'inscription romaine 

trouvée à Mesve. Broch. in-8". 
L'Homme tertiaire. Broch. in-8°. 
Essai sur la topographie géognostique du 

Calvados. 1 vol. in-8". 
Statistique monumentale de l'arrondissement 

de Bayeux. 1 vol. in-8». 
Statistique monumentale de l'arrondissement 

de Pont-l'Évêque. 1 vol. in-8°. 
Statistique monumentale de l'arrondissement 

de Lisieux. i vol. in-8". 
Rapport verbal sur une excursion en Touraine 

et en Poitou, Broch. inSfi. 
Rapport verbal sur divers monmnents. Broch. 

in-8o. 
Les Bas-Relie& du monument de Jeanne 

d'Arc. Brochure in-18. 
Guide historial dans Orléans. 1 vol. in-18. 
Monuments des anciens idiomes gaulois par 

M. Monin. Compta-rendu par M. Hucher. 

Broch. in-8». 
Note sur le bas-relief de l'église de Saulces. 

Broch. in-8». 
Notice sur la pierre tombale de Saint-Ouen- 

en-BeUn. Broch. in-8». 
Catalc^e de la collection des sceaux de 

M. Hucher. Broch. in-S». 
Collection des sceaux des archives de l'Empire. 

Broch. in 80. 
De l'étude des plus anciens vitraux peints. 

Broch. in-8". 
Notice sur la mosaïque de Roullé. Broch. 

in-8». 
Études sur le vitrail de la rose. Broch. in-8>. 



M. Alexandre Genou. 



M. Hucher. 



DioilizBchyGOCX^IC 



u. 



Explication des vitraux dits des monnayeurs. 
Broch. in-S*. 

Notice sur une ancienne étoffe de soie. Broch. 
in-8». 

Sigillographie du Maine. Broch. in-8". 

De l'art gaulois. Broch. in-S**. 

Notice sur des vases romains. Broch. in-8*. 

Des anneaux et des rouelles, compte-rendu 
d'une brochure par M. de Widranges. 
Broch. in-S". 

Notice sur quelques monuments historiques. 
Broch. in-S». 

in< lettre à M. de la Saussaye sur la numis- 
matique gauloise. Broch. in-8». 

m* lettre à M. de Saulcy sur la numismatique 
gauloise. Brodiure in-8". 

Ëtudes sur les poteries gallo-romaines décou- 
vertes au Mans. Deux hrochures in-S». 

De l'art au XIX" siècle et de ses appUcations 
à l'industrie. Broch. in-8". 

Note sur un denier inédit d'Eudes. Broch. 
in-80. 

Lettre à M. de Caumont au sujet d'une âbule 
mérovingienne. Broch. in-8". 

Notice sur la baronnie d'Alluyes. Broch. in-S°. 

- Par les Soci^és savantes. 



Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, tome IX, 

dernier fascicule. Année 1868, n" i et 2. 
AuTDN. Sodété Ëduenne, Mémoires d'histoire naturelle, tomes 1 et 3. 
Besançon. Société d'Émulation du Doubs, Mémoires année 1867. 
BÉziQts. Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire. 

2" série, tome IV, 3* livraison. 
BouBG. Journal d'agriculture, sciences, lettres et arts, pubUé sous le 

patronage de la Société d'émulation de l'Ain, année 1868, 

premier semestre. 
ChahbéRy. Mémoires et documents pubUés par la Société savoisienoe 

d'histoire et d'archéologie, tome XI. 
Limoges. Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 

tome XVU. 
Registres consulaires de la ville de Limoges, tome U, feuilles 

là 20. 



ly Google 



Î47 

LiHOGEs. Nobiliaire de Nadaud, tome II, feuilles 21 à 25. 

Mayenne. Bulletin de la Société d'archéologie, sciences, arts et belles- 
lettres de la Mayenne, année 1865. 
Bulletin de la Société d'agriculture de l'arrondissement de 
Mayenne, 10» année, 1" trimestre, 

NiHEs. Mémoires de l'Académie du Gard, de novembre 1866 à août 
1867.1 vol. in-»». 

Orléans. Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais, tome VII. 
Bulletin de la Société archéologique de l'Orléanais, n-» 56 à 59. 

Paris. Société d'anthropologie, tome II, 11* série, 2« 3" et 4» fasci- 



RotJEN. Procès-verbaux de la Commission départementale des anti- 
quités de la Seine-Inférieure. Tomes I et II. 

Seuur. Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles, 
année 1867. 

Senlis. Comptes-rendus et mémoires du Comité archéologique, année 
1867. 

Vannes. Bulletin de la Société polymatique du Morbihan, année 1867, 
1"' et 2« semestres ; année 1868, l*' semestre. 

Vendoue; Bulletin de la Société archéologique du VendAmois, année 
' 1866; année 1868, les trois premiers trimestres. 

ni. — Par le Ministère de l'Instruction publique. 
Hémoires lus à la Sorbonne eu 1867 (Histoire, philologie et sciences 

morales ). 
M^oires lus à la Sorbonne en 1867 ( Archéologie ). 
Revue des Sociétés savantes des départements, année 1868. 
Discours de MM. Duruy et Robert au sujet d'une pétition adressée au 

Sénat. 
Distribution des récompenses aux Sociétés savantes en 1868. 

IV. — Par diverses Personnes. 

Mémoires de l'Institut des provinces de France, 

année 1845. 
Du mouvement des études scientiftques en France, 

par A. du Chfttelher. Broch. in-8". 
Rapport sur les travaux des provinces pendant 

l'année 1860, par Challe. Broch. in-8*>. 
Assises scientifiques du Sud-Est, session d'Apt, 

par le docteur Roux. Broch. in-S». 
Exposition universelle. Les fabriquée du parc, par 

le baron de Vemeilh. Bro<^. in-8°. 



H. DE Cauhont. 



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248 

M. DE Caumont, Ck)ngrès scientifique de France, Of, 25«, 26», 27«, 

28», 300, 31% 32». — 15 vol. in-S". 

Annuaire de l'Institut des provinces, années 1861 
et 1862. 

Table générale des dix volumes fonnant la pre- 
mière série du bulletin monumental. 
M. Poulain de Bossay. Le cachet de Childéric, par Dauban. Broch. in-8°. 

Études sur l'art monétaire. Nicolas Briotet la Cour 
des monnaies, par Dauban. Broch. in-S». 

Le sculpteur Michel Colombe, par Dauban. Broch. 
in-S». 

Congrès scientifique de France, 14» session tenue 
à Marseille, tome I"'. 

V. — Ouvrages acquis par la Société. 
Revue archéologique, année 1868. 



DoQs offerts à li S«eiété, dn i" Janvier u 15 NoTembre 1868. 

MM. 

De Belfort, un ailex taillé et un polypier. 

Berger, vétérinaire, un lot de fossiles. 

Bordas, une sculpture sur bois. 

Boucher fils, un coffret du XVIo siècle. 

Brière, une hachette en serpentine. 

Brossier-Géray, une défense de morse, une dent de cachalot, un bois d 

cerf travaillé. 
Caillaut-Ignard, un échantillon de minéralogie. 
CÀnxÉ, une pipe arabe. 

Chaijfton, une hache en silex, une médaille et une clef en bronze. 
CouDRAY, Jules, deux hachettes en silex poli. 
Desbans, une médaille en argent. 
DiouET-BouLAY, uue médaille et sept chartes originales. 
DucHANOY, une clef du XIII« siècle. 
Gebauer, un plat en Êiïence de Nevers. 
Géray, deux médailles et un cachet. 
GiLLET, im lot d'insectes. 
Guenée, Achille, un lot de papillons. 
Lasseub, une médaille. 
PiNGUET, deux hachettes en silex. 
Poulain de B.ossay, un médaillon en bronze. 
Prudhohue, douze monnaies d'argent. 



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NOTICE 



L'ÉPIDÉMIE DE FIÈVRE TYPHOÏDE 



QUI A RÉGNÉ A CHATEAUDUN EN 1866 



Excosez-moi, Messieurs, de vous entretenir de l'épidémie qui a causé 
taDt de deuils parmi nous, et de réveiller ainsi de cruels souvenirs. Mais il 
m'a s^oblé que notre Société ne s'était pas fondée seulement poor 
recueillir les épaves du passé, et reconstruire sdentîflquement avec elles 
l'état des mœurs, de l'indostrie, des arts, les faits et gestes, la vie en un 
mot de ceux qui nous ont précédés sur cette terre du Dunois; j'ai pensé 
qu'elle avait encore pour but de conserver dans ses archives, de consigner 
dans ses annales, la trace des événements importants particuliers & notre 
contrée qui, sous un titre quelconque, s'y manifestent d'une maniera plus 
ou moins durable, ou y suivissent tout à coup, la troublent ou l'impres- 
sionnent vivement ; enfin, de remonter autant que possible & leurs causes. 

Cest cette pensée qui m'a déterminé à vous &ire honmmge de mes 
modestes travaux sur les maladies d'une nature spédale qui, comme le cho- 
léra (1), ont sévi accidentellement dans le pays ou, comme le charbon (2), 
y régnent presque toigours sur les hommes et sur les animaux, enfin, à 

{i)I)ela Dyspepiie acetcenU, eonsiâéréecommecauiepriditpotantedes affictiont 
eholêriquei. In Revne méd. chir. 1853. 

Rdation cb l'épidémie de choléra qui a régné dam le bourg de Conie en i865. 
In J>). de méd. de Braiellea. (Mémoire que l'Académie dee Bdencea a honoré d'une 
distincti(»t, dans sa séance publique annuelle de 1867, concours pour le prix Bréanl). 

(2) Traité^dei maladiea lAarbonneuiea, in-^, 1859, (ouirage auquel l'Académie 

19 

DioilizBchyGOOgle 



260 

rédiger la notice que je vais avoir l'honneur de vous lire. J'espère que vous 
voudrez bien l'accueillir avec indulgence, en considérant que plus qu'aucun 
autre, primua inter pares, absorbé par les devoirs de ma profession, je n'ai 
pu réunir que très imparlaitement les éléments de ce travail. 

Je commencerai par dire quelques mots de la topographie de la ville de 
Gb&teaudun ; je m'efforcerai ensuite de déterminer les causes premières et 
principales de l'épidéioie ; j'en décrirai la marche et, le plus succinctement 
possible, les formes symptomatiques ; je parlerai aussi très brièvement du 
traitement; enfin, je terminerai en indiquant les mesures qui me paraissent 
indispensables pour prévenir le retour d'une semblable calamité. 



TOPOGRAPHIE. 

n serait sans doute hors de propos que je fisse minutieusement ici, ob 
elle est si bien connue, la topographie de notre cité. Il me parait cependant 
nécessaire, avant de parler de l'épidémie de fièvre typhoïde qui s'y est 
subitement produite, de décrire k grands traits le terrain où elle a exercé 
ses rigueurs, afin de feire ressortir, quand il y aura lieu, l'infiuence que 
sa configuration et les conditions hygiéniques de ses diverses parties ont 
eues sur le développement et la marche de la maladie. 

La ville de Ch&teaudun est construite sur un vaste rocher qui a été 
creusé de toutes parts pour les besoins de sa reconstruction, après l'in- 
cendie de 1723. Elle a la forme d'un quadrilatère iirégulier, ou plutAt 
celle d'un triangle à sommet tronqué et arrondi, dirigé vers l'Ouest. La 
base en est tournée à l'Est, vers la plaine de la Beauce au-dessus de 

des sciences a décerné une citation honorable dans sa séance publique annuelle de 
1801, concours pourlesprixde médemeetde chir.). 

Sur la prétence de» Bactéridiet dan» la pustule maligne chez l'homme (avec 
M. Dsvaine). In comptes-rendus de l'Académie des sciences, 1804. 

De la ipontanéité de* maiadies charbonneuse». In Congrès médical de France, 
session de Bordeaux 1866. 

Étude hietorique sur le charbon. Gazette méd. de Paris 1867. 

Du charbon chez l'homme. In Nouveau Dict. de méd. et de chir. prat. 1867, art. 
durbon. (Ces trois opnscnlu sont ectraits du mémoire qui a remporté le piii de 
l'Académie de médecine en 1863). 

Nouvellea recherches sur la constitution et le diagnostic de la puatule ma- 
ligne. In Bulletin de l'Académie de médecine 1868. 

Recherches sur la constitution et le diagnostic de l'œdème malin. In Guette 
des bdi»taux et Gazette méd. de Paris, comptes-rendus des séances de l'Académie de 
médecine, 1888. 



DioilizBchyGOCX^IC 



2EM 

laquelle elle s'élève, et avec laquelle elle se continue par une pente douce. 
Les deux câtés en sont au contraire abrupts. Celui du Nord domine le Loir 
qui coule k ses pieds et la rue des Fouleries qui longe cette rivière. Celui 
du Sud surplombe l'étroit vallon qui, partant delà rivière, constitue les 
rues du Val-Saint-Aignan et du Coq. Au point d'origine de ce vallon, du 
côté Nord de l'angle arrondi dont j'ai parlé, la haute ville communique par 
une pente rapide et un pont avec le fauboui^ Sfùnt-Iean qui s'étend, avec 
ses jardins, sur la rive droite du Loir. 

Je n'insisterai pas pour foire ressortir, au point de vue de la salubrité, 
l'heureuse situation de la ville dont je viens d'indiquer la disposition géné- 
rale et le périmètre. Cette salubrité s'explique par son altitude qui est de 
i43 mètres au-dessus du niveau de la mer, et de 37 mètres au-dessus de 
celai de la rivière (i) ; par ses rues laides, droites, bien pavées, dont les 
pentes sont ménagées de manière à rendre facile l'écoulement des eaux, et 
qui sont bordées de maisons peu élevées. Ces dispositions permettent les 
mouvements les plus étendus et les plus rapides de l'atmosphère, et en 
assurent le renouvellement: aussi, les épidémies, principalement celles 
qui dépendent de l'altération de l'air par des émanations provenant du sol, 
sont-elles très rares dans la ville de Chateaudun. 

Les avantages de cette situation sont partagés par le faubourg de Saint- 
Valérien, quoique ses rues non encore pavées et ses habitations basses, 
dont l'aération laisse beaucoup & désirer, et dont les cours sont trop sou- 
vent encombrées de fumier, lui fassent des conditions hygiéniques moins 
bonnes. Des conditions analogues, sinon tout k fait semblables, existent 
dans les rues du Coq, du Val-Saint-Aignan, des Fouleries et dans le feu- 
bourg Saint-Jean, aggravées par une altitude moindre et un sol plus 
humide. C'est à l'extrémité Est de la première de ces rues qu'est situé le 
quartier de cavalerie où l'épidémie a débuté. 



CAUSES DE L'ÉPIDÉMIE. 

Les épidémie, c'est-k-dire les maladies qui régnent passagèrement sur 
un grand nombre d'individus, par l'étendue des pays qu'elles envahissent, 
par le nombre des personnes qu'elles frappent, des victimes qu'elles font, 
s'élèvent parfois à la hauteur des plus grandes calamités pubUques. De là 
l'efTroi qu'elles causent aux populations. Effroi salutaire, oserai-je dire, 
lorsqu'il ne porte atteinte ni aux liens sacrés de la Eamille et de l'amitié, ni 
aux devoirs créés aux citoyens par leurs fonctions ou leurs professions, 

(1) Voirie plan de la ville de Ch&teandun, par M.Léon Perronne. 

DioilizBchyGOOgle 



parce qu'il donne lieu à la dissémination des habitants : moyen le plus 
efficace de b&ter le terme de certaines épidémies, en diminuant le nombre 
des personnes susceptibles de 1^ contracter. 

I^es causes des épidémies sont souvent fort obscures et fort difficiles à 
déterminer. De l'ignorance des conditions qui les produisent est née, 
autrefois, la croyance qu'elles sont dues à la conjonction des astres ou à la 
colère divine. Si ces croyances n'ont pas complètement disparu aujourd'hui, 
elles ont cependant beaucoup diminué ; mais les investigations de la science, 
qui leur ont porté une attemte si profonde et si méritée, sont-elles par- 
venues à y substituer des notions beaucoup plus claires et plus précises ? 
Ne cnûgnons pas de l'avoueri les lumières qui ont pénétré dans ces 
ténèbres sont loin d'avoir l'éclat qui porte la conviction dans tous les 
esprits. 

On ne peut nier, cependant, que certaines épidémies n'aient dft leur 
développement à l'altération des substances alimentaires, d'autres k des 
vicissitudes de l'atmosphère. Car si peu féconde, si décevante même qu'ait 
été le plus souvent, jusqu'alors, l'étude de ces vicissitudes, à t'aide des 
instruments de physique les plus parfeits, dans leur rapport avec les mala- 
dies régnantes ou les épidémies, il ressort néanmoins des maladies saison- 
nières, régionales ou climatèriques, que les modifications éprouvées par 
l'air dans sa température, ses oscillations, sa sécheresse et son humidité, 
ont une action évidente sur l'organisme de l'homme. Ces modifications, 
même lorsqu'elles sont insoUtes et constituent des intempéries, ne peuvent 
expliquer par elles-mêmes le génie pathogénique des épidémies qui reste 
toujours insaisissable à nos sens. Mais, si nous les considérons dans leur 
rapport avec les conditions constitutives ou accidentelles du sol, nons 
reconnaltroDS qu'elles y puisent souvent leurs principaux éléments d'acti- 
vité. C'est moins alors par l'action directe sur l'organisme des qualités 
sensibles de l'atmosphère, ou de ses mutations plus ou moins brusques et 
étendues que se développent les épidémies, que par les phénomènes chi- 
miques ou catalytiques qui en résultent au sein des matières dont le sol 
est recouvert, imprégné ou composé. Quœ neque calori, neque frigori, non 
sicco humidove ortum auum débent, aed db occulta potius et tnerpltcobtlt 
quâdam aUeratione in ipais terrœ viscerifma pendent, unde ejus modi 
aër effluviU contamÎTiatur, quœ kumana corpora huic aut iUi morho addi- 
cunt determinantque (1). De toutes ces causes quelle est celle qm a 
donné Ueu à notre épidémie? 

Nous devons d'abord en écarter la mauvaise qualité des aliments et des 
boissons. Aucune altération des grains, aucune épizootie sur les animaux 

(i ) Sydenham : opéra omnia, p. 23, GenëTC 1716. 

DioiiizBchy Google 



âS3 

de boucherie n'a permis à l'égardjlâes premiers le moindre soupçon. Il 
n'en a pas été de même relativement aux boissons. L'eau que l'administration 
municipale distribue aux habitants a été désignée comme infectée par des 
dépôts ou des détritus organiques de diverses natures, qui auraient séjourné 
dans le réservoir ou dans les tuyaux de distribution et qui, en se décom- 
posant, en se putréfiant, lui auraient communiqué des propriétés septiques : 
opinion que pouvaient autoriser du reste des faits de cette nature observés 
ailleurs (1 ), et la propriété que possède l'usage interne des eaux corrom- 
pues de produire les mêmes effets d'intoxication que l'absorption de leurs 
miasmes par les surfaces pulmonaires et cutanées, mais opinion qu'est 
venue détruire la propreté constatée du réservoir, la limpidité de l'eau 
qu'il contenait, l'absence de goût et d'odeur putride, enfin l'analyse faite 
par l'Académie de médecine. 

Reste donc l'infection de l'atmosphère. Cette infection peut provenir de 
plusieurs sources : d'abord de l'encombrement, c'est-à-dire d'une réimion 
d'hommes dans un espace relativement trop restreint, et dans un air con- 
finé ou insuffisamment renouvelé ; c'est ce que noos avons vu en 1851, 
lorsqu'au moment de la guerre de Crimée de nombreuses recrues vinrent, 
au quartier de cavalerie, diminuer dans les chambrées l'espace et l'air 
destinés à un moins grand nombre d'honunes, et y apporter ou y faire 
naître les germes putrides d'une petite épidémie de Qèvre typhoïde, qui se 
répandit sur la ville et y fit quelques victimes. 

Pendant l'année 1866 rien de semblable ne s'est produit, il n'existait pas 
dans les escadrons en garnison un soldat de plus que d'habitude, et le rap- 
port entre la capacité des chambres et le nombre de leurs habitants était 
resté ce qu'il est en temps ordinaire, sans que la santé des hommes eût à 
en souffrir. De plus, ces deux escadrons étaient nouveaux venus. Depuis 
quinze jours ils étaient arrivés de Chartres par permutation et, ni avant 
leur départ, ni après leur arrivée, ils n'avaient eu de malades atteints de 
fièvre typhoïde, et ceux qui nous avaient quitté n'avaient laissé au quartier 
aucun germe de cette affection, puisqu'ils en ét^ùent partis complètement 
exempts. Ce n'est donc ni à l'encombrement, ni à l'importation, ni àl'infec- 
tion par un air contaminé d'avance, que doivent Être attribuées les premières 
manifestations de l'épidémie au quartier de cavalerie. Mais, si ce heu de 
casernement était alors indenme de tout germe Infectieux, nous n'allions 
pas tarder à voir s'y développer, sous l'influence de conditions particuUères, 
celui qui donne naissance à la fièvre typhoïde. Ces conditions étaient l'état 
exceptionnel du sol que venait surprendre un état non moins exceptionnel 
de l'atmosphère. Voyons en quoi ces états consistaient. 

( 1 ) Voir Schmit. I*i de méd., de chir. et de pharmac. de la Sodété des eciences 
médicales et naturelleB de Bruxelles, IWi, t. xxxin, p. 339. 



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3M 

Le quartier de cavalerie est situé au S.-E. de la baute ville, à 31 mètres 
au-dessous du sol de celle-ci. Sa superficie en est de 2 hectares 92 ares 
56 centiares. Il est circonscrit de tous côtés par de hauts tains surmonta 
de murs élevés et par les maisons des rues qui l'avoisînent. Cette sorte de 
has fond est occupé par l'ancien couvent des Cordeliers, et par des con- 
stractions plus récentes qui servent à loger hommes et chevaux. Le sol des 
espaces plus ou moins considérables qui existent soit entre ces b&timents, 
soit entre eux et les talus circonvoisins est, depuis nombre d'années, im- 
prégné de matières végéto-animales qu'y répandent les deux cents chevaux 
qui le traversent presque incessanmient. A. l'époque de l'épidémie il était 
en outre pénétré d'humidité et plus ou moins ramoUi on creusé à la sur- 
face, par le piétinement des hommes et des chevaux, d'inégaUtés où séjour- 
naient de minces couches d'eau. De plus, le terrain où sont déposés les 
fumiers, situé immédiatement derrière les écuries et l'extrémité Est du 
bâtiment qui forme le fond de la seconde cour, était recouvert sur une 
assez grande étendue par du purin qui, faute d'un écoulement suffisant 
pour se rendre à la fosse destinée à le recevoir, s'arrêtait et formait des 
flaques d'eau croupissante, larges et sans profondeur. Tel était l'état des 
heux, passons maintenant aux conditions météoriques de l'atmosphère. 

L'hiver avait été pluvieux, le printemps s'annonçait devoir être de même, 
la quantité de pluie tombée s'était élevée à 27 millimètres en 9 jours, pen- 
dant la première quinzaine du mois d'avril ; le vent chaud et humide du 
S.-O. avait presque constamment régné (1); la température suivait sa 
progression ascendante habituelle, lorsque tout à coup le thermomètre 
s'éleva de 14 à 20 degrés et se tint à cette hauteur qu'il dépassa même 
quelquefois. Une chaleur estivale succéda donc presque instantanément à 
une température froide et humide. Elle eut pour effet d'augmenter de 
plusieurs degrés la température moyenne habituelle du mois, et de donner 
à l'évaporation une grande activité. Cette évaporation s'exerçant sur un 
sol humide, imprégné de matières organiques et semé cà et là. de flaques 
d'eau d'une très faible profondeur, amincit, rétrécit et finit par faire dispa- 
raître peu à peu ces légères couches aqueuses ; puis bientôt les rayons 
solaires produisirent, au sein des matières végéto-animales, une fermenta- 
tion putride, source de pernicieuses émanations. Celles-ci saturèrent l'at- 

(1) Janvier avait eu 13 jours de pluie donnant 46 uun » 

Février — 19 — 83 2S 

Mars — 14 - 54 25 

Avril, jusqu'au 15, 9 — 27 » 

Du 1" au 20 avril, le vent avait été treize fois au S.-O. (Note communiquée par 
M. Clément, conducteur des ponts et chaussées). C'est peulrétre à cette direction 
presque constante du vent qn'est due la rapide diffusion de l'épidémie sur la ville. 



D,oilizB<:byGOO<^le 



306 

mospbère stagnante et chargée de brouillards de l'espace dont j'ai décrit 
plus haut la disposition. Condensés pendant la nuit, ces brouillards pesti- 
lentiels parvinrent durant le jour, par suite des mouvements que la chaleur 
détermine dans les masses atmosphériques immobiles, aux couches supé- 
rieures, où d'autres courants se chargèrent de leur migration et de leur 
dissémination. 

n faut, en effet, pour que la putréfaction' ait lieu, des corps organisés, 
végétaux ou animaux, de la chaleur (1) et de l'eau. Ces conditions, comme 
nous venons de le voir, se sont trouvées réunies au quartier de cavalerie, 
et y ont déterminé en miniature, pour ainsi dire, les phénomènes qui 
prennent naissance dans les pays chauds et marécageux, à l'embouchure 
des grands fleuves, ou encore dans les localités où des lacs, des étangs, des 
mares même se dessèchent, et où les boues qui en proviennent se trouvent 
exposées à l'air. 

Les principes délétères produits par les fermentations qui naissent au 
sein de ces amas de détritus organiques, sont encore inconnus dans leur 
essence, et les recherches dont ils ont été l'objet n'ont jusqu'il ce jour 
abouti qu'à des résultats incomplets, qui prouvent la complexité du pro- 
blème à résoudre et l'IusuiSsance des données acquises pour sa solution. 

La chimie, le microscope ont cherché à isoler ces produits de la putré- 
faction : la première a trouvé, dans ceux qui proviennent des marais, de 
l'hydrogène proto-carboné, de l'hydrogène sulfuré, enfin une matière 
muqueuse organique d'une odeur cadavérique ; le microscope y a constaté 
la présence de microphytes, de microzoaires ; mais ces données sont loin 
de pouvoir exphquer la variété des maladies auxquelles ces produits donnent 
lieu. 

Cette variété démontre la difTérence même de composition des effluves 
ou du poison dont l'air est infecté, et que l'acte de la respiration fait péné- 
trer dans le sang et par son intermédiaire dans toute l'économie. 

Ainsi, suivant la composition du sol, suivant son degré de sécheresse ou 
d'humidité, l'état de sa sur&ce, la hauteur et la direction de son exposi- 
tion, suivant la température, l'immobilité ou l'a^tation de l'atmosphère, 
etc., on voit naître et se répandre plus ou moins loin ces effluves de 
natures diverses, qui engendrent le choléra, la fièvre jaune, les fièvres 
intermittentes et rémittentes, la dysenterie, la fièvre typhoïde, soit à l'état 
sûnple, soit plus ou moins associés, comme le démontrent les phénomènes 
morbides auxquels ils donnent naissance ; à Tours, par exemple, à la suite 
des terribles inondations de i8i& et de 1856, qui avaient laissé dans les 



(f ) La pulré&ction s'établil avec rapidité de 15 à 30 degrés, température qui a été 
celle du mois d'avril. Voir la note de la p. 256. 



DioilizBchyGOCX^IC 



babitations envahies un limon pestilentiel, on vit se manifeeter deux épi- 
démies de Sèvres typhoïdes, accompagnées de fièvres intennitt^tes (1). 

L'influence qu'exerce sur le développement de la flèvre typhoïde le 
concours simultané, successif ou alternatif de la chaleur et de l'humidité 
pénétrant un sol imprégné de détritus organiques, est pour moi un fiùt 
démontré par les relevés que j'ai dressés, pendant plusieurs années consé- 
cutives, des époques où cette maladie commence & se montrer à l'état 
sporadique ou épidémique. Cest ordinairement du mois de juin à la fin 
de l'automne qu'on l'observe le plus souvent. Or, la température du mois 
d'avril, en 1866, se rapprocha de la moyenne ordinaire de celle des mois 
de mai et de juin (2). 

Des faits que j'ai observés tout récemment viennent à l'appui de ce qui 
précède. Cette année (1868), sous l'influence des fortes chaleurs des mois 
dejuillet et d'août, à la suite de pluies abondantes, dans le lieu même où a 
pris naissance notre grande épidémie, au quartier de cavalerie, 22 cas de 
dysenterie et quelques cas de fièvre intermittente et de fièvre typhoïde se 
sont développés sur des militûres, du 6 août au 22 septembre. Puis, après 
les chaleurs du mois de septembre, des pluies abondantes étant survenues 

(1) Ang. Millet. J*!. de méd., de chir. et de pharmacologie de la Sodété des 
BdenceB méd. et naturelles de Bruxelles, t. zxs, p. 139. 

{2) La tempârabire moyenne ordinaire da mois d'avril est de + 9,90 ; celle du 
mois de mai, de -|-14,15, et celle du mois de juin, de + 19,90 (annoaire du Cosmos, 
par l'abbd Moigno). 

En l'absence de tout document sur ce sujet pour Chiteaudna, j'emprunte an Jour- 
nal d'agriculture prat., de H. Barrai, la température moyenne tïMacima k Paris et i 
Tenddme, pendant les 30 premiers jonrs d'avril : â Paris, elle a été de + 1S,5, et à 
Vendôme, de + 16,7. 

Juillet a eu 12 jeun de pluie, donnant 86«n» 

dont 59 du 23 au 30. Orages les 15, 25 et 27. 

La température a été extrêmement chaude. 

Aoûts eu 13janrBdeplnie,doonant 166 i 

dont 133, 25 du 16 an S5. 

La tempérabire, très chaude d'abord, a été tempérée après les pluies. 

Septembre a eu 11 jours de pluie, qui ont donné dn 18 au 30. .. 70 i 

Température très chaude d'abord, rdhiidie par les pluies dn 18 an 
30. Orage le as. 

Octobre a en 14 jonrs de pluie, qni ont donné 100 50 

Température flroide et humide. (Note commuidquée par H. Qément, conducteur 
des ponts et diaussées). 

n est extrêmement regrettable que les températures moyennes mmima etffloxtmo 
de diacun decesmoia n'accompagnent pas ces très intéressantes observations météoro- 
logiques. 



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en octobre, huit nonveaux cas de Sèvre typhoïde se déclarèrent presc[ue en 
même temps, pendant les derniers jours de ce mois et les premiers du 
mois de novembre. 



MARCHE DE L'ËPIDËMIE. 



Hamtenant que nous croyons connaître les causes prinàpales de l'épi- 
démie, suivons-la dam son développement Vers le 15 ou 20 avril, elle se 
répandit rapidement dans les chambrées, et dès le 24 nn grand nombre 
d'hommes entraient & l'hûpital ; en même temps elle gagnait la ville. Les 
rues contiguês du Coq et du Val-SainVÂJgnan furent les premières envahies, 
et quelques jours avant la fin du mois son existence était constatée sur 
plusieurs personnes de la haute ville. Elle s'y répandit avec une grande 
rapidité, pois gagna un peu plus tardivement le fauboui^ Saint-Iean et la 
rue des Fouleries, ob son extension, pour des raisons que je ferai con- 
naître, fiit beaucoup plus lente et moins considérable. 

L'épidémie suivit une marche ascendante jusqu'à la fin de la première 
semaine du mois de mat ; elle resta stationnaire, en subissant quelques 
osdllations, jusqu'à la fin de ce mois, puis commença à décroître. Arrivée 
à son apogée en 25 ou 30 jours, elle mit deux mois et demi à disparaître. 
Sa duréelotaleaétéde trois mois etdemi. Pendant ce temps, eUe a atteint, 
à d^ degrés divers, à peu près 1,000 habitants. La mortalité a été 
environ de 10 0/0 (1). 

On a vu avec quelle rapidité la diffusion des germes putrides a eu lieu 
autour du foyer épidémique ; elle a été telle que la maladie s'est répandue 
presque instantanément dans les rues du Coq et du Val-Saint-Aignan, et en 
un très-petit nombre de jours dans toute la haute ville. Les courants 

(1) Voici comment j'établis ce chiffire. 

n rénille d'un dénombrement fait et de notes recueillies par l'administration qne, 
du 15 ou 20 avril au 6 jnin, le nombres des personnes attûntes par l'épidémie, à 
tous les degrés, a été de 711 

De ce nombre il font retrancher : les malades admis & l'hdpital où ils sont 
comptés, et ceux atteints de maladies étrangères à l'épidémie 81 

On devrait peut-être en défalqner encore 44 malades, qui n'ont reçu les soins 
d'aucun médecin et dont, par conséquent, la nature de la maladie reste douteuse. 

Du 6 juin an i" août, époque de la cessation de l'épidémie, il n'a pas été fait de 
relevé exact au complet ; j'y supplée de la manière suivante : 

Le nombre de mes malades, d'après le relevé de l'administration, a été, du 15 avril 



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atraosphériques ont été ici les agents de cette âifiFiision ; cependant il est un 
autre mode de propagation du mal qui concourt à le répandre, et surtout à 
en prolonger le règne, c'est la contagion ; non pas la contagion directe, 
immédiate et de contact ; mais la contagion indirecte, h distance ou par 
infection. C'est bien encore par l'intermédiaire de l'atmosphère qu'elle a 
lieu, mais par celle qui entoure le malade et qui a été contaminée par les 
miasmes putrides que laissent échapper son corps ou ses déjections. Ce 
mode de transmission de la âëvre typhoïde est difficile à constater, pendant 
le cours d'une grande épidémie & développement spontané comme la nôtre, 
parce que l'infection générale de l'air masque la contagion infectieuse 
restreinte, celle qui se développe dans une atmosphère limitée. Ce n'est 
qvCh l'extrémité du rayon du foyer épidémique qu'il commence & pouvoir 
être distingué de l'infection primitive. Auprès de nous, nous l'avons vu 
exercer son action dans la rue des Fouleries et dans le feuboui^ Saint- 
Jean qui, l'un et l'autre, semblaient à l'abri du principe infectieux der- 
rière le haut et large rocher sur lequel la ville est assise. Dans cas d«ix 
localités, la maladie s'est d'abord manifestée sur des personnes que leurs 
travaux appelaient journellement dans la partie de la ville infectée, puis 
sur un ou plusieurs de leurs parents, de leurs amis, ou de leurs voisins 
qui les avaient fréquentées. Mais ce mode de transmission devient 
d'une évidence incontestable en dehors du centre épidémique ; ainsi, nous 
voyons des élèves de nos pensionnats, des ouvriers, des domestiques 
retournant dans leurs familles aux premières atteintes du mal, le trans- 
mettre autour d'elles aux personnes qui les ont soignés ou seulement 
approchés. Des faits de cette nature se sont produits à Nivouville, & Saint- 
Denis-les-Ponts, au Goulet, à Niverville, à Civry, à Varize, k la Bazoche 
même, etc. A Civry, ils ont été le point de départ d'une véritable épidémie 
de-fièvres typhoïdes. 
Les épidémies qui procèdent de ces deux sources, l'infection spontanée 

au 6 juin, de 291. De plus, d'après mon relevé, j'ai visité du 6 juin au l«r août 
69 malades, total 360 

En retranchant mes 291 malades de 630, on a pour les antres médedns 
ensemble 330 

Et en ajoutant à ce chiifre, ponr le tempe écoulé du 6 juin au 1« août, nn 
nombre proportionnel à 69, c'est-à-dire 80 

On f^t mont«r leur total à 419. 

Et le total général des malades visités idomicileà 779 

A ce nombre, il faut encore ajouter celui des malades admis à lliSpital. . 195 

Et on obtient pour total général des personnes frappées par l'épidémie. . 974 

Sur 630 malades, 54 ont succombé à donlicile, soit 8,5 0/0. 

Sur 195 malades, 31 ont snccombé à t'hOpital, soit 15,8 0/0 : militaires, 9,8 0/0 ; 
bommw, 22,4 0/0 ; femmes, 14,7 0/0 ; enfants au-dessous de 15 ans, 18,5 0/0. 



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«se 

et la contagion par infection, diffèrent dans leur marche. La première est 
presque toujours précédée par l'apparition, dans la population menacée, 
de divers troubles gastro-intestinaux qui en sont comme les symptômes 
avant-coureurs ; elle est, en quelque sorte, instantanée dans sa propaga- 
tion, c'est-à-dire qu'elle atteint en même temps un plus ou moins grand 
nombre de personnes, sans que celles-ci aient eu aucune relation avec les 
premiers malades. C'est ce qui a eu lieu dans notre épidémie et ce qui est, 
ce me semble, une preuve de l'origine que je lui attribue. La seconde, au 
contraire, prend ordinairement naissance k la suite de l'arrivée dans une 
localité d'un individu venant d'un lieu infecté et déjà atteint lui-môme. La 
santé des habitants n'a le plus souvent présenté aucun trouble ayant 
quelque connexité avec la maladie qui va éclater. Cette épidémie progresse 
avec lentâur et se propage, par transmission successive, d'un sujet malade & 
un ou plusieurs autres ayant eu des rapports plus ou moins prolongés avec lui. 

Cette différence, d^is la manière de naître et de progresser des épidé- 
mies de fièvre typhoïde, ne peut-elle servir à soulever en partie le voile 
qui a toujours paru couvrir la pathogénie de cette affection, en nous mon- 
trant que c'est souvent à la contagion et non à des causes occultes et mys- 
térieuses, au génie épidémique, au quid divinum qu'il &tut attribuer la 
fâculté dont jouissent certaines de ces épidémies de se manifester et de ré- 
gner dans les localités les mieux aérées, les plus élevées et réunissant, sous 
les rapports météorique et tellurique, les meilleures conditions de salubrité? 

Tai dit quelles sont à mes yeux les causes de notre épidémie et celles de 
son extension et de sa propagation. Il me faudrait maintenant, pour en 
Caire une histoire complète, décrire ses symptômes, et dans leur ensemble 
et dans toutes leurs particularités. Mais alors même que je n'en serais pas 
empêché par l'impossibilité dans laquelle je me suis trouvé de réunir les 
éléments d'un pareil travail, le sentiment de mon insuffisance m'obligerait 
à y renoncer. Ce travail, au reste, serait sans utilité et sans nouveauté. Ces 
sortes d'inventaire de tous les phénomènes morbides présentés par chaque 
malade ont en effet bien plus souvent pour résultat, lorsqu'ils concernent 
une maladie aussi connue et aussi souvent décrite que la fièvre typhoïde, de 
mettre en reUef la patience de celui qui s'y livre, que de servir la science 
et la pratique. Je me contenterai donc, en m'aidant des courtes notes que 
j'ai pu recueillir, de tracer à grands traits les différents aspects sous lesquels 
se sont offerts et groupés les symptômes de l'épidémie. 



SYMPTOMES DE L'ËPIDËMIË. 

Dans la âèvre typhoïde le sang reçoit, par l'intermédiaire des voies res- 
piratoires, un principe morbide, de nature putride, dont j'ai indiqué l'ori- 



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S60 

gine, et le transmet k tous les oignes. Ceux-ci manifestent leurs soufErances 
par des troubles fonctionnels qui sont les symptAmes de la maladie. Hais 
soit que ce principe n'ait pas eu toujours le même d^ré d'activité, soit 
qu'il ait trouvé certains organismes plus ou moins réfiractaires à son action, 
les phénomènes morbide, au développement desquels il a présidé, ont 
présenté des différences assez notables par leur nombre, leur siège, leur 
intensité et leur durée ; de là la possibilité de reconnaître et d'établir plu- 
sieurs formes dans la manifestation symptomatique de l'épidémie, savoir : 
une forme saburrale avec ou sans fièvre, une forme légère, une forme 
commune ou de moyenne intensité, et une forme grave. 

lo FORME SABUBRALE. 

La forme saburrale était caractérisée par de la pesanteur ou de la douleur 
de tête, un sentiment de courbature dans les membres, de l'inappétence 
ou du dégoût pour les aliments, la présence d'un enduit blanchâtre plus ou 
moins épais sur la langue, enfin par un malaise épigaslrique ou abdominal. 
Elle fit son apparition dès le commencement du mois d'avril, en quelque 
sorte comme un avant-coureur de l'épidémie, pendant le cours de laquelle 
en outre elle ne cessa pas d'exister. On pourrait lui contester quelque 
rapport avec celle-ci, attendu que l'état saburral ou embarras gastrique se 
montre fréquemment sous l'influence de la chaleur atmosphérique ; mais le 
nombre de cas, plus considérable que d'habitude, qui s'en est manifesté à 
cette époque de l'année, sa continuation pendant le règne épidémique, la 
durée de ses sympl&mes qui a été de huit jours, c'estrà-dire plus longue 
que d'ordinaire, l'état de langueur et de prostration des forces qui l'accom- 
pagnait et la suivait, la lenteur du retour des fqnctions digestives à leur 
état normal pendant la convalescence, sont autant de circonstances qui 
rattachent cette forme saburrale à l'action du principe qui a donné nais- 
sance à la fièvre typhoïde épidémique. Cette forme élémentaire ou ébau- 
chée de la maladie manque, en général, avant l'apparition des épidémies oii 
la contagion remplit le r61e de cause première, parce que, dans ces der- 
nières, le début est brusque et n'est pas préparé par des altérations progres- 
sives des qualités de l'air. 

2° FORME LÉGÈRE. 

Dans la seconde forme, qui n'était à proprement parler qu'un degré plus 
âevé de la précédente, la nature putride de la maladie s'accentuait davan- 
tage. C'était une fièvre gastrique ou muqueuse typhoïde, les symptémes 
décrits plus haut étaient plus prononcés : la céphalalgie était vive, l'ady- 



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oamie ou prostration des forces notable ; il existait parfois des nausées, 
plus rarement des vomissements, ceux-ci étaient muqueux ou bilieux. 
La fièvre ordinairement continue se présentait chez certains malades 
avec des redoublements quotidiens qui constituaient des accès rémittents, 
je dirais même intermittents si les stades de froid et de sueur avaient été 
plus constants. La diarrhée spontanée manquait le plus souvent, ou, si elle 
avait heu, elle n'était que passagère ; l'action des purgatif était de courte 
durée. Cet état et la fièvre qui l'accompagnait cessaientvers le douzième ou 
le quinzième jour ; le malade eût semblé alors guéri, si une langueur de 
toutes les fonctions ne l'eût maintenu dans un état valétudinaire qui se 
prolongeait jusque vers la fin du troisième septenùroj c'est-à-dire jusqu'au 
moment où dans la forme suivante on voit commencer la convalescence. 
La gaérison a toujours eu lieu dans ces deux premières formes de la fièvre 
typhoïde. 

3° FORME DE MOYENNE INTENSITÉ. 

La fièvre typhoïde commune ou de moyenne intensité est la forme qui a 
frappé le plus grand nombre de personnes ; elle a présenté tous les symp- 
tèmes constituant cette affection bien caractérisée. 

A.U début, ils ont été tes mêmes que ceux déjà exposés. Dans un grand 
nombre de cas, an commencement de l'épidémie surtout, la céphalalgie 
occupât particulièrement la région occipitale et s'accompagnait de dou- 
leurs dans les muscles du cou et d'angine. Quelquefois celle-ci s'accom- 
pagnait d'un muguet plus ou moins abondant, pendant le cours ou & la fin 
de la maladie. Les épitaxis ont aussi été fréquentes, mais cinq fois seulement 
je les ai vues devenir inquiétantes par leur abondance et leur répétition. 

A ces phénomènes -s'ajoutaient de la douleur et du gargouillement dans 
la fosse iliaque droite, puis bientôt après de la diarrhée, soit spontanément, 
soit & la suite d'un purgatif administré ; elle ne cessait que forsque le 
malade entrait en convalescence. Cette diarrhée dépend d'une inflammation 
spécifique de l'intestin qui, par les lésions de la membrane muqueuse 
qu'eUe détermine, peut occasionner des hémont^es ou des perforations. 

Deux fois j'ai été témoin de ce dernier accident, et chaque fois, comme 
toujours ou presque toujours, il a été suivi de mort. 

Les hémorrhagies intestinales ont été assez nombreuses ; j'en ai observé 
dix-neuf, dont une provenait de l'estomac. Ce phénomène ne m'a paru avoir 
une influence funeste que sur cinq malades, et encore deux fois seulement 
la mort a été réellement la suite de la perte de sang. Dans les autres cas, 
cell&Kà était liée àdes symptômes tellement graves ou aune telle altération 
du fluide sanguin, que des bémorrhagies par d'autres voies ou par des taches 



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pourprées mettaient en évidence qu'elle n'a eu qu'une part secondaire àla 
tenninaison Êitale. 

L'hémorrhagie intestinale n'a donc pas par elle-même la gravité qu'on 
lui attribue ordinairement; je dirai plus, la perte de sang, qui est presque 
toujours ici une sorte d'épistaxls intestinale, produit dans l'état du malade 
— lorsqu'elle a lieu à la fin du premier septénaire ou même dans les pre- 
miers jours du second — une amélioration souvent très notable, mais 
quelquefois seulement momentanée. Cependant son apparition sera tou- 
joitfs un sujet d'alanne, parce que, si très fiféquenunent l'issue en est 
heureuse, elle prend dans quelques cas de telles proportions, par son abon- 
dance subite ou sa répétition, qu'elle met les malades aux portes du tom- 
beau, ou qu'elle les y précipite avec une rapidité extrême, alors môme 
qu'il y avait lieu d'espérer une terminaison favorable. 

Soit que je ne les aie pas cherchées avec assez de soin, soit qu'ellesman- 
quassent souvent, la présence de taches rosées lenticulmres, sur la surface 
du corps, ne m'a pas paru aussi constante que de coutume. 

Du c&té de la poitrine, on observait de la bronchite caractérisée par de 
la toux, des r&les sibilants, muqueux ou sous-crépitants, de l'oppression 
et parfois le soufQe caractéristique de l'engouement ou de l'hépatisaUon de 
quelque partie des poumons. Dans quelques cas, ces symptômes ont eu 
une telle prédominance sur tous les autres dès le début, qu'il semblait 
qu'on avait affaire à une bronchite ou à une broncho-pneumonie simple, 
mais une certaine stupeur répandue sur les traits, la prostration desforces, 
quelques taches rosées lenticulaires à la peau, ou quelques gouttes de sang 
répandues par les narines, ou encore de la surdité, etc., prouvaient qu'il 
follait rattacher cette modalité morbide à l'épidémie régnante. 

Le système nerveux était aussi plus ou moins affecté et, dans quelques 
cas, dès la fin du premier septénaire il existait du délire, quelquefois 
d'une intensité inquiétante; cependant le plus ordinairement ce délire 
cédait. Celui qui se manifestait dans le cours du deuxième et pnncipalement 
du troisième septénaire, ou plus tard encore, était plus redoutable. Toute- 
fois, l'adynamie avec stupeur, somnolence et rêvasseries seulement, a été 
le caractère névropathique dominant de cette forme de la maladie. 

iP PORHE GRAVE. 

Dans la forme grave on a observé, portés & un plus haut d^ré, tous les 
phénomènes morbides qui précèdent. C'était en outre le méléorisma, la 
rétention d'urine, la congestion et l'hépathisatlon des poumons, quelquefois 
la pleurésie, puis l'asphyxie. 

Eufln, à l'adynamie, à la somnolence, aux rêvasseries, se substituait un 



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délira plus ou moins bruyant, une agitation plus ou moins grande, les 
soubresauts des tendons, la carpbologie, les spasmes, etc. Dans quelques 
cas, le délire a pris le caractère maniaque de l'aliénation mentale : c'était 
presque un signe certain de mort. C'est au reste cette modalité de la âèvre 
typhoïde, c|est-à-dire avec symptômes ataxo-adynamiques, qui a occa- 
sionné la plupart des décès. 

Dans quelle proportion ces difTérentes formes ont-elles existé? C'est ce 
qu'il me serait difficile de dire, parce que les divisions qui précèdent n'ont 
pas de limites précises et absolues. Toutefois, en ne mettant pas plus de 
rigaeur dans la détermination des nombres que dans celle des espèces, 
j'arrive au résultat suivant: un cinquième des malades a été atteint par la 
première forme de la maladie, un cinquième par la seconde, deux cin- 
quièmes par la troisième et un cinquième par la quatrième. 

Cette épidémie a firappâ tous les sexes, tous les âges et toutes les condi- 
tions, mais dans des proportions différentes, dépendant des habitudes 
hygiéniques et de l'émigration. 

Si à l'égard des Ages on a remarqué, conmie toujours, une plus grande 
fréquence de la maladie de 10 à 30 ou 40 ans, on a constaté aussi que les 
âges extrêmes n'ont pas été épatées. 

Enfin, il résulte de nombreuses observations qu'un certain nombre de 
personnes, qui dans des années antérieures plus ou moins éloignées 
avaient déjà été atteintes de fièvre typhoïde, ont payé le tribut & l'épi- 
démie. A rencontre de ce qui est généralement admis encore aujourd'hui, 
la fièvre typhoïde peut donc frapper plusieurs fois le même individu (1). 

TRAITEMENT. 

Je serai bref au sujet du traitement. La fièvre typhoïde n'est pas de ces 
affections qu'une médication peut arrêter dans sa marche. Par cela même 
qu'elle est due à une intoxication de l'économie, il &ut un certain temps 

( 1 ) Sor les 690 malades traita k domicile, il y a eu : Hommes SOI 

— Femmes 234 
~ EnfanU aa-dessons de 15 ans 195 

630" 
Sur les 195 malades traités A lliOpital , il y a eu : Uiljtaires 51 

— Hommes 49 

— Femmes 68 

— Enfants an-dessoua de 15 ans 27 

~Î95~ 
Snr les 195 enranta, il y en avait vingt de 1 à 3 ans, et panni les adultes, trente- 
neuf avaient au-dessus de SO ans. 



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264 

pour que le principe septique qui l'a produite soit éliminé ou qu'il s'é- 
puise, et que les lésions dont il a été la cause se résolvent ou se réparent, 
lie médecin n'a donc dans cette affection qu'à surveiller l'état des organes, 
et à modérer les phénomènes pathologiques dont ils sont le siège. 

Au début, lorsque les symptômes gastriques dominent, ce sont les bois- 
sons froides et acidulés, les vomitië et les pui^ati&, suivant les circon- 
stances, qui doivent être employés. C'^t la seule médication qui convienne 
à la forme saburrale et aux cas de fièvre typhoïde légère. Lorsqu'il existe 
une réaction vive, une fièvre intense, chez les individus sanguins, la sai- 
gnée peut quelquefois être pratiquée; je ne me rappelle pas avoir eu l'occa- 
sion de le faire. D en est de même de l'application de sangsues qui a pu 
trouver sa raison d'être dans quelques cas Mti& d'irritation cérébrale. A ce 
traitement déplétif, j'ai presque toujours substitué les afTusiona froides, et 
les bienËiils que j'en ai obtenus ont jusliilé ma préférence. Les affusions 
étaient données tantôt sur tout le corps, le malade étant placé dans une 
baignoire vide, tantôt seulement sur la tête pendant qu'il était plongé dans 
un bain tiède. Sous l'infiuence de ce moyen thérapeutique, j'ai souvent vu 
le délire cesser ou diminuer avec une promptitude extrême, et la maladie 
continuer ensuite sa marche avec une modération qui laissait tonte sécu- 
rité sur son issue. Mais d'autres fois aussi, le déUre vaincu ou atténué 
n'était qu'une pierre écartée du chemin, où d'autres accidents non moins 
graves pouvaient se présenter, et compromettre le résultat favorable obtenu . 

Les lotions froides continuées pendant les deux ou trois premiers septé- 
naires, sans avoir une action aussi décisive que les affusions, étiùent un 
adjuvant utile, soit qu'elles soutirent une partie du calorique en excès dans 
le corps du malade, soit qu'elles provoquent â, la peau une réaction qui 
s'opère aux dépens des congestions internes, principalement quand on les 
fait suivre de frictions sèches énergiques, soit enfin qu'elles continuent 
l'action sédative des affusions et qu'elles régularisent les fonctions du 
système nerveux. 

Les ventouses sèches et les vésicatoires ont été les principaux i^ents 
opposés aux lésions pulmonaires ; la glace et les toniques astringents, ceux 
qui m'ont paru le mieux convenir pour combattre les bémorrha^es intes- 
tinales. 

Soutenir les forces pendant tout le cours delà maladie par une alimen- 
tation en général liquide, et en rapport de quantité et de consistance 
avec l'état des fonctions et des oi^anes digestif; vers le déclin, y ajouter 
des aliments plus substantiels associés aux préparations de quinquina, et 
surtout aux vins généreux ; faire concourir autant que possible à l'action 
de ces moyens thérapeutiques le renouvellement de l'air autour des noa- 
lades, par une bonne ventilation, par changement fréquent du linge de 



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âtt5 

corps et de lit, par l'enlëvement immédiat des matières excrémentiUelles, 
par l'aération des objets de literie, plutdt que par l'emploi des désinfectants 
comme le chlorure de chaux, l'acide phénique, etc., qui peuvent bien dé- 
barrasser l'atmosphère de quelques matières organiques putrescibles, et 
être à ce point de vue de quelque utilité, mais dont l'action destructive du 
principe typhoïde n'est encore qu'une hypothèse. Tel est, d'une manière 
générale, le traitement que j'ai appliqué pendant l'épidémie de 1866: non 
pas avec la prétention, je le répète, d'enrayer la maladie dans son cours, 
mais avec l'espoir, qui n'a pas toujours été déçu (1), d'en amoindrir l'inten- 
sité ou d'en modérer les complications les plus compromettantes; c'est le 
seul r61e qui convienne au médecin dans cette aSectlon. 



PROPHYLAXIE. 

Cette notice, qui n'a d'autre but, comme je l'ai dit en commençant, que 
de déposer dans les bulletins de la Société une trace historique de l'épi- 
démie qui a décimé la ville de Chftteaudun en 1866, serait par trop incom- 
plète, si je n'indiquais les mesures hygiéniques principales, indispensables 
à prendre pour préserver le quartier de cavalerie des épidémies, petites' 
ou grandes, qui s'y manifestent fréquemment (2), ou les y rendre 
plus rares, plus bénignes, et faire en sorte qu'elles ne s'étendent pas sur le 
reste de la ville. 

Si je ne me suis pas mépris sur les causes de notre épidémie, sur celles 
qui en ont fourni les premiers éléments, il résulte de l'exposé que j'en ai fait 
qu'il est ut^ent d'éloigner les fumiers des bâtiments habités, ou de les en- 
lever le plus promptement possible ; mais surtout de foire disparaître les 
eaux croupissantes et saturées de matières végéto-animales, qui, à la suite 
de pluies, les entourent ou les remplacent, et forment une sorte de maré- 
cage infect dont l'odeur se répand au loin. 

Dans la deuxième moitié du mois d'octobre de cette année 1868, en 
passant sur la route impériale qui domine le quartier de cavalerie, j'ai 
souvent senti l'odeur de ces détritus oi^niques. Il est digne de remarque 
que c'est pendant les derniers jours de ce mois, et les premiers jours de 
novembre, que huit militaires ont été atteints de fièvre typhoïde; de plus, 
que cette petite épidémie et la grande de 1866 ont coïncidé avec l'époque 
oii l'enlèvement des fumiers se fait très activement pour les besoins de 

(i) Dans ma clientËle, le nombre des décès a été de 6,3 0/0 ; dans mon service à 
l'hôpital, il a été de 12,6 0/0. 

(2) J'ai déjà signalé deux petites épidémies qui s'y sont déclarées cette année 
(1868), l'une de dysenterie, l'autre de fièvre typhoïde. 



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l'agriculture, et met le sol à nu, et oCi les conditions météoriques se sont 
le plus rapprochées de celles qui favorisent la putréfaction, et le dégage- 
ment des efDuves qu'elle produit. 

Pendant l'épidémie de 1866 et depuis, je n'ai cessé de signaler l'état du 
sol du quartier de cavalerie, et en particulier de celui ob sont entassés les 
fumiers, comme la cause principale de ia fièvre typhoïde qui ravagea la 
ville. Tai eu, plusieurs mois après, lasatisûiction de voir combler toutes les 
cavités boueuses dont ces cours étaient couvertes, mais il n'a rien été fait 
pour mettre un terme aux émanations putrides, qui s'exhalent du terrain 
&ngeux sur lequel séjournent ces fumiers. J'espère que la démonstration 
de leur pernicieuse influence, qui ressort de cette notice, ouvrira enfin les 
yeux. Caveant conswîes (1), 

Pour détruire ce foyer d'infection, le dallage ou le pavage de ce lieu de 
dépôt serait absolument nécessaire. Il le faudrait faire avec des matériaux 
imperméables, ou susceptibles de le devenir promptement, et de telle 
manière que le purin, dont les eaux pluviales augmentent plus ou moins la 
quantité, trouve un écoulement facile et rapide dans des fosses étancbes, 
où l'agriculteur viendrait le puiser pour fertiliser ses champs. 

On aurait soin de combler avec du gros sable, et dans un court délai, 
les dépressions ou excavations plus ou moins étendues, qui se produiraient 
k la surface du sol des cours, et dans lesquelles séjournent de l'eau ou de 
la boue contenant des détritus organiques. 

On mettrait à profit les mutations qui s'opèrent dans la garnison, etl'éva- 
cuation temporaire des b&timents, pour en badigeonner l'intérieur à la 
chaux, les aérer et les nettoyer le plus complètement possible. 

Si une épidémie intense venait à s'y déclarer, au lieu de conserver à 
l'infirmerie les hommes qui commencent k ressentir les premières atteintes 
du mal, on les enverrait immédiatement à l'hôpital, puis on ferait évacuer 
tous les bâtiments et on en disperserait les habitants; enfin on procéderait 
aux travaux de désinfection et d'assainissement jugés nécessaires. 



D'. L.-A. RAIMBERT. 



(1) Au moment où nous lisons cette notice — 19 janvier 1869, — pendant la 
température douce et humide de la première quinzaine de ce mois, 11 nouveaux cas 
de fièvre typhoïde se sont déclarés au quartier de caTalerie, et quelques cas dans la 



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NOTE SUR LE SCEL 



CHARTE D'AFFBAMCHISSEMENT DE LA COMMUNE DE GHATEAUDUN 



M. Poulain de Bossay, notre savant collaborateur, a eu l'obligeance de 
nous donner le texte et la traduction de la charte d'at&anchisseraent 
octroyée à la ville de Cbâteaudun par Louis, comte de Bloia, en 1197. A la 
charte de conSnoation de ce précieux monument, donnée au mois de 
février 1281 par Pierre d'Alençon, cinquième fils du roi saint Louis, et l'un 
des successeurs du comte Louis, est attaché un sceau assez bien conservé. 
Or, ce sceau nous ofTre un intérêt immense en ce qu'il corrobore cette 
charte et lui procure son vrai caractère d'authenticité, et en ce qu'U donne 
une idée de l'art du graveur à. cette époque du Moyen-Age. C'est pourquoi 
nous l'avons jugé digne de la reproduction par le dessin. Le croquis qui en 
est donné ici est dû à la plume de M. Léon Perronne, qui a bien voulu nous 
prêter le concours de son talent (pi. II). 
Voici la description de ce sceau : 

Il appartient à la catégorie de ce qu'on appelle les sceaux pendants. En 
effet, il est suspendu au titre par des attaches ou lacs en sole rouge et verte. 
Sa forme est ronde ou orbiculaire; et sa matière, de cire jaune. Le comte 
Pierre d'Alençon est représenté monté sur un cheval lancé au galop, la 
tète couverte d'un casque fermé, lequel a pour cimier un ornement en 
forme d'éventail. D tient une épée de la main droite et porte suspendu à 
son cou un écu aux armes de France. Son cheval, galopant vers la droite, 
parait lui-même avoir la tète ornée de cette sorte d'éventail, et est cou- 
vert d'un caparaçon aux mêmes armes. — Le tout est encadré dans cinq 
cercles concentriques linéaires qu'entoure une légende en partie détruite 
par suite de brisures dans la cire. — Nous la transcrivons telle qu'elle 

est : SiGiLLOM PETRI FILn REGis FRAnCOrum N 

CARNOTensb S AVESNis. — Or, on sait que, le plus sou- 
vent, les noms et les titres pris au commencement des chartes sont les 
mêmes que ceux qui sont gravés sur les sceaux. La légende peut être 
restituée ainsi : SIGILLUM PETRI FILII REGIS FRANCORUM, ALEMO- 



D,oilizB<:byGOO<^le 



NENSIS, BLESENSIS ET CARNOTENSIS COMITIS, ET DOMINI DE 
AVESNI5. — Cette légende, tracée en lettres majuscules gothiques, 
est elle-même circonscrite par deux cercles concentriques linéaires. 

Au rerers, existe un contre-sceau portant au centre un écu aux annes 
de France, lequel est entouré d'une rosace & six arcs. Deux rameaux trifo- 
liés sont l'un à droite et l'autre h gauche de cet écu, un troisième en tète, 
et en dedans de la rosace. — Au point de jonction de chacun des arcs et 
en dehors se trouve un besant. Le tout est entouré par deux cercles con- 
centriques. Vient ensuite cette légende : CONTRA Siqillum PETRI 
FILn REGIS FRANCORUM, gravée en capitales gothiques et circonscrite 
par deux autres cercles concentriques. 

Le scel et le contre-scel sont ici dessinés dans toute leur grandeur. 



Brossieb-Gérat. 



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aiHiaKTa ©a aîiiaTa^iYsvin' 



aoNTRe-siaeL 



SG€L 



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NOTE 

UN CIMETIÈRE MÉROVINGIEN 

DÉCOUVERT A CLOVBS (EURE-ET-LOIR), AU MOIS DE FÉVRIER 186S 



En creusant les fondations d'une maison qu'il ikit reconstruire à Cloyes, 
sur le bord de la route impériale de Paris à Bayonne, M. Gommault, phar- 
macien, fit mettre à Jour vers la fin de février 1868, à aoe profondeur 
d'environ deux mètres, la partie supérieure d'un cercueil en pierre calcaire 
analogue à celle qui est extraite des carrières voisines de Mont^^y-le- 
Gannelon. 

Le bureau de la Société danoise fut immédiatement prévenu, et l'un de 
ses membres se rendit sur les lieux ; malgré son empressement, !e cou- 
vercle du cercueil avait déjà été enlevé et l'on avait retiré de l'intérieur un 
squelette en bon état de conservation, ayant au côté gauche une longue 
épée en fer, semblable à celles décrites par M. Henri Baudot dans le 
compte-rendu des fouilles exécutées à Chamay (Côte-d'Or), par cet habile 
archéologue. 

En continuant les travaux, les ouvriers découvrirent bientôt un deuxième 
cercueil, semblable au premier pour la forme, mais en grès d'un roï^e 
brun , connu dans le pays sous le nom de grison et provenant, selon toute 
probabilité, des environs de Mondoubleau (Loir-et-Cher). A l'ouverture 
de ce cercueil, les ouvriers constatèrent la présence d'un squelette moins 
fort que le précédent, mais presque réduit en poussière. Ce cercueil ne 
renfermait ni armes, ni bijoux. 

Une tranchée, pratiquée à angle droit avec la première, permettait de 
reconnaître la présence de trois nouvelles tombes encore engagées dans le 
sol environnant. 

Le 26 février, je me rendis à Cloyes avec un des membres du bureau de 
la Société. Une troisième tranchée avait été ouverte et un magnifique cer- 
cueil en pierre de Montigny avait été dégagé des terres qui l'entouraient. 
Avec la gracieuse autorisation du propriétaire, nous entreprîmes d'enlever 
ce cercueil pour le transporter au musée de ChAteaudun. Cette opération 
présentait quelques diEQcultés ; le cercueil était placé àenvirondeux mètres 
de profondeur sur un lit de sable de rivière ; l'eau l'entourait et s'élevait 
& une hauteur d'environ 0^ 15 autour de ses parois. Les tranchées environ- 



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270 

nantes permettaient de reconnaître les difFérentes couches du terrain. Sur 
un Ut de sable de rivière dans lequel reposait le cercueil et qui s'élevait 
à (>■ 20 au-dessus de son couvercle, se trouvait un dépôt de terre 
noire, analogue à celle des marais, d'une épaisseur de 0" 30, puis une 
couche de terre d'un mètre 50 d'épaisseur, parsemée de débris de maçon- 
nerie, de poteries, de tuiles plates et k rebords, de fragments de bois et de 
nombreuses traces de charbon. 

Pour extraire notre cercueil, nous fûmes obligés d'enlever les terres voi- 
sines, et, le long de la paroi sud, nous découvrimes un squelette dont les 
diverses parties étaient à leur place naturelle. Le personnage dont nous 
trouvions les restes avait sans doute été inhumé sans cercueil, car, malgré 
de minutieuses investigations, nous n'avons pu découvrir aucune trace de 
planches, et la présence de gros morceaux de silex semblait indiquer que la 
présence d'un cercueil en bois était impossible. A la hauteur de la ceinture 
du mori, nous trouv&mes la moitié d'une agrafe de ceinturon en bronze, mais 
nous ne pûmes trouver la contre-boucle ou du moins nous ne la vîmes pas, 
car plusieurs personnes pensent qu'elle a été soustraite par l'un des ou- 
vriers employés aux fouilles. Nous reproduisons (pl.III, Ëg.l) la boucle que 
nous avons découverte et qui a été remise h M. Gommault. Cette boucle a 
0" 16 de longueur sur O» 07 dans sa plus grande laideur; elle est ornée de 
neuf clous saillants de différente grosseur, rivés en dessous, les plus gros 
placés du côté le plus rapproché de l'ardillon. D'après la fbrme de la 
boucle et d'après les dessins dont elle est ornée, nous pensons qu'elle 
appartient à l'époque mérovingienne. Sur l'un des gros clous, on remarque 
un dessin en forme de croix et l'on pourrait peut-être en conclure que 
celui auquel elle appartenait était chrétien. C'est là une simple induction 
et nous nous gardons de rien conclure. 

La boucle était probablement fixée sur un ceinturon de cuir au moyen 
de quatre appendices en bronze, percés chacun d'un petit trou de forme 
arrondie. 

Lorsque nous voulûmes ouvrir le cercueil que nous désirions enlever, 
nous ne pûmes soulever le couvercle que par fragments, l'action de l'eau et 
le poids des terres ayant déterminé de nombreuses tissures dans la pierre. 
Le squelette était placé sur le dos dans une eau d'une limpidité parfaite 
et qui s'élevait dans le cercueil à une hauteur de 0" 40. Le bras droit était 
étendu le long du corps ; le bras gauche était placé sur l'abdomen, desorte 
que les ossements de la main se trouvaient entre les fémurs. Le crâne 
étaitàl'extrémité de la main gauche, entre tesdeux fémurs; leseauxs'étant 
élevées dans le cercueil, le crAne avait sans doute surnagé et avait été 
s'échouer là où nous l'avons trouvé. La mâchoire inférieure était restée à 
sa place normale et terminait le squelette du côté de l'ouest. 



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271 

Celui dont nous venions de troubler le repos était un guerrier ; il tenait 
dans la main gauche une anne, lance ou javelot en fer, dont la pointe repo- 
sait à peu près à la place du cœur. Nous reproduisons (pi. III, Qg.2) cette 
arme, que jusqu'ici nous n'avons vue décrite nulle part. Cette arme, intacte 
au moment de sa découverte, a été remise à M. Gonunault, mais malheu- 
reusement elle a été accidentellement brisée en quatre morceaux. 

La dépouille morteUe de notre guerrier était dans un surprenant état de 
conservation. Les ossements furent recueillis avec soin et envoyés à la 
Société d'anthropologie de Paris, mais l'action de l'air agissant comme 
principe dissolvant, ils arrivèrent à destination dans un tel état que le 
crftne put seul être conservé. 

En examinant, deux jours après, l'arme que nous venions de trouver, 
nous reconnûmes qu'elle avait été pourvue d'un manche en bois, dont on 
distinguait encore des parties fibreuses. Cette arme portait sur son plat 
l'empreinte très distincte d'un tissu formé de gros fils, qui avait, suivant 
toute probabilité, fait partie du vêtement du défunt. 

Ce cercueil ne renfermait ni ornements ni poteries. 

Le cercueil avait subi l'influence d'une humidité continuelle et il était 
évident que, pour le retirer intact, il fallait employer de grandes précau- 
tions. Mous commençâmes par le faire entourer d'une bande de fer serrée 
au moyen de boulons à vis, puis, nous fimes glisser des planches dessous 
et, à l'aide d'une chèvre, nous eûmes la satis&ction de le retirer intact de 
la position qu'il occupait depuis bien des siècles, pour le mettre dans notre 
musée où il est maintenant déposé. 

La journée étant très avancée, nous dûmes abandonner nos travaux, 
nous promettant de les reprendre le surlendemain. Le 28, dès neuf heures 
du matin, nous étions au rendez-vous. Les trois cercueils engagés dans les 
terres, dont j'ai parlé plus haut, avaient été brisés par les ouvriers, sans 
amener de nouvelles découvertes. 

Nous fimes ouvrir une tranchée du sud au nord, en partant de l'endroit 
où était la tombe enlevée l'avant-veille et bientôt nous découvrîmes un 
nouveau cercueil en grison, puis un autre en pierre de Montigny ; ils étaient 
très rapprochés l'un de l'autre et placés très exactement dans l'alignement 
de celui que nous avions pria pour point de départ de notre fouille. En 
dégageant les terres, nous découvrîmes une nouvelle sépulture, la neu- 
vième ; elle consistait en un cercueil en pierre de Montigny et était engagée 
dans les anciennes fondations de la maison ; mais, au heu d'être orientée 
de l'ouest à l'est, elle avait la tête au nord et les pieds au sud. Nous bri- 
sâmes le côté droit de ce cercueil et pûmes le visiter facilement : il conte- 
nmt un squelette bien conservé, mais il ne s'y trouvait ni armes, ni bijoux, 
ni poteries. 



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272 

Le cercueil de grison renfermait des ossements très mal conservés, l'eau 
n'y séjournait pas comme dans les autres, le grison étant beaucoup moins 
poreux que la pierre de Monligny. Les ossements qiû subsistaient avaient 
évidemment appartenu à un adulte, mais ils étaient moins gros que ceux 
des cercueils précédemment fouillés, et nous avons pensé que c'étaient ceux 
d'une femme; toutefois, notre supposition n'a pu être confirmée faute d'une 
personne compétente pour la changer en certitude. Le cercueil suivant 
renfermait un jeune guerrier : il avait le long de la jambe gauche un sera- 
masaxe et un couteau superposés, paraissant avoir été renfermés dans un 
fourreau unique enboisdontonvoyaittrès distinctement les traces. Le cein- 
turon avait disparu ; dans le principe, il avait été attaché au moyen d'une 
boucle et d'une contre-boucle en fer et de deux passants de même métal, rivés 
sur le cuir. Pour la forme, cette boucle rappelle celle dont nous avons déjà 
parlé, mais elle n'a que 0,10 de longueur sur 0,05 dans sa plus grande largeur. 
Elle est très oxydée, et il est impossible de distinguer les ornements qui 
devaient la décorer. La boucle conserve l'empreinte d'une étoffe qui parait 
être de la grosse toile; et la contre-boucle, longue de 0,07, conserve encore 
un fragment du cuir du ceinturon. 

En notre absence, les ouvriers continuèrent la fouille vers le nord et 
découvrirent un cercueil en pierre de Mont^y, le dixième. H était placé 
contre le précédent et il n'avait que 0,70 de longueur. II renfermait le 
squelette d'un enfant dont la mâchoire inférieure a été reconnue par M. le 
docteur Raimbert provenir d'un sujet de moins de trente mois. 

Les explorations faites du côté de l'ouest ne font découvrir aucune tombe 
nouvelle; elles ne peuvent se poursuivre au nord et au sud à cause des 
maisons qui couvrent le terrain. A l'est, les fouilles sont également impos- 
sibles, à cause de la route impériale d'abord et des maisons qui en bordent 
l'autre rive. Il est probable que nous avons fouillé la limite extrême vers 
l'ouest d'un cimetière qui s'étend à l'est sous une partie de la ville de Cloyes 
et s'élargit au nord et au sud dans des conditions identiques. Cette opinion 
parait confirmée par la déclaration des voisins de M. Gommault, qui 
afSrment avoir trouvé, en creusant leurs caves, des sépultures semblables 
à celles que nous venons d'indiquer. 

Il est difficile de axer avec quelque précision l'époque à laquelle remontent 
les inhumations de notre cimetière, mais nous croyons pouvoir affirmer, 
d'après l'inspection des objets trouvés, qu'il appartient à l'époque méro- 
vingienne. 

Cloyes aurait donc été habité à celte époque. Pour l'établissement d'une 
bourgade, l'emplacement était on ne peut mieux choisi : sur le bord d'une 
rivière très poissonneuse, au milieu de forêts où le gibier devait êb% abon- 
dant, et enfin au bas d'un coteau qui l'abritait contre les rigueurs de l'hiver. 



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S73 

Les sépultures dont j'ai eu l'honneur devous entretenir, trop longuement 
peut-être, ne sont pas la suite d'un combat. Elles ont été ^ites avec soin 
et probablement à diverses époques. Les cercueils étaient régulièrement 
placés en lignes, du nord au sud, et peut-4tre réunissidt-oB les membres 
d'une même Emilie? Les sépultures indiquées sous les numéros sept, huit 
et dix, sembleraient l'indiquer. Le mari aurait été placé au miUeu, ayant 
sa compagne à droite et son enfant ft gauche. La neuvième sépulture, pla- 
cée perpendiculairement aux autresetjusteaux pieds des trois précédentes, 
ne serait-elle pas celle d'un servileur dévoué de la fomille 1 Me pourrait-on 
pas voir, dans cette disposition, un emblème de la fidélité, anal(^^ à ceux 
que nous voyons représentés dans les tombeaux d'une époque très posté- 
rieure, où l'on a figuré l'image des défunts avec des chiens ou des lions 
couchés & leurs pieds? 

Deux crfloes, adressés & la Société d'anthropologie, proviennent des 
sépultures indiquées sous les numéros six et sept. Le premier est brachy- 
céphale, le second est sensiblement doUchocéphale : tous deux sont déposés 
dans le musée de la Société d'anthropologie de Paris (1). 

Le cimetière mérovingien de Cloyes donne lieu aux remarques suivantes : 

1» Gomme le cimetière que nous avons fouillé précédemment à Marboué, 
il n'a produit aucune poterie, ce qui semble indiquer un usage tout diffé- 
rent de celui des peuplades voisines et notamment de celles de Normandie, 
où M. l'abbé Cochet et d'autres archéologues ont presque constamment 
trouvé des poteries dans les sépultures mérovingiennes et tranques. 

2" La sépulture dans un coBire de pierre ne parait pas être le privilège 
exclusif des personnages d'une condition élevée. A Marboué comme & 
Cloyes, les ornements les plus délicats ont été découverts dans des sépul- 
tures dépourvues de cercueil en pierre. 

3° Les cercueils en grison renfermaient, croyons-nous, des squelettes de 
femmes. Serait-ce une règle absolue ? On ne peut établir une réponse h 
cette question sur deux faits dont la certitude n'est même pas assurée, mais 
nous pensons devoir émettre cette idée pour attirer l'attention de ceux qui 
feront des fouilles dans le voisinage des nôtres. Il leur sera facile de recon- 
naître si cette hypothèse est fondée. 

4° Les ossements qui étaient dans des cercueils en pierre de Montigny 
étaient conservés d'une manière surprenante ; ils étaient dans de l'eau 
d'une limpidité extrême. Les ossements qui avaient été inhumés sans cer- 
cueil étaient bien conservés, mais le poids des terres les avait brisés en 
partie. Enfin, dans les cercueils en grison, où il y avait une grande humidité 
mais pas d'eau en permanence, les ossements étaient presque tous, le crâne 

(1) Voir le Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, séances des 19 mars et 
7 mai 1868. 

DioilizBchyGOOgle 



274 

excepté, réduits à l'état de poussière. Le squelette adressé & la Sodétë 
d'anthropologie, privé de l'action de l'eau et sous l'influence de l'air, est 
également tombé en poussière et nous en avons conclu qu'il fallait attribuer 
à la présence de Veau l'état de conservation surprenant que nous avons 
constaté dans les cercueils en pierre de Mostigny. Comme le dit M. le 
docteur Broca, dans son compte-rendu à la Société d'anthropologie, c'est 
là un phénomène curieux, mais très grave pour Les archéologues, et il y aura 
des recherches k bire pour éviter à l'avenir, dans l'ouverture des tombes, 
des accidents du môme genre (1). 

Gomme on le voit par ce qui précède, le cimetière mérovingien de CHoyes 
n'a jusqu'ici produit que peu d'objets, mais il en fournirait un grand nombre 
si on pouvait faire des fouilles, car il ne faut pas perdre de vue que l'espace 
exploré est très restreint : six mètres de laideur sur quatre de longueur, 
soit vingt-quatre mètres de superficie, dans lesqiiels dix sépultures ont été 
constatées. 

Dans les débris dont se compose le terrain qui recouvre les tombes, les 
ouvriers q\ie nous avons employé ont trouvé, à une place qui n'a pas été 
bien déterminée, un objet qui parait d'une époque bien postérieure aux 
sépultures. C'est une dalle en terre réfractaire, d'un décimètre carré environ. 
Cetle dalle parait être la moitié d'un moule qui aurait été destiné & couler 
divers objets en métal; un scel oblong au milieu et quatre monnaies 
autour. Nous reproduisons (pi. m., fig. 3) cette dalle qui parait se rattacher 
à l'époque du Moyen-Age. 

Je ne saurais terminer ce résumé des fouilles de Cloyes sans témoigner 
ma reconnaissance à M . Gommault pour la complaisance qu'il a eue de nous 
permettre de fouiller son terrain, alors que nous apportions de sérieuses 
entrave5àsestravaai(2). Pour mettre lecomble & nos désirs, M. Gommault 
n'aurait qn^& oHHr au musée de Ch&teaudun le résultat des fouilles ; la 
Société Dunoise leur ferait certainement bon accueil. 

Les dimensions des cercueils sont sensiblement les mêmes. Voici ces 
dimensions : longueur, 2" 05, laideur du côté de la tète, 0^65, largeur du 
côté des pieds, O" 31. Tous les cercueils étaient recouverts au moyen de 
dalles en fonne de toit peu incliné. 

A. DE Belfort. 



(1) D'aprÈB les indications de H. le docteur Broca, on parviendrait probablement i 
empêcher l'action dissolvante de l'air en plongeant les ossementa dans une dissolution 
de ûlicate de soude ou de potasse. 

(2) Ces lignes étaient tracéee depuis longtemps, lorsque la mort est venue frapper 
H. Gommault. 



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COMMDNE DE CHATILLON 



ÉTAT DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE 

CONSTATÉ D'APRÈS 

LES ACTES DE MARIAGES DE 1668 A 1868 (1) 



< Pltu let peaplca wront £cliir4t, plu tl j um 

• da gem conTilncus de U nécesiitA de» kds, di 
■ bewln de lee défendre, et plu» U todUt un 

• tuiu, heureoM, prospère. • (IUfolIon I*). 

Au moment où tout le monde semble d'accord pour reconnaître et pro- 
clamer que l'instruction est une néceatité sociale de premier ordre, il m'a 
paru de quelque intérêt de dresser un état des progrès qu'a faits l'enseigne- 
ment primaire dans la commune de Ghâtillon depuis l'année 1668 jusqu'au 
1" janvier 1868. 

Cet état, que j'ai établi d'après les actes de mariages, permettra de con- 
naître, en ce qui concerne la commune de ChStilloD, le chemin parcouru 
jusqu'à ce jour, et d'apprécier en quelque sorte la distance qui nous 
sépare encore du but élevé que se propose le gouvernement de l'Empereur : 
( Répandre l'instruction dans toutes les classes de la société, aûn d'élever 
l'Ame et de fortifier le corps de la nation, i 

Comme on peut s'en assurer par le tableau ci-joint, ce n'est qu'à partir 
de 1798 que la moyenne d'instruction commence & augmenter pour les 
hommes et pour les femmes. 

Avant 1798, cette moyenne varie d'année en année, tant&t en plus, 
tantât en moins ; on ne remarque pas cette marche ascendante et continue 
qui est l'indice d'un progrès soutenu. 

De 1678 & 1688, par exemple, la moyenne pour les hommes est de 
32,77 •>/« ; de 1698 à 1708, cette moyenne descend à 8,59. 

Quelles sont les causes de ces variations, de ces augmentations et deces 
diminutions successives? Cest ce qu'il serait utile d'examiner, afin de se 
faire une idée des incidents qui ont signalé la marche de l'enseignement 
primaire dans notre pays. 

(i) Ce travail a été présenté par H. de Tarr^on, sur la demande de H. l'inspec- 
teur primaire. 

DioilizBchyGOOgle 



276 

En général, l'effet d'une loi sur l'enseignement ne peut s'apercevoir, en 
consultant les actes de mariages, que quinze ans environ après l'application 
de cette loi. 

J'ai donc recherché si les augmentations signalées par l'état cité précé- 
demment avaient été produites par une mesure législative quelconque. En 
cela, je n'étais pas guidé seulement par un simple motif de curiosité ; je 
pouvais, en présence des progrès dus aux lois passées, juger pour l'avenir 
de l'impulsion féconde qui doit résulter de l'élan général avec lequel on 
s'occupe, de nos jours, de toutes les questions qui ont trait k l'éducatioa 
du peuple. 

Au 23 juin 1680, parait un arrêt qui réserve privativement aux curés la 
direction des écoles de charité, et le droit d'en nommer les ntaltres ; pour 
les autres écoles, la nomination des maîtres des petites écoles ( c'est jûnsi 
qu'on désigna nos devanciei^ jusqu'en 1808) appartenait toujoui? aux 
évéques. 

En 1695 et en 1696, paraissent plusieurs décisions du Conseil d'Etat qui 
semblent indiquer qu'à ces époques on s'occupa plus particulièrement de 
l'enseignement populaire. 

Aussi, de 1708 à 1718, la moyenne d'instruction pour les hommes s'élève 
de 8,59 "/o à 16,03. 

De 1718 à 1728, il y a une diminution sensible ; la moyenne descend 
pour les hommes b. 9,04. 

Quelle est la cause de ce mouvement rétrograde? 

Peut-on attribuer cette décroissance aux malheurs occasionnés par les 
guerres que la France eut à soutenir de 1706 à 1714? à la misère qu'occa- 
sionna, pour plusieurs années, le r^oureux hiver de 1709, cet hiver terrible 
qui arrachait & M™^ de Maintenon ce mot qui peint la douleur noblement 
supportée alors par la France : « Je mange du pain d'avoine ; ce ména- 
gement n'est pas considérable ; mais cela épargne du froment. > 

Si la détresse était alors si grande qu'on voyait des domestiques du roi, 
sans gages depuis deux mois, demander l'aumAne , qu'on juge par I& des 
souffrances parmi le peuple des campagnes 1 Sans nul doute, au milieu de 
tant de misères, on n'envoyait pas les enfants à l'école ; on ne songeait 
qu'à la disette affreuse qui régnait alors, à cette disette qui chassait loin 
des champs vingt-cinq mille affamés que l'on voyait ébranler les grilles du 
parc de Versailles en criant : « Du pain I > 

A partir de 1728, la moyenne augmente, et, sauf quelques variations, se 
maintient à peu près au même chiffre jusqu'en 1798, époque à laquelle elle 
prend une marche ascendante et continue. 

Pendant ce laps de temps, on s'occupa à plusieurs reprises de l'éduca- 
tion du peuple ; car, en 1724, une bulle du pape Benoît !XIII approuva 



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277 

l'établissement des Frères de la doctrine chrétienne, qui ne furent définiti- 
veroent autorisés en France que le 6 avril 1725 par lettres patentes de 
Louis XV. 

Jusqu'ici, je n'ai pas parlé de l'instruction des femmes ; la moyenne est 
tellement insignifiante qu'on peut dire avec raison avec M. Albert Leroy : 
c Quand les hommes ne se souciaient pas de l'instruction pour eux-mêmes, 
c comment l'auraient-ils demandée pour leurs femmes? s 

En 1791, 1793 et 1794, plusieurs lois furent rendues en faveur de l'ensei- 
gnement primaire par les assemblées républicaines ; dès 1789, par ledécret 
du 11 août qui abolit la dlme, l'Assemblée nationale avait pris, pour l'État, 
l'engagement de pourvoir désormais à l'entretien des écoles. 

L'effet produit par ces différentes lois se traduit par une augmentation 
de 8 «In pour les hommes et de 1 "/« seulement pour les femmes. 

En 1802, on s'occupa de l'enseignement du peuple, et le Gouvernement 
déclara, par l'organe de Fourcroy, qu'il était eflirayé de la nullité ou de 
l'absence presque absolue des écoles en France. 

Le 10 mai 1806, le Corps législatif rendit le décret qui institua un corps 
enseignant sous le nom d'Université impériale; et, le 17 mars 1808, parut 
le décret qui organisa cette Université. L'article 107 dece décret renfermait 
cette disposition qui fait voir clairement la sollicitude que le glorieux chef 
de la dynastie napoléonienne av»t pour l'éducation populaire : c II sera 

< pris par l'Université des mesures pour que l'art d'enseigner à lire, à 
( écrire, et les premières notions de calcul dans les écoles primaires, ne 
« soit exercé désormais que par des maîtres assez éclairés pour commu- 

< niquer facilement et sûrement ces premières connaissances, nécessaires 
c à tous les hommes. > 

Ce mouvement en faveur de l'enseignement produisit une augmentation 
de 2 «/o pour les hommes et pour les femmes. 

De 1818 à 1828, il y a diminution de 2 % POur les hommes, diminution 
qui ne peut être attribuée qu'à une cause locale; il y a, au contraire, 
augmentation de 4 Vo pour les femmes. 

En 1S16, 1820, 1824, diCTérentes ordonnances furent rendues pour orga- 
niser la surveillance des écoles : toutes ces mesures donnent un gain do 
6 o/d pour les hommes et de 17 «/o pour les femmes. 

Le 28 juin 1833, parut la loi proposée par M. Guizot qui, dans sa circu- 
laire aux instituteurs du royaume, dis^t : i L'instruction primaire uni- 
verselle est désonnais une des garanties de l'ordre et de la stabihté 
sociale. > 

En 1836, une ordonnance fut rendue pour organiser les écoles de filles. 

Quinze ans après, de 1848 à 1858, la moyenne d'instruction s'élevait, 
pour les hommes, à 45,33 %, et à 30,14 pour les femmes. 



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278 

La loi de 1850 sur l'enseignement primaire vînt donner une nouvelle 
extension aux institutions qui existaient alors; et cette loi, complétée par 
différentes mesures prises en faveur de l'enseignement populaire, depuis 
le rétablissement de l'Empire, éleva la moyenne à 71,^ pour les hommes, 
et à 60,71 pour les femmes. 

En présence de ces augmentations successives dues aux différentes lois 
qui ont régi l'enseignement primaire en France depuis deux cents ans, en 
présence surtout des résultats déjà obtenus de 1858 à 1868, n'est-il pas 
permis d'espérer le plus grand bien des efforts tentés par le Gouvernement 
actuel pour multiplier les sources d'instruction ? 

La gratuité appliquée avec la plus grande libéralité, l'extension donnée à 
la création des écoles de filles par la loi du 10 avril 1867, les encourage- 
ments accordés de toutes parts aux cours d'adultes, l'intérêt toujours 
croissant témoigné par le gouvernement de l'Empereur aux instituteurs 
primaires, tout cela ne nous permet-il pas de croire avec raison que le 
moment n'est pas élo^é où la France, c habituée & marcher à la tête des 

< nations, les y précédera encore, non-seulement par ce qui était autrefois 
€ la mesure des nations, par le génie de ses grands hommes, mais par ce 

< qui est devenu le niveau où se marquent la force et la grandeur des 
€ peuples, par l'intelligence et la moralité de ses classes laborieuses. » 

Sans doute, il y aura encore des obstacles à la diffusion générale de l'ins- 
truction populaire; l'insouciance des parents, la distance qui, dans les cam- 
pagnes, sépare les hameaux du chef-lieu de la commune, plusieurs autres 
causes locales qu'il est difficile de préciser, entraveront encore les efforts 
entrepris pour assurer l'universalité de l'instruction primaire. Mais, lorsque 
la loi récemment votée sur les chemins vicinaux aura rendu les communi- 
cations plus &ciles; lorsque les parents, plus éclairés, comprendront enfin 
les bienfaits de l'instruction et le bien qu'ils doiventen retirer, eux et leurs 
enfants, un grand pas sera fait dans cette œuvre de civilisation si noble- 
ment poursuivie par le ministre dévoué et patriote appelé par l'Empereur 
à présider aux destinées de l'instruction pubUque en France. 

A nous donc, modestes instituteurs primaires, de travailler avec ardair 
à cette œuvre, si utile, de l'éducation populaire. Mettons en commun nos 
efforts, et donnons à la France pour la faire honorer de plus en plus, à 
l'Empereur et k son Fils, pour les servir dignement, des générations for- 
mées à toutes les vertus par une éducation chrétienne, et préparées aux 
grandes choses par une instruction solide, appropriée à tous les besoins. 

Telles sont les réflexions qui m'ont été suggérées par la comparaison de 
l'état de l'instruction primaire dans les deux cents années qui viennent de 
s'écouler. 

Il m'a paru utile, à une époque où l'opinion en France est unanime sur 



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279 

les questions d'instruction populaire, de jeter un regard sur le chemin que 
nous avons déjà parcouru et d'en saisir l'ensemble, afin de comparer les 
efforts que nos devanciers ont dû faire avec ceux qui nous sont nécessaires 
encore. En voyant les difficultés qui ont été vaincues par nos prédécesseurs, 
notre courage doit se retremper, notre énei^e et nos forces s'accroître 
pour franchir l'espace qui nous sépare encore du but élevé auquel nous 
vouions atteindre. 



Ch&tiUoD, le 30 juillet 1868. 



POULLIN, 
Instituteur à Chfltillon. 



COMMUNE DE CHATILLON 



ÉTAT DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE 

COHaTATË D'fcPRÉS LES fLCTES DE IIXRIIGES DE 1668 k 1868 






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38,45 


» s 


1826 


11 




3 


54,54 


27,27 


1787 


10 






20 


10 


1827 


10 




3 


40 


30 


1788 


9 






11,11 


» s 


1828 


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50 


12,50 


1789 


5 






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20 


1829 


16 




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31,25 


18,75 


1790 


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1830 


16 




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37,50 


6,25 


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12 






16,66 


8,33 


1831 


17 




5 


41,17 


29,41 


1792 


11 






54,54 


9,09 


1832 


14 




4 


28,57 


28,57 


1793 


16 




2 


18,75 


12,50 


1833 


14 


5 


4 


35,71 


28,57 


1794 


19 




2 


15,78 


10,52 


1834 


7 


2 


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28,57 


42.85 


1795 


7 







14,28 


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1835 


6 


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1796 


16 







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1836 


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1797 


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1837 


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1798 


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36,84 


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1838 


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33,33 


16,66 


1799 


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1839 


10 


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1800 


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16,66 


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1840 


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5 


42,85 


35,71 


1801 


10 




1 


40 


10 


1841 


25 


16 


6 


64 


24 


1802 


5 




1 


20 


20 


1842 


16 


7 


5 


43,75 


31,25 


1803 


11 


2 


1 


18,18 


9,09 


1843 


24 


9 


8 


37,50 


33,33 


1804 


13 


3 


1 


23,07 


7,69 


1844 


16 


12 


4 


75 


25 


1805 


6 


2 





33,33 


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11,11 


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1846 


12 


6 


2 


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1807 


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42,85 


14,28 


1847 


4 


2 





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1808 


16 


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1848 


14 


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64,28 


14,28 


1809 


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33,33 


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1849 


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66,66 


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1810 


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12,50 


1850 


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42,85 


14,28 


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8 


3 


2 


37,50 


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1851 


10 


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2 


40 


20 


1812 


15 


6 


1 


40 


6,66 


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10 


5 


2 


50 


20 


1813 


13 


5 


2 


38,46 


15,38 


1853 


12 


7 


4 


58,33 


33,33 


1814 


7 


1 





14,28 


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1854 


13 


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61,53 


61,53 


1815 


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21,42 


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1855 


13 


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6 


61,53 


46,15 


1816 


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19,04 


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1856 


12 


5 


2 


41,66 


16,66 


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9 


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39,13 


4,34 


1857 


12 


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1858 


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58,33 


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1863 


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1859 


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1864 


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56,25 


56,25 


1860 


20 


10 


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1865 


15 


11 


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73,33 


53,33 


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8 


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1866 


17 


12 


12 


70,58 


70,58 


1862 


10 


8 


8 


80 


80 


1867 


13 


10 


10 


76,92 


76,92 



RÉCAPITULATION PAR PÉRIODES 



PROPORTIOH P' CEHT. 



De 1668 & 1678. 
De 1678 à 1688. 
De leSS à 1688. 
' De 1698 à 1708. 
De 1708 & 1718. 
De 1718 & 1728. 
De 1728 à 1738. 
De 1738 à 1748. 
De 1748 à 1758. 
De 1758 à 1768. 
De 1768 à 1778. 
De 1778 à 1788. 
De 1788 à 1798. 
De 1798 A 1808. 
De 1808 à 1818. 
De 1818 à 1828. 
De 1828 à 1838. 
De 1838 à 1848. 
De 1848 à 1858. 
De 1858 à 1868. 



10,86 


2,17 


22,77 


4,95 


16,52 


6,61 


8,58 


3,90 


16,03 


0,94 


9,04 


0,53 


17 


2,22 


12 


1,73 


21,t; 


4,19 


18,80 


5,98 


22,91 


2,08 


28,18 


2,72 


21,37 


5,98 


29 


6 


31,34 


8,95 


29,68 


12,96 


35,71 


25 


46,33 


30,14 


55,37 


34,71 


71,42 


60,71 



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Façade d'une Maison de lan 



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S' Lubin.à Châteaudun 



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LISTE DES mSTITOTEURS AYANT EXERCÉ A CHATILLON 
DE 1602 A 1868 



-1 . BRETON Jean, à Fée. 

2. HËNAGER dande. . 

3. HËNAGER Glande, lits 

4. BRAY Marin. . . . 

5. MESNEU Suzanne, malt 

d'école 

6. AUBRÏ Etienne. . . 

7. DUBOIS FrançûÎB . . 
S. VATIER FrantoiB . . 
9. COUPEAU Pierre . . 

-lO. LU6AST Frantois . . 
ii. LANGE Charles. . . 
12. MAUPD Jacques . . 



1702. 
1702. 
1708. 
1711. 
1717. 
1723. 
1728. 
1740. 



13. 


BEAUSSET Jean-Pierre . . 


1750. 


14 


GIRARD FranQois-Rodi . . 


1760. 


15 


PARIS ÉUenne 


1764. 


16 


BEAUHAIRE Jean-COiarlea . 


1772. 


17 


GUIGNARD Jacques . . . 


1782. 


18 


DEBRAY Jean-Louis . . . 


1786. 


19 


LEROUX Pierre .... 


1821. 


20 


TARRAGON Jean -Pierre - 






Nlcaisç 


1825. 


21 




18*7. 


22 


BIGOT Ënule, inlérimain! . 


1857. 


23 


POULUN Jacqnes-François- 






Gïprien 


1868. 



NOTES 
SUR DIVERSES MAISONS ANCIENNES 



DE LA VILLE DE GHATEAUDUN 



La ville de Gbàteaudun a été cruellement éprouvée par plusieurs inceD- 
dies. Le plus mémorable de tous se déclara le 20 juin 1723, h deux heures 
de relevée. < Le feu prit son commencement par la maison du nommé 
« Clément, vigneron, rue de l'Éguillerie (1), et dans un instant se commu- 
« nique en plusieurs endroits, en sorte qu'en moins de douze heures, le 
« faubourg de Saint-Vallerien et plus des trois quarts de la ville furent 
< entierrement incendiés. Il y eust trois ^lises brusiées, Saint-Vallerien, 

(1) Ia rue de l'Éguillerie donnait sur la Place et se dirigeait au sud-est, vers la 
rue de Jallane. Une maison, qui fait le coin de la rue de Jallans et de la me du 
Temple-Saint- Valérien, porte nne inscription indiquant que c'est là que le feu prit en 
1723. Cette inscription, qui mentionne aussi un incendie de 1802, parait erronée, car 
la rue de l'Éguillerie ne se prolongeait pas aussi loin. 



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284 

< Saint-André et Saint-Pierre, dont les cloches des deux premières fùsrent 
« fondeQes. 800 nuùsons, l'Hôtel-de-Ville, l'Élection, le Baillage ont été 
€ pareillement compris dans le dit incendie (1). • 

Les flammes s'arrêtèrent du côté de l'ouest, aux rues du Collège et de la 
Cuirasserie, laissant intacte une partie de la ville qui comprenait les 
paroisses de Saint-Lubin, Saint-Médard et Saint-Aignan, et le couvent de la 
Madeleine. 

La paroisse de Saint-Lubin était très-rapprochée du château et renfer- 
mait, suivant toute probabilité, la partie la plus ancienne de la ville, dont 
elle bordait & l'ouest les remparts. C'est là que nous pouvons apprécier ce 
qu'était l'ancienne cité, car, malgré l'œuvre du temps qui fait disparaître 
chaque jour de curieux spécimens d'architecture, nous pouvoos encore 
étudier quelques constructions dont il nous a paru utile de conserver au 
moins le souvenir dans ces pages. 

Une des maisons les plus curieuses de ce quartier est sans contredit celle 
habitée par M. Gouin, tapissier, située rue Saint-Lubin, en face de celle du 
Collège. 

Cette maison est citée dans une suite d'actes autlientiques, dont le plus 
ancien, daté du 7 avril 1434, est passé devant la cour de la chastellenie de 
Chàteaudun ; elle appartenait alors au maître et aux frères de la Maison - 
Dieu de Châteaudun, qui la cédèrent à loyer à Colin Mineau, tonneUer, à 
sa femme et k leurs enfants leur vie durant, moyennant le paiement d'une 
rente annuelle de 30 sous tournois, payable moitié le jour de saint Jean- 
Baptiste et moitié le jour de Noël. Elle est désignée comme abutant sur la 
grand'rue de ChAteaudun, allant de la Porte-d' Amont à la Porte-d'Abas, 
en la paroisse de Saint-Lubin et touchant d'un côté à Hemon Gien, pelle- 
tier , et d'autre côté à Jehan Fulnei, boucher. 

En 1489, par un bail passé devant la même cour, le vendredi 12 mars, 
les Frères la cédèrent à Colin Destouches, serrurier et marchand, à Loise, 
sa femme, et à leurs entants et petits-enfants, pendant 59 ans, moyennant 
une rente annuelle de 40 sous tournois payable par moitié et aux termes 
précédemment indiqués. Par cet acte, les Frères de la Maison-Dieu se 
réservaient la faculté de reprendre leur maison quand bon leur semblerait, 
moyennant le paiement aux locataires d'une indemnité de six escus d'op. 

Le 13 mai 1523, Michel le Mesnager, avocat, et Pierre l'Enfant, tant pour 
eux que pour Louise Gosté, leur belle-sœur, la prirent & loyer des maîtres 
et frères de la Maison-Dieu, moyennant 6 deniers de cens, payables le jour 
de Notre-Dame de Septembre, et 4 livres de rente foncière, payables par 
moitié le jour de Noël et le jour de saint Jean-Baptiste. 

Le 24 mars 1608, Marie Gouin, veuve en premières noces de Guillauine 

(1) K^ttrait d'un manUBcrit que nous avons publié. Voyez ci-dessue, page 57. 

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le Mesnagier et en deuxièmes noces de Guillaume Hamon, reconnaît devant 
Vigier, notaire du comté de Dunois, que sa maison est redevable envers la 
Maison-Dieu de Ch&teaudun de 6 deniers tournois de cens, payables le 
jour de Notre-Dame de Septembre, et de 4 livres tournois de rente 
foncière, payables annuellement et perpétuellement par moitié, les jours 
de saint Jean-Baptiste et de Noèl. 

Le 15 janvier 1627, une reconnaissance semblable est faite detvant Lecoq, 
notaire du comté, par noble homme François le Mesnagier, sieur du Jour- 
net, chef des chaussonneries de la reine-mère (1). 

Gilles Bointru et Marie Lamblore acquirent la maison dont nous nous 
occupons de la veuve de François le Ménagier, le 13 mai 1655, par acte 
passé devant Jacques Lange, notaire à Logron ; et, le 17 avril 1773., la veuve 
Rointru reconnaît devant Pierre Savigny, notaire du comté, les rentes dues 
à la Maison-Dieu de Châteaudun. 

Jean Caget, huissier, devint propriétaire de la maison après la Êimiile 
Rointru, mais celui-ci ayant &iit de mauvaises affaires, la maison fut saisie 
à son décès, ce qui donna lieu à un procès dans lequel, après une longue 
procédure, les administrateurs temporels de la Maison-Dieu parvinrent à 
feùre reconnaître leurs droits de cens et de rente contre Daniel Perchet, 
tuteur des enfants du sieur Caget. 

Henry Carouget et sa sœur Françoise d'Orléans en devinrent proprié- 
taires le 4 juillet 1735, par acte devant Bérail, notaire à Chiteaudun, et cette 
maison resta dans leur tamille jusqu'au 26 février 1793, jour où elle fut 
vendue, moyennant 2,424 livres, à Louis Ramard, qui remboursa aux admi- 
nistrateurs de l'Hospice civil de Châteaudun, moyennant 87 fi-. 60 cent., 
les rentes de 6 deniers de cens et de 4 livres tournois de rente foncière 
par acte du 5 frimaire, an XI. 

Louis Ramard entreprit la restauration de la maison dont il était devenu 
propriétaire, il rasa les combles et le premier étage et les remplaça par 
un galandage sans solidité, qu'il recouvrit d'un toit en ardoises. Le rez-de- 
chaussée étant solidement établi, il le laissa subsister et conserva ainsi la 
partie de sa maison que nous admirons aujourd'hui et dont la délicatesse 
de travail nous fait vivement regretter la portion détruite. 

Le rez-de-chaussée, construit en belles pierres de taiUe, se compose de 
trois pilastres dont deux sont reliés par un mur qui se termine lui-même 
par une console saillante placée à hauteur d'appui, sur laquelle repose un 
grand châssis vitré ; entre les deux autres pilastres, se trouve la porte 
de ta maison, formée d'un arc surbaissé, au-dessus duquel se trouve 
une lucarne carrée qui donnait, à volonté, le jour dans une soupente et 
était fermée, comme elle l'est encore aujourd'hui, par un volet de bois 

(1) Catherine de Médicis. 



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composé de trois panneaux, sur chacun desquels sont sculptées une rosace 
et deux demi-rosaces ; les panneaux sont joints entre eux par une partie 
saillanlâ sur laquelle se trouvent sculptés un losange et deux demi-losanges, 
dans l'intérieur desquels il y a une sculpture analogue, pour le dessin, à 
celle des rosaces. 

Au-dessus de la console s'élèvent les pilastres, desquels se détache un 
pilier orné d'une rosace et de deux demi-rosaces. Ces piliers se terminent 
par un chapiteau orné de volutes corinthiennes et d'une tête grimaçante ; 
puis, au-dessus de ce chapiteau, s'en trouve un second sans aucune 



Une poutre sculptée repose sur ces trois pilastres. Elle est ornée à sa base 
d'une corde nouée, enroulée elle-môme, dans l'intervalle des nœuds, par 
un ruban du plus gracieux effet. Sur cette corde reposent quinze corbeaux 
ornés, dans la partie en retrait, d'un médaillon contenant une tète humaine 
en baa-relief et, dans la partie saillante, d'une tête en relief d'un travail 
très remarquable. 

Au dire des vieillards, il y avait au premier étage une fenêtre divisée en 
croix et ornée d'un encadrement en pierre sculptée, puis, dans la toiture 
qui était en bardeau, se trouvait une lucarne égalementomée de sculptures. 

D'après les vestiges qui restent, cette maison a certainement été cons- 
truite BU XVI* siècle, et, suivant toute probabihté, la famille Le Ménagîer, qui 
en est devenue propriétaire & cens, en 1523, l'aurafait réédifier telle qu'elle 
existait en 1793, en profitant de la présence à GhAteaudun des habiles 
ouvriers qu'avaient dû y attirer les travaux du château. Peut-être même 
Ch&teauduD renfermait-il alors des artistes capables de faire un travail 
aussi déhcat (voir pi. IV). 

A. DE Belfort. 
4 janvier 1869. 



DESCRIPTION 

DE LA. 

PORTE DU PRESBYTÈRE DE SAINT-LUBI^ 

A CHATEAUDUN 



La porte de l'ancien presbytère de Saint-Lubin, située près des ruines de 
l'église du même nom, ne semble pas avoir été construite sur son empla- 
cement actuel ; des profils interrompus indiquent qu'elle a subi une trans- 
formation. 



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Société dunotse . PI. V. 



Porte de 1 ancien R^sbytère de S. Lubin 
à CKàteaudun. 



hip.ÂiàfiatiBtf.ll^r.JiiSti.^at. H. G. Jcl. 






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287 

Le style de cette porte remonte & la première moitié du XVI» siècle, 
époque de la Renaissance. Encadrée par deux pilastres aux lignes variées 
et bien proportionnées, elle produit un effet harmonieux. 

Le piédestal se relie au sol par une suite de moulures évasées très gra< 
cieusement ; les retours sont mouvementés par des ressauts qui repro- 
duisent les mêmes profils ; une belle corniche saillante en fait le couron- 
nement. Le cadre renferme d'élégantes arabesques. 

Une colonne-balustra ressort aux trois-quarts sur le pilastre dont elle 
forme la principale décoration ; elle se reUe à la corniche précédente au 
moyen de moulures semblables à celles du pilastre et disposées de telle 
sorte que tes parties saiUaatas des unes correapoBâent aux parties creuses 
des autres. La base de la colonnette, carrée à sa naissance, devient octo- 
gonale ensuite ; un amortissement triangulaire mouluré, d'un effet très 
heureux, adoucit la transition des deux formes. Des feuilles d'acanthe, 
surmontées de petites cannelures convexes, produisent autour de la colonne 
de beaux jeux de lumière et d'ombre. 

Les statuettes qui ornent les chapiteaux sont presque entièrement 
détruites aujourd'hui. A gauche, deux anges sont placés dans les angles ; 
au-dessus de la colonnette, un groupe de trois enfants nus se donnent la 
main et semblent exécuter une ronde. A droite, les personnages d'angle 
sont vêtus de longues tuniques flottantes ; l'un d'eux joue de la guitare. 
Le groupe de la colonnette se compose d'un personnage symbolique placé 
entre un ouvrier taillant un bloc de pierre et une fenmie assise à côté de 
son rouet à filer. 

Les volutes du chapiteau des colonnes sont formées de quatre dauphins. 
Dans un angle rentrant on remarque une tête d'oiseau. 

Une corniche d'un beau profll complète le cadre de la porte. 

î\ nous a paru utile de conserver, au moyen d'un dessin, ce gracieux 
spécimen de la Renaissance, susceptible de disparaître dans im temps peu 
éloigné (pi. V). 

H. G. 



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EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX 



Séance du 8 décembre i8€8. 

Admission d'un nouveau membre titulaire. 

Admission provisoire de M. Francis Wey comme membre honoraire. 
Décision relative à l'envoi des bulletins de la Société à M. Louvancourt, 
de Cbartres. 

Séance du 38 décembre i868. 

Acceptation de la démission d'un membre titulaire. 

Admission de M. Louvancourt comme membre titulaire. 

Lecture d'une lettre de M. le vice-recteur de l'Académie de Paris, annon- 
çant la création par M. le ministre de l'instruction pubUque d'un prix par 
chaque rœsort d'Académie pour le meilleur ouvrage d'archéologie, d'his- 
toire et de science, et observations, à cet égard, sur l'exclusion de Paris 
du concours. 

Séance du 5 janvier i869. 

Annulation de quittances de cotisations impayées. 

Lecture : i" d'un travail de M. le docteur Raimbert sur l'épidémie de 
Gh&teaudun en 1866 ; 2<< d'une note de M. de Belfort sur la maison de 
M. Gouin, tapissier, et 3" d'une note de M. Brossier, sur le sceau de Pierre 
d'Alençon, attaché à la charte d'affranchissement de la commune de ChÂ- 
teaudim; ces divers travaux seront présentés à l'assemblée générale du 19 
janvier 1869. 

Approbation des comptes et adoption du bu<^et présentés par H. Bros- 
sier, et dont le détail suit : 

C»wat»mm de l'umée isa«. 



1" Reliquat de compte de l'année 1867 61 fr. 09 

2" Deux cotisations arriérées de l'année 1866 10 » 

3" Quatre cotisations arriérées de l'année 1867 20 » 

*> 176 cotisations de l'exercice 1868 880 » 

5" Deux semestres d'intérêts échus les \" janvier et \" 

juillet, d'une ob%ation d'Orléans 14 60 

6" Recettes extraordinaires 24 85 

7° Produit de la vente du bulletin 27 50 

Total 1038 fr. 04 



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i' Frais' de bureau 41 fr. 85 

2<> Frais de garde des collections 60 > 

3° Entretien de la collection omithologique i5 » 

i/> Achat de mobilier 267 45 

5» Achat de Uvres 37 » 

6» Achat d'objets de collection M8 » 

7" Impression de bulletins 331 69 

8" Dépenses imprévues 67 05 

Total égal iœ8 tt. 04 



RECETTES PRÉSUMÉES. 

1" Une cotisation arriérée, exercice 1865 5 fr. » 

2» 29 cotisations arriérées, exercice 1868 145 » 

3' 180 cotisations, exercice 1869 900 i 

4° Intérêts de l'obUgation d'Orléans 14 58 

5° Intérêts des fonds à la Caisse d'épargne 15 > 

6° Subvention du Conseil général 200 » 

7" Don d'un anonyme 122 » 

Total 1401 fr. 58 

DÉPENSES PRÉSUMÉES. 

1« Frais de bureau 50 fr. » 

2» Garde du musée 60 > 

3° Entretien de la collection omithologique. 25 » 

i/> Achat de mobiUer 25 » 

5» Achat de hvres 50 » 

6° Achat d'objets de collection 45 40 

1- Impression de bulletins 220 » 

8" Dépenses imprévues 25 » 

9» Impression du cartulaire de Ghemars 300 > 

10" Solde du budget 1868 601 18 

Total égal .... 1401 58 

SÉANCE GÉNÉRALE 

DD 19 lANTIEK 186S. 

Présence de MM. de Belfort, Poulain de Bossay, Brossier-Géray, Henri 

Lecesne, Desbans et Coudray, membres du bureau, et de MM. Sence, 
Biard, Jumeau, Anthoine, Baimbert-Desormeaux, Groisy, Gougeon, Car- 



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tier, Clément, Gallou, Géray, DeMiye, Perronne, TeUleux, Dorsemaine, 
Pesle, Berger, Alexis Lucas, Pouillier, Fillette et Denizart. 

Exposition par le président de ia situation de la Société, qui possède 2(6 
membres titulaires, 10 membres honoraires et 9 m^nbres correspondants, 
et qui échange ses bulletins avec 27 sociétés correspondantes. 

Admission définitive comme membres honoraires et correspondants de 
MM. Francis Wey, Mabille et de Ferry, admis provisoirement par le bureau. 

Admission définitive des Sociétés correspondantes dont le nom suit : 

1" Société Êduenne. 

2" Société d'archéologie, sciences, arts et beUea-lettres de la Mayenne. 

3" Société Française de numismatique et d'archéologie. 

iP Commission départetnentale des antiquités de la Seine-Inférieure. 

5" Société d'émulation de l'Ain. 

6" Société archéologique et historique du Limousin. 

7» Société Savoisienne d'histoire et c^ archéologie. 

8" Société d'émulation de Montbéliard. 

9» Société ^^agriculture de l'arrondissement de Mayenne. 
10" Académie du Gard. 
H' Société archéologique de Touraine. 
12" Société archéologique et historique de la Charente. 

Présentation et approbation des comptes et budget déjà adoptés par le 
bureau. 

Sur la proposition de M. le président, le cartulaire de Chemars sera livré 
gratuitement aux membres honoraires et correspondants, ainsi qu'aux 
Sociétés correspondantes, mais il ne pourra être remis aux membres titu- 
laires que moyennant un versement supplémentaire de cotisation 
de 1 fr. 50 c. 

Lecture : 1" par M. de Belfort, d'une note sur un statère d'or trouvé à 
Moisy et d'un travail relatif h la jolie maison de M. Gouin, tapissier, rue 
Saint-Lubin, à ChAteaudun ; 2° par M. Brossier, d'une description du sceau 
de Pierre d'Alencon ; et 3° par M. Goi^eon, d'ime note sur la porte de 
l'ancien presbytère de Saint-Lubin. 

L'asseooblée décide l'impression de tous ces travata, chaleureusement 
accueillis. 

Élection de quatre membres du bureau, en remplacement de M. Barbé, 
décédé, et de MM. de Belfort, Rayé du Perret et Henri Lecesne, membres 
sortants, et proclamation, après plusieurs tours de scrutin, des résultats 
suivants : M. de Belfort, président, MM. Henri Lecesne, Raimbert-Sevin et 
Raimbert-Desormeaux, membres, le dernier en remplacementdeM. Barbé. 

Séance du S février i869. 

Nomination de M. Raimbert-Sevin comme vice-président. 



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Acceptation de la démission d'un membre. 

Lecture d'une lettre de M. le vice-recteur de l'Académie de Paris, annon- 
çant que le département de k Seine sera exclus des concours académiques. 

Lecture d'une lettre de M. le ministre de l'instruction publique, relative 
aux concours des Sociétés savantes et lectures de la Sorbonne en i86d. 

Séance du 27 avnl i869. 
Admission de plusieurs membres titulaires. 
Fixation de l'ordre d'impression du bulletin. 

Lecture d'un travail de M. Poullln, instituteur à Cbâtillon, sur l'état de 
l'instruction primaire dans sa commune, d'après les actes de mariage de 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 
i>n U uu 1886. 

Présence de MM. de Belforl, Desbane, Ctoudray, Poulain de Bossay, 
Silly, Sence, Boucher, Pouillier, Raimbert, Allard-Vaumartel, Perronne, 
Bei^er, Teilleux, Gougeon, Baimbert-Guérinot et Lemay. 

Acceptation de la démission de M. Raimbert-Sevin des fonctions de 
vice-président et de membre du bureau, et regrets exprimés au démission- 
naire. 

Lecture d'une lettre de M. le vice-recteur sur les concours académiques. 

Nomination, en conformité du décret du 30 mars 1869 sur ces concours, 
de M, Guillaume Rey et, à son défaut, de M. Poulain de Bossay, comme 
membre du jury du concours pour l'année 1869. 

Lecture des travaux ci-après : 1<> Ét(U de l'Instruction publique, dans la 
commune de ChâtiUon, depuis 1668 jusqufen i868, d'après les registres de 
l'état-civil, par M. Poullin, instituteur à CbÂtUlon ; 2» Histoire de l'abbaye 
de Bonneval, i'^ partie, par M. te docteur Teilleux ; et 3" LimUes de Fancien 
Dunois, par M. Poulain de Bossay. 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 
Admis depuis le 15 novembre 1868 jusqu'au SB mai 1869. 

UEHBRE HONORAIRE. 

M. Francis Wey, inspecteur général des archives à Paris. 

MEMBRE FONDATEUR. 

M. Philippe Bellier de la Chavignerie, ancien magistrat à Chartres. 



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MEMBRES TrruuaHEfi. 
M. Gahnieb fils, imprimeur à Chartres. 
M. GuÉRiN DE Vaux, juge suppléant h Châteaudun. 
M. Cahtieh, ancien notaire à Châteaudun. 
M. LoirvANCOURT, propriétaire à Chartres. 



DONS OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 
Depuis le 15 noirembre 1868 jusqu'au 26 mai 166&. 
Par MM. 

De Belfort. Une mâchoire de squale, un bout de Sèche en 

silex. 

VicURE. Demi-franc de Henri V, roi de France (1833). 

Fricot. Un reliquaire monté en argent. 

QuiNTON. Une médaille de bronze (prise de la Bastille). 

Billard de Saint-Laumer. Une médaille d'or de Roger, grand-comte de 
Sicile, et une médaille d'or de GuiUaume, 
roi normand de Sicile. 

Brossier-Gëray. Médaille religieuse et denier de Philippe- 

Auguste. 

Cartier. Médaille de Postume. 

Leleu. Divers fragments de poteries antiques signées. 

Rayé du Perret. Un aut<^çraphe d'Adolphe Vuitry. 

Guillaume Bey. 3 médailles de Gratien, de Constantin-le- 

Grand et de Valens. 

GuÉRm de Vaux. Un éperon en bronze. 

Poullin. 8 cachets du Comité révolutionnaire régénéré 

de Dun-sur-Loir, de la mumci{>alité de Brou 
en 1793, de la Société populaire de Brou, 
de l'administration municipale du canton 
de Brou, de la mairie de Brou, du commis- 
saire du pouvoir exécutif du canton de 
Brou et du comité de surveillance d'Vëvres. 

Galerme-Bordeau. Une buse empaillée. 

De Lotmes. Papiers relatif à Harbouville, etc. 



OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 
Depuis le 15 novembre 1868 jusqu'au 26 mai 1869. 
I. Par les Auteurs. 
HE. Eure-et-Loir pittoresque (arrondissement de 

Châteaudun), 1 vol. in-S». 



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295 

M. Lefèvre. Documents historiques sur le comté de Dreux, 

1 vol. in-ia. 
Chapelle Notre-Dame-la-Ronde, broch. in-8". 
Historique de la chAtellenie de Rabestan, broch. 
M. I^FÈVREflls. Botanique du département d'Eure-et-Loir, 1 vol. 

in-8». 
M. DE Fehbt. L'Homme préhistorique en M&connais, broch. 

in-8«. 
L'Ancienneté de l'homme en Maçonnais, broch. 

in-40. 
Les Gisements historiques des bords de )a Saône, 

broch. in-4". 
Discours de réception à l'académie de Mâcon, 

broch. in -8". 
L'Age du renne en M&connais, broch. in-8". 
M. le docteur Raimbert. Traité des Maladies charbonneuses, i vol. in-8". 
Du Charbon et des Affections charbonneuses 

chez l'homme, broch. in-S». 
Nouvelles Recherches sur la constitution et le 
diagnostic de la pustule maligne, broch. petit 
in* de 7 pages. 
Relation de l'Épidémie de choléra, à Conie, en 
1865, broch. petit in-S" de 10 pages. 
M. l'abbé Cochet. Notes sur des Fouilles archéologiques fûtes à 

Héricourt-en-Caux, broch, in-8» de 11 pages. 
M. l'abbé Baudry. Rapport sur les 9» et lO puits funéraires de 

Troussepoil, broch. in-S» de 18 pages. 
Crosse abbatiale de Luçon, broch. in-8° de 11 



U. Par les SoaÊrÉs savantes. 

Bulletin de la Société d'anthropologie, tome n, 5* fas- 
cicule, et tome m, 1*'' et 3" ûtscicules. 

Annales de la Société d'émulation de l'Ain (année 
1868, 2« semestre ; et 1" semestre 1869 ). 

Bulletin de la Société d'agriculture de l'arrondissement 
de Mayenne, 10» année, 2«, 3» et 4» trimestres. 

Bulletin de la Société archéologique et historique de la 
Charente, 4« série, tome v, 1 vol. in-8''. 

Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine- 
Inférieure, 1867, 1 vol. in-S". 



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394 

Tours. Bulletin de la Société archéologique de Touraîne, année 

1868, 3 fascicules in-8». 

Paris. Comptes-rendus de la Société française de numisma- 

tique, i fascicule de 32 pages in-8°. 

Vendôme. Bulletin de la Société archéologique du Venddmois, 

!«■ et 2» trimestres de 1868. 
MiNKTËRE Mémoires de la Sorbonne en 1868 (archéologie), 1 vol. 
DE l'Instruction in-8°. 

PUBLIQUE. Revue dee Sociétés savantes (1869, janvier, février, 
mars, avril, mai). 

Tours. Recherches historiques et archéologiques sur les églises 

romanes de Touraine, publiées par la Société archéo- 
logique de Touraine, 1 vol. in-*". 

Vannes. Catalogues raisonnes des productions des trois règnes 

de la nature dans le Morbihan, publiés par la Société 
polymathlque, 2 fascicules in-S°. 

m. Par diverses Personnes. 

Docteur Lescarbault. L'Expédition au p61e nord, par Gustave Lambert, 

broch. in-&*. 
M. DE Gauhont. Congrès archéologique de France, 34* session, 

1 vol. in-8». 
M. Lefèvhe. Rapports sur les travaux de la carte géologique 

d'Eure-etrLoir, 2 brochures in-8», par M. Lange. 



UN COIN DE L'ANCIEN DUNOIS 

A TRAVERS LES RUES DE CHATEAUDUN 



LE PIIITS DV COQ ET LA COKfiRËfiATIOII DE NOTRE-DIHE 



Il n'est plus le vieux puits du Coq ! Après avoir longtemps fourni son eau 
pure à toutes les ménagères ses voisines, et servi de rendez-vous aux 
commères du quartier, il s'est vu condamné au repos et i l'abandon. Plus 
de gémissements de son treuil mal graissé ; plus de joyeux propos ou de 
grosses médisances auprès de sa mai^elte usée I Quelques planches apph- 
quées sur les ais mal joints de sa charpente en ont d'abord condamné 



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39S 

l'orifice et interdit l'usagô. Puia tes démolisseurs sont venus ; h l'inaction 
a succédé la ruine ! Avoir été le puits du Coq, et n'être plus qu'un immonde 
cloaque, qu'une puante gargouille, quelle chute ! 

Mais le progrès impitoyable est souvent te digne séïde du temps. Ils 
emportent, l'un et l'autre, avec une effrayante rapidité, les hommes et tes 
choses, — renouvelant non-seulement la £ace des cités, mais celle du 
monde entier. 

Ainsi, le puits du Coq (1), d'abord établi en retraite vers le milieu de la 
rue du même nom, puis reporté àl'angle de la rue du Coq et de la montée du 
Paradis, au carrefour Saint-Aignan, — après avoir vu, sans encombre, une 
première communauté naître, se développer et disparaître auprès de lui, — 
disparaît complètement à son tour pour les besoins d'agrandissement d'une 
seconde congrégation. Et, si sa ruine éveille notre attention, ce n'est pas 
que sa construction fût remarquable, qu'il pût soutenir la moindre com- 
paraison avec le célèbre puits de Joseph, l'une des merveilles du Caire, — 
ni avec le magnifique puits d'Orvieto, chef-d'oeuvre de l'architecte Antonio 
San Gallo, — ni même avec le beau puits de Bicêtre, terminé en 1735, 
d'après les plans de Boffrand ; ce n'est pas non plus qu'il rappelât, ea 
aucune façon, la simplicité des puits bibliques. 

Mais c'est uniquement parce qu'il reporte nos souvenirs vers les reli- 
gieuses de la Congrégation de Notre-Bame, qui vinrent s'établir en 1648 
dans l'ancienne auberge de la Fleur-de-Lys, sa plus proche voisine. Ces 
religieuses, que Pierre Fourrier avait instituées en Lorraine, et qu'une bulle 
du pape Paul V avait autorisées, devaient surtout consacrer leur temps à 
l'instruction gratuite des jeunes filles. C'était là une noble et sainte mission, 
et rien d'étonnant si leur institution donna Ueu à une publication intitulée : 
CérémonicU pour la v^ure et la profession des Retigieusea de Notre-Dame, 



(1) n est certain que depulB fort longtemps ileiistait i GhUeaudnn un pulls connu 
soua le nom de puits du Coq ; les devis des tniTaux de réparation des puite de la 
Tille, Ultérieurs à 1723, l'histoire de l'abbé Bordas et le récit d'Edme Leieil, en 
font foi. Mais le puits du Coq était-il d'abord établi, — ainsi que tendraient à le faire 
croire les andens plans de uotre cité, — en retraite sur la rue du Coq, à peu près 
Tis-à-vis l'emplacement de la maison actuelle de H. Gouin, et n'aurait-il été reporté à 
l'endroit qu'il occupait en dernier lieu, qu'à une époque beaucoup plus rapprochée 
de nous? Ma^ré l'affirmation de personnes honorables, et tout en admettant cette 
version, j'ai peine à croire que ce soit là l'eiacte vérité I En effet, Edme Leveil, 
en 1694, dît que le premier oratoire de la Congrégation se trouvait proche le 
puits du Coq ; l'abbé Bordas le place aussi du côté du puifg appelé du Coq; et 
cependant nous savons que l'oratoire n'étant ni commode, ni décent, ni solide, fut 
remplacé par une chapelle qui figure sur les plans de la ville avant et depuis 1723, 
près du carrefour Saint-Aignan. 



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296 

suivant le bref ^approbation des règles donné par N. S. P. le pape Paul V. 
— Cet ouvrage, qui parut d'abord en i700, vient d'être réimprimé à Bor- 
deaux, chez M>M veuve Dupuy, en 72 pages in-S^, avec quelques modifica- 
tions iniroduites par l'usage. 

Ce îat une dame de la Borderie, originaire de Lorraine, oti elle les avait 
connues, qui appela quelques sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, à 
Ghftteaudun. 

Pour les y fixer, elle les logea d'abord dans une vieille auberge qu'elle 
finit par leur abandonner. Cette batellerie n'était autre que la Fïeur-de-Lys, 
sise au carrefour Saint-Aignan, sur la paroisse de Saint- Valérien, non loin 
du puits du Coq. 

Dans cet immeuble, qui possédait surtout une très belle salle, les reli- 
gieuses créèrent une chapelle tout ^ fait & côté du puits. 

Après le décès de leur bienfaitrice, elles se trouvèrent un instant dans 
une telle détresse, que la mère Lenoir, première supérieure, et ses sœurs, 
voulurent quitter Cb&teaudun. Mais les deux curés de SaintrValérien, Denys 
Gallon et £dme Leveil, l'abbé de la Madeleine, Jacques La Ferté, et Jacques 
Boui^eois, doyen de Saint-André, vinrent à leur secours, au moyen de 
quêtes et de dons de toute nature ; si bien — qu'elles se fixèrent définitiTe- 
ment là où elles s'étaient provisoirement installées, — que leur établisse- 
ment prospéra à tel point que l'on y vit jusqu'à 40 relieuses de chœur, 
indépendamment des sœurs converses, — que leur modeste oratoire se 
transforma en une belle ^lise avec campanile à cinq cloches, — qu'en 
1708, elles élevèrent un beau bâtiment sur la rue du Coq, — qu'en 1728, 
elles en édifièrent un autre nommé le nouveau pensionnaire, — et qu'en 
1754, elles ajoutèrent de nouvelles classes à leur pensionnat. 

La grande révolution devait non-seulement arrêter le développement de 
la Congrégation de Notre-Dame à Chàteaudun, mais encore amener sa 
suppression. L'établissement fut évacué le 1«' octobre 1793, en même 
temps que l'abbaye de Saint-Avit. A ce moment , par suite des premiers 
actes du grand drame révolutionnaire, les religieuses de la CongrégatioD 
étaient déjà réduites à 9 dames de chœur et 4 sœurs converses. 

« Elles se sont alors répandues dans la ville et aux environs, avec un 
a honnête mobilier et une pension de 700 livres >, nous dit M. Percheron, 
ancien curé de Saint-Valéhen. 

Après leur départ, leur couvent fut vendu nationalement et réuni à la 
propriété dite du Paradis. Le tout est possédé et occupé aujourd'hoi par la 
communauté des Dames des Sacrés-Cœurs. 

Au cours de son existence à Ch&teaudun, la Congrégation de Notre- 
Dame, tout en prt^^ressant assez rapidement, fiit exposée à de nombreuses 
péripéties. Ses commencements surtout, — nous l'avons déjà dit, — furent 



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297 

pleins de difficultés ; et les démêlés avec 1% clergé séculier de la ville ne 
lui manquèrent pas. 

Le bon abbé Bordas, dans son histoire du comté de Dunois, nous parle 
de tout cela, d'une façon assez anodine. J'aime mieux, à cet ^ard, la 
prose d'Kdme Leveil, titulaire d'une des portions de la cure de Saint-Valé- 
rien et contemporain de la damede la Borderie. Les registres de la paroisse 
de Saint- Valérien en renferment un curieux spécimen sous la date de 1694. 
Dans ce récit que nous sommes heureux de faire connaître, parce qu'il est 
très circonstancié, plein de verve et de fine ironie, si Edme Leveil ne se 
montre pas tendre pour la Congrégation de Notre-Dame, il n'est peut-être 
pas très charitable pour son confrère Denys Gallou ; mais il a grandement 
raison de crier à l'ingratitude et de stigmatiser las ingrats. 

Voici donc ce morceau, dans toute sa simplicité, c'est-à-dire avec son 
orthographe et ses tournures assez fantaisistes. H est intitulé : Établis- 
tement des Religieusea dans la maison de ta Fleur-de-Lys, paroisse 
Saint-Yallerien : 

< Du temps de illustrissime et révérendissimeévéque de Chartres, Jacques 
Lescot, les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame instituées par 
M' Fourrier, chanoine réguUer de l'ordre de Saint-Augustin, curé de Malin- 
cour en Lorraine, qui sans aucune formalité porte déjk la qualité de 
Bienheureux Père, aussy bien que la première religieuse qu'il a receue h la 
profession de Bienheureuse Hère, sont venues de Loraine s'establir dans 
le Ueu appelé La Fleur-de-Lya, dans la paroisse de Saint-Vallerien de 
Ch&teaudun, au diocèse de Chartres, à la diligence de W^ de la Borderie, 
pour enseigner les filles, à laquelle appartenoit ce Ueu de la Fleur-de-Lya. 
Ce lieu estoit une auberge très belle pour loger les personnes de qualité, 
mais devenu en ruine, soit par le feu et les guerres des Huguenots : on 
voioit un portail de pierre de taille enjolivé de frontons et moulures, qui 
portoit une fleur de lys sur son faiste, par lequel on entroit dans un vesti- 
bule, aux cAtés duquel il y avait deux escaliers de pierre d'Apremont pour 
monter dans une grande salle ornée par dehors de colonnes et grandes 
croisées de pareille pierre et autres omemens qui rendoist ce bastiment 
accompli. A leur arrivée , la dame de la Borderie leur abbandonna 
ce lieu avec quelques terres et droits seigneuriaux qui en dépendoist, 
à la chai^ de la nourrir et entretenir le reste de ses jours dans cette 
maison, ce qui fut accordé et exécuté. Elles estoist 3 ou 4 de la ville de 
Nancy en I^oraine pour commencer cet establissement ; l'une desquelles, 
appelée soeur Bernardine Lenoir, fut la première supérieure, commença 
d'enseigner les filles, prit des pensionnaires de plusieurs endroits et envi- 
rons de la ville, auxquelles elles enseignoist la broderie, à lire, à esciire et 
è tricoter pour leur ayder à vivre. Et conuae le fond n'estoit pas assés fort 



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pour norrir tant de personnes,- elles résolurentde retourner dans leur pals ; 
mais conune le désir de se multiplier dans les provinces les pressoit de 
chercher un expédient pour s'arrester dans cette ville, èi laquelle elles 
espéroist apporter beaucoup de fruict, elles prièrent M. GofDnier, chanoine 
du chasteau, avec moy, de faire une quête parmi la ville pour elles, qui 
monta & 100 livres, qui leur servit k vivre pendant qu'elles cherchoist 
quelques personnes charitables qui leur donnast quelque secours. Elles 
assiégèrent l'esprit de messire Jacques de La Ferté, abbé de la Madeleine, 
par l'entremise d'un nommé Barbier, homme de chambre dudit abbé, qui 
d'abord leur donna six septiers de bled et quelque argent pour leur ayder ; 
auquel pour recognoissance elles donnèrent la qualité de digne fondateur, 
et pour conserver sa mémoire tuy demandèrent une thèse en satin où estoit 
gravé en taille douce son portrait en habit d'abbé. Ce premier encens leur 
attira son amitié ; il leur donna sa niepce nommée La Gogerie, pour estre 
reUgieuse, avec une dot considérable ; ce qui ât que dès lors elles oublièrent 
leur païs et résolurent de demeurer dans cette ville. Alors elles prirent 
une petite chambre procfte le puits du Coq pour y faire leur office, et comme 
elles u'avoist pas le moien d'avoir un chapplain, elles prioist des particu- 
liers qui entretenoist des messes par semaines dans les paroisses de les 
fkire dire dans cette petite chappelle, ce qui a longtemps continué. Cepen- 
dant, la dame de la Borderie décéda dans ce monastère, fut administrée 
par maître Denys Gallon, curé de Saint-Vallerien, et fut transportée dans 
l'égUse dudit Saint-Vallerien, et là fut inhumée contre la parolle qu'il avait 
donnée de l'inhumer dans cette petite chappelle. Après que la fortune fut 
augmentée, elles Ûrent démolir la maison et disposer une salle comme on 
la voit pour y faire leur office ; mais il leur Êdlait des ornemens et autres 
ustancilles, et pour cet effet dressèrent une forte batrie contre messire 
Jacques Bourgeois, doien de Saint-André, qui avait hérite par le déceds de 
sa mère. Elles savoist qu'il était libéral : la supérieure lui donna tant d'en- 
cens et si fin, qu'elle attira son esprit et son héritage : il donna une montre 
sonnante qui valloit cent écus, une gondole d'argent doré, deux salières 
d'argent dorées aux extrémités, un bénistier d'argent, deux aiguières 
d'argent escaiUées, une tasse d'argent, des fourchettes et cuillers d'argent 
qui ont été emploiées k achepter un soleil, un calice, un ciboire d'argent. 
Comme leur soif ne se pouvoit estaindre, elles demandoist encore une 
lampe d'argent, ce qu'il ne leur accorda pas : il leur donna aussy sa 
batterie de cuisine, drapa, serviettes, nappes, et de l'argent pour broder on 
chasuble de satin blanc, et sans leur mécognoissance, elles eussent encore 
tyré davantage. Quand il &illut bénir leur chappelle et chasuble, elles le 
firent par le père Billoré, prieur de la Madeleine, ce qui fascha tellement 
ledit sieur doien, qu^U se repentit de leur avoir donné cette argwterie et 
ces meubles. H leur dunanda le calice pour s'en servir quelquefiùs, nuis 



D,oilizB<:hyGOO<^IC 



ce fut pour peu de temps, et comme elles craignoist qu'il ne leur rendit 
pas, elles se servirent du crédit de M. Mingret, qui était de leur parti, pour 
le redemander, et certainement il fut resté pour Saint-André, ledit sieur 
doien voulant se venger de leur ingratitude. Je escris cecy pour apprendre 
à la postérité les humbles commencemens de ces religieuses et le mépris 
qu'eUes ont faict de ceux qui leur ont rendu tous les services que la piété 
pouvoist espérer d'eux. Ainsy a commencé ce grain de moutarde de l'Évan- 
(ple. Leur maison est devenue une source inépuisable de tous biens, et par 
l'exercice d'une pauvreté déplorable et digne de compassion et d'assis- 
tance, dans peu de temps ne ceddroirt en rien au pauvre ordre de Saint- 
Benoit, qui a environ 300 millions d'or de revenu par chacun an, et de 
plus ce monastère ne sera jamais en paix, donec totum impleat orbem. 
1604. Signé Edme Leveil. i 

Depuis cette vigoureuse sortie, 

Que les temps sont changés I 

Et pourtant, le monde voit et verra longtemps encore : des ambitieux, 
des ingrats, des communautés envahissantes, et même des réguliers et des 
sécuhersen.... délicatesse. 

Ainsi le veut la faiblesse humaine. 

D n'en làut pas moins continuer k bl&mer les défauts, à flétrir les mau- 
vaises passions, et surtout & montrer le bon exemple. 

C'est l'unique moyen, sinon d'arriver & la perfection, qui n'est pas de ce 
monde, du moins d'avancer dans la voie du progrès. 

L.-D. COUBRAT. 



RECHERCHES 

StR 

L'ORIGINE DU MOT : BAZOCHE 

PAR M. POULAIN DE BOSSAY 



Dans ie Dunois, trois localités portent le nom de Basoche, Bazoche ou 
Bazoches. Ce nom se retrouve fréquemment dans un grand nombre de 
localilés, de pays circonvoisins. Pour quel motif a-t-il été si souvent 
ouployé t Quelle est son étymologie 1 Quelle est sa signification ? 



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Basoche n'est pas seulement une appellation de lieu ; c'est également un 
mot fort connu autrefois au Palais oti il désignait une corporation qui a 
joué un certain rAle. Ce mot, dans ces deux acceptions différentes, a-t-41 
la même originel Existe-t-il quelque analogie, quelques rapports, même 
éloignés, entre Basoche, nom de lieu, et l'autre Bazoche? 

Ces questions m'ont para mériter d'être étudiées. J'ai cherché à les 
résoudre, et le résultat de mes recherches est consigné dans ce travail sur 
lequel j'appelle l'attention de mes collègues, le soumettant à leurs obser- 
vations critiques. 

Est-ce & la signilîcation du mot Bazoche, ou à des détails historiques, ou 
enfin à des détails de mœurs, dans les temps passés, qu'il faut demander 
l'or^ne de ce mot? 

On écrit le plus souvent Basoche, Bazoche, Basoge, Basoches, Basouges ; 
j'ai quelquefois entendu prononcer Baroche ; aurait-on dit aussi Paroche? 

Basoche, Bazoche et Baroche, c'est évidemment le même mot ; les 
lettres s et s, se prononçant de la même manière entre deux voyelles, sont 
firéquenunent employées l'une pour l'autre ; de même les lettres » et f se 
substituent très souvent l'une à l'autre. Ainsi tO^^i; a fait TÛp<ri«, MassUia 
Marseille ; on a dit labos et labor, arboa et arbor ; nous avons des exemples 
de cette substitution dans les noms de diverses localités de notre pays : 
OratoHum, Ouzouer, Ozouer et Ozoir ; Pesonvilla, Péronville, Donc, point 
de difSculté pour Basoche, Bazoche et Baroche ; c'est le même mot pro- 
noncé différemment. 

Si Baroche était la meilleure leçon, d'où ce mot pourrait-il être formé î 
Ce ne serait pas de Varochium. Le changement de F en B est si fréquent 
et si connu qu'il n'a pas besoin d'être justifié par des exemples ; mais 
Varochium, voisin de Barochia quant à l'orthographe, signifiait un cabestan, 
un levier ou même un gros b&ton, longtemps appelé chez nous varoqueau. 
n ne peut y avoir aucun rapport entre le varoqueau et la Bazoche. 11 faut 
également rejeter Baronh oixîa ( la maison du baron ) ; ce mot hybride, 
dans la composition duquel entre un mot grec qui en a formé beaucoup 
d'autres, était inconnu des populations de la Gaule au temps où le mot 
Bazochia apparaît dans les anciens monuments écrits. 

Accepterons-nous Yaraockiaaa Wara ochiaoa Barra ochia? Ochia, 
qui s'écrit aussi hochia, occhia, olca, olqua, olcha, olckia, olehya, 
osckia, oscha, osca, oska, ocha, oca, a eu pour représentant, dans la 
vieille tangue française, oscbe ou ousche, d'où est venu ouschette , aujour- 
■ d'hui Ouchette, ferme de la commune de Péronville. 

On appelait ousche un jardin, ou une portion de terre arable, entouré 
de toutes parts de haies et de fossés, ou d'une clAture quelconque. Dans 
l'ousche, il n'y eut pas que des terres arables, il y eut aussi des maisons et 



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des habitants du clos, comme on en trouve la preuve dans le nom de 
Oucques, autrefois Olchia grandis, la grande ouache. 

Vara signifiait sentier, puis aussi échaffaudage, bâton fourcbu; pris pour 
warda, il avait le sens de garde ( custodia ). Wara signifiait gerbe de blé ; 
ces mots ne doivent point trouver place dans cette discussion. Pour barra, 
il en est tout autrement. 

Barra avait le sens de barre, levier, barreau, barrière, et l'on se servait 
du mot barra pour indiquer les barrières, les cl6tures en bois et les obs- 
tacles de toute nature dont on entourait les villes (oppida), les camps et 
les portes de ville afin d'en défendre l'approche. Barra a également signifié 
foubourg, c'est-à-dire les maisons situées en dehors de la clôture. 

Barochia, d'où Baroche ou Basoche, serait donc l'ousche entouré d'une 
forte clôture. Cette interprétation, à laquelle je me suis longtemps arrêté, 
n'a rien d'improbable, et par elle se trouverait suffisamment expliquée la 
fréquence du nom de Bazocbe ou Basoche dans notre contrée. 

Poursuivant mes recherches, je me suis posé la question consignée 
plus haut : aurait-on dit Paroche? Chez les Romains on appelait Parochvt 
le fournisseur des ofQciers publics en voyage. « Lorsque les magistrats 
f romains voyageaient, ils recevaient du sel, du bois, du foin pour eux, 
c pour leurs équipages et leur suite, dans les endroits où ils couchaient, et 
( de plus le logement gratuit. Ces endroits étaient marqués sur les rout^ 
« et la République y avait des agents nommés Parochi, chargés de faire 
f apporter, par les contribuables, toutes les prestations légalement 
< dues (1). > 

Horace en parle dans ces vers : 

Prozima campano ponti qnœ Villnla lecttim 
Prœbuit, et parochi, qu» debent, ligna salemque (2). 

Dans son premier discours contre Verres, Cicéron n'écrit pas le mot 
Parochus, mais il parle des fonctions de cet agent (3). 

Cicéron, dans une de ses lettres à Atticus, fait mention des parochiœ 
publieœ (4). On désignait ainsi les fournitures, les dons, les présents, sou- 

(1) Dezobry. Borne au itéele d'Auguste, tome ni, lettre 70, page 116. 

(2) Horace. Satires, Ih. l«r, eat. 5, vers 45 et 46. 

(3) Cicero in Verrem. Actio secunda, lib. primus. De Pnetura urbana. Philo- 
damus ostendit munus ÎUud suoin non esse ; se, quum suée partes essent hospitum 
redpiendorum, tum ipeos tamen prœtores et consules, non legatorum assedas, reci- 
pere solere. 

(4) Cicero ad Alticum, lib. 13, lilt. 2. Arïarathes, AriobarzaniB filius, Romain 
venit ; vult, opinor, regnum aliquid emere a Ctesare. Nam quomodo nunc est, pedem 
nbiponat in suo, non babet; oninino enim Sextius noster Parochiia publias occu- 
pavit ; ijuod quidem facile patior. 



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vent magnifiques, feits aux voyageurs de distinction et à tous ceux qui y 
avaient droit. Lorsqu'il s'agissait des riches présents que le Sénat foisait 
aux ambassadeurs envoyés à Bomfi, les parochiœ prenaient le nom de 
Lautia. 

Les Romains avaient emprunté le mot parochia aux Grecs et particuliè- 
rement & Polybe, qui trois fois fidt usage du mot t itapo^^l (1). 

D'après Horace, le mot Parochus a quelquefois servi k design» le 
maître de la maison. Plusieurs siècles plus tard, Parochus et Parochiœ ont 
reçu une tout autre signification, dont actuellement je n'ai point à m'oc- 
cuper. 

De ce qui précède, voici ma conclusion. — Sur les grandes voies 
romaines, et probablement aussi sur des voies secondaires, il existait 
autrefois des dépAts contenant ce qui était nécessaire pour recevoir et 
défrayer ceui qui voyageaient au nom de l'autorité publique. Ces choses, 
fournies largement aux voyageurs, et mises en dépût, étaient appelées 
parocbies, et l'officier préposé à la garde et à la distribution portait le nom 
de parodie. Les populations ont donné à ces lieux le nom de parochie, ou 
paroche ; d'oii, en adoucissant un peu la prononciation, elles ont bit baro- 
chies et baroches. lies lettres P et fi prennent souvent la place l'une de 
l'autre ; exemples : icO^oï buxus, duplione» doublons, pruina bniinei, 
polentiarva boulanger. 

J'fgoute (et ces deux considérations méritent qu'on y lasse attention) : 
les locaUtés portant le nom de Basoche, sont, pour la plupart, situées sur 
des routes dont quelques-unes remontent & une haute antiquité ; puis, 
plusieurs de ces localités sont appelées, non pas Basoche, mais Basodies, 
en latin Basochiœ, avec la terminaison du pluriel, comme Parochiœ, et 
peut-être par le même mo^f. Dans le Dunois, deux localités peuvent venir 
à l'appui de cette conclusion : Basochiœ, Basoches-«n-Dunois, et Basochiœ 
aUœ, Basoches-Ies- Hautes, toutes deux ayant la marque du pluriel, et 
toutes deux étant situées sur de grandes voies de communication. 

Cette nouvelle interprétation parait fort acceptable, et répond à bien des 
exigences. Une seule objection peut lui être faite, une seule, mais elle est 
grave ; la voici : le changement possible des lettres r en s et j> en b, n'est 

(1) Polybe. FragmenlB, livre 22, chap. i". On alla au-devant du roi Eumëne et 
on lui offrit de riches présenU, ™; lûv îtviuv irapoxà^ 

FragmenlG, livre 25, cbap. 6. Le Sénat reçut avec tnagnificeiice les frères d'Eu- 
mène envoyés à Rome en ambassade, nam et hospilia et lautia uberrima iis exUmtl, 

xai ^àf iiiKt xa\ -nafajài tii [uyiora; è^éBokev aùtsï;. 

Fragments, livre 33, cbap. 19. C. Farmiua reproche aux Dalmates de n'avoir fourni 
aux députés romains, ni un '/de. convenable, ni les choses nécessaires à la vie, 



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pas contesté ; mais il serait étrange et presque incroyable que ce change- 
ment ait eu lieu partout et sans exception. Or, il est incontestable que, si 
la Basoche est quelquefois appelée la Baroche, dans aucun document écrit 
on ne lit la Paroche, ni môme Barochia. 

De ce que nulle part on ne trouve le mot écrit par un P et de ce qu'an- 
ciennement l'on n'a jamais écrit Barochia, l'on peut conclure que l'étymo- 
logie du nom de Basoche doit être cherchée ailleurs que dans le mot 
Parochiœ. Poursuivons donc cette étude, et voyons si nous rencontrerons 
la véritable origine du nom de Basoche dans les noms qui lui ont été 
donnés en difTérents temps. 

Voici, aussi complète qu'il m'a été possible de la dresser, la liste des 
lieux qui ont porte le nom de Bazoches, avec diverses modifications : 
La Bazoche-GouQt, arrondissement de Nogent^le-Rotrou, département 
d'Eure-et-Loir. Ba90chia~Goh€t (Pouillé, vers 1250); La 
Bazoiche-Gouet (ch. de l'abbaye de Saint-Avit près Chft- 
teaudun, 1482); La Basoche (ch. de la seigneurie de 
Courtâlain , 1484); Bazoches-la-Pouilleuse (terrier de 
Charonville , 1584); Saint-Jean-Baptiste-de-la-Bazoche- 
Gouet( Pouillé, 1736). 
fiozocheg-en-Dunois , arrondissement de Chftteaudun (Eure-et-Loir). 
Basilicœ, 1190 ; Baaochiœ, 1201 ; Baaochia { Pouillé, 1250 ) ; 
Bazoches-en-Dunois (ch. de l'abbaye de Bonneval, 1270); 
Saint-Martin-de-Bazoche-en-Dunois ( Pouillé, 1736). 
foToc/ies-les-Hautes , arrondissement de Chiteaudun ( Eure-et-Loir ). 
Boéochiœ altœ (Pouillé, 1250, et née. du Chapitre de 
Chartres, 1259). 
La Bazoge, arrondissement du Mans (Sarthe). Parochia de Basogia, 
( titres de l'hôpital du Mans, 1327 et 1401 ) ; Basochia prope 
Cenomanum, 1330. 
Ba30ugea-sm-\e-U)iT, arrondissement de La Flèche (Sarthe). Basilicœ, 
(histoire de Sablé, cartulaire de Saint-Serge, XI» siècle) ; 
Basogiœ supra Lidum, 1290 ; Bazogiœ aupra Lidum ( titre 
delachap. desTrois-Croix, 1409); Bazochia super Ledum. 
Basouges, arrondissement de Château-Gontier (Mayenne). Basiîica (hist. 
de Sablé, 1007); BasiUegia (cartul. de Luché, 1508); 
Bazochia ad Castrum. 
La Ba«)«sre-de-Chémeré, aub^fois la Basoge-de-Chémeré, ou la Basoche 
près de la Cropte, arrondissement de Laval (Mayenne). 
Basiacus, probablement pour Basiliacus ou Basilgiacua, 
960; Basilgia juxta Criptam (cart. de Luché, nn); Basi- 
ligia juxla Criptam (cart. de Luché, 1180) ; Basogia, 1768. 



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La Bozoufie-des-Alleux, arrondissement de Mayenne (Mayenne). EatO- 
geacuB ( cart. d'Évron, 988 ) ; Basogia de AUodU, 1554. 

La Basoge , ou ta Basoche-Montpingon , arrondissement de Mayenne 
(Mayenne). Balgiacm, pour Basilgioùu» (cart. d'ÉvTon, 
988); BoBogiade monte pinsonia (cart. d'Évron, 1125); 
Basogia montis pinczonU, 1521 ; Baaogia de monte pisoti. 

La Barochc-Gondouin, arrondissement de Lassay (Mayenne). BaHgia- 
Gundini et Gunduini (cart.de Luché, 1111); Basilgia- 
Gundunii (cart. de Luché, 1111); Balaigia (cart;. de 
Luché, 1150 ) ; Basiligia-Gondoini ( cart. de Luché, 1180 ) ; 
Baaogia-Gunduini ( cart. de Luché, 1214). 

La Boroche-sous-Lucé, arrondissement de Domfront (Orne), Baaogia 
subttM Laceyum (État des bénéfices conférés par lecardinal 
du Bellay, 1547 ) ; Bazogia de Luceio { môme état, 1550 ) ; 
Baaogia aubtus Luceium (État du Lumin., 1687). 

Bozoches-sur-Hoëne, arrondissement de Mortagne (Orne). 

£azoche«-au-Houlme, arrondissement d'Argentan ( Orne ). 

Bozoffes-en-Pareds, arrondissement de Fontenay ( Vendée ). 

La Sazoufffl-du-Désert, arrondissement de Fougères ( lUe-et- Vilaine). 

'Bozouges-la-Pérouse, arrondissement de Fougères ( Ille-et- Vilaine ). 

Bazougessous-Uédé, arrondissement de Rennes ( Ille-et- Vilaine ). 

Bazocft£S-les-Gallerandes, arrondissement de Pithiviers (Loiret). 

Bazoches, arrondissement de Soissons ( Aisne ). Basilica. 

£asoc/ies-en-Pincerais , arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise). 
Baaocftie ( Pouillé, 1250). 

De cette nomenclature, il résulte que, suivant les temps et les lieux, l'on 
a dit autrefois : hasilica, basilicœ, baeiligia, basiUegiae, banlgia, balsigia, 
baaigia, basUgeacus et par abréviation balgiacus et basiacua, baaochia, 
haaochiœ, bazogia, bazogiœ, bazocbia, bazochiœ. Cette hste nous fait 
voir que partout et toujours le nom dont cherchons l'ongine a commencé 
par la syllabe Ba, jamais par la syllabe Pa ; que la lettre r, qui se trouve 
dans le nom moderne La Baroche, n'apparait dans aucun nom ancien ; 
enfin, que la forme basochia et basogia est moins ancienne que basUica 
et les autres noms qui en dérivent par abréviation et par corruption. 

Puisqu'il en est ainsi, attachons-nous au mot hasilica. D nous donnera 
à la fois l'origine d'un nom de lieu, commun en certaines contrées, mais 
inconnu dans le midi et l'est de la France, et en même temps l'origine 
d'une institution qui a longtemps existé en France. Baailictia signifie royal, 
et par extension, magnifique, splendide. Ce mot traduit du grec pttotlutic était 
en usage chez les Romains, du temps même de la République, et rempla- 
çait quelquefois regius, regalis. BasUica a reçu des acceptions bien diverses. 



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A Borne, les Basiliques ( bagUicœ, sous-entendu cedea, ) étaient des salles 
spacieuses, ordinairement divisées en trois galeries par deux rangs de 
colonnes et par des portiques ; les magistrats y rendaient la justice, et les 
parties latérales serraient de rendez-vous d'afikires pour les négociants. 
Les basiliques étaient situées autour du forum, et les premières paraissent 
avoir été construites par Caton le censeur, vers 566, de Rome (1). A partir 
de cette époque, une basilique devint une pièce indispensable dans la 
maison de tout personnage riche et puissant (2). 

Avant la construction des basiliques publiques, le préteur, pour juger 
les procès, siégeait au forum sur un tribunal, sorte de tribune carrée, sur 
lequel on plaçait sa chaise cunile (3). 

Faisant allusion à la foule qui encombrait les basihques situées autour 
du forum, Gicéron a pu écrire à Atticus : BaaUicam habeo, non viUam, 
frequentia Formianorum (4). 

Depuis le Vf' siècle, BaaUica fut pris, chez les chrétiens, pour temjAum, 
eecletia, soit parce qu'après Constantin plusieurs basiliques publiques 
furent converties en églises, soit parce que les nouvelles églises, avec leur 
nef et deux bas-côtés, furent bâties sur le modèle des basiliques. On a dit 
que les basiliques étaient les églises dans lesquelles les rois seuls pou- 
vaient être inhumés ; je ne sais rien de positif & cet égard, et ne m'y arrê- 
terai pas. 

On a dit encore, mais avec plus d'apparence de vérité, qu'au VI* et au 
Vil* siècle, on appelait, chez tes Francs, batilique, l'église d'un monastère, 
et que les autres étaient des églises cathédraiea et paroissiales (5). 

On a quelquefois désigné, sous le nom de basilique, une chapeUe d'une 
église ; quelquefois même un simple autel situé dans une église. Enân, 
chez les Francs, le monument qu'on élevait sur la tombe d'un grand per- 
sonnage s'appelait ba«ilica, parce qu'il ressemblait à une chapelle ou & un 
autel, tandis que, sur la tombe d'une personne de condition inférieure, le 
monument se nommait tumba ou porticulus (6). 

Avec les siècles, le sens du mot basilica s'est modifié, et parmi nous, 
l'usage s'est établi d'attribuer le nom de basilique aux plus belles églises. 
Prétendre, avec quelques auteurs, que les basiliques sont les église des 

(1) Suéton. Aug. 31. — Tite-Iiv. xxxn, 44. — VitruT. v, 1. loseph. antiq. zvn, ii. 

(2) Vitruï. VI, 8. 

(3) Cicero in Verrem, ni, 38. — Hart. xi, 99. — Cic. in Ver. 14. Cic. de Orat. 
1,37. 

(4) Cicero ad Atticum, lib. 2, epist. 14. 

(5) Msbillon, fEuvres posthumes, tome n, page 355. De antiquitatîbus S. Dioajnii. 

(6) Annal. Bened. tom. iv, p. 248. — AcU SS. Beqed. eœc. V, p. 98. — Lex 
Salica, lit. 58, § 3, 4 et 5. — CharU CaroU V, ann. 1370, in reg. 85. 



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patriarches ou des archevêques métropolitains ; appeler cathédrales tes 
églises épiscopales, et paroissiales toutes les autres, c'est faire des cal^o- 
riea qui ne peuvent pas toujours être justiâées. Il convient mieux de dire 
que l'on désigne sous l'appellation de basilique toute église remarquable 
par sa grandeur, par sa beauté et par les grands souvenirs qui s'y rattachent 
Une basilique peut être ou ne pas être une église cathédrale (Notre-Dame- 
de-Paris, Saint- Denis ). 

Le nom de basilica s'appUque-t>il exclusivement à un monument reli- 
gieux? Ne réveille-t-il jamais l'idée de palais, de demeure royale? S'est-on 
servi des mots basilica domits, avec la signification de palatium? Oui, si 
l'on en croit Isidore de Sëville. Il pense que les palais des rois furent 
d'abord nommés basiliques parce que les rois y faisaient leur résidence ; 
mais qu'ensuite les églises reçurent ce nom parce que le Saint-Sacri&ce y 
était offert, régi omnium Deo (1). Ce sentiment, que rien ne justifie, a été 
accepté par un grand nombre d'auteurs fort graves. Ce n'en est pas moins 
une erreur causée par la signification primitive de basiiicua. Les mots 
basilica domus, si on les trouvait réunis, auraient te sens, non de demeure 
royale, mais de beau palais, de maison royalement belle, et, comme nous 
disons aujourd'hui, d'habitation princière. Quelle que fût la somptuosité 
d'une maison, il n'y avait, chez les Romains, pour la désigner, que le mot 
domta ou celui A'insiUa, si la maison était isolée, ou si elle contenait plu- 
sieurs locataires. L'empereur Auguste occupait, sur le mont Palatin, une 
maison de modeste apparence ; plus tard, la modeste maison devint un 
vaste édifice qui envahit presque tout le mont Palatin et servit de demeure 
aux Empereurs, sous le nom de palatium, palais. Plus tard encore, le nom 
de paiatium fut donné aux nombreuses demeures de nos rois, aux maisons 
épiscopales (2), aux maisons de ville ou hôtels-de-ville, où les magistrats, 
édiles ou échevins, rendaient la justice, enfin & cette partie des monastères 
où les étrangers recevaient l'hospitalité (3). 

Dans ce qui vient d'être longuement expliqué, cherchons ce que nous 
n'avons pas pu trouver ailleurs. Jusqu'à une époque peu éloignée de nous, 
on appelait la Basoche, le collège ou la corporation des clercs du palais où 
se rendait la justice. Les clercs de la Basoche étaient nommés Basochiens ; 
ils jouissaient de certains privilèges, et le chef de cette corporation portait 
le nom de roi de la Basoche. De très savants auteurs ont prétendu que 
Basoche venait de puZa^/tn, dire des railleries, et Basochiens de pi^ûm, 
nùlleurs, malins. Sans doute il y a de l'analogie entre les mots Basoche et 

(1) leidor, lib. 15, cap. i, sect. 2. 

(2) Charta Halluei, episc. Trecens. ann. IITI. — Gharta Alberic. archiep. Remor. 
ann. 1314. 

(3) Ifuratori, tom. vin, colon. 632. .— Statuta Maasilig, lib. t, cap. 56. 



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^o/ûv ; niais s'arrâter i cette analogie fortuite , et l'accepter comme 
présentant des caractères de certitude, c'était prendre la chose par le petit 
cAté. Qu'il y ait eu des fiasochiens rieurs et malins, qui le nie? Mais ce 
n'est pas à cette disposition railleuse qu'ils devaient leur nom de Baso- 
chiens ; ils l'avaient reçu parce qu'ils fréquentaient le palais de justice, 
baaUica, où ils rendaient de continuels services aux procureurs, leurs' 
maîtres. Cela est si vrai que les Basocbiens étaient également appelés 
Basilicains ; le premier nom est une corruption du second (i). 

Ménage, dans son dictionnaire étymologique, dit que Bonlica est devenu 
Basoche par les changements suivants : BeiaUica, BcaUca, Baselca, Boêolca, 
Basauche, Basoche. U ne doit point être cru ; il dit comment, à son avis, 
la transformation a pu se Ëûre ; mais il lui eût été impossible d'appuyer 
sa supposition sur un texte quelconque. 

Toujours les mots s'altèrent, quant à la prononciation, en passant par la 
bouche des gens peu instruits. Au Palais, on disait BasiUcains ; ailleurs, 
Basochiens ; et comme toujours, en pareil cas, pour les expressions fré- 
quemment employées, ce dernier mot, moins correct, a prévalu. 

Nous l'avons vu, Basilica a fait Basoche. Cette terminaison en oche se 
produit souvent en français. C'est quelquefois un diminutif; mais il s'y 
attache assez fréquemment une idée d'une certaine imperfection, une idée 
de famUiarité ou de trivialité, je citerai : 

Caboche, de cabo, venant de capet; 

FUoche, de fil ; 

Bamboche, de bambou i 

Sacoche, de sac ; 

Mailloche, de mail ou maillet 

C'est donc chose entendue ; par des altérations successives, par des 
transformations dont les preuves abondent, de Basilica est venu Basoche 
dans ses deux acceptions. Il ne me reste plus qu'à indiquer les rapports 
entre le mot Basilica et les localités appelées Basoche ; en d'autres termes, 
il me faut expliquer pourquoi ces locaht^ ont reçu autrefois le nom de 



On doit d'abord écarter toute idée de relations entre les Basodùans et 
les lieux portant le nom de Bazocbe, c'est-à-dire que ces lieux ne dépen- 
daient à aucun titre du roi de la Basoche. 

Partout Basoche est la transformation de Basilica ; mais partout BaaHiea 
a-tril eu la même signification 1 je ne le pense pas. Pour s'expliquer à ce 
sujet avec un certain degré de certitude, il faudrait avoir, sur chaque looir 
lité, des renseignements historiques, qui presque toujours sont incomplets 

(1) Pierre de Hiraulmonl, i la Bn de hs Hémoires des juridictiDiu qui ■'norcsnt 
dasB l'eBcfaw du palais de Paris. 



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SOS 

ou incertains, ou qui font entièrement défaut. Je répugne à n'énoncer que 
des conjectures plus ou moins probables ; je me bornerai donc à dire que 
les lieux appelés Basoche, Basoge ou Basouge, doivent leur nom, soit à 
une église (basilique) jouissant d'une grande célébrité dans le pays, ou 
simplement faisant partie d'un monastère, comme à la Basoche-Gouet ; 
soit k un édifice ayant servi à rendre la justice ; soit & une diapelle dédiée 
à un saint en grand honneur dans la contrée ; soit enfin à la sépulture 
d'un personnage puissant et vénéré, laquelle aura été renfermée dans un 
bâtiment religieux. 

J'ai indiqué l'origine du nom de Basoche ; je laisse h d'autres le soin de 
&ire les recherches minutieuses et souvent difficiles qui, dans chaque 
localité, pourront contribuer à établir cette origine avec précision et 
certitude. 



NOTICE SUR LA VIGNE 



LES CAUSES QUI ONT AMENÉ SUCCESSIVEMENT SA DESTRUCTION 



DANS L'ARRONDISSEMENT DE CHATEACDUN 



Dans l'arrondissement de Chàteaudun, on cultive la vigne sur les coteaux 
du Loir, dans la vallée et sur le sommet des coteaux, sur une zone de trois 
kilomètres environ du c6té gauche, et sur un kilomètre environ du c6té 
droit. 

Les coteaux environnant la Conie et ceux de l'Aigre ont été complantès 
à une autre époque, et le terrain s'est toujours montré Ëivorable & ce 
genre de culture. 

Lee localités oti l'on rencontre la vigne de nos jours sont : Bonneval, 
Chftteaudun, La Ghapelle-du-Noyer, Saint-Denis-les-Ponls, Douy, Saint- 
Hilaire-sur-Yerre, Montigny-le-Gannelon et Cloyes. 

11 y a quarante ans, on cultivait de la vigne à Moriers, et ce vignoble 



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était très renommé pour ses vignes blanches, dont les fins méliers venaient 

repeupler les vignes de Cb&teaudun. 
Au commencement du siècle, il y avait : 

A Ghàteaudun 310 hectares de vigne. 

A La Chapelle-du-Noyer .86 — 

A Saint-Deni»-les-Ponts. . . 54 — 

Soit, dans les trois communes, 450 hectares. 

A cette époque, un coup avait déjàété porté àlavigne, et on peut estimer 
que, cinquante ans auparavant, il devait bien y avoir un tiers en plus, ce 
qui pouvait faire 600 hectares sur les trois communes. 

Avantl780, la vigne, parfiaitementcultivée, donnait d'excellentes récoltes; 
en 1781, l'année fut très hâtive et très abondante, les vignerons furent dans 
l'aisance; parmi les années qui suivirent, plusieurs ont été encore très 
bonnes. Mais vint l'année 1788, dont l'été fut très froid, puis l'hiver qui 
suivit fut un des plus longs et des plus rigoureux que l'on connaisse : il y 
eut, dit-on, de la neige pendant sept semaines sur la terre, la gelée fut si 
forte que toutes les branches traînantes de la vigne gelèrent, et que l'on 
fijt obligé de la couper sur la souche ; mais la vigne était de bonne venue, 
et, pendant l'été qui suivit, elle poussa des sarments vigoureux, qui ne tar- 
dèrent pas à remplacer ceux qu'on avait dû couper. 

Mais à ce moment la misère était à son comble ; les vignerons, accablés 
par plusieurs mauvaises récoltes, eurent à essuyer la famine, qui ne tarda 
pas k sévir d'une manière effi*ayante. Aussi quelques-uns semèrent-ils au 
printemps de l'oi^e dans les vignes ; ils récoltèrent un peu de nourriture, 
mais ceux qui purent cultiver la vigne comme d'habitude, firent mieux et 
obtinrent, quant à la plante elle-même, un bien meilleur résultat. 

Les guerres de la BépubUque et de l'Empire enlevèrent à la culture de 
la vigne une masse de jeunes gens, et il n'était pas rare de voir des familles 
qui avaient deux et quelquefois trois enfants k l'armée : c'était autant de 
bras vigoureux de moins et que l'on ne devait pas retrouver. 

Avant la Révolution, les vignerons étaient pauvres, le peu de vigne 
qu'ils possédaient se trouvait grevé d'impôts et surtout de rentes annuelles 
& fEÛre aux églises, aux couvents et même k des particuUers; ils habitaient 
les faubourgs des villes, dans des maisons construites en bauge et en tor- 
chis et couvertes en chaume ; ils étaient vêtus à l'avenant, portant la 
culotte et le sarreau de toile, le bonnet de laine et les gros sabots ; ils 
étaient religieux et manquaient rarement à la messe le dimanche, ils se 
mariaient entre eux, avaient généralement beaucoup d'enfants et les éle- 
vaient dans leur métier. 

Le peu de v^es qu'ils possédaient ne leur permettant pas de vivre avec 
leurs ËuniUes, ils travaillaient la vigne d'autrui à façon ; et, comme nous 



DioilizBchyGOCX^IC 



510 

Tarons dit plus haut, la vigne était très répandue à cette époque, et partout 
où la charme n'avait pu aller et sur beaucoup de plateaux on avait planté 
de la vigne qui, par sa bonne culture, produisait beaucoup et récompensait 
le propriétaire. 

La France alors ne possédait que des grands chemins en très mauvais 
état ; les quelques routes nouvelles étaient mal entretenues, et, quant aux 
chemins roranx, ils étaient, l'hiver surtout, presque toujours défoncés. U 
n'était donc pas facile de faire voyager le vin pour l'exporter fùlleurs, il en 
était de même des vins des crûs plus renommés qui ne venaient qu'ft 
grands frais et en très petites quantités sur les tables des chAtelains et des 
riches; on était donc forcé de boire le vin du pays, et, disons-le, ce vin, qui 
provenait des excellents cépages que nos pères cultivaient avec soin, n'était 
point k dédaigner. 

Les personnes aisées, la bourgeoisie et les ch&teaux, possédaient de la 
vigne. A cette époque oii le sol était peu morcelé, la culture de la vigne 
oBrait un bon placement. 

Les châteaux environnants possédaient toujours un clos de vigne de 
deux ou trois hectares ordinairement clos de murs, parfaitement entretenu, 
avec cuverie, pressoir, et enfin tous les accessoires nécessaires à l'exploi- 
tation ; une ou deux familles de vignerons étaient occupées à la culture de 
la vigne, et la maison du vigneron accompagnait toujours la closerie. 

C'est ainsi que l'on voyait k Marboué, à l'ouest de la route et au dessous 
du bois, la vigne des Coudreauz ; k Moléans, sur le coteau dominant la rive 
droite de la Gonie, on voit encore l'enclos oii était la vigne, celle-ci entourée 
de haies et de larges fossés ; noa loin de là et sur le côté opposé, il y avait 
un très beau clos de vignes à Ghatet, lequel était entouré de murs. La 
maison du vigneron était placée auprès, sur le bord de la rivière ; cette 
maison était une ancienne gentilhommière dont la construction remon- 
tait au XV* ou au XVI* siècle ; pendant longt^ups une famille de Ch&teaudun 
cultiva la vigne de Ghatet et il y reste encore aujourd'hui un descendant. 

A. Champromain, la vigne existe encore auprès du cb&teau ; ft Thiville, 
on voit en entrant du cdté de Villectaèvre un enclos de mors où il y avait 
autrefois une vigne ; enfin, autour des châteaux de Bouville, Hontigny et 
Romilly-sur'Aii^e, on trouve encore de la vigne, soit qu'elle vienne de 
l'époque dont nous parlons, soit qu'elle ait été pUuitée récemment par les 
propriétaires actuels. 

Dans les villes, les bourgeois possédaient de la vigne ; cette vigne se 
trouvait mélangée dans les grands clos entourés de hfUes qui s'étendaient 
sur les coteaux et dans les plaines bordant le Loir. Chaque propriétaire 
avait sa cuverie et son pressoir et il avait un vigneron attaché & la culture 
de sa vigne. Le vigneron gouvernait la cave et albdt souvent ehee son 



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31i 

maître, qui l'occupait à quelques menus travaux. Il s'établissait ainsi un 
lien d'intimité entre le maître et le vigneron ; le maître venait en aide à 
celui-ci dans les moments de détresse ; quand la bmine, si fréquente & 
cette époque, venait le frapper avec sa nombreuse famille, il lui avançait 
l'argent nécessaire pour acheter le grain dont il avait besoin pour nourrir 
sa maison, et le vigneron, plein de reconnaissance, restait dévoué à son 
patron. Dans la commune de Chàteaudun, un grand nombre de propiié- 
taires possédaient de la vigne, tant à Gh&teaudun qu'à La Varenne, com- 
mune de La Chapelle-du-Noyer ; les moulins de la Boissière, les Grands- 
Moulins, Saint-Avit et autres, possédaient également des vignes qui four- 
nissaient le vin consommé par leur maison. 

Maintenant, voyons comment la vigne a disparu presque entièrement 
dans beaucoup d'endroits et surtout k Chàteaudun depuis trois quarts de 
siècle. 

Nous avons vu que les guerres de la Répuhhque et du premier Empire 
enlevèrent beaucoup de bras k la culture de la vigne ; les vignerons qui 
restèrent eurent un plus grand travail à faire, et malheureusement en allant 
plus vite ils firent moins bien. Les années calamiteuses des premiers temps 
de la Révolution, la fomine qui sévit è plusieurs reprises, portèrent plu- 
sieurs vignerons à arracher la vigne pour semer du grain ; on commença 
par les clos les plus éloignés et qui se trouvaient être précisément les plus 
propices à la culture des céréales, et quand une fois on fut entré dans cette 
voie, on ne devait plus s'arrêter. 

Au moment de la Révolution, quand le gouvernement vendit les biens 
nationaux, quelques vignerons, déjâi dans une aisance relative, achetèrent 
de ces biens qui ne leur coûtaient pas cher et qu'ils payèrent pour la plu- 
part en assignats; ce fut pour ceux-là une très bonne affaire, et c'est ainsi 
que commença la fortune de plusieurs familles. Beaucoup d'autres, ptas 
timorés, auraient pu faire la même chose, mais ne l'osèrent pas, craignant 
qu'à ime époque ultérieure ces biens ne fussent rendus à ceux qui en avaient 
été dépossédés, mais c'est surtout de cette époque que date pour les vign&- 
rons l'idée de placer sur quelques lopins de terre les économies qu'aupa- 
ravant ils ne plaçaient que sur la vigne. 

Dans la période comprise entre la Révolution et la fin des guerres de 
l'Empire, c'est-à-dire pendant vingt-cinq ans, on arracha des vignes, mais 
pas encore en grande quantité ; l'agriculture manquait de bras, et il était 
diiScile de faire façonner les terres par les cultivateurs des environs, cela 
coûtait assez cher aux vignerons. Les petits morceaux de terre, la plupart 
enclavés dans les vignes, nécessitaient un travail à la main presque aussi 
coûteux que celui fait à la charrue, et le produit de ces petits champs épars, 
où les troupeaux ne pouvaient aller paître et manger les mauvaises 



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51S 

heiiies, n'était que très médiocre; malgré cela, il Eallait fumer ces 
terrains & cbaque assolement triennal, l'idée des prairies artiâcieUes n'était 
pas encore répandue, et le vigneron qui possédait ipielques petits morceaux 
de terre, mais qui étaient insui&sants pour nourrir sa famille, restidt aussi 
pauvre qu'auparavant. 

Au cOEomencement du siècle, il y eut quelques années où la récolte fut 
abondante ; eu 1804 surtout, dans le Blaisois, on distilla des eaux-de-vie 
dont il reste encore de bons types dans certaines caves privilégiées. En 
1811, l'année de la comète, la chaleur fut très grande pendant l'année, et 
les vins eurent une réputation très méritée, mais ces quelques bonnes 
années ne firent que ralentir un peu l'œuvre de destruction. 

A la Restauration, au licenciement de l'armée, les anciens soldats ren- 
trèrent dans leuiB foyers et parmi eux il se trouvait beaucoup de vignerons ; 
ceux-ci reprirent leur ancien métier, mais le nombre en fut restreint. Les 
uns, cbargés de blessures, ne purent fournir aucun travail ; d'autres quit- 
tèrent la vigne pour s'occuper ailleurs ; les routes, peu nombreuses et en 
très mauvais état par suite des guerres, ne permettîùent qu'à grands frais 
le transport des produits des vignobles voisins de la Loire qui se dirigeaient 
par Orléans sur Paris, et la consommation locale absorbait en très grande 
partie les vins récoltés à Chàteaudun et aux environs. 

On vit alors une année qui fut et qui sera peut-être la plus désastreuse 
du siècle, elle fut le point de départ d'une destruction beaucoup plus 
considérable de la vigne, destruction qui ne devait plus s'arrêter. L'année 
1816, qui suivit celle de l'invasion, fut dès le commencement très froide et 
très bumide, l'été surtout fut très pluvieux, et pendant seize jours, au plus 
fort de la moisson, la pluie tomba presque continuellement. Les vents du 
sud-ouest, échauffés par un soleil brûlant, projetaient de gros nuages noirs 
qui déversaient une pluie abondante qui trempait la terre ; la nuit, l'air se 
rafraîchissait, et le lendemain, aussitôt que le soleil arrivait au milieu de sa 
course, les vapeurs humides s'élevaient en l'air pour retomber à nouveau 
et par torrents. Les récoltes eu céréales furent perdues ; les blés, déposés en 
javelles sur la terre humide et échaufTée par les rayons du soleil, germèrent 
en prenant racine sur le sol ; les cultivateurs passaient leur temps à 
retourner les javelles et les gerbes qu'on avait pu faire, mais, la pluie sur- 
venant, elles étaient traversées de part en part ; ceux qui purent, malgré 
le mauvais temps, rentrer dans les granges les blés coupés ne furent pas 
plus heureux que les autres, car la fermentation ne tarda pas à se pro- 
. duire et une fumée épaisse sortant des granges fit craindre un incendie : on 
fut obligé de sortir ce grain dehors pour le faire sécher de nouveau. 

Quant à la vigne, inutile de dire que la récolte fut presque nulle et que 
le peu de vin que l'on récolta fiit des plus mauvais, il se vendit 150 francs 



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345 

la pièce et celui qu'on voulut garder jusqu'à l'été suivant se gâta de 1res 
bonne heure ; les vignerons qui en avaient furent obligés de le jeter. 

A la suite de cette désastreuse année de 1816, survint une très grande 
lamine, le pain arriva au prix de 75 centimes le kilogramme, et les vigne- 
rons qui avaient coroplëtement perdu leur récolte furent les premiers 
atteints. 

Pendant la disette de 1817, les communes établirent des ateliers de cha- 
rité pour venir en aide aux malheureux sans ouvrage, on commença à 
réparer les routes et chemins nécessaires à l'accès des villes et qui avaient 
été si longtemps délaissés. On commença aussi b. restaurer les grandes 
routes. Celles qui avaient servi au transport des armées, du nord au midi, 
avaient reçu un léger entretien, l'État y consacrait quelques gens, non 
pour les rendre ce que nous les voyons aujourd'hui, mais pour les empê- 
cher de se défoncer complètement ; dans l'hiver, sur ces routes privilé- 
giées, il y avait des ornières profondes que l'on remplissait au printemps 
avec de mauvais matériaux. Quant aux routes transversales, où une cer- 
taine circulation locale était nécessaire pour l'alimentation et le besoin des 
villes, celles-là étaient entièrement perdues, et on peut citer comme type 
du genre la route d'Orléans à Chàteaudun, dont la fréquentation était assez 
grande, tant pour le transport des blés à Orléans que pour celui des mes- 
sageries venant de ce côté vers Chàteaudun et la Normandie ; cette route 
était tellement défoncée que, pendant l'hiver, dans beaucoup d'endroits, 
les voitures marchaient dans les champs voisins jusqu'à plus de cinquante 
mètres de l'axe de la route. 

On commença donc vers cette époque une sérieuse restauration des 
routes, l'État consacra des sommes importantes à ces travaux d'utilité 
publique, et la circulation, si difficile auparavant, put reprendre un nouvel 
essor. 

A l'époque dont nous parlons, beaucoup de vignes avaient déjà été 
détruites et de laides trouées avaient été faites dans les plus beaux clos ; 
plusieurs même avaient complètement disparu, les anciens propriétaires 
de vignes les vendaient pour s'agrandir ailleurs en immeubles donnant des 
produits moins aléatoires ; une nouvelle génération s'élevait et beaucoup 
de vignerons, craignant que le travail vint à manquer, ou bien dégoûtés 
d'un métier extrêmement pénible et très peu productif, firent changer de 
profession à leurs enfants; et ces jeunes gens, ayant pris d'autres carrières, 
s'en allèrent la plupart à Paris ou dans des grandes villes, et un très petit 
nombre revint se fixer aux endroits d'où ils étaient partis. 

Ceux qui persistèrent furent en partie ceux qui possédaient de la vigne 
pour leurs occupations, et s'étant fait des champs avec des vignes arra- 
chées, firent marcher de front la culture de la vigne et celle des céréales. 

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514 

ils eurent plusieurs bestiaux, ils récoltèrent blé et vin en employant leurs 
fumiers à l'une et à l'autre culture ; ceux-là résistèrent et acquirent une 
honnête aisance, car les mauvaises années pour la vigne étaient palliées 
par la récolte des céréales, et quand la vigne produisait avec abondance, 
ils en vendaient très cber les produits ; mats une chose domina l'autre, 
le vigneron-cultivateur donna beaucoup plus de soins à son champ qu'à sa 
vigne, le fumier dont celle-ci avait besoin passa dans le champ, et finale- 
ment la vigne fut délaissée, les feoons ne furent plus données en temps 
opportun, et souvent même, pour aller plus vite, on supprima la dernière 
&çon. 

Par suite des facilités de transport résultant de l'établissement de bonnes 
voies de communication dans la contrée, il survint une autre cause qui 
hâta la destruction de la vigne, c'est l'établissement, dans les villes, de 
magasins de vins oii l'on vendit à un prix généralement réduit les vins des 
bords de la Loire et du Vendfimois ; ces vins se répandirent vite dans 
chaque localité et les vins du crû, quoique de meilleure qualité, ne tar- 
dèrent pas h être délaissés. 

Alors le vigneron vendit difficilement ses produits, souvent il était obligé 
de débiter son vin en détail en établissant chez lui un cabaret, mais c'était 
une grande gêne et cela prenait beaucoup sur son temps et sur les occupa- 
tions de sa femme, qui, comme nous l'avons dit plus haut, était occupée à 



On eut pourtant encore quelques bonnes récoltes : l'année 1822, qui fut 
la plus h&tive du siècle et que l'on pouvait comparer à l'année 1781, sans 
être très abondante, produisit d'excellent vin ; les années 1823 et 1826 
furent abondantes, et le vigneron put se remettre des mauvaises années 
qu'il avait eu à subir ; mais l'hiver de 1829 à 1830 fat long et rigoureux, la 
vigne eut beaucoup à souffrir, et, comme elle n'avait plus la même vigueur 
qu'en 1789, elle ne tarda pas à dépérir. Le vigneron, de son côté, souffrit 
beaucoup ; la neige, qui couvrit la terre pendant près de deux mois, le met- 
tait dans l'impossibilité de travailler, et la cherté du grain fit qu'il s'endetta 
à nouveau; sa gêne fut d'autant plus grande qu'il n'avait plus, comme 
autrefois, un patron aisé pour lui venir en aide. 

Alors on continua, mais plus fort qu'auparavant, la destruction de la 
vigne : les plus beaux clos, ceux qui par la position et la nature du sol ne 
paraissaient propices qu'à la vigne, furent partout entamés et la charrue se 
promena jusqu'aux portes des villes ; les vignerons donnèrent eux-mêmes 
l'exemple, ils préférèrent arracher la vigne pour nourrir leurs tamilles que 
de continuer une culture avec laquelle ils mouraient de faim. Quant 
aux enfants qui restaient encore attachés à la vigne, la plupart cher- 
chèrent une autre occupation, en sorte que l'on peut être certain que les 



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315 

>ignerons, dans notre pays, manquèrent plutôt encore que la vigne. 

Enfin, dans ces derniers temps, l'établissement du chemin de fer de 
Brétigny à Tours est venu porter un dernier coup aux vignobles de Bon- 
neval, Châteaudun et Cloyes ; la ligne et les gares s'élant placées sur les 
coteaux où se trouvaient les meilleures vignes, un grand nombre disparut, 
et les derniers clos entamés eurent beaucoup de peine à se maintenir. 

Maintenant, voyons quel sera l'avenir de la vigne dans la contrée. La 
destruction sera-l-elle complète, ou bien la vigne reviendra-t-elle en 
laveur? C'est là une question complexe et qu'il est difficile de résoudre 
actuellement. Jusqu'ici nous avons vu marcher la destruction à grands pas 
et nous n'avons vu que de bien timides essais de plantation. Dans le 
vignoble de Montigny-le-Gannelon, qui est celui qui s'est le mieux soutenu 
dans la contrée, nous voyons planter de la vigne; on a eu soin d'en garnir 
tous les terrains impropres à la culture des céréales, et l'on y a parfaite- 
ment réussi; mais, sionyavait un peu moins propagé ces gros cépages dits 
gondouins, qui sont les garaets, on eAt certainement mieux fait, car le 
vignoble de Hontigny, placé presque partout sur un sous-sol argileux et 
humide, ne permet l'entière maturité de ce firuit que dans les années très 
sèches. Néanmoins, nous devons rendre ici hommage au courage des habi- 
tants laborieux de cette commune, car, dans de fort mauvais terrains, ils 
ont édifié de très bonnes vignes, et ils ont ainsi acquis une aisance qui les 
met aujourd'hui au-dessus du besoin. 

Dans les communes de Jallans, du Mée, de la Ferté-Villeneuil et de 
Roraiily-sur-Aigre, on a fait depuis quelques années des plantations de 
vigne. A Jallans, il y avait beaucoup de vignes blanches au commence- 
ment du siècle ; dans les autres communes, on a plan té sur les coteaux bor- 
dant l'Aigre. On ne peut pas prévoir quel sera l'avenir de ces essais, néan- 
moins l'on peut dire que la vigne plantée a bien poussé, et, comme la plu- 
part des terrains choisis sont placés sur un sous-sol légèrement humide et 
dont l'écorce calcaire a été débarrassée des grosses pierres qu'elle conte- 
nait, on peut espérer que ces plantations récompenseront les proprié- 
taires. Du reste, dans ces contrées, à une époque déjà reculée, alors que tes 
villes de Verdes et de La Ferté-Villeneuil existaient, il y avait beaucoup de 
vignes sur les coteaux et dans les plaines avoisinant l'Aigre, et les noms 
de cbamptiers inscrits au cadastre désignent encore la plupart des clos de 
l'époque ; mais ici, comme à Montigny, on ne s'est pas beaucoup occupé du 
sol sur lequel on plantait, et sur des terrains où les vignes blanches 
eussent bien réussi, on s'est attaché à mettre des cépages à vin rouge pro- 
duisant l'abondance au détriment de la qualité ; ici, nous ne blâmerons pas 
directement les personnes qui ont fait ces essais de plantations : il en est 
de la vigne comme de toutes choses, c'est au vigneron qu'il appartient de 



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316 

juger la nature du sol et le genre de cépage qu'il faut adopter. Malheureu- 
sement, le vigneron actuel a un peu perdu les habitudes de ses ancêtres, 
il n'a été dans les endroits que nous venons de citer que le tâcheron d'un 
propriétaire qui a voulu faire une œuvre utile en rendant à la culture de la 
vigne des terrains impropres à toute autre culture, tout en ûiisant pour lui- 
même un placement avantageux. 

Nous avons vu qu'à mesure que la vigne disparaissait, la génération 
nouvelle s'éloignait de plus en plus des travaux agricoles ; la plupart môme 
des jeunes gens quittait le pays sans espoir de retour ; les anciens proprié- 
taires assez nombreux dans les villes et les châtelains des environs, consi- 
dérant la vigne d'un mauvais produit, préférèrent acheter les vins dont ils 
avaient besoin que de les récolter directement eux-mêmes, et c'est ainsi 
que la culture de la vigne, de belle et florissante qu'elle était autrefois, est 
descendue au degré où nous la voyons aujourd'hui. 

Pour arriver à une régénération, qui ne sera jamais complète, voici ce que 
nous croyons qu'il serait utile de fkire : 

l" Reconnaître dans chaque localité, par une étude géologique bien 
entendue du sol, les terrains propices & la culture de la vigne, tant sous le 
rapport de l'exposition, du sol supérieur et du sous-sol, que de l'appro- 
priation des divers cépages convenables à chaque nature de terrain. 

2" Chercher le mode de culture le plus avantageux sous le rapport de la 
main-d'œuvre, et celui surtout qui permette au vigneron, soit de travailler 
debout et sans se courber, soit d'utiliser l'âne ou le cheval aux différents 
labours de la terre. 

3° Enfin, engager les grands propriétaires et en général toutes les per- 
sonnes aisées et comprenant le progrès, à planter de la vigne, en leur 
démontrant l'avantage qu'ils auraient à en recueillir. 

ChAteaudun, le 7 septembre i839. 



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EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAOÎ. 



Séance du 7 septembre i869. 

M. Lecesne dépose sur le bureau, au nom de H. Léon Perronne, qui en 
lait don k la Société, plusieurs médailles anciennes. 

Séance dv 5 octobre 1869. 

Lecture d'une lettre de H. de Gaumont, relative au Congrès scîentiâque 
de Chartres. 

Décision du bureau portant que cette lettre sera conservée dans 
l'album d'autographes de la Société, et qu'à l'avenir il sera sommairement 
rendu compte des articles renfermés dans les diverses publications reçues 
par la Société. 

Discussion sur l'opportunité d'une prochaine convocation de l'assemblée 
générale et de nouvelles élections. 

Fixation de la réunion générale de la Société au 26 octobre et de l'ordre 
du jour de cette séance, dans laquelle auront lieu : i« l'élection d'un pré- 
sident — si avant la convocation M. de Belfort donne sa démission — et 
d'un autre membre du bureau ; 2° la discussion de plusieurs modifications 
au règlement, modifications portant sur la réélection des membres du 
bureau, la publication des bulletins, les réunions générales et le titre même 
de la Société ; et 3» diverses lectures. 

Lecture des travaux qui seront soumis à la prochaine assemblée générale 
et qui consistent en : 1" Une Notice sur la vigne et les causes qui ont amené 
successivement, depuis un siècle, so destruction dans l'arrondissement de 
Châteaudun, par M. Clément ; 2" Recherches sur l'origine du mot Bazoche, 
par M. Poulain de Bossay, et 3° Le Puits du Coq et ta Congrégation de 
Notre-Dame, par M. Coudray. Présentation de l'état de situation finan- 
cière de la Société, par M. Brossier, trésorier. 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

DU 16 OCTOBRE 1S6S. 

Présence de MM. Poulain de Bossay, vice-président, Coudray et Lecesne, 
secrétaires, Brossier, trésorier. Desbans, conservateur, et Baimbert- 
Desormeaux, membre du bureau; puis, de MM. Anthoine, Boucher, 
Marquis, Géray, de Mauny, Raimbert-Guérinot, Sence, Lelong, Lemay, 



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318 

Vicaire, Montarlot, Giougeon, Boret, de Possesse, Lucas père, Alexis Lucas, 
Pouillier, Berger, Fillette et Lumière. 

Lecture et adoption du dernier procès-verbal de réunion générale. 

Ajournement de réleclion d'un président, après l'audition de deux 
lettres de M. de Belfort. 

Élection de M. Marquis, comme membre du bureau, par 18 voii anr 
24 votants. 

Énumération des ouvrages et bulletins oEFerts et envoyés à la Société, 
des objets donnés au musée, des nouveaux membres titulaires et des 
membres démissionnaires. 

Après un débat très approfondi sur les projets de modiâcalions au 
règlement, présentés à l'assemblée, adoption des dispositions suivantes : 

« A l'avenir, à la suite du titre de Société dunoiae, il sera ajouté, entre 
parenthèse : Archéologie, Histoire, Sciences et Arts. 

< Les articles l", 2«, 12«, 15», 16" et 18* sont ainsi remplacés ; 

« Art. 1". — La Société est créée dans le but de recueillir les antiquités 
locales et tous les objets ou documents d'art ou de science pour la forma- 
tion d'un musée, comme aussi de faire connaître tout ce qui concerne le 
pays dunois. 

< Abt. 2«. — Le siège de la Société est fixé à Chàteaudun. 

t Art. 12«. — Les membres du bureau sont nommés pour trois ans par 
l'assemblée générale, et renouvelés, chaque année, par tiers. Les membres 
sortants sont désignés pour la première fois par le sort. A l'exception du 
président et du trésorier, qui seront toujours rééligibles, ils ne pourront 
être réélus qu'après un intervalle d'une année. 

« Abt. 15*. — Le trésorier reçoit les cotisations, acquitte les dépenses 
sur un matidat délivré par l'un des secrétaires et visé par le président. 
Dans la première séance générale de chaque année, il soumet le compte 
détaillé des recettes et des dépenses de l'année précédente & l'approbation 
de la Société. 

( Cette séance est du reste la seule consacrée aux objets relatifs à l'ad- 
ministration, hors les cas d'urgence reconnus par le bureau. 

« Toutes les propositions relatives à l'administration sont adressées par 
écrit au président qui en réfère au bureau. 

« Art. 16*. — Le bureau se réunit à Chàteaudun, le premier mardi de 
chaque mois. 

« La Société se réunit en assemblée générale quatre fois par an : dans 
la seconde quinzaine de janvier, en avril, en juillet et en octobre. 

K Un bulletin périodique de ses travaux est délivré gratuitement à chaque 
membre. 



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<s La publication de ce bulletin est trimestrielle et l'envoi en est fait dans 
les trois mois qui saivent chaque réunion générale. 

< Pour régulariser cette publication, une commission de trois membres 
pris au sein du bureau en surveille l'impression et statue sur toutes les 
questions relatives aux travaux- présentés, en se conformant toutefois aux 
décisions des assemblées générales et du bureau. 

< Aucun rapport ou travail quelconque ne peutêtre lu à l'une des assem- 
blées générales, sans l'examen préalable et l'approbation du bureau. 

« Art. 18*. — La Société forme une bibbothèque etdes collections. Les 
dons qui lui sont faits sont inscrits au bulletin de ses séances avec le nom 
du donataire. 

I En cas de dissolution... » ( La suite comme dans l'article primitif. ) 

Lecture des travaux suivants : 1° Notice sur la vigne et les causes gui 
ont amené successivement, depuis un siècle, sa destruction dans l'arron- 
dissement de Chàteaudun, par M. Clément; 2» Le Puits du Coq et la 
Congrégation de Notre-Dame, par M, Coudray, et 3" Recherches sur l'ori- 
gine du mot Bazoche, par M. Poulain de Bossay. 

La séance générale levée, séance du bureau et nomination de M. Raim- 
bert-Desormeaux comme vice-président, ainsi que choix de la commission 
du bulletin, ainsi composée : MM. Raimbert, Marquis et Coudray. 



Dons  la Société depuis la dernière asBemblée générale 

(du 26 MAI AU 26 OCTOBRE 18ti9) 



Une clef ouvragée, par M. Caillaut-Ignard. 

Grains de blé de l'époque gallo-romaine, trouvés à Hérépian (Hérault), 
par le docteur Privât. 

Fragment de bracelet mérovingien recueilli à Frêne, par M. Baudet. 

Jeton du sacre de Louis XV, par M. Caillé. 

Statuette en pierre (saint Roch), par M. BlET. 

Un assignat de cent francs, par M. Rocton. 

Plusieurs madrépores, par M. de Belfoht. 

Une hache en silex venant d'Autheuil, par M. de Belfort. 

Agglomérat de fossiles de l'Oise, par M. de Bbxfort. 

Plusieurs fossiles de Cuise-la-Motte (Oise), par M. de Belfort. 

Une collection de fossiles des Faluns de PonUevoy, par M. Bourgeois 
(37 espèces environ). 



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Une hache en silex poH, par M"< Augustine Cognard, d'Harville, com- 
mune de Civry. 

Un encrier fait avec des biscaïens provenant de Sèbastopol, par H. 
Lecohte. 
Un autographe de Rosa Bonheur, par M. de Belfort. 
Id. du docteur Bailly, par M. Gœert. 

Id. de M"« de la Guéronnière, par M. de Belfort. 

Id. du général Rebillot, par M. de Belfort. 

Id. de M, de Parieu, par M. de Belfort. 

Une médaille en potin de Trebonianus-Gallus, trouvée à GodonviUe, par 
M. L. Perbonne. 
Une autre de Gallien, de la même provenance, par M. L. Perronne. 



Liste des Ouvrages offerts depuis la dernière Réomion générale 

(DU 26 MAI &U 26 OCTOBRE 1869) 



Revue des Sociétés savantes (avril et mai 1869). 

Annales de la Société d'émulation de l'Ain (janvier et février 1866). 

Catalogue d'histoire naturelle du Morbihan. 

Un Coin de l'ancien Dunois, par M. Coudray (première partie). 

Revue archéologique (avril, mai, juin et juillet). 

Le servage dans le Blaisois, par M. Dupré. 

Essai historique sur les lettres, au XVII" siècle, par le même. 

Essai historique sur les comtesses de Blois, par le même. 

Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard (1", 2' et3« volumes 
de la 2» série). 

Histoire du château de Châteaudun, par M. Coudray. 

Registres consulaires de la ville de Limoges, (mémoires de la Société 
du Limousin). 

Deuxième fascicule du Nobiliaire de Nadaud, id. 

Bulletin de la Société Polymatbique du Morbihan (deuxième semestre 
1868). 

Société du Limousin (dix-huitième volume de son bulletin). 

Société du Vendômois (premier trimestre 1869). 

Mémoires de la Société Archéologique de l'Orléanais (volumes 8», Qf et 
11', avec deux atlas). 

Bulletin de la Société d'Anthropologie (3» volume). 



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Bulletin de ta Société Polymathique du Morbihan {i" semestre 1869). 

Bulletin de la Société d'agriculture de l'arrondissement de Mayenne 
(1« et 2» trimestres 1869). 

Comptes-rendus, de 1868, de la Société française de Numismatique 
(six premières feuilles). 

Annales de la Société d'émulation de l'Ain (avril, mai et juin 1869). 

Revue archéologique (août 1869). 

Bulletio delà Société des sciences de l'Yomie (deuxième trimestre 1869). 

Bulletin de la Société des sciences de Semur (cinquième trimestre, mai 
1868). 

Revue des Sociétés savantes des départements (quatrième série, tome IX). 

Bulletin de la Société du Vendômois (treizième trimestre 1869). 

Revue archéologique (octobre 1869). 



LISTE DES NOUTEAUX HEHBRES TITULAIRES 

DEPUIS LA DERNIËHE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (26 mai au 26 OCtobfe 1S69) 



M. Edgar Estienne, propriétaire aux Frétons, commune de Châtillon. 

M. Moisson, président du tribunal civil de Chftteaudun. 

M. RocroN, percepteur à Châteaudun. 

tfm» veuve Chaillou, propriétaire à la Touche, commune de Lanneray. 

M. Adhelmar Besseteaux, propriétaire à Orgëres. 

M. de Trémaudan, percepteur à Orgères. 

M. Peltebeau (Henri), négociant à Paris. 



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NOTICE ARCHÉOLOGIQUE 



SUR LES COUUUNES DE 



RomiUy-sar- Aigre, Cbarray, La Ferti-ViUeneuil, Aatbenil et CloyM 



ROHJLLY-SUR-AIORE. 

MonumerUs druidiqtm. — Un dolmen et un menhir se trouvent dans 
les prairies du ch&teau de Bouche-d' Aigre ; ils sont en pierre du pays. 

n existait autrefois plusieurs tombelles non loin de ces monuments, une 
seule fut respectée par l'agriculture ; c'est la plus rapprochée du menhir. 

Les fouilles qui furent faites par M. de Lamérie, ayant été insuffisantes, 
n'amenèrent aucune découverte ; il eût fallu creuser et non se contenter 
d'une tranchée à fleur de terre. 

En 1864, lorsque la compagnie du chemin de fer exploita la grande 
sablière qui se trouve à l'entrée (nord) du hameau de Bouche-d' Aigre, 
on découvrit, dans la partie la plus rapprochée du chemin, plusieurs puits 
cinéraires et autres substructions. Plusieurs ohjets furent trouvés : une 
pierre creusée en forme de mortier, une lame en fer, aiguë, à deux tran- 
chants, d'un décimètre de long, la tige opposée Ji la pointe disposée pour 
recevoir un manche (cutter). 

Les pierres taillées ou hachettes que l'on retrouve sur le territoire de la 
commune de Romilly sont répandues çà et là sans distinction de terroir. 

Êpoqm gaUo-romaine. — Un embranchement delà voie romaine venant 
du Mans, passant par la Fontenelle, Droué, Cloyes, la Ferté-Villeneuil, 
Verdes, et se rendant à Meung, a ^t place à une route. Il ne reste donc 
que quelques rares vestiges de son passage sur la route de Cloyes à 
Romilly et dans le hameau de Saint-Calais. 

Dans ce même hameau de Saint-Calais, on retrouve quelques débris de 
briques gallo-romaines, au terroir appelé vulgairement la Breloque, puis 
encore dans la maçonnerie des ruines de l'ancienne chapelle du prieuré 
dudit lieu. 

La ferme de la Touche, commune de Romilly, est une ancienne sei- 
gneurie qui paraît avoir été fortifiée & une époque très reculée. Deux de 



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535 

ses tourelles, par leur maçonnerie, la pose et la forme de leurs meur- 
trières, rappellent l'époque gallo-romaine. 

Des fouilles exécutées au bas de ses remparts amenèrent la découverte 
de noml»'eux ossements humains jetés sans précaution dans une fosse 
commune ; on en trouva dans toutes les positions : quelques-uns étaient 
la tête en bas, d'autres étaient écrasés sous d'énormes pierres brutes. La 
grosseur des têtes, la longueur des tibias, en un mot les grandes propor- 
tions de ces charpentes osseuses, ont fait supposer qu'elles auraient pu 
appartenir à des guerriers francs. D'autre part, le nombre des dents était 
intact en général; et, chose remarquable, bon nombre des mâchoires 
présentait à l'intérieur d'autres dents prêtes à soulever les premières, ce 
qui ût penser qu'elles avaient appartenu à de jeunes hommes. 

La première assertion pourrait être conflnnée par la découverte qui fut 
faite, parmi ces ossements, d'armes offensives romaines, et par un autre 
mode de sépulture sur les mêmes lieux ; ce sont des puits cinéraires indi- 
qués par des tombelles peu élevées ; ils sont creusés simplement dans la 
terre, étroits du haut, à peu près de deux mètres de profondeur, trois 
couches de charbon et cendre, séparées par les débris du rogus ( bûcher ), 
ou pierres calcinées, au fond, une urne en terre cuite, des cendres, des 



Les armes qui furent trouvées dans la fosse commune dont il est parlé 
ci-dessus, étaient en petit nombre. Une pointe de (lèche ( aculem ) en 
bronze, dont les ailes sont arrondies, fut découverte entre l'épine dorsale 
et les côtes d'un squelette. Un spiculum ou ptEum (javelot) également en 
bronze, un anneau ou boucle de baudrier avec sa pointe mobile ( buccula ), 
etc. 

Il paraîtrait que, dans ces mêmes fouilles, l'on découvrit une excavation 
en forme de puits, au fond de laquelle on reconnut un souterrain se diri- 
geant sous la ferme ; malheureusement, le fermier qui faisait exécuter ces 
travaux, pour extraire de la marne, ât combler ce vide qui gênait le passage 
des voitures, et n'eut pas la curiosité de l'explorer auparavant. 

Il est inutile de signaler quelques objets épars retrouvés sur le territoire 
de la commune de Romilly, et qui n'indiquent aucunes substructions. 



Au hameau de Villefleur, de nombreuses ruines gallo-romaines font 
suite à celles de Verdes, la Ferté, Saint-Laurent, et de là vont joindre 
celles d'Ouzouer-le- Doyen (i) ; elles forment une étendue d'environ douze 

(1) Voir le 2e volume des Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, 
pf^e63. 



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524 

kilomètres de long et se perdent en largeur dans les plaines de la Beauce. 

On retrouve & Villefleur des poteries rouges omées de reliefe, des 
briques, des en&iteaux, des cle& et ustensiles de ménage, monnaies 
romaines, silex taillés en hachettes, colliers en terre cuite ; en 1866, on y 
a découvert un petit huste de Scipion l'Africain en bronze, parfoitement 
conservé, qui lait partie de ma collection. 

U serait facile d'exécuter des fouilles qui amèneraient certainement des 
découvertes fort curieuses. 

Entre ce hameau et le village de Charray, en appuyant sur Ouzouer-le- 
Doyen, il existe une élévation sur laquelle on retrouve des ruines que 
l'agriculture n'a pu détruire. La tradition rapporte qu'il existait en cet 
endroit un fort. Cela pourrait avoir été en effet un fortin pour la défense de 
ces contrées et servant d'appui à celui de la Touche dont il est parlé plus 
haut. Un chemin appelé route de Blois, partant de la Ferté-Villeneuil, pas- 
sant à l'ancienne léproserie de Saint-Laurent, allant gagner la voie romaine 
de Chartres à Blois du côté de Viévy-le-Rayé, et que je considère aussi 
comme une voie romaine, passe à peu de distance des ruines de ce fort 
supposé. 

La léproserie de Saint-Laurent, aujourd'hui ferme appartenant & l'hos- 
pice de la Ferté, sise sur le côté opposé à celui de Villeileur, est également 
entourée de ruines nombreuses qui s'étendent jusqu'à la Ferté. 

Un sceau en bronze du moyen-âge fut trouvé dans la cour de la ferme 
de Saint-Laurent avec des ossements. 

Une fontaine dite de Parriau, dallée avec soin et entourée de pierres 
de taille, isolée de toute habitation, coule à mi-côte sur le versant ( est ) 
du coteau de Saint-Laurent. Beaucoup de ruines l'entourent; elle est 
éloignée de deux kilomètres à peu près de la Ferté, et à la même distance 
de Saint-Laurent. 

De nombreux cercueils en granit rouge et noir ont été découverts à 
différentes époques au village même de Charray et aux alentours. On m'a 
cité une bague, une épée, quelques autres petits objets trouvés avec des 
ossements dans ces sarcophages des premiers siècles du christianisme. 

LA FEBTÉ-VILLENEtJIL. 

L'ancienne ville de la Ferté-Villeneuil est un amas de ruines du moyen- 
âge et de la Benaissance. 

Sur le versant du coteau qui lait face au nord, auMlessus du vieux châ- 
teau, l'on retrouve l'immense étendue de ruines gallo-romaines que nous 
avons signalées plus haut et qui se dirigent sur Verdes et Tripleville. De 
nombreux objets furent trouvés à difTérentes époques dans ces lieux : des 
épingles en ivoire (act» crtnafts) des meules à moudre le grain (mola 



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325 

trusatilU), des poteries, flbules, etc. Une voie romaine, dite route de 
Meung, signalée à l'article Romilly, se dirige sur Verdes. 

Un grand nombre d'objets du moyen-Âge et de la Renaissance furent 
découverts & l'intérieur et à l'extérieur de la ville. Les ruines du vieux 
ch&teau seigneurial, surtout, en fournissent beaucoup : des armes, armures, 
pierres sculptées, monnaies, ustensiles de toutes sortes, caveaux, etc. 

Dans relise, d'architecture romane, autrefois fort Saint-Martin, derrière 
le mattre-autel ob se trouve la sacristie, était une fontaine. On y découvrit, 
au commencement du siècle, une quantité d'armes et de boulets en pierre. 
Depuis, elle fut recouverte de dalles et se trouve sous le pavage. 

Il serait fort intéressant de dresser le plan de l'ancien manoir des châte- 
lains de la Ferté en suivant les fondations, ce qui amènerait des décou- 
vertes au fond des fossés et des souterrains, sous les ruines des bâtiments. 
J'ai entendu dire qu'en cet endroit, il y a bien une quarantaine d'années, 
l'on découvrit un squelette revêtu de son armure complète. 

Il y aurait beaucoup à dire au sujet de la Ferté-Villeneuil, sur les sièges 
qu'elle eut à soutenir à différentes époques, les passages de troupes qui 
achevèrent de la ruiner, la liste de ses châtelains, les coutumes, péages, et 
la fondation de son Hôtel-Dieu. L'abbé Bordas nous a laissé une notice 
assez complète sur la Ferté-Villeneuil, page 103 de sa chorographie du 
comté de Dunois. 



Il y a une dizaine d'années que l'on trouva dans le jardin de la ferme de 
Teille une pièce gauloise en or, imitation des statères d'or de Philippe, roi 
de Macédoine : tête d'Apollon, et au revers un bige, Androcéphale foulant 
aux pieds un guerrier. 

A Autheuil même, l'on découvrit des substructions gallo-romaines, dans 
le verger de la ferme dite du Presbytère : des murailles, des tuiles et 
briques, des cendres et pierres calcinées, divers objets en fer, entre autres 
une lame tranchante, une pièce romaine, etc. 

La ferme de Guichery est une ancienne seigneurie ayant appartenu à la 
fomille d'Hamilton au XVII' siècle. A difîérentes époques, on découvrit 
divers objets de la Renaissance, entre autres : un marteau d'armes, dit bec- 
de-corbin, des ustensiles de ménage, les restes d'une inscription latine 
gravée sur pierre, mais trop mutilée pour être recomposée ; au bas, est un 
écusson aussi gravé sur la pierre, et dont la partie sénestre est dégradée ; 
sur la dextre, l'on distingue encore trois bandes superposées. 

Il y avait autrefois un petit hameau près de cette ferme, et c'est en 
partie dans ses ruines qu'on découvrit les objets ci-dessus. 



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Bourg autrefois fortifié, dont les remparts tombèrent en ruines et les 
fossés furent comblés. De fréquentes et curieuses découvertes furent laites, 
au-delà de ses fortifications, dans l'un de ses faubourgs actuels appelé le 
Vivier. Je signalerai, entre autres, un grand nombre de pièces d'or du 
XIV* siècle : agnel de Jean-le-6on, Charles V, franc à pied ou fleur de lis ; 
d'autres du XV^^ : Charles VII, etc. 

Ce fut en l'année 1852 qu'un ouvrier découvrit ce trésor, dont il n'accusa 
que 50 pièces à peu près. 

Sur les hauteurs qui dominent le Vivier, on trouva, il y a peu d'années, 
en tirant du sable, des sarcophages en pierre; et, plus récemment, dans les 
mêmes lieux à peu près, on déterra une quantité innombrable de denarii 
ou œreoH (1) portant l'effigie de Tétricus. On prétend qu'on les enlevait à 
la pelle. Une grande partie fut gaspillée. Était-ce un trésor ou bien un 
atelier monétaire ? 

Il est à croire que des fouilles exécutées dans ces lieux amèneraient des 
découvertes curieuses. 

La voie romaine venant du Mans passait à quelques mètres de là, après 
avoir traversé le Loir. 

L'abbé Bordas, dans sa chorographie du Dunois, donne une notice sur 
Cloyes, mais il ne remonte pas jusqu'à l'époque gallo-romaine ; il serait 
intéressant de pouvoir rechercher plus haut l'origine de la ville de Cloyes. 

Une maison de la Renaissance avec sculptures, habitée par un serru- 
rier (2) est sise sur le marché au beurre ; une autre, de la même époque, 
ayant une tourelle à cul-de-lampe servant d'escalier, surmontée d'une 
lanterne en pierres, est dans la rue qui va de la place à l'église. 

Le prieuré d'Yron près Cloyes, sur la petite rivière de ce nom, dépendait 
de l'abbaye de Thyron ; sa chapelle, fort curieuse, parait appartenir au 
roman secondaire. A l'intérieur, on y remarque d'anciennes peintures 
murales ; une tourelle servant d'escaber pour monter dans les combles fut 
détruite par le propriétaire actuel, qui fit également démohr les contre- 
forts. 

Raoul DE Tabragon. 



(1) Il en fallait jusqu'à 7,200 pour faire un solidaa. 

(2) M. Darras. 

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DN COIN DE L'ANCIEN DUNOIS 



L TRAVERS LES RDES DE CHATËACDItN 



UN DROIT DU BON VIEUX TEMPS 

A PROPOS D'UNE PIECE DES ARCHIVES DE CHATEAUDUK 



Os étaient nombreux, les droits et privilèges que les seigneurs féodaux 
s'étaient successivement arrogés. Dans ces temps que l'immense majorité 
de la nation ne peut regretter à aucun titre, pour la satisfaction des caprices 
et des passions de quelques-uns, les masses étaient, à chaque instant, 
froissées dans leur dignité, atteintes dans leur liierté, menacées dans 
leur existence et leur intérêt ; absolument comme si le christianisme n'eût 
point exercé son influence salutaire sur le monde, comme si l'esclavage 
antique n'eût fait que s'étendre et changer de nom. 

Aujourd'hui qu'il ne reste plus. Dieu merci 1 que le souvenir de ces 
vexations d'un autre ftge, nous avons peine à comprendre qu'elles aient 
subsisté sur notre sol jusqu'à la fin du XYIII" siècle. 

Nous nous expliquons même bien difficilement qu'en 1766 seulement, le 
baron d'Âlluyes — par exemple — eût encore tous les droits suivants : 

La haute, moyenne et basse justice sur tous ses domaines, vassaux, 
arrière-vassaux et censitaires , fiefs et seigneuries enclavés dans sa 
baronnie d'Alluyes, et, pour l'exercer, la nomination et installation d'un 
bailh, lieutenant, procureur fiscal, substitut, greffier, procureurs postu- 
lants, huissiers, sergens ; droit de fourches patibulaires à quatre piliers ; 
droit de carcan, de poteau et de pilori ; droits d'aubaine par bâtardise et 
de déshérence, d'épaves et de confiscation, de banalité de moulin et de 
four ; droits de corvées pour l'entretien et réédification des château, grosse 
tour, pont et chaussée d'Alluyes ; droit de notariat, de tabellionnage et de 
sceaux à contrats dans toute l'étendue de la baronnie ; droits de guet, 
garde, laitages, chasse, pêche, péages, travers, prévôté, grande et petite 
coutume, droit de colombier, de garenne et d'étang ; droits de marchés, 
foires, halles, mesurages de tous grains, boisselages, étalages, aunages, 



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poids et mesures et ajusts; droits de voirie, rachats, cheval de service, 
marc d'argent évalué, lods et ventes, gands, saisines, déËiuts et amendes ; 
droit de donner la permission de jouer aux quilles bAtonnières le jour de 
la fête de saint Jean-Baptiste à Saumeray; droit de patronage en plu- 
sieurs églises ; droit de représentation du Papeguay, oiseau à faire tirer, 
les jours de Quasimodo et de Saint-Georges ; droit de banc, sépulture et 
ceintures funèbres, tant en dedans qu'en dehors ; droits de cens, rentes 
seigneuriales, féodales, foncières, de bail, d'héritages et autres rentes, tant 
en argent qu'en blé, avoine, autres grains, chapons et poulets ; enfin, droit 
de champart à raison de la douzième gerbe de tous les fruits de la terre. 

n semble qu'après une aussi longue énumération le seigneur n'eût plus 
rien à désirer, plus rien à prétendre. 

Eh bien 1 si formidable qu'elle paraisse, cette liste est encore incom- 
plète. Quand M» Edme-Guillaume Lefebvre, procureur en la cour du 
Parlement de Paris, poursuivait la saisie réelle de la terre, marquisat et 
seigneurie d'Alluyes, sur dame Charlotte-Madeleine Boutin, veuve de 
messire Charles-Henri-Philippe de Uontboissier-Beaufort-Canillac, vicomte 
de Montboissier, etc., et énumérait tous les droits attachés à la puissante 
baronnie, il avait soin d'ajouter, ft ceux que nous venons de nommer : 
tous autres droits désignés, ou non désignés, ensemble tovs droits de 
seigneurie et ^enclave. 

Du reste, cette dernière formule n'était ni nouvelle, ni particulière à la 
terre saisie. 

Longtemps, sans doute, elle désigna implicitement des droits ou plutôt 
des abus qu'on eut toujours la pudeur de ne pas nommer dans les actes. 

Le plus odieux de ces prétendus droits seigneuriaux était celui de 
marquette, plus généralement connu sous une appellation assez cynique, 
dont nous ferons grâce au lecteur. De par lui, le seigneur d'un fief pouvait 
exiger la première nuit des noces des femmes de ses tenants. 

U était aussi appelé simplement droit du seigneur. 

Suzanne, dans le Mariage de Figaro, dit cet égard : 

— Lorsqu^il abolit pour elle ua certain affreux droit du seigneur... 

Où cet usage immoral, ce prétendu droit, prit-il naissance ? 

Il est difficile d'être afBxmatif sur ce point. 

Plusieurs historiens nous disent bien qu'à la fin du monde romain 
l'humanité, impatiente demouvement, se replia sur elle-même, et se vautra 
dans l'égolsme, la débauche et la cruauté ; tant et si bien que trente mille 
dieux siégèrent au Capitole, que l'esclave fut jeté dans le vivier des grands 
pour engraisser les murènes, et qu'un décret du sénat donna toutes les 
femmes à César. 



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529 

Hais, pour rbonneur de rhiunanité, tout le inonde n'est pas d'accord sur 
l'existence de ce sénatus-consulte. 

Dion Cassius, le flatteur d'Auguste et le détracteur de Cicéron, rapporte, 
il est vrai, que des sénateurs, pour récompenser César de tout le mal qu'il 
avait fait à la République, opinèrent qu'il fallait lui donner le droit d'ho- 
norer de ses faveurs toutes les dames qui lui plairaient; mais il a été le 
seul à propager cette turpitude, qu'on s'étonne de voir accueillie comme 
une vérité par l'auteur même de VEsprit des Lois. 

A la rigueur, on comprend cette infamie à la fin de la République romaine. 

Seulement, n'est-il pas digne d'étonnement que, dans l'Europe chré- 
tienne, on ait longtemps regardé comme une espèce de loi féodale, ou 
tout au moins comme un droit coutumier, l'usage d'accorder au seigneur 
les premières faveurs de sa vassale, la première nuit des noces de la fille 
du vilain? 

On a tout lieu de croire que cette singulière jurisprudence commença 
en Ecosse, car les seigneurs écossais avaient un pouvoir encore plus 
absolu sur leurs clans que les barons français sur leurs vassaux et sujets. 
C'est du reste une opinion généralement accréditée qu'elle fiit établie par 
le roi écossais Evène, et qu'elle passa ensuite en Angleterre, puis dans 
diverses contrées de l'Europe continentale. 

A l'origine, le droit n'était que la redevance en aident payée par le 
tenant à son seigneur, à l'occasion du mariage de chacune de ses filles ; 
mais, grflce & la corruption des mœurs, le droit en nature fut substitué au 
droit en argent. 

Vers l'an 4090, la femme de Malcolm II, roi d'Ecosse, obtint de son mari 
que ce droit pourrait être racheté. C'était revenir au point de départ. Le 
droit nommé jusqu'alors jus prelibattonts, prit le nom de marquette. 

Il fut même admis que le débiteur se libérerait en bétail s'il ne pouvait 
l'acquitter en argent. Les filles de basse condition étaient taxées à trois 
sous trois deniers, ou une génisse ; les filles d'homme libre à six sous six 
deniers, ou une vache; celles d'un baron à 12 sous, ou deux vaches, au 
profit du seigneur dominant ; celles d'un comte, à douze vaches, au profit 
de la reine. 

Si ce fruit odieux de la tyrannie et de la débauche subit de bonne heure 
une profonde modification dans la Grande-Bretagne, il subsista trop long- 
temps en France. 

Et pourtant, jamais il ne tut approuvé par une loi publique. H est même 
certain que, si un seigneur avait assigné devant un tribunal régulier une 
fille fiancée k l'un de ses vassaux, pour venir lui payer sa redevance, il eût 
perdu sa cause avec dépens. Etienne de la Boetie, qui vivait au milieu du 
XVI* siècle, affirme, au surplus, qu'il a vu plaider un procès de cette nature 

24 ^ 

DioilizBchyGOOgle 



330 

devant l'offidalité de Bourges, et que le demandeur repoussé avec indi- 
gnation fut condamné à l'amende. 

Heureusement aussi que partout les progrès de la civilisation firent 
tomber en désuétude le droit de marquette, sans que ceux qui en étaient 
investis osassent réclamer d'indemnité. 

A cet égard, Voltaire me paraît dire avec raison : « Saisissons cette 
c occasion d'assurer qu'il n'y a jamais eu de peuple un peu civilisé qui 

< ait établi des lois formelles contre les mœurs ; je ne crois pas qu'il y eo 
c ait un seul exemple. Des abus s'établissent, on les tolère ; ils passent en 
c coutume. 

< J'appelle loi contre les mœurs, une loi publique qui me prive de mon 
c bien, qui m'6te ma femme pour la donner à un autre ; et je dis que la 
c chose est impossible. 

< Quelques voyageurs prétendent qu'en Laponie des maris sont venus 
« leur offrir leurs femmes par politesse ; c'est une plus grande politesse à 
« moi de les croire. Mais je leur soutiens qu'ils n'ont jamais trouvé cette 
c loi dans le code de la Laponie, de même que vous ne trouverez, ni dans 

< les constitutions d'Allemagne, ni dans les ordonnances des rois de 
c France, ni dans les registres du parlement d'Angleterre, aucune loi 

< positive qui adjuge le droit de cuissage aux barons. 

€ Des lois absurdes, ridicules, barbares, vous en trouverez partout ; des 

< lois contre les mœurs, nulle part. > 

Un écrivain moderne qui ne partage pas précisément toutes les idées de 
Voltaire, M. VeuiUot, dans unediscussioncélèbreavec le procureur-général 
Dupin, arrive à la même conclusion. 

Cependant, s'il faut en croire Hérodote, les Babyloniennes étaient 
obligées par les lois, une fois en leur vie, de se livrer aux désirs des étran- 
gers dans le temple de Vénus-Mylitta ; au dire de Valëre-Maxime les 
Carthaginoises, comme les Tyriennes, étaient astreintes à la même prola- 
nation religieuse ; selon Lucien, il en était de même en Lydie ; Vénus- 
Astarté exigeait, à Biblos, de pareils sacrifices. D'autres exemples pourraient 
être cités. 

Malgré ces autorités imposantes, nous adoptons l'opinion de Voltaire, et 
nous disons, — en ce qui touche particulièrement les comtes de Dunois, — 
que si jamais le droit de marquette ou de prélibation leur a appartenu, 
jamais il n'a été mentionné dans la coutume du comté ou dans les chartes 
qui Vont précédée. Pas un mot, à cet égard, dans la nouvelle rédaction 
de la coutume du Dunois publiée le 18 avril 1523 ; pas un mot dans le 
procès-verbal du 11 avril précédent, où le duc de LonguevlUe, à cause de 
son comté de Dunois, ses seigneuries de Marchenoir, Fréteval, le Mée et 



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331 

Ch&teau-Renault, est représenté par Guillaume Rousselet, avocat, et Fran- 
çois du Chastel, procureur audit comté de Dunois. 

Notre petit aperçu n'a pas, du reste, la prétention d'être une étude appro- 
fondie sur la matière ; c'est un simple cadre pour une pièce que nous 
allons faire connaître. 

En effet, dans les papiers laissés par M. Barré de Boisméan à la biblio- 
thèque de Châteaudun, nous trouvons une requête présentée au comte de 
Dunois, afin d'en obtenir le rétablissement du Droit des FUlettes. Et par 
Droit des Fillettes, les pétitionnaires, Jeannette qui n'a guère, et Margo qui 
n'a rien, entendent désigner le droit de prélibation. 

Mais, disons-le tout de suite, ce n'est là qu'un badinage, dont l'auteur 
nous est inconnu, et auquel M. Merlet croit pouvoir donner la date de 
1780. 

Si nous possédions l'érudition du savant commentateur du chef-d'œuvre 
d'un inconnu, nous arriverions peut-être à démontrer que cette plaisan- 
terie est pleine d'esprit, que son style est magnifique, et qu'elle témoigne 
de connaissances profondes en droit et en histoire. 

Mais, à défaut des trésors de science du docteur Chrysostôme Mathana* 
sius, avec les ressources de connaissances ordinaires et du vulgaire bon 
sens, il est impossible de considérer la requête des deux députées du col- 
lège des Fillettes de Châteaudun, comme un nouveau chef-d'œuvre d'un 
inconnu. Ni l'orthographe, ni le style que nous reproduisons fidèlement ne 
nous émerveillent. Faut-il le dire*? nous trouvons môme que l'auteur a 
travesti , sans qu'on puisse bien s'expliquer pourquoi , certains Mts 
historiques. 

Cependant, nous avons cru devoir signaler l'existence de cet opuscule ; 
car, selon nous, tout ce qui, dans nos archives, teuche aux moeurs, cou- 
tumes, usages, droits de nos pères, en un mot à l'histoire de l'ancien 
Dunois, ne doit pas nous être indifférent. 

Voici donc cette requête, dans toute son étendue : 

A MONSEIGNEUR LE DUC DE CHEVREUSE 

COMTE nE DUNOIS. 



t Suplient humblement les filles et fillettes de la ville de Châteaudun, 
disant que du nombre des plus beaux droits annexez & la seigneurie du 
Dunois, il n'est pas douteux qu'avant la rédaction de la coutume de cette 
province, arrivée en 1523, le seigneur de Dunois avait un droit que l'on 
nommait droit des fillettes, lequel consistait à coucher la première nuit des 
noces avec la mariée, un pied à terre et l'autre non écrit en la première 



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332 

coutume. En considération de quoy le nouveau marié était tenu de pré- 
senter au seigneur un gasteau avec un violon. 

« Lors de l'assemblée des Etats i la réformation de cette coutume, l'on voit 
malheureusement que le prince de Longueville, lors seigneur de Dunois, 
au lieu d'y comparaître, se contenta d'y substituer en son lieu son avocat 
fiscal nommé Rousselet , avec son procureur fiscal nommé François 
Duchàtel, lesquelz, ainsi que les échevins de la ville secondés des gens de 
leur sexe masculin, ont laissé supprimer ces deux droits qui fciisoient le 
plus bel ornement du seigneur et attiroit jusqu'à la jalousie des testes cou- 
ronnées qui sont privées d'un pareil droit. 

« SI ces fiscaux avoient bien su l'origine de Dunois, ils auroient apris ce 
que nous apprenons encore aujourd'huy dans les recherches de Duchesnes, 
que c'estoit une principauté avant de passer à Jean, bâtard d'Orléans. Et 
par conséquent, ces deux droits établis par des princes souverains 
en gratiiiant leurs sujetz par des concessions, il étoit à leur pouvoir d'im- 
poser de tels droitz au plaisir du prince. Et si l'on en croit le procès-verbal 
de la coutume et les annotations de Dumoulin et de Denis Dupont l'on 
verra que ces lisques ont commis une autre faute qui est de laisser éclipser 
les chatellenies de Châteaurenault et d'Arville. Mais, par malheur, celuy qui 
devoit être le souteneur du seigneur et le protecteur des fillettes de Châ- 
teaudun, portoit un nom qui a toujours été fatal à la France. En effet, 
c'étoit un parent de ce fameux Tanneguy Duchàtel qui, accompagné du duc 
d'Orléans et du comte de Dunois, et à qui il devoit toute son élévation, a 
porté le coup à la teste du duc de Bourgogne sur le pont de Montereau, 0(1 
il a fait une si grande ouverture que ça été le trou par où ont passé les 
Anglais en France, sur la &n du règne de Charles Vt et au commencement 
de celui de Charles Vil, et qui ont commencé leur sortie par les portes de 
votre ville de Patte, à l'aide de notre vénérable sœur la pucelle d'Orléans ; 
en mémoire de quoi les comtes de Dunois ont fondé une communauté de 
béguines astrologues en ladite ville de Patte qui, au lieu de servir à des 
vielles de la province du Dunois selon l'intention du fondateur, ne sert 
aujourd'huy qu'à venger les maris, pour y faire enfermer leurs femmes. 
Il nous est resté de ce sang impur Duchûtel celuy qui a porté le coup à 
Henri IV, qui n'a été à la vérité mortel, mais dont l'arrest de condamnation 
nous annonce assez que son nom est des plus odieux puisque luy tenaillé, 
tiré à 4 chevaux, ses maisons rasées et ses terres en triche pour jamais, 
ses parents ont été condamnez à sortir du royaume, avec deffenses à qui 
que ce soit de porter le nom de Duchâtel. 

« Les choses en cet état en attendant un futur concile où les supliantes se 
proposent de porter leur appel comme d'abus, de l'article de réduction de 
l'ancienne coutume de Dunois, comme s'agissant plus tôt du spirituel que 



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335 

du temporel, elles suplient Votre Grandeur de ne pas laisser perdre à la 
postérité leur plus beau droit, qui vous intéresse puisque c'est le plus beau 
lleuron de votre seigneurie, de le laire graver en marbre en votre chambre 
des comptes de Châteaudun, et pour mémoire de la nonchalence des deux 
fiscaux qui ont assisté à la rédaction de la coutume d'obliger dorénavant 
leurs successeurs de taire une gratification soit en un seul payement pen- 
dant leur vie, soit annuel, pour aider à marier 12 Sllettes de votre ville de 
Châteaudun ; comme aussi veu que la belle et charmante plaine et prairie 
qui est au-dessous de votre château s'est anciennement appelée la plaine 
de Mars selon Duchesne et non Chemars, faire defTences à vos sujets de la 
nommer autrement que plaine de Mars, comme étant le lieu destiné aux 
garsons et fillettes pour réjouir leur prince. Comme pareillement attendu 
que la fontaine qui passe au-dessous du ch&teau porte des eaux qui 
engendrent à ceux gui en boivent la perte de leurs dentiers, même des 
écrouelles, ainsy qu'en conviennent nos Hipocrates sur la nature des eaux, 
notamment Jean Landry, médecin du Roy, en son livre imprimé en 1614, 
ordonner qu'elle demeurera bouchée, sauf à l'ouvrir en temps de guerre, 
comme plus secourable qu'une citadelle. Reste, Monseigneur, aux suphantes 
à votre nouveau mariage de faire des vœux que les armes acolées des 
fleurs de lis, des lions, des pots de fer et des alerions soient perpétuelle- 
ment gravées sur les épitaphes de notre ville comme elles sont dans nos 
cœurs. 

« Signé : Jeanette qui n'a guère 
Et Mabgo qui n'a rien, 
d Dépulcea du collège des Fillettes de la ville de (Mleaudua (1). » 

Maintenant, une dernière réflexion : 

Nulle autre part que dans cette plaisante requête le droit de Marquette 
n'est désigné sous le nom de DroU des Fillettes. 

Pourquoi t 

L'auteur de ce badinage n'aurait-il pas tout simplement voulu équivo- 
quer et plaisanter à propos d'un autre DroU des Fillettes, parfaitement 
connu dans le Dunois, avant la Révolution? 

En effet, dans la pancarte du comté de Dunois, faite et arrêtée en 1723, 
par Jacques Costé, seigneur de Villouzier, Vallière-Empont et autres 
lieux, bailli général, civil et criminel, et de police des comté de Dunois et 
vicomte de Châteaudun, intitulée ; — Pancarte des Droits de prévôté, 

(1) Il est impossible maintenant de connaître l'auteur de cette plaisante requête. 
Mais un Dunois très compétent croit reconnaître l'écriture et les corrections, et 
pouvoir assurer qu'un ancien procureur, ami de H. Barré de Bolsméan, n'y est pas 
étranger. 



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354 

coutume, péage et lignage du comté de Dunois, viUe, fauxbourgs et ban- 
lieue de Ch^eaudun, limites et branches qui en dépendent, pay<Ales aux 
fermiers desdits droits à peine de 60 sois d'amende, — figure uq article 
ainsi conçu : 

c Droit de coutume dit des Fillettes qui est que chaque fille ou femme 
ayant enfants hors mariage, doit cinq sols, et s'il y a adjoumement 60 sols 
tournois. > 

Comme on le voit, si les deux droits portaient le même nom, ils avaient 
un but diamétralement opposé ; l'un favorisait la débauche, l'autre deviùt 
mettre une digue aux débordements de ces fillettes peu sages qu'on appe- 
lait anciennement à Paris Femmes de pcrrr gouvernement et qu'on mar- 
quait de l'esguiUette à l'épaule pour les distinguer des prudes-femme». 

La moralité se trouvait en cela d'accord avec la fiscalité. 

C'était du reste moins radical et peut-être plus efficace que l'ordon- 
nance de Saint-Ix)uis de i256, où il est dit : « que les folles fammes soient 
espéciallement boutées hors des rues qui sont en cuer des bonnes villes et 
mises hors des murs. > 

On ne peut, dans tous les cas, que savoir gré aux auteurs des dernières 
dispositions que nous venons de rappeler, des intentions louables et 
des sentiments d'honnêteté qui les ont guidés. 

Décidément, le bon vieux temps n'élait pas tout mauvais, et le nôtre 
pourrait encore lui faire quelques bons emprunts ! 

L.-D. COUDRAY. 



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ERRATA ET ADDENDA. 



Page S6, ligne iS, au lieu de Patris, lisez : patrise. 

Page S9, ligne 5, au lieu de tenure, lisez : tennres. 

Page 30, ligne 6 de la note 1, au lieu de chartes de Blois et de GreU, 
lisez : chartes de Blois, de Clermont et de Romorantin. 

Page Si, ligne 10, au lieu de coutumes ; j'ai, lisez : coutumes. J'ai. 

Page 31, ligne 30, au Iteu de trésorier, lisez : camérier. 

Page 32, ligne 1, après pro ut, ajoutez : in. 

Page 32, avant'demière ligne, au lieu de eoruindero, lisez : earumdem. 

Page 33, ligne 9, au lieu de par alienis, sdentes, lisez : per alium, scient. 

Page 33, ligne 35, au Heu de nostris, lisez : nostra. 

Page 9S, numéro 88, au lieu de Galeopsis ochrolenea, lisez : Galeopsis 
ochroleuca. 

Page 93, numéro 91, au lieu de Brunella Glandiflora, lisez : Brunella 
grandiftora. 

Page 113, lignes 3 et i, au lieu de rolte et Gwyon, Teutatès, lisez : rotte 
et Gwyon-Teutatès. 

Page 303, ligne 36, au lieu de voix opposées, lisez .- voies opposées. 

Page 205, ligne 18, après les mots ne corresponde pas, ajoutez : toujours. 

Page 305,Higne 19, ajoutez en renvoi : Nous ne dirons pas, cependant, 
de ne tenir aucun compte des distributions intérieures dans l'ordonnan- 
cement d'une foçade, car elles peuvent quelquefois lui donner du carac- 
tère sans nuire à la beauté. 

Page 906. Note relative à la ligne 19 : Voir la définition de la Musique, 
page 229. 

Page 221, ligne 7, après les mots inaugurant ainsi les principes, ajoutez : 
de progrès. 

Page 228, ligne 19, après les mots L'harmonie, ajoutez : du monde. 

Page 367, ligne dernière, au lieu de ALEMONENSIS, lisez : ALECONENSIS. 



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TABLE DES MATIÈRES 



DANS LE TOHE l" 



I. PROCÈS-VERBAUX 
Awi«eft««4. 

Fondation de la Société 

Séance générale du 29 novembre. — But de la Société 

Règlement 

Election du Bureau 

Arrêté préfectoral autorisant la Sonéfé dunoùe 

Séances menauel^eB du Bureau 

Assemblée générale du 14 février. — Comptes de 1864, et projet de 
Budget de 1865. — Nomination de membres honoraires 

Liste des membres de la Société 

Dons faits à la Société 

Séances mensuelles du Bureau. — Admission de Sociétés correspondantes. 
— Comptes de 1865 et Budget de 1866 



Assemblée générale du 6 février. — Fixation du capital pouvant remplacer 

la cotisation annuelle 

Dons faits à la Société 

Liste des nouveaux membres 

Séances mensuelles du Bureau 

Assemblée générale du 8 janvier. — Comptes de 1866 et Budget de 1867. 
— Réduction du taux des cotisations perpétuelles 

Liste des nouveaux membres 

Dons Eoils à la Société 

Ouvages oITerls à la Société 

Assemblée générale du 14 mai. — Formation de Commissions pour préparer 
l'Histoire du Dunois 

Séances mensuelles du Bureau 

Questionnaire adressé aux membres de la Société 

Liste des nouveaux membres 

Ouvrages offerts à la Société 

Dons faits i la Sociélc 



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Assemblée générale du 7 janvier. — Admission de dix Sonétés correspon- 
dantes. — Comptes de 1867 et Badget de 1868 239 

Séances mensuelles du Bureau 242 

AsGemblée générale du 19 mai 242 

Séances mensuelles du Bureau. — Annonce d'une subvention du Conseil 

général 243 

Liste des nouveaux membres 244 

Ouvrages offerte à la Société 245 

Dons faits à la Société 248 

Séances mensuelles du Bureau. — Comptes de 1868 et Budget de 1869. . 288 



Assemldée génénle du 19 janvier. — Admission de douze Sodétés corres- 
pondlantes 

Séances mensuelles du Bureau. — Concours des Sociétés savantes . . . 

Assemblée générale du 26 mai. — Nomination de membres du Jury pour 
le Concours de 1869 

Liste des nouveaux membres 

Dons et ouvrages offerts à la Sotaété 

Séances mensuelles du Bureau 

Assemblée générale du 28 octobre. — Modifications apportées au règlement. 

Sons faits à la Société 

Ouvrages offerts à la Société 

Liste des nouveaux membres 



II. MÉMOIRES 

Charte de commune de Cbiteaudun, donnée par Pierre d'Alençon, comte 
de Blois, en 1281. — Texte et traduction, par M. Poulain de Bosbay . . . 

Note sur les antiquités découvertes à Marboué, par M. de Belfort . . . 

Note sur deux pièces manuscrites, tirées des Archives de la ville de 
Châteaudun, par M. de Belfort 

Prix commun des grains vendus au marché à bled de la ville de Chasteau- 
dun, commençant en l'année 1584 inclusivement. — Remarques sur les 
mtsures des grains par rapport à la mesure de Châteaudun, par M. de Belfort 

Notes historiques inscrites en marge des mercuriales, depuis l'année 1603 
jusqu'en 1789 

Notice biographique sur Lambert-Li-Cors ou Le Court, poète du XII» siècle, 
par M. Barbé 

Essai sur la Flore dunoise, par M. CouDRAY 

Arnaud de Bonneval. — Son abbaye. — Ses contemporains. — Ses œuvres, 
par H. l'abbé Mabqcis 

Les pierres druidiques de l'Ormorice et du Bois de l'isle, commune de 
Hontboissier, par H. CotiDHAi 



D,oilizB<:hyGOO<^IC 



359 

DécouverteedesuljslnictionBgallo-romEdnee, àArrou,parH.BRossiER-GÉHAV 

Tablettes de Sainl-Avit, par M. R. S 

Prix moyen des grains vendus sur le marché de Ch&teaudun, depuis l'année 
1583 jusqu'enl867; Rapport delalÎTreloumois au franc,par M. deBelfort. 

Notes et matériaux pour servir à la Flore des environs de Chflteaudun, par 
M. VuEz 

Étude sur les Beaui-Arts, par H. H. Gougeon 

Cette étude comprend : 

Architecture et Bcnlpture IDi 

Peinture et pocaie SIB 

HaslqDe 319 

Noie sur un statère d'or trouvé à Hois;(Loir-et-Gher), par M. deBelfort. 

Notice sur l'épidémie de flèvre typhoïde qui a régné à Chfll«audun, eni866, 
par H. le docteur Raiurert 

Note sur le scel de la charte d'affi-anchiEsement de la commune de Châ- 
leaudun, par M. BR03SiEH-GÉtUT 

Note sur un ùmetiëre mérovii^en, découvert à Cloyes en février 1868, par 
M. DE Belfoht 

Commune de Ch&tillon. — Étal de l'iDStnicUon primaire, constaté d'après 
les actes de mariages de 1668 à 1868, par H. Poullin, instituteur .... 

Noies sur diverses maisons anciennes de la ville de Cbiteandun, par M. de 
Belport 

Description de la porte du presbytère de Saint-Lubin, à Cbàteaudun, par 
M. H. G 

Le puits du Coq et la congrégation de Notre-Dame, par H. CotDRAï . . 

Recherches sur l'origine du mot : Baxoche, par M. Poulain de Bossat. 

Notice sur la vigne et les causes qui ont amené successivement sa destruction 
depuis im siècle, dans l'arrondissement de Chàteaudun, par M. Cléhekt . . 

Notice archéologique sur les communes de Romill y-sur- Aigre, Charray, La 
Fené-Villeneuil, Autbeuil et Cloyes, par M. Raoul de Tarragon .... 

Un droit du Iran vieux temps, à propos d'une pièce des archives de Chà- 
teaudun, par M. CoVDRAY 

III. DESSINS 

..J>lanchel. — Objets trouvés dans le champtier desCercueits.àMarboué. 

planche 11. — Scel et contre-scel de la charte de Chileaudun .... 

.^-^lanchelll. — Objets trouvés dans un cimetière mérovingien, à Cloyes . 

^Planche IV. — Fagade d'une maison ancienne de la rue Saint-Lubin, à 

Chftteaudun 

^^ Planche V. — Porte de l'ancien presbytère de Saînt-Lubin, â Chàteaudun. 



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